Life on Mars

Créée par Matthew Graham, Tony Jordan et Ashley Pharoah

avec John Simm, Philip Glenister, Liz White, Dean Andrews, Marshall Lancaster, Tony Marshall, Noreen Kershaw, Ralph Brown, Joanne Frogatt…

Série dramatique, policière britannique. 2 saisons. 2006-2007.

life_o10

Le monde de l’inspecteur Sam Tyler va changer du tout au tout. Peu de temps après que sa petite amie ait été kidnappée par un serial killer, il est renversé par une voiture. Il se réveille en 1973… Devenu jeune inspecteur de police, il doit s’adapter à ce nouveau monde et découvre un lien entre un meurtre récent et le kidnapping de sa fiancée en 2006.

life

Life on Mars est une série culte en Grande-Bretagne au point d’avoir un remake (apparemment raté) américain avec Harvey Keitel (mais vite annulé) et une suite (Ashes to Ashes, qui totalise en tout trois saisons). La série avait beau cartonné dans son pays d’origine, elle a été arrêtée au bout de deux saisons (il y a en tout cas que 16 épisodes, chacun durant 50 minutes) tout simplement parce que les scénaristes ont pris la bonne décision : ne pas éterniser cette histoire. Mais quelle histoire vous allez me demander ? Celle de l’inspecteur Sam Tyler, brillant inspecteur qui se fait renverser par une voiture et qui se réveille en 1973… sur la chanson de David Bowie, Life on Mars (lui-même étant juste avant en voiture avant d’y descendre et écoutant cette chanson avant l’accident). « Am I mad, in a coma, or back in time ? » (« Suis-je fou, dans le coma ou suis-je dans le passé ? ») est la question (présente dans ce générique que j’adore) que Sam va se poser tout le long de la série. Il y a de quoi se poser la question car le spectateur ne sait pas du tout que ce qui arrive à Sam. D’ailleurs, plus généralement, on peut même dire que la série est inclassable (enfin sur le papier, on pourrait la « classifier » mais je ne veux rien spoiler). En effet, on retrouve à la fois l’esprit des films et séries policières mettant en scène un duo de flics radicalement opposés ainsi que le côté fantastique et voyage dans le temps, façon Code Quantum même si, pour vous rassurer, Life on Mars n’a finalement rien à voir avec cette autre série culte, et surtout, on ne sait pas vraiment s’il y a une part de fantastique (je ne vous dirai évidemment, ah ah ah !). Sans trop en dire (car cette référence a évidemment un intérêt scénaristique), il s’agit plutôt d’une sorte de relecture du Magicien d’oz, assumée dès le premier épisode à travers certaines répliques et confirmée dans le tout dernier épisode, surtout avec la présence d’un personnage qui se nomme Frank Morgan (le même nom que l’acteur qui jouait Oz dans le film de Victor Fleming). Mais la série ne peut pas se limiter à ce mélange unique. Certes, on suit les enquêtes policières avec intérêt même si elles n’ont rien d’exceptionnel ou encore on trouve le décalage entre les époques très drôle.

lifeo

Mais les scénaristes ont surtout eu la bonne idée d’instaurer un fil conducteur : ainsi, à chaque épisode, Sam entend des gens (sa famille, ses proches et ce qu’il devine être ses médecins) : est-ce sa conscience, son imagination qui lui joue des tours ou est-ce qu’il y a des gens qui lui parleraient durant un coma, si on accepte l’idée que Sam puisse être plongé dans un éventuel coma ? Il entend aussi ce qui ressemblerait à des sonorités médicales qui sortiraient de différents appareils (téléphone, radio, télévision etc…). Ainsi, même si au fil des épisodes, surtout au cours de la saison 2, on finit par y voir plus clair et par comprendre ce que vit Sam. Pourtant, jusqu’à l’épisode final, on a le doute sur cette vérité, on est comme Sam, dans un flou total. Certains spectateurs ont exposé des théories farfelues mais les scénaristes ont affirmé, après la diffusion de l’épisode final, qu’il n’y avait qu’une seule réponse possible (même s’ils sont très contents d’avoir brouillé les pistes). En tout cas, encore une fois, sans vouloir spoiler (au moins, ça vous encouragera, enfin je l’espère, à découvrir pour de bon cette série si ce n’est pas encore fait !), à partir de cette intrigue qui se déroule sur deux saisons, Life on Mars est une série qui est bien plus profonde qu’elle en a l’air et d’une grande humanité. Certes, divertissante, et souvent drôle (les répliques de Gene sont à mourir de rire par exemple), Life on Mars est surtout en réalité une série bouleversante (et j’insiste sur ce terme, vu comme j’ai chialé au tout dernier épisode…) sur l’illusion que peut nous offrir la vie, notamment à travers les souvenirs (correspondent-ils toujours à la réalité ?) et nos désirs (qui se traduisent par le voyage dans le temps). « Que signifie être vivant ? » pourrait même être la question principale de la série et c’est d’ailleurs la question que se posera Sam. Cette sorte de voyage énigmatique dans le passé est donc très intéressante par rapport à la vision qu’on peut avoir du présent et notamment celle que peut avoir Sam. Ainsi, les années 1970, qu’on pourrait idéaliser en pendant que c’était mieux avant, ont quelque chose de cool (c’est même un peu poil trop cool, mais ici cela n’a rien d’un reproche étant donné que le côté un peu caricatural et déjà-vu joue en réalité un rôle dans le scénario), avec notamment une très bonne reconstitution de cette période.

liiife

Pourtant, au fil des épisodes, on nous rappelle que cette période n’a pas toujours été aussi géniale : les enquêtes étaient bâclées, les femmes étaient victimes de sexisme et même au sein de la police elles avaient du mal à trouver leur place, les Noirs et les Indiens étaient subissaient le racisme, le hooliganisme était à son paroxysme etc… Quand on parle d’années 1970, on pense évidemment aux nombreuses références musicales (ce qui est normal, rien qu’on en voit le titre même de la série !). La principale sera évidemment celle à David Bowie, à travers quelques chansons (Gene se fait surnommer « The Gene Genie » en référence à la chanson « The Jean Genie » par exemple), mais aussi d’autres chansons de cette période-là (Paul McCartney, Elton John, T-Rex…). Enfin, la série doit également beaucoup à ses interprètes, surtout au duo formé par les brillants (n’ayons pas peur des mots) John Simm et Philip Glenister. D’un côté, John Simm (c’est moi ou il a un air de Thom Yorke ?) donne beaucoup d’humanité et de complexité à son personnage, c’est-à-dire Sam a un côté très professionnel, rigide (ce qui aura tendance à énerver ses nouveaux collègues) et en même temps il a toujours l’air mélancolique (mais sans se prendre pour Louis Garrel… oui c’est méchant) ce qui le rend plus sympathique et surtout extrêmement attachant. De l’autre, Philip Glenister donne une interprétation plaisante à ce personnage pourtant controversé sur le papier, c’est-à-dire bourru, misogyne, raciste, alcoolique et en même temps lui aussi donne une réelle profondeur à ce personnage également plus complexe qu’il en a l’air, qui ne peut pas se limiter à ces simples traits de caractère. En tout cas on s’attache vraiment aux personnages, même aux rôles secondaires, comme la timide mais courageuse Annie (Liz White) ou encore aux stupides Chris (Marshall Lancaster) et Ray (Dean Andrews). Maintenant, il faut que je découvre Ashes to Ashes, en espérant que ce soit aussi bien que Life on Mars

liiiiife

Publicités

12 réflexions au sujet de « Life on Mars »

  1. J’avais beaucoup aimé cette série, même si j’en garde un souvenir un peu vague. J’ai maintenant bien envie de retourner voir s’il y a de la vie sur Mars.
    Merci, Tina

    J'aime

  2. Je la note pourquoi pas 😉 Si tu cherches une nouvelle bonne série, je te conseille Fargo, je suis en train de dévorer la première saison 😉 bon dimanche !

    J'aime

  3. Je craque pour John Simm depuis Human Traffic (donc ça remonte un peu). Alors bien sûr, j’ai adoré cette série où il est parfait. La série est plutôt bien écrite, avec une BO d’enfer, la description de Manchester dans les années 70 est formidable, et ce Gov’, quelle charisme (c’est encore plus fort dans Ashes to ashes, tu verras). L’adorable accent mancunien des personnages (rhaa, la voix d’Annie!) aurait suffi à me faire regarder cette série, mais tout le reste y contribue

    J'aime

  4. @ Girlie Cinéphilie :
    J’ai trouvé Human Traffic mais qu’en français (et ça me fait chier), bref, j’ai prévu de découvrir ce film trèèèès bientôt (surtout que ça fait des années que j’en entends parler). Je vais essayer aussi de me procurer State of play 😀
    Tu me conseilles alors de découvrir les yeux fermés Ashes to Ashes ? ooooohhhh ! 😀 (hâte de voir ça !).

    J'aime

  5. @ Chonchon :
    Vu que tu es en mode série en ce moment, je te conseille cette série, surtout qu’elle est courte (et tu es comme moi, tu n’aimes pas quand ça s’étiiiire).

    J'aime

  6. J’aime énormément les séries britanniques et je suis bien accroc à Sherlock 😀 Toi aussi tu as l’air d’aimer ça, j’adore ton avatar de Bernard Black. C’est dommage qu’il y ait eu si peu d’épisodes de Black Books, j’adorais cette série 🙂

    J'aime

  7. @ Potzina :
    Putain, je n’ai toujours pas vu la saison 3 de Sherlock, j’ai déconné, faut que je m’y remette ! (mais il faudrait que je revoie les deux premières saisons, que j’ai pourtant adoré !).
    Ouiiii Black Books, quelle tuerie cette série (j’ai d’ailleurs écrit un article sur cette série si ça t’intéresse ! 😀 ).

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s