Coup de gueule contre les anti-adaptations

Les adaptations cinématographiques m’ont toujours fascinée. C’est grâce au cinéma que je suis devenue une grande lectrice (enfin, faut peut-être pas déconner non plus). Certes, comme tout le monde, je ne peux pas m’empêcher de comparer un film à son livre d’origine mais ce que j’aime, même si je le fais de manière inconsciente, c’est d’observer tout le processus d’adaptation, de voir ce qu’on peut garder dans un film, ce qu’on peut transformer, supprimer, déplacer etc… Certes, il y a de mauvaises adaptations, c’est un fait. Cependant, je commence à en avoir ras-le-bol des puristes, d’entendre toujours cette même phrase, comme un leitmotiv : « Je préfère le livre au film ». En fait, certains ne seront jamais satisfaits par les adaptations cinématographiques dans tous les cas possibles ! Alors que je souhaitais écrire un article plus poussé sur les adaptations cinématographiques (du genre 1. Les bonnes adaptations, 2. Les mauvaises, bref, le truc chiant comme la mort), je préfère plutôt essayer de faire prendre conscience à certains lecteurs à quel point ils ont une vision trop fermée. Après, je préfère être claire dès le début : il y a des mauvaises adaptations. C’est un fait. Et je peux en citer un paquet. Mais avec le recul, le problème n’est pas toujours un problème d’adaptation : il faut tout simplement se dire que ces films en question sont juste mauvais.

Disgrace disgrace

L’argument qui revient évidemment le plus chez les puristes est évidemment celui de la fidélité : « C’est pas fidèle au bouquin donc c’est nul. » Raaah.  Alors, on va mettre les choses au clair : on ne trompe pas son ou sa partenaire. Or, nous sommes bien d’accord : un film n’est PAS une meuf ni un mec. Il serait temps de comprendre à quel point la fidélité n’est pas un gage de qualité. Il y a des tas de films hyper fidèles aux bouquins et ce n’est pas pour ça qu’ils sont bons. Je pense, de tête, à La Voleuse de livres de Brian Percival ou à Disgrace de Steve Jacobs. Oui, ils sont fidèles mais les films, sans dire qu’ils sont mauvais, sont fades et impersonnels. Un film n’est pas censé être une copie d’un texte, du genre on est tellement paresseux qu’on n’arrive plus à lire au point que le film remplace les mots. Non, ça ne marche pas comme ça ! Pour moi, un film est plutôt une relecture, une vision personnelle d’un texte. De plus, être trop fidèle à un texte peut parfois rendre les scénaristes prisonniers de l’histoire. Après, il y a heureusement des films très fidèles aux textes (je pense par exemple à Gone Girl de David Fincher), je ne veux pas faire de généralités et dire que tous les films fidèles aux romans sont insipides. Je dis juste qu’il y a des fois où un film ne peut pas être fidèle et heureusement la fidélité n’a pas toujours un intérêt. Il faut savoir prendre des risques. Parfois, il vaut mieux un très bon film pas fidèle au livre qu’un film fidèle mais mauvais.

La Voleuse de livres 9782266175968

Les puristes oublient aussi quelque chose qui me semble pourtant essentiel : les spectateurs n’ont pas forcément lu le livre d’origine. Les spectateurs vont alors se contrefoutre si X est blonde dans le livre mais brune dans le livre. Ils s’en fichent également de voir s’il y a une modification dans l’histoire. Le principal est ce qu’il voit : est-ce que cette histoire, qu’ils découvrent eux pour la première fois, fonctionne, les fait réagir, est cohérente ? Est-ce qu’il y a une sorte de magie qui se produit dans la salle obscure ? Raison de plus pour juger le film pour ce qu’il est. Certes, encore une fois, et moi la première, c’est normal de s’amuser à voir les points communs et les différences entre le film et le livre. On peut avoir une préférence pour l’un ou pour l’autre. Il peut bien sûr y avoir de mauvais choix scénaristiques. Mais les puristes oublient tout simplement de regarder le film en lui-même, en délaissant le livre. Personnellement, même si je « compare », quand je regarde un film dont je connais déjà l’histoire de A à Z, je me concentre d’abord sur le travail de mise en scène, le jeu des acteurs, la complexité ou non des personnages. Je tente de voir si le propos est toujours pertinent, si l’angle abordé (qui peut changer d’un livre à un film) est intéressant et si le film provoque surtout une quelconque émotion.

Gone Girl LesApparences basse déf

Cela me fait penser alors à un autre débat : selon les puristes, un film serait donc mauvais à cause de son casting. On va emmerder un film parce qu’un tel est blond alors que dans le livre il est brun. Je pense notamment à cette polémique autour de Hunger Games : des fans ont été déçus, voire choqués de voir plusieurs personnages du roman devenir noirs dans le film. Alors, parfois, c’est vrai qu’un trait physique peut avoir son importance, pour l’intrigue ou pour donner une certaine signification à un personnage. Mais après, il ne faut pas non plus tout le temps se focaliser sur un détail qui parfois dans un roman n’a pas vraiment de sens. Personnellement, je préfère avoir un acteur qui ne ressemble pas forcément à la description du bouquin mais qui arrive à retranscrire les traits psychologiques du personnage plutôt qu’un acteur qui ressemble physiquement au personnage du livre mais qui joue comme son pied gauche. Regardez par exemple Javier Bardem dans No Country for Old Men. Il ne ressemble pas du tout à la description faite par Cormac McCarthy dans le bouquin. Il est censé avoir des yeux bleus glaçants et n’a pas du tout cette coupe de cheveux à la Mireille Mathieu. Et alors ? Est-ce si grave qu’il ait un autre physique que le livre ? Nous sommes bien d’accord, cela n’a pas d’importance, le principal est de voir le résultat et quelle réussite. Par son interprétation, Bardem a su retranscrire toute la froideur et la violence du personnage, on croit tellement à son personnage de psychopathe. De plus, on retrouve vraiment dans cette transformation physique l’univers même des Coen. Finalement, encore une fois, le plus important ait que le film ait sa propre personnalité, quitte à s’éloigner du texte original. Finalement, c’est un peu comme pour les biopics : ce n’est pas si grave si l’acteur n’est pas forcément le sosie de la personnalité qu’il incarne. Le plus important est de voir une interprétation convaincante et qui a du sens par rapport à l’histoire et à son propos.

No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme 21892720

On compare naturellement un livre et son adaptation cinématographique. La question qu’on se pose souvent est alors : qui est supérieur à qui (ou plutôt à quoi ?). Or, peut-être que cela serait bien d’envisager le fait qu’un film puisse être complémentaire à l’oeuvre littéraire originale. Je pense notamment à ce que disait Philip K. Dick à propos de l’adaptation de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Blade Runner ainsi que le réalisateur Ridley Scott. En effet, tous les deux avaient conscience que le film était très différent du roman (il n’est d’ailleurs même plus question de « moutons électriques » dans le long-métrage) mais tous deux disaient que ces deux oeuvres étaient finalement complémentaires (et je pense que c’est le ressenti général des spectateurs qui ont lu le bouquin). Philip K. Dick racontait même que les images qu’il avait pu avoir durant le montage correspondaient à la vision qu’il avait lorsqu’il a écrit son roman. Là encore, ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point l’essentiel, le ressenti général est finalement plus important que s’accorder à des détails finalement pas toujours intéressants ou qui ne serviront pas nécessairement son adaptation cinématographique. En tout cas, depuis que je connais cette anecdote, j’arrive vraiment à comprendre ce qui me plait dans cet exercice de « comparaison » et je comprends mieux le travail des scénaristes.

Blade Runner les-androides-revent-ils-de-moutons-electriques---140288

Enfin, je crois qu’il faudrait se dire que le cinéma a tout simplement des codes différents de ceux de la littérature tout comme il a des codes différents des autres arts. Par exemple, parmi les plus basiques, on peut écrire des tonnes de descriptions et des tonnes de rebondissements au sein d’un même roman, bref un roman pourra faire mille pages s’il le faut. Alors, je ne dis pas qu’il n’existe pas de très looooongs films. C’est peut-être aussi pour cela que les séries ont explosé (même si les séries ont aussi le droit de s’éloigner des oeuvres littéraires) car quelque part, c’est un des seuls moyens pour raconter une histoire sur une « longue durée » (mettons des guillemets pour des raisons de clarté car évidemment un épisode a une durée limitée, je parle ici en terme de saisons), comme si chaque épisode pouvait être l’équivalent d’un chapitre de roman, voire même le chapitre du chapitre. Mais en général, contrairement à un roman, un film a une durée limitée, surtout actuellement. Nous ne sommes plus dans une époque où on diffuse dans des salles de cinéma des films de 4 heures comme Autant en emporte le vent. On est dans une époque où on veut tout rapidement, en général les films durent donc entre 1h30 et 2h, allez, grand max 2h30. Ceux qui dépassent vraiment cette durée sont une poignée. Donc, quand on est face à une durée limitée, il faut aussi tout simplement comprendre que les scénaristes doivent faire des choix, ils doivent aller à l’essentiel, ils ne peuvent pas tout caler. Alors, tant pis si on enlève un passage sympathique ou si on fait du deux en un, le principal est encore une fois d’aller à l’essentiel. Après, évidemment, il ne faut pas couper n’importe comment, mais là encore une fois c’est un débat.

Autant en emporte le ventautantenemporte

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45 réflexions au sujet de « Coup de gueule contre les anti-adaptations »

  1. Entièrement d’accord avec toi ! Ca m’énerve aussi ces esprits bornés qui ont des idées préconçues ! Il y a de très bonnes adaptations et de très mauvaises. Quand elle est bonne, je n’arrête pas de relire le livre, de revoir le film, et ainsi de suite (Tess). Idem pour les remakes : ça m’énerve ceux qui sont toujours anti ; la vision par un autre réalisateur peut être très intéressante, ou ratée. Mais il n’y a aucune raison de mépriser ces catégories !

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  2. Je n’ai qu’une chose à dire : MERCI ! (non en fait, j’ai beaucoup à dire mais ça résume bien ce que je pense de cet article 😉 ) Ce genre de commentaires au sujet des adaptations m’agace terriblement ! Personnellement, je juge toujours le livre et le film séparément, comme s’ils n’avaient aucun rapport entre eux (ou presque..). Comme tu le dis si bien, le support est différent donc les codes sont différents et ne peuvent pas être abordés de la même façon. Bref, je partage ton avis à 100% !

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  3. Comme tu le dis si bien le plus important est la préservation des intentions de l’auteur, de l’idée générale, de l’ambiance du livre. J’ai jamais compris ceux qui qualifiaient les adaptations d’Harry Potter comme catastrophique. Elles sont parvenues à retranscrire le principal : les codes de la sorcellerie et le fait qu’elle ne rende pas invincibles, de même sur le traitement, la glorification et l’hypocrisie autour du statut de sauveur d’Harry. Et ce malgré des esthétiques et des réals différentes. Par contre je n’ai pas honte de reprocher l’évacuation du square grimault dans le 5, qui apportait un semblant de famille au petit, on ne peut pas tout retranscrire mais en terme d’idée ellle me paraissait indispensable à la construction du personnage.
    A l’inverse l’adaptation tv du fléau de stephen king, qui a écrit le script, est pour moi un échec par ses personnages ratés ce qui élude justement le propos même du bouquin.

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  4. Pour moi, ce qui compte le plus, c’est surtout la façon dont le réalisateur va s’approprier le matériel original. Je me souviens que les fans de STephen King avaient fustigé Kubrick pour son adaptation très personnelle de Shining, pour ensuite (bien des années plus tard) reconnaître la qualité du film (quand bien sûr il a acquis le statut de classique du genre).

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  5. Souvent, lorsque je vois la bande-annonce d’une adaptation, je sais que je suis perdue. Je suis perdue parce que j’ai envie de voir ce film mais après avoir lu l’oeuvre originale parce que je me dis que si le film à l’air sympa mais qu’il dure (disons) 1h30, le livre serait aussi bien mais en plus long *o* ! C’est stratégique.
    Donc j’achète le livre que je pose sur un tas de d’autres livres à lire. Généralement, je finie par craquer et je regarde le film avant d’avoir lu le livre.
    Quand tout de même j’arrive à prendre de vitesse le visionnage du film, j’ai tendance à réfléchir durant certains passages de ma lecture à l’adaptation cinématographique que j’en ferai si j’étais réalisatrice ! C’est très enrichissant.

    Bien qu’on en parle moins souvent, l’adaptation des mangas en animes est également un sujet très intéressant : faut-il être fidèle des dessins du manga ? Comment construire le scénario ? Bref, comme les films, les animes ont également leurs codes.

    Je pense que mon adaptation filmique préférée, celle où je n’ai rien eu à redire (parce que malgré nos bonnes attentions on garde toujours un oeil critique), reste La planète des singes ! Pourtant, le livre fait partie de mon top 10 des supers lectures (c’est pour dire) !

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  6. Généralement quand j’écris un billet sur une adaptation littéraire je précise que je ne suis pas un gardien du temple donc on peut faire des changements, je m’en fous totalement. Et j’ajoute que si on veut le livre, on le lit, point. Si on adaptait scrupuleusement un livre, ça ne serait pas regardable. Imagine Le Seigneur des Anneaux et son prologue qui s’étend sur 100 pages remplies de description sur les peuples, leurs histoires et les grandes familles de chaque peuple, à l’écran ça pourrait durer 1/2 heure (chiante la 1/2) ! Jackson a bouclé ça en moins de cinq minutes et c’est parfait.
    Quand je vais au ciné, je veux voir un bon film pas une bonne adaptation. Si on a les deux, c’est tant mieux ! 🙂
    Après il est évident que lorsque l’on aime passionnément un livre, il y a des changements qui ont plus de mal à passer surtout quand ces changements n’apportent rien au film.
    Enfin il y a les livres inadaptables que certains s’amusent à adapter quand même mais c’est une autre histoire ! 😉

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  7. Un article intéressant et pertinent. Effetivement c’est parfois un tort de vouloir toujours comparer le film au livre. Si le film suit le livre pas à pas, on lui reprochera un manque d’originalité. Et s’il se démarque pour être original, on lui reprochera son manque de fidélité. Après il ets clair que certains livres sont parfois inadaptables. Par exemple, je me souviens que Sergio Leone voulait à un moment adapter le Voyage au bout de la Nuit de Céline et a dû se résigner. Comment adapter cela. Comment faire pour faire renaître la magie d’un livre dont le plus gros repose sur le langage extraordinaire de son auteur. Certes on peut répliquer avec un superbe style cinématographique, mais en l’occurrence la personnalité de l’auteur plane tellement sur le livre que l’adaptation paraît vouée à l’échec.

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  8. Je ne vais pas faire dans l’originalité : je suis entièrement d’accord avec tout ce que tu dis !… pardon, tout ce que tu écris ! Ne considérer un film que selon son niveau de fidélité au livre est une absurdité qui nie d’abord le principe fondamental d’auteur. Si l’écrivain est évidemment l’auteur de son roman, le réalisateur est de toute évidence l’auteur de son film, et peut tout à fait revendiquer ses choix artistiques et stylistiques propres. Je me suis récemment amusé à rapporcher « d’entre les morts » de Boileau & Narcejac du chef d’œuvre d’Hitchcock « Vertigo » dont il est l’adaptation. Il se trouve que, si le récit est certes très similaire, les noms et les lieux sont totalement différents et la fin totalement bouleversée. Sans compter tout le travail visuel accompli par Hitch qui est totalement absent, de fait, de la prose des deux écrivains. Ce passionnant exercice de comparaison ouvre alors vers d’autres interrogations :
    Si on peut convenir qu’un bon roman peut engendrer un mauvais film, un mauvais livre peut-il accoucher d’un bon film ?
    Je laisse l’experte plancher sur la question. Vous avez quatre heures.

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  9. Pour moi, une adaptation est forcément biaisée puisqu’il s’agit de la vision d’une personne transposée sur un autre support. Quand on lit, on imagine plein de trucs ; chacun a sa vision des personnages, des lieux… Une fois en image, c’est figé, y a plus d’imagination (je sais pas si je suis claire ^^). Mais ce n’est pas une trahison, ça n’a pas vocation à être identique, heureusement ! Surtout que les publics ne sont pas toujours les mêmes.
    Le truc appréciable avec les films adaptés de bouquins, c’est que ça a mené des tas de gamins à la lecture et rien que pour ça, c’est super !
    Bref, je rajoute un exemple à ta longue liste : Le guide du voyageur galactique. Entre les épisodes radio, le livre et le film, c’est différent. Et c’est voulu ! Car un gag ne se retransmet pas pareil en audio, en mots ou en images 🙂

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  10. Bravo, bravo pour cet article, je suis d’accord avec toi de A à Z en passant par toutes les lettres de l’alphabet. L’idée de comparer un film et un livre, même si le premier est adapté du second, en se basant sur les mêmes critères alors qu’il s’agit de deux supports différents, et bien c’est absurde! Comme tu le dis, l’adaptation cinématographique d’un livre c’est une interprétation personnelle, et c’est justement ce qui intéressant. On ne va pas au cinéma pour voir un livre animé, on va au cinéma voir un film, point barre! Et dire que le réalisateur n’a pas été fidèle au roman parce que « moi j’ai pensé que… par rapport au livre…à ce moment là moi j’aurai vu ça plus tôt comme ça »… cela revient à débattre avec quelqu’un de si il a aimé telle ou telle chose, mais ce n’est certainement pas une façon de juger une adaptation, bonne ou mauvaise. Se baser uniquement sur l’histoire et la façon dont a été écrit le livre pour juger du film,c’ est juste un parfait non sens.
    Alors encore une fois bravo pour ce très bon article!

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  11. @ Chonchon :
    Merci beaucoup 🙂
    Ca me fait penser de regarder Tess un de ces jours 😮
    Oui, même si Hollywood sur-abuse ces derniers temps de remakes (car là c’est flagrant, on sent que c’est un problème commercial et culturel), à l’origine c’est pas forcément une mauvaise chose ! La relecture est quelque chose qui a toujours existé dans l’histoire de l’art ! Contente que tu partages mon opinion (même si je n’ai pas l’habitude de relire les livres, je l’avoue 😮 ).

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  12. @ Amandine :
    Je n’ai pas parlé d’HP car je n’ai pas lu tous les bouquins mais effectivement je pensais à ce genre d’avis en écrivain mon article. Je trouve ça juste hallucinant !
    Hélas, j’ai remarqué que souvent (pas tout le temps mais souvent), quand les auteurs s’impliquent dans le scénario des films adaptés de leurs bouquins, ça ne donne pas forcément de bonnes choses car les auteurs sont trop attachés à leurs oeuvres, je trouve qu’ils n’ont pas forcément le recul nécessaire pour laisser le texte évoluer au cinéma.

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  13. @ Eelsoliver :
    C’est souvent le cas avec des classiques adaptés de bouquins. J’ai retrouvé de vieilles critiques de Blade Runner justement… il s’en prend plein la tronche du genre « c’est un massacre du bouquin » etc… alors que maintenant c’est un classique. Je trouve ça dommage de perdre cette objectivité même après on peut avoir ses préférences 🙂

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  14. @ Koppa :
    Je reconnais que ça m’est déjà arrivé de ressentir cette chose en voyant certaines bandes-annonces. Parfois j’ai le déclic : « tiens, c’est tel auteur, il serait temps que je lise ce bouquin, au moins je pourrais voir le film après » ou vice versa.
    J’avoue ne pas connaître spécialement les mangas mais effectivement c’est un vrai problème quand je lis à droite et à gauche les commentaires de fans, notamment en ce qui concerne le travail d’animation.
    Je me sens assez naze : je n’ai lu le livre de Boulle ni vu la première version de La Planète des singes (je ne compte pas le machin de Burton, hein).

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  15. @ Potzina :
    Tu as totalement raison, notamment en ce qui concerne l’exemple sur le Seigneur des Anneaux !
    Oui après je ne nie pas les changements inutiles qui font du mal à un film. Mais après encore une fois, je pense que le problème vient du fait de tuer un film en tant qu’objet individuel que de tuer un livre.
    Effectivement, il faut être réaliste : est-ce que tous les livres peuvent être adaptés ? Je ne le pense pas. 😮

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  16. @ Vince :
    Merci beaucoup 🙂
    Comme tu le dis, de toute façon, on a toujours l’impression que quoiqu’on fasse, personne ne sera content…
    Et comme tu dis, on ne peut pas toujours tout adapter, je crois que Leone a bien fait de ne pas s’être lancé dans cette aventure…

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  17. @ Prince :
    Ohhh merci 🙂
    « Si l’écrivain est évidemment l’auteur de son roman, le réalisateur est de toute évidence l’auteur de son film, et peut tout à fait revendiquer ses choix artistiques et stylistiques propres.  » => ta phrase est si bien tournée, c’est exactement ça ! (tout comme ta magnifique problématique finale, allez hop tu proposes ça comme sujet à des élèves, et tu te fais payer rien que pour l’idée bien sûr).
    J’avoue que je ne savais absolument pas que Vertigo était une adaptation ! Mais même sans avoir lu le livre, effectivement j’apprécie vraiment de voir un réalisateur qui va au bout de ses idées. Je ne dis pas qu’il faut faire n’importe quoi au nom de l’adaptation (du genre le futur Aladin avec Kev Adams) mais oui je trouve ça bien de voir autant d’investissement, de créativité tout en se disant « il y a un fil conducteur qu’est le roman original ».

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  18. @ Yadana :
    Exactement, il faut prendre en compte que chaque lecteur est différent et que chaque scénariste/réalisateur est un potentiel lecteur qui a son propre avis et sa propre imagination. Je suis totalement ton raisonnement et je le partage !
    J’ai vu H2G2, j’avoue que ce film m’a perturbée mais je serais vraiment curieuse de lire le livre et voir justement comment les scénaristes ont procédé au travail d’adaptation, ça a l’air assez différent, disons que j’ai du mal à imaginer ce qu’on voit dans le film dans un bouquin et visiblement tu le confirmes !

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  19. @ Bizard Bizard :
    Ohhh merci beaucoup !
    Tu as en tout cas vraiment compris ce que je voulais dire, sur le fait qu’il fallait vraiment prendre le film pour ce qu’il est, plus individuellement et je suis très contente que tu partages mon avis 🙂

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  20. En fait c’est comme tout, tu ne pourras pas empêcher les gens d’être déçus par une adaptation quand le comédien ne ressemble pas à la description qu’en donne le livre…Cela dit c’est vrai et c’est aussi valable pour les autres films, souvent les spectateurs critiquent un film parce qu’il ne correspond pas à ce qu’ils souhaitaient voir. C’est le vrai problème parce que là, on touche à la liberté du créateur et à sa vision personnelle du film. Enfin, perso ce qui me pose problème dans les adaptations, c’est plus qu’elles permettent aux réalisateur d’avoir une histoire toute prête… c’est plus facile aussi à vendre aux producteurs mais ça appauvrit la création cinématographique en elle même je trouve…

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  21. Je n’ai pas lu les commentaires de tous les copains 🙂 Pardon si je répète des choses déjà dites. Je suis globalement de ton avis, avec un seul bémol : parfois, je trouve que l’adaptation est une manière facile pour un réalisateur de disposer d’un scénario clé en main et de ne pas trop se fatiguer.

    Je crois quand même que l’auteur du bouquin originel mérite un certain respect et je comprends que, parfois, eux soient assez fâchés du traitement qui a pu être réservé à leurs livres…

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  22. Je me permets de te contredire Martin lorsque tu places au même plan un roman et son adaptation en scénario, alors que ce sont deux entités parfaitement distinctes. Les Américains font d’ailleurs très clairement la différence dans leur générique : Story by …, screenplay by… Et très souvent, l’écrivain n’est pas le mieux placé pour adapter son livre à l’écran. Un des derniers exemples qui me vient en tête est celui de Clouzot reprenant complètement le script écrit par Georges Arnaud pour le Salaire de la Peur : le scénario doit intégrer des notions de rythme, de découpage, ne pas se laisser étouffer par le dialogue, autant de contraintes avec lesquelles l’écrivain n’est pas forcément très à l’aise. Un scénario est sans doute un exercice très ingrat mais malgré tout une œuvre en soi, et je suis de ceux qui placent certains scénaristes au rang de très grands artistes et d’auteurs à part entière (Dalton Trumbo, Dudley Nichols, Frank Nugent, Walon Green, Borden Chase, Henri Jeanson, etc…). On pourrait même ajouter, notamment pour le cinéma français la sous-catégorie du dialoguiste dans laquelle s’est particulièrement illustré Michel Audiard. Bref, tout ça pour dire qu’il ne suffit pas d’avoir un roman (parfois lui-même très inspiré d’un précédent livre) sous la main pour en tirer facilement un film, et surtout d’en faire un bon.

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  23. @ Yuko :
    Oui, tu as raison, d’un côté, il ne faut pas que le spectateur pense que le film est une copie du livre et de l’autre, effectivement, le scénariste ne doit pas se tourner le pouce parce qu’il voit le texte comme déjà un scénario. Bref, la paresse, c’est mal 😮 Sérieusement, oui, et c’est un peu ce que je dis sur le problème de la fidélité : la fidélité ne présage pas forcément de bon si le scénariste ne s’est pas foulé ou s’il n’y a pas d’ambitions artistiques derrière 🙂

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  24. @ Martin :
    Je comprends que tu aies eu la flemme de tout lire je te pardooooonne 😀
    Pour ton bémol, c’est exactement ce qu’a dit Yuko (désolée pour les autres si je me répète) : effectivement, la relation est à double sens : certes, le spectateur ne doit croire que le film n’est qu’une copie tout comme il ne faut pas que le scénariste devienne paresseux. Je ne dis pas qu’il faut tout changer mais le texte ne doit effectivement pas être un scénario, c’est au scénariste de reprendre le texte et de bosser dessus.
    Attention, massacrer en faisant n’importe quoi, en ne citant pas le travail etc… c’est un problème qui peut exister. Mais après pour moi une implication trop forte de l’auteur peut être néfaste à l’oeuvre cinématographique et j’estime qu’il y a un moment où il faut aussi faire confiance aux scénariste, au réalisateur, etc… et aussi respecter leur propre lecture de l’oeuvre littéraire.

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  25. Bien évidemment, je suis tout à fait d’accord avec toi. C’est rigolo, parce que je viens d’écrire peu ou prou la même chose sur le biopic. Je pense que c’est en trahissant son sujet, en le faisant sien, qu’on crée une véritable œuvre. Sinon, ça n’est qu’un exercice de style inutile.
    Mais je dois cependant dire que je fais partie des puristes sur certains points. Je pense qu’il faut quand même qu’il y ait une certaine équivalence de talents entre l’auteur du roman et l’auteur du film. Autant, quand c’est Chéreau qui fait la Reine Margot, je peux accepter, et j’en redemande. Autant le massacre de Gléniot Bonder de Belle du Seigneur, ça mériterait un procès…

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  26. Je ne suis pas anti-adaptation mais quand je vois certains massacres… Quand je vois que le film American Psycho n’a rien du choc du livre. Quand je vois que Walking dead prend une direction lamentable dès sa première saison. Quand je vois les libertés incroyables de La ligue des gentlemen extraordinaires. Quand je vois que Will Smith a juste fait mettre « adapté de » et le titre pour justifier que son film s’appelle Je suis une légende. Non désolé je ne peux laisser passer ce genre de choses.

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  27. @ Girlie Cinéphilie :
    Oui ce n’est pas si éloigné de ton article sur le biopic ni même sur les remakes au fond.
    Disons qu’il faut voir comment la libre adaptation est assumée, comment l’oeuvre cinématographique est vendue (car un problème de communication peut aussi créer la déception chez les puristes), voir quels sont les choix judicieux ou non etc… Après, il faut quand même le dire : c’est du cas par cas !

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  28. @ Borat :
    Qu’il n’y ait pas de malentendu : bien sûr qu’il y a des massacres, il y a bel et bien des adaptations hyper ratées ! Nous sommes bien d’accord et je suis d’accord notamment en ce qui concerne American Psycho. Mais AP est justement un exemple intéressant : l’ensemble est grosso modo fidèle au texte à quelque chose près. C’est juste qu’il n’y a pas de prise de risque de la part de la réalisatrice, ça manque de patte personnelle et surtout, le vrai problème de ce film est qu’on ne comprend pas le « twist », la seconde interprétation possible. Mais c’est un problème qui peut venir même en dehors des non-adaptations. Je ne suis pas forcément une spécialiste en technique cinéma, peut-être que je me trompe (en tout cas dis-moi ce que tu en penses) mais pour la fin d’AP (puisque c’était ça qui m’avait déçue…avant de lire le livre, donc j’avais l’esprit « vide »), j’ai plus l’impression que c’est un problème de montage (je veux dire, normalement un bon « twist », il faut que le spectateur revoit les scènes qu’il a déjà vues avant et se dit « ahahahah oui le visuel est en fait trompeur, il fallait voir autre chose, voilà ce qui s’est passé en réalité » etc…).
    Après pour Walking Dead, je ne me prononcerais pas étant donné que je n’ai pas lu les BD. Mais le débat autour de WD (puisque je le vois souvent sur les réseaux sociaux, forums etc…) me semble assez similaire à celui de Game of Thrones et là je pense vraiment à la réponse qu’avait donnée par George Martin (et je le rejoins du coup).

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  29. Je suis absolument d’accord avec tout ce que tu écris là. En effet, la qualité d’une adaptation ne se résume pas uniquement à la fidélité (même si cela à son importance pour certains fans), mais aussi à ses qualités intrinsèques (découpage, montage, direction d’acteur, dialogue, musique, réalisation, mise en scène).
    À titre d’exemple, j’ai lu Poseidon de Paul Gallico après avoir vu le film de 1972 et son remake de 2006. Le roman est plus sombre que ses adaptations, mais cela ne change rien au fait que la version réalisée par Ronald Neame est un grand film catastrophe. De même, pour No Country For Old Men que tu cites dans ton excellent article, les frères Coen se sont, un peu, détachés du roman de McCarthy (notamment la seconde partie, celle où Llewellyn Moss fait la route avec une jeune adolescente, qui est absente dans le film). Pour autant, le film ne trahi pas l’ambiance crépusculaire imprimé par le romancier, et le récit s’adapte complétement au style des cinéastes.

    Ensuite, il faut se souvenir que la littérature est un art de la description, ce que n’est pas fondamentalement le cinéma.
    Lorsque je lis un roman (parfois avec une musique de film en fond sonore), je pense systématiquement à la manière dont certains passages peuvent être transposé en image. Je suis actuellement en pleine lecture de Mr. Mercedes de Stephen King, et il y a quantité de détails descriptifs délicieux qui peuvent très difficilement être mis en image sans qu’elles nuisent à l’efficacité du film.

    Le cinéma a ses limites que la littérature ignore.

    PS : Sinon, comme tu as pu le constater sur Facebook, le nom et l’adresse web de mon blog a changé. Voici la nouvelle : http://poingcritique.wordpress.com

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  30. Je ne le trouve en aucun cas fidèle aux textes de Bret Easton Ellis. Tout est coupé au point que les dialogues n’ont plus le sens du bouquin. Preuve en est les passages sur la musique. Cela n’a absolument rien à voir.
    Pour TWD ça me fait chier car le comic book est vraiment fantastique, glauque et brutal. Ils ont tout gâché.
    Game of thrones c’est plus compliqué car c’est des pavés et cela n’aide pas. Comme Le seigneur des anneaux. Qu’ils arrivent à en faire quelque chose sur 8 saisons est déjà pas mal. Le problème étant qu’ils ont été trop vite donc maintenant ils ne savent pas comment faire pour finir vu qu’il n’y a pas de fin! 🙂

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  31. @ 2flics :
    Okkkay tu viens de m’apprendre que Poseidon était adapté d’un roman ! (ça c’est fait !).
    Par contre, pour ma part, j’ai énooormément de mal à lire en écoutant de la musique. Pourtant je fais tout en musique (je conduis, je me douche, je fais le ménage, mon travail en musique TOUT mais sauf lire un roman).
    Bref, tu as fait un formidable résumé sur les adaptations qui rejoint bien le fond de ma pensée ! 😀
    Ouuuiiii je l’ai vu tout de suite (parce que… je suis rapide !) et voilà j’ai déjà fait la mise à jour dans mes liens ! En tout cas, ça le fait comme nom (c’est finalement assez proche de Cinema Choc, le côté « yeah le cinéma, ça pète la gueule », et tout ça).

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  32. @ Borat :
    Quand même, on retrouve pas mal le texte je trouve ! Tu chipotes ! Après, le livre est quand même gros, il y a beaucoup de description psychologique, des choses difficiles à retranscrire. Forcément qu’il y a des passages zappés mais pour moi c’est pas infidèle. C’est juste limite mal retranscrit, en tout cas je pense qu’il manquait derrière un réalisateur avec une véritable personnalité.
    C’est ce que je dis : tu es très, voire trop attaché aux textes de base. Je veux dire, si ça se trouve, sans connaître les comics, tu aimerais (en tout cas plus que prévu) TWD.
    J’avoue que ça me fait peur pour GoT mais je fais confiance aux scénaristes 🙂

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  33. Peut être au niveau des dialogues mais je trouve les scènes charcutées du piment qu’elles avaient dans le livre.
    Je ne pense pas car la première saison est vraiment nulle. Trop de personnages inutiles et surtout un dernier épisode totalement foiré. Je te conseille vivement de te lancer dans la bd. Un sommet de noirceur.

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  34. Comme Borat, je ne peux que t’inviter à une plongée dans la BD de Kirkman et Adlard qui prend des sentiers bien différents de la série (mais est-ce là la principale trahison ?) et qui se montre autrement plus intense et sombre (l’encrage y est pour beaucoup sans doute). Je ne déteste pas la série, et je lui reconnais justement le mérite de ne s’inspirer que partiellement de la BD. Pourtant il se trouve que les saisons passent et deviennent de plus en plus laborieuses (la dernière en date était assommante) alors que chaque nouveau volume de la BD est un uppercut.

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  35. Je suis plutôt de ton avis, je ne m’accroche pas à l’histoire originale comme une moule à son rocher. Si les changements sont valables ou se justifient, ça ne me dérange absolument pas. Par exemple, dans sa version d’Orgueil et Préjugés, Joe Wright inverse 2 scènes très importantes du livre et elles sont tellement bien tournées et jouées par Matthew MacFadyen et Keira Knightley qu’il n’y a rien à y redire.
    Je vois aussi l’adaptation cinématographique comme un moyen de faire découvrir une oeuvre ou un auteur et je n’aurais jamais lu Jane Austen sans les adaptations de ses livres. Le cinéma et la littérature sont complémentaires et un film peut permettre à un livre d’évoluer.
    Donc je te soutiens dans ton combat contre les « anti adaptations »

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  36. @ Princecranoir :
    Oui je suis d’accord sur les dernières saisons très décevantes, disons les choses. Mais après on ne peut pas tout remettre en cause le problème d’adaptation, c’est un problème scénaristique bien plus général. Le vrai problème pour moi, c’est son nombre d’épisodes : 16 c’est trop dans une saison surtout avec une histoire pareille. Le format 13 épisodes était déjà mieux, on allait au moins à l’essentiel. On est d’accord : ça tourne en rond (mais je croise les doigts pour la saison 6 parce que la fin de la saison 5 était quand même top). Et puis moi je me mets à la place d’un lecteur assidu de la BD : honnêtement ça me ferait chier de retrouver exactement la même histoire à la télé toutes les semaines.

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  37. @ Mélissa :
    Exactement et encore une fois c’est à force de regarder des films que je me suis mise à lire ! Le lien entre ces deux arts (et entre les autres disciplines) est étroit, et je trouve cela vraiment dommage que certains refusent systématiquement cette belle relation entre la littérature et le cinéma ! Et tu as raison pour l’évolution du livre, oui c’est comme s’il trouvait en quelque sorte une deuxième vie !

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  38. Très bon article. Le grand souci, c’est qu’une partie du grand public fait rarement la distinction entre certains médias. La structure d’une œuvre littéraire et celle d’une œuvre cinématographique ont leurs standards de temporalité et de structure. Et un écrit laisse la part belle à l’interprétation du lecteur, alors quand il ne la voit pas concrétisée telle qu’il le souhaite, ça barde.
    Une transposition idéale est celle qui transcende l’écrit originale en refusant la fidélité à mon humble avis. Celle qui accepte de ne pas se soumettre à la loi du respect de la ligne, qui respecte l’intégrité du livre en suivant ses thématiques et l’évolution de ses personnages. Qui fait en sorte que le récit se redécouvre par le prisme du 7èeme art. 🙂

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  39. @ Kapalsky :
    Merci beaucoup 🙂
    Tu as totalement raison et c’est pour ça qu’une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal 😮 🙂
    Après, effectivement, le cinéma offre une certaine immédiateté que ne donne pas la littérature, d’où cette sorte d’opposition parfois idiote entre ces deux arts qui sont selon moi complémentaires.
    Je ne sais pas si l’oeuvre doit refuser la fidélité (c’est compliqué comme question – certains bondiraient en tout cas si on leur dit ça) mais oui je crois que c’est encore une fois le ressenti de la lecture et son nouveau regard qui doit apparaître, pas le fait de voir le texte à l’écran à la virgule près. Mais tu en as fait un bon résumé ! 🙂

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  40. Cet article est très intéressant, surtout étant donné la recrudescence actuelle d’adaptations. Personnellement j’ai souvent du mal avec celles-ci : j’ai tendance à croire qu’elles ont souvent un fond commercial (« on n’a pas d’idée originale, prenons donc ce best-seller et faisons un film, ça va marcher et rapporter de l’argent »). Je fais sans doute partie des puristes : je n’aime pas que le physique des personnages ne corresponde pas aux descriptions (il existe assez d’acteurs sur Terre pour trouver quelqu’un capable de bien jouer la psychologie d’un personnage tout en correspondant physiquement), je suis parfois étonnée des énormes libertés prises par les scénaristes et je suis déçue quand des répliques particulièrement marquantes et savoureuses d’un livre sont absentes du film (par exemple, je n’ai jamais vraiment pardonné à « Gone Girl » de ne pas intégrer le fameux « rien qu’une olive, cela dit » (« just one olive though ») ni à « Ensemble c’est tout » d’écarter « excusez-moi de vous importuner… je vous importune, n’est-ce pas ? » qui permet au lecteur de saisir le personnage de Philibert en une phrase dès sa première apparition.
    Cela dit, même si je repère les différences et m’en agace souvent, ça ne m’empêche pas de reconnaître que certains de ces films sont réussis, même si différents des livres. Parfois je trouve même le film supérieur au roman (je pense par exemple à « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », plus subtil que le livre de Nicholas Evans ou à « Un heureux événement », plus équitable envers l’homme que le roman d’Éliette Abécassis).
    Par contre, je crois qu’il y a dans la littérature certaines nuances et subtilités qui ne sont pas adaptables. Les mots permettent d’entrer infiniment plus loin dans la psychologie des personnages que les images, en cela par exemple je trouve que « Gone Girl » est nettement moins fort en film qu’en livre.
    Finalement j’ai l’impression qu’en général, si on a lu le roman en premier, on va préférer le livre, et si on a commencé par le film, on gardera une préférence pour celui-ci. On devrait peut-être essayer d’adapter des films en romans, suivant un processus inverse, pour voir ce qu’en pense le public !

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  41. @ Lilylit :
    Coucou ! Très contente d’avoir le point de vue d’une « puriste » 🙂
    Après, c’est sûr qu’actuellement l’adaptation de romans est très commerciale et pratique : des millions de fans ont adoré le film, on peut ramener un max de spectateurs. Mais il y a tellement de livres adaptés que pas tous les films sont dans cette optique 🙂
    Certes, je comprends ce que tu veux dire sur le physique mais après il faut se poser la question : est-ce que le physique dans un texte est toujours important dans sa signification globale ? Je veux dire, un film sur Martin Luther King serait inenvisageable avec un film, on est d’accord. Ou encore si le personnage est par exemple roux, ça peut signifier qu’il est volcanique par exemple. Mais il y a aussi des descriptions dans certains bouquins juste pour pouvoir donner une image aux lecteurs, pour l’aider dans sa signification mais qui en réalité n’ont pas réellement un but derrière. Et puis le changement d’un physique peut aussi signifier une nouvelle perspective de la part du réalisateur et donc sa réécriture. Je crois qu’il faut accepter cette idée de réécriture, le fait que le livre n’appartienne plus aux lecteurs mais qu’il devient objet cinématographique et qu’il doit avoir un nouveau langage. Et c’est d’ailleurs très juste ce que tu dis : il y a des choses inadaptables, parce que la littérature et le cinéma ont tout simplement des codes différents et c’est pour ça qu’il faut accepter ces différences. Par contre, je trouve Gone Girl autant fort que le bouquin parce que justement Fincher ne se laisse pas totalement mangé par le bouquin il me semble.
    Je n’ai pas encore lu le livre de Nicholas Evans mais cela ne devrait plus tarder 🙂
    Le pire, c’est que l’adaptation de films en romans ou en BD devient de plus en plus courant et personne ne gueule effectivement !

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