Jurassic World

réalisé par Colin Trevorrow

avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson, Ty Simpkins, B.D Wong, Judy Greer, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio, Jake Johnson, Omar Sy, Lauren Lapkus, Katie McGrath…

Film d’aventure, science-fiction, action américain. 2h05. 2015.

sortie française : 10 juin 2015

Jurassic World

L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Jurassic World : Photo

Les Jurassic Park ont bercé mon enfance comme un grand nombre de jeunes spectateurs de mon âge. En fait, la trilogie a tout simplement marquée un grand nombre de cinéphiles de n’importe quel âge. Je n’attendais pas forcément suite car au fond de moi, je savais que ce n’était pas une bonne idée. Mais bon, il fallait être dans le coup, j’étais quand même curieuse de voir l’évolution de l’histoire mise en place des années maintenant. J’ai essayé de mettre mes a priori de côté lorsque je suis allée voir ce film au cinéma il y a maintenant quelques mois, en tout cas j’ai tout fait pour « oublier » les précédents volets. Hélas, malgré tous mes efforts, même si je savais au fond de moi qu’il ne fallait pas trop en attendre, j’ai quand même été déçue par ce nouvel épisode. Je ne dirais pas que le film est daubesque, n’exagérons pas non plus. Il s’agit d’un divertissement tout à fait correct, comme on sait à peu près le faire à Hollywood. Mais le film a quand même beaucoup de défauts. Ecrire cette critique a été très difficile car j’avais tendance (et c’est toujours le cas d’ailleurs) à ne voir que les choses qui ne m’avaient pas plu. Pour ne rien arranger, j’ai toujours en tête la sévère mais hilarante (longue) critique de L’Odieux Connard, disons que ça ne m’a pas été à remarquer les choses positives. Bref, je disais donc que même si ce Jurassic World m’a beaucoup déçue, je ne veux pas non plus être trop vache. En terme de pur divertissement, ce film n’a rien de déplaisant. On passe un bon moment devant ce blockbuster où tout pète dans la gueule, il y a de l’action tout en restant lisible, l’ensemble est rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde. Puis on est évidemment satisfait face au travail technique, les effets spéciaux et tout le reste sont quand même réussis et le sympathique Chris Pratt fait effectivement bien le job en tenant le rôle principal (même si j’avoue ne pas encore comprendre l’hystérie autour de ce gars, passons).

Jurassic World : Photo Nick Robinson, Ty Simpkins

Mais voilà malgré les efforts des studios à vouloir nous en foutre plein la vue, à nous divertir, à nous passer un message sur les dérives de la science certes pas trop révolutionnaire mais qui fonctionne à peu près, j’ai donc été déçue. Je voulais ne pas trop repenser aux autres Jurassic Park mais c’est un fait : j’ai forcément pensé aux autres films. Je précise que je ne garde pas un très bon souvenir du 3e volet même s’il faudrait que je le revoie. En revanche, j’avais revu le tout premier Jurassic Park à la télé et j’ai ressenti les mêmes émotions que j’avais eues les autres fois. Je n’aime pas comparer mais là c’était presque inévitable et j’en suis arrivée à la conclusion suivante : le premier Jurassic Park est un très bon film parce qu’il y a quelque chose de magique. Hélas, ce Jurassic World manque justement cruellement de magie. Malgré tous les effets spéciaux déployés, je ne me suis pas sentie comme une enfant pour plusieurs raisons (ces raisons étant pour moi liées). La première raison est que j’ai eu l’impression de voir une sorte de remake déguisé des deux premiers volets. Cette impression est vraiment très désagréable puisqu’on ne trouve pas forcément d’intérêt à cette histoire qui n’évolue pas tant que ça finalement. Au-delà de voir un scénario certes à peu près efficace malgré de nombreux défauts, le film de Trevorrow joue un peu trop la carte de la nostalgie, du genre « remember the 90s ». J’adore les hommages, j’adore les années 90 mais là ça m’a juste fatiguée et d’ailleurs au bout d’un moment je ne sais même pas si on peut appeler ça un hommage. Ceci entraîne alors la fameuse deuxième raison : j’ai trouvé ce film totalement dépassé, ringard (allez, n’ayons pas peur des mots). Je sais que j’ai l’impression d’adorer ce mot depuis quelques films (souvenez-vous de ma critique sur Tomorrowland) mais c’est vraiment ce que j’ai ressenti durant ma séance. Enfin, à part Chris Pratt qui s’impose, je n’ai pas vraiment aimé les acteurs, enfin, je dirais plutôt les personnages car les acteurs font le job au fond. Le personnage de Bryce Dallas Howard est trop caricatural et a des réactions débiles parfois tout comme celui de Vincent D’Onofrio, ce pauvre Omar Sy est totalement inutile, le petit Ty Simpkins (vous savez, le gamin d’Insidious) est choupi comme tout mais là encore son côté 90s fatigue, son frangin (la caricature de l’ado) m’a un peu gonflée, le personnage de Jake Johnson est sympa mais son côté geek est vraiment trop forcé. L’écriture des personnages manque vraiment de finesse. Enfin, la relation entre Pratt et Howard est assez pathétique !

Jurassic World : Photo Bryce Dallas Howard, Chris Pratt, Nick Robinson, Ty Simpkins

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Poltergeist (2015)

réalisé par Gil Kenan

avec Sam Rockwell, Rosemarie DeWitt, Jared Harris, Jane Adams, Saxon Sharbino, Kyle Catlett, Kennedi Clements, Susan Heywards…

Film d’épouvante-horreur, fantastique américain. 1h34. 2015.

sortie française : 24 juin 2015

Poltergeist

Lorsque les Bowen emménagent dans leur nouvelle maison, ils sont rapidement confrontés à des phénomènes étranges. Une présence hante les lieux. Une nuit, leur plus jeune fille, Maddie, disparaît. Pour avoir une chance de la revoir, tous vont devoir mener un combat acharné contre un terrifiant poltergeist…

Poltergeist : Photo Kennedi Clements

Je vous ai parlé il y a déjà deux mois de Poltergeist, le film culte de Tobe Hooper (et si vous avez lu ma critique, vous savez évidemment à quel point j’ai adoré ce long-métrage). Mais comme promis, voici ma critique de son remake, réalisé cette fois-ci par un certain Gil Kenan. Encore une fois, remettons les contextes dans son contexte : lorsque je suis allée voir le film de Kenan durant la Fête du Cinéma l’été dernier, je n’avais pas encore regardé la version originale. Je pense que cela a pu être un avantage pour moi car au moins je n’ai vraiment pas pu le comparer avec le chef-d’oeuvre de Hooper. Du coup j’avais moins d’attente que les vrais fans du film original. Ceci dit, même après avoir découvert le film de Hooper, je n’ai finalement pas vraiment changé sur ce remake. Disons les choses : ce remake est totalement inutile. Il fait partie de la loooongue lignée de remakes juste là parce qu’on se casse pas trop la tête à Hollywood depuis un certain temps. Il faut vraiment privilégier la version originale sans aucun doute ! Après, je ne vais pas jouer les hypocrites : je savais parfaitement ce que j’allais voir, c’est-à-dire probablement un film assez moyen voire même mauvais selon les points de vue. Personnellement, en tant que jeune spectatrice qui n’aime pas toujours se prendre la tête, ce remake ne m’a pas déplu. Je ne dis pas qu’il est spécialement bon, juste qu’il pourra satisfaire un certain public pas trop exigeant. Bon, il ne fait pas vraiment peur non plus (à part la scène avec la perceuse, parce que… boudi j’ai toujours peur qu’on s’attaque aux yeux des personnages, il n’y a rien à faire, je fais un blocage sur ça) mais au moins cela m’a encouragée à regarder le film de Hooper pour bon. Si on aime bien les Insidious et autres films dans cette même veine (précisons qu’Insidious est quand même trèèès inspiré du long-métrage de Tobe Hooper), ce remake passe pas si mal que ça. Nous sommes d’accord : il n’est pas vraiment effrayant mais en terme de divertissement, il m’a satisfait. Le film est assez court, ça va droit au but, on s’attache rapidement à cette petite famille américaine (même si je préfère évidemment les personnages de la première version).

Poltergeist : Photo Jane Adams, Kyle Catlett, Nicholas Braun, Rosemarie DeWitt, Sam Rockwell

Même si ce n’est pas une idée révolutionnaire, on sent que les scénaristes ont tout de même voulu placer l’histoire qu’on connait déjà dans un autre contexte : la crise économique. Disons que ça permet de garder les grandes lignes de l’histoire de base tout en donnant un nouveau relief. C’est pas grand-chose, c’est pas LE truc de ouf du siècle mais ça fonctionne à peu près. En revanche, et cela m’a VRAIMENT frappée lorsque j’ai découvert le film de Hooper, je regrette de voir les personnages féminins complètement zappés ! Quand on sait qu’il y avait un aspect féministe dans la première version, constater cette régression en 2015 fait quand même un peu mal au coeur. Après, même si là non plus il n’y a rien d’extraordinaire, j’ai trouvé la mise en scène à peu près correcte pour ce type de production, les effets spéciaux, la photographie, les décors passent aussi plutôt bien. En revanche, l’histoire met quand même pas de temps à démarrer alors que le film est quand même assez court. Quand on voit que le film de Hooper durait deux heures et qu’il commençait directement sans perdre de temps, on se dit qu’il y a quand même un petit souci dans le scénario, même si, en regardant cette nouvelle version, le scénario ne choque pas non plus totalement. Encore une fois, c’est vraiment le mot qui me vient à l’esprit en regardant le film de Kenan : moyen. Enfin, le casting s’en sort pas non plus trop mal. J’adore Sam Rockwell à la base, je l’aime même dans des films de merde, donc bon on va dire que j’ai réussi à m’accrocher grâce à lui. Même si elle sert à rien, j’aime également toujours autant Rosemarie DeWitt, une actrice encore trop méconnue. La petite Kennedi Clements s’en sort également pas mal, ce n’est pas évident, surtout à son jeune âge, de reprendre un rôle aussi emblématique. J’étais contente de retrouver le petit Kyle Catlett (de la série The Following, et aussi héros de T.S. Spivet de Jean-Pierre Jeunet), son interprétation est tout à fait correcte. Même s’il m’a un peu trop rappelé son rôle dans Les Ames Silencieuses, j’ai bien aimé Jared Harris en chasseur d’esprits. En revanche, les seconds rôles m’ont paru trop effacés. Enfin, je précise que je n’ai pas vu le film en 3D, je ne pense pas qu’elle était utile mais j’ai l’impression que certaines scènes devaient quand même fonctionner un minimum (même si, encore une fois, je ne pense avoir raté grand-chose).

Poltergeist : Photo Jared Harris

Contes italiens

réalisé par Vittorio et Paolo Taviani

avec Riccardo Scamarcio, Kim Rossi Stuart, Jasmine Trinca, Rosabell Laurenti Sellers…

titre original : Maraviglioso Boccaccio

Drame italien. 1h55. 2014.

sortie française : 10 juin 2015

Contes Italiens

Florence, XIVème siècle : la peste fait rage. Dix jeunes gens fuient la ville pour se réfugier dans une villa à la campagne et parler du sentiment le plus élevé qui existe, l’amour, dans toutes ses nuances.

Contes Italiens : Photo Lello Arena

Je n’ai pas vu des tonnes de films des frères Taviani mais de ce que j’ai pu voir, j’aime vraiment leur travail. Je garde vraiment un bon souvenir de Kaos et j’adore César doit mourir (Ours d’or au festival de Berlin en 2012). J’étais donc curieuse de découvrir leur dernier long-métrage, Contes Italiens, même si je ne suis pas forcément fan des films en costume et tout ça. Puis, en cours de littérature, mes profs ont souvent parlé de Boccace (puisque le long-métrage est donc tiré de cinq nouvelles du Décaméron). Je n’ai jamais osé lire ce pavé (et je ne pense pas aimer même si c’est bien de le lire pour sa culture générale) donc je n’ai aucune idée de la manière dont ont procédé les Taviani pour l’adaptation mais je connais un peu de quoi il s’agit tout de même (et ça change des adaptations idiotes, du style Virgin Territory, parce que là, malgré ma tolérance pour le travail des scénaristes envers les adaptations, il n’y a pas d’autres mots). Je ne parlerais pas de déception étant donné que je n’attendais pas non plus des masses ce film (encore une fois, je l’ai vu par curiosité et j’ai eu l’occasion de le voir à une période creuse, rien de plus) mais j’ai quand même trouvé ce film très moyen, ce qui est dommage, surtout quand on connait le talent des Taviani. Le film part pourtant plutôt bien, c’est-à-dire lorsque les personnages fuient Florence à cause de la peste pour aller se réfugier à la campagne : le contexte historique m’a semblé bien reconstitué et le spectateur est rapidement plongé dans l’histoire. Puis, les choses se gâtent quand les jeunes sont à la campagne et racontent à chaque fois une histoire. En fait, malheureusement, les Taviani, qui ont avoir plus de 80 ans (et donc beaucoup d’expérience), n’ont pas évité les éternels pièges réservés aux « films à sketchs » (enfin je ne suis quand même pas sûre de classer Contes italiens dans cette catégorie en particulier même si ça peut rappeler certains films dans cette veine-là). Du coup, on a droit à un long-métrage inégal.

Contes Italiens : Photo Carolina Crescentini

Disons qu’il y a des histoires plus intéressantes que d’autres. De tête, je garde un très bon souvenir de l’histoire avec Calandrino (avec Kim Rossi Stuart, qui doit jouer un moche, mais qui reste canon, bref pas grave), un gars un peu (beaucoup) simplet qui pense devenir invisible grâce à une pierre « magique » noire. J’ai également beaucoup aimé l’histoire avec les coucheries de bonnes soeurs dans un couvent. Ces deux sketchs en question m’ont tout simplement fait rire grâce à une écriture certes simple mais efficace (oui, j’aime dire cette expression à la con, on ne me tape pas !) et une chute qui fonctionne à merveille à chaque fois. Le tout dernier sketch, avec le fauconnier Federico qui retrouve sa bien-aimée, n’est certes pas drôle du tout contrairement aux deux autres histoires que je viens de citer mais cette dernière partie est vraiment très émouvante sans être larmoyante. En revanche, les deux autres histoires ne m’ont pas convaincue, et cela a tendance à créer une sorte de déséquilibre. En effet, rien que la toute première histoire avec une femme mourante sauvée par son amant (là déjà, malgré une bonne introduction, tu te dis que c’est mal barré pour la suite) m’a assommée (d’ailleurs, il me semble que je me suis légèrement assoupie à ce moment-là). J’ai juste trouvé l’histoire très cul-cul (oui j’utilise en plus des expressions dignes d’un enfant de troisième année de maternelle). Et l’autre histoire que je n’ai pas aimée (avec Tancredi et sa fille) est également très niaise et limite un peu dépassée et tu sors de là avec une affreuse envie de te pendre ! Bref, comme je le disais, l’ensemble paraît du coup déséquilibré, il y a clairement quelques problèmes de rythme et des longueurs, on ne rencontre pas le même intérêt pour chaque histoire, les transitions entre les sketchs sont parfois un peu longues même si elles ne sont pas toujours inintéressantes (notamment en ce qui concerne la reconstitution historique qui ne paraît pas too much, mais vraiment juste comme il le faut). Même le casting est assez déséquilibré, il faut quand même le dire : certains jouent mieux que d’autres (certains sont même carrément mauvais).

Contes Italiens : Photo Kim Rossi Stuart

Paris, Texas

réalisé par Wim Wenders

avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski, Dean Stockwell, Aurore Clément, Hunter Carson…

Drame américain, allemand, britannique, français. 2h27. 1984.

sortie française : 19 septembre 1984

Paris, Texas

Un homme réapparaît subitement après quatre années d’errance, période sur laquelle il ne donne aucune explication à son frère venu le retrouver. Ils partent pour Los Angeles récupérer le fils de l’ancien disparu, avec lequel celui-ci il part au Texas à la recherche de Jane, la mère de l’enfant. Une quête vers l’inconnu, une découverte mutuelle réunit ces deux êtres au passé tourmenté.

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J’ai toujours eu envie de regarder Paris, Texas, Palme d’or au festival de Cannes en 1984 (présidé par Dirk Bogarde), mais je dois avouer qu’après avoir vu Les Ailes du Désir (qui a ses qualités mais je n’accroche pas plus que ça), je n’avais plus spécialement envie de regarder du Wim Wenders. Mais la rétro consacrée au réalisateur allemand sur Arte il y a un mois à peu près m’a donnée envie de découvrir enfin ce long-métrage. Et je dois avouer que j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce film bouleversant qui mérite vraiment son statut de de chef-d’oeuvre de la part d’un grand nombre de cinéphiles. Je n’étais pourtant pas sûre d’aimer au début, j’avais peur de m’emmerder comme devant Les Ailes du Désir, on peut être perturbée par le rythme lent qui se met en place dès les premières minutes du long-métrage (pratiquement muettes), par les décors américains qui ont quelque chose à la fois de chaud et d’onirique et puis j’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre, surtout quand on voit débarquer Travis qui ressemble à un vagabond. Pourtant, petit à petit, j’ai commencé à être à l’aise avec les personnages, l’environnement et l’histoire qui se dévoile au fur et à mesure. Le rythme lent est finalement assez cohérent par rapport à la situation de Travis, qui erre, qui va lentement renouer des liens avec son fils et va prendre du temps pour retrouver de Jane pour qu’elle-même retrouve son petit garçon. Cela correspond tout simplement à des situations humaines complexes qui ne peuvent pas se résoudre du jour au lendemain. De plus, le rythme est lent mais finalement je ne me suis pas ennuyée alors que le film dure tout de même plus de 2h20. Mais encore une fois, il y a un côté onirique qui se met en place, du coup personnellement le film m’a transportée, m’a littéralement fait voyager. Comme Travis, le spectateur accepte de laisser son esprit errer face à de splendides et lumineux paysages, notamment éclairés par une magnifique photographie, et à la musique désormais culte de Ry Cooper. Mais nous ne pouvons pas limiter Paris, Texas à une simple histoire d’errance, de road movie (un des meilleurs films appartenant à ce genre), mis en avant par des efforts esthétiques. L’histoire qui se déroule petit à petit est envoûtante et surtout émouvante, mais jamais larmoyante.

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Mais surtout, je crois que tous ces effets oniriques et émotionnels viennent du fait que le road movie se mêle à un autre genre : celui du conte. En effet, même si c’est un thème finalement assez récurrent dans le road movie et plus généralement dans le genre du voyage, Paris, Texas se présente comme un récit initiatique dans lequel on recherche à chaque étape du scénario un personnage : le père, le fils, la femme et la mère. Il s’agit alors de la recherche de plusieurs types d’amour familiaux tout comme il s’agit d’un film sur la quête de soi. Le scénario a donc quelque chose de simple au premier abord car il s’agit d’une histoire familiale (ce qui a tendance à parler aux spectateurs, même ceux qui n’ont pas eu une vie aussi agitée que celle de Travis et Jane) et pourtant il est bel et bien construit. Quelque part, à l’image de son rythme, il y a quelque chose qui coule de source dans ce scénario. Que ce soit à travers le scénario finalement écrit avec beaucoup de subtilité ou la mise en scène très soignée et réfléchie, on sera séduit par la fluidité même de l’histoire. Comme je le disais, il n’y a rien de larmoyant, Wenders n’en ajoute pas trop. L’émotion vient justement par des scènes qui peuvent sembler simples et pourtant provoquent petit à petit une véritable émotion. Je pense notamment à la scène dans laquelle le petit Hunter, de l’autre côté du trottoir, imite les gestes de son père alors qu’au début du film son père est pour lui qu’un étranger. Enfin, Paris, Texas est servi par des acteurs impeccables qui interprètent des personnages vraiment intéressants, complexes et attachants, malgré un passé assez sombre pour ne pas dire chaotique. Harry Dean Stanton a certainement trouvé ici le rôle de sa vie, il est inoubliable dans ce rôle si énigmatique. Nastassja Kinski (que je « découvre » finalement… et oui, la lose, j’ai quelques films à rattraper !) apparaît peu à l’écran et pourtant quelle présence, elle est si lumineuse ! Et d’ailleurs, les deux scènes de retrouvaille, notamment la deuxième, avec son ex, sont vraiment émouvantes. Au-delà de sa très belle interprétation, même si elle incarne la fameuse mère et ancienne femme absente, on a sans cesse l’impression qu’elle est présente. J’ai également beaucoup aimé les seconds rôles, que ce soit Hunter Carson (qui joue le gamin de Stanton et Kinski), Dean Stockwell ou encore Aurore Clément (malgré son affreux accent).

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Coup de gueule contre les anti-adaptations

Les adaptations cinématographiques m’ont toujours fascinée. C’est grâce au cinéma que je suis devenue une grande lectrice (enfin, faut peut-être pas déconner non plus). Certes, comme tout le monde, je ne peux pas m’empêcher de comparer un film à son livre d’origine mais ce que j’aime, même si je le fais de manière inconsciente, c’est d’observer tout le processus d’adaptation, de voir ce qu’on peut garder dans un film, ce qu’on peut transformer, supprimer, déplacer etc… Certes, il y a de mauvaises adaptations, c’est un fait. Cependant, je commence à en avoir ras-le-bol des puristes, d’entendre toujours cette même phrase, comme un leitmotiv : « Je préfère le livre au film ». En fait, certains ne seront jamais satisfaits par les adaptations cinématographiques dans tous les cas possibles ! Alors que je souhaitais écrire un article plus poussé sur les adaptations cinématographiques (du genre 1. Les bonnes adaptations, 2. Les mauvaises, bref, le truc chiant comme la mort), je préfère plutôt essayer de faire prendre conscience à certains lecteurs à quel point ils ont une vision trop fermée. Après, je préfère être claire dès le début : il y a des mauvaises adaptations. C’est un fait. Et je peux en citer un paquet. Mais avec le recul, le problème n’est pas toujours un problème d’adaptation : il faut tout simplement se dire que ces films en question sont juste mauvais.

Disgrace disgrace

L’argument qui revient évidemment le plus chez les puristes est évidemment celui de la fidélité : « C’est pas fidèle au bouquin donc c’est nul. » Raaah.  Alors, on va mettre les choses au clair : on ne trompe pas son ou sa partenaire. Or, nous sommes bien d’accord : un film n’est PAS une meuf ni un mec. Il serait temps de comprendre à quel point la fidélité n’est pas un gage de qualité. Il y a des tas de films hyper fidèles aux bouquins et ce n’est pas pour ça qu’ils sont bons. Je pense, de tête, à La Voleuse de livres de Brian Percival ou à Disgrace de Steve Jacobs. Oui, ils sont fidèles mais les films, sans dire qu’ils sont mauvais, sont fades et impersonnels. Un film n’est pas censé être une copie d’un texte, du genre on est tellement paresseux qu’on n’arrive plus à lire au point que le film remplace les mots. Non, ça ne marche pas comme ça ! Pour moi, un film est plutôt une relecture, une vision personnelle d’un texte. De plus, être trop fidèle à un texte peut parfois rendre les scénaristes prisonniers de l’histoire. Après, il y a heureusement des films très fidèles aux textes (je pense par exemple à Gone Girl de David Fincher), je ne veux pas faire de généralités et dire que tous les films fidèles aux romans sont insipides. Je dis juste qu’il y a des fois où un film ne peut pas être fidèle et heureusement la fidélité n’a pas toujours un intérêt. Il faut savoir prendre des risques. Parfois, il vaut mieux un très bon film pas fidèle au livre qu’un film fidèle mais mauvais.

La Voleuse de livres 9782266175968

Les puristes oublient aussi quelque chose qui me semble pourtant essentiel : les spectateurs n’ont pas forcément lu le livre d’origine. Les spectateurs vont alors se contrefoutre si X est blonde dans le livre mais brune dans le livre. Ils s’en fichent également de voir s’il y a une modification dans l’histoire. Le principal est ce qu’il voit : est-ce que cette histoire, qu’ils découvrent eux pour la première fois, fonctionne, les fait réagir, est cohérente ? Est-ce qu’il y a une sorte de magie qui se produit dans la salle obscure ? Raison de plus pour juger le film pour ce qu’il est. Certes, encore une fois, et moi la première, c’est normal de s’amuser à voir les points communs et les différences entre le film et le livre. On peut avoir une préférence pour l’un ou pour l’autre. Il peut bien sûr y avoir de mauvais choix scénaristiques. Mais les puristes oublient tout simplement de regarder le film en lui-même, en délaissant le livre. Personnellement, même si je « compare », quand je regarde un film dont je connais déjà l’histoire de A à Z, je me concentre d’abord sur le travail de mise en scène, le jeu des acteurs, la complexité ou non des personnages. Je tente de voir si le propos est toujours pertinent, si l’angle abordé (qui peut changer d’un livre à un film) est intéressant et si le film provoque surtout une quelconque émotion.

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Cela me fait penser alors à un autre débat : selon les puristes, un film serait donc mauvais à cause de son casting. On va emmerder un film parce qu’un tel est blond alors que dans le livre il est brun. Je pense notamment à cette polémique autour de Hunger Games : des fans ont été déçus, voire choqués de voir plusieurs personnages du roman devenir noirs dans le film. Alors, parfois, c’est vrai qu’un trait physique peut avoir son importance, pour l’intrigue ou pour donner une certaine signification à un personnage. Mais après, il ne faut pas non plus tout le temps se focaliser sur un détail qui parfois dans un roman n’a pas vraiment de sens. Personnellement, je préfère avoir un acteur qui ne ressemble pas forcément à la description du bouquin mais qui arrive à retranscrire les traits psychologiques du personnage plutôt qu’un acteur qui ressemble physiquement au personnage du livre mais qui joue comme son pied gauche. Regardez par exemple Javier Bardem dans No Country for Old Men. Il ne ressemble pas du tout à la description faite par Cormac McCarthy dans le bouquin. Il est censé avoir des yeux bleus glaçants et n’a pas du tout cette coupe de cheveux à la Mireille Mathieu. Et alors ? Est-ce si grave qu’il ait un autre physique que le livre ? Nous sommes bien d’accord, cela n’a pas d’importance, le principal est de voir le résultat et quelle réussite. Par son interprétation, Bardem a su retranscrire toute la froideur et la violence du personnage, on croit tellement à son personnage de psychopathe. De plus, on retrouve vraiment dans cette transformation physique l’univers même des Coen. Finalement, encore une fois, le plus important ait que le film ait sa propre personnalité, quitte à s’éloigner du texte original. Finalement, c’est un peu comme pour les biopics : ce n’est pas si grave si l’acteur n’est pas forcément le sosie de la personnalité qu’il incarne. Le plus important est de voir une interprétation convaincante et qui a du sens par rapport à l’histoire et à son propos.

No Country for Old Men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme 21892720

On compare naturellement un livre et son adaptation cinématographique. La question qu’on se pose souvent est alors : qui est supérieur à qui (ou plutôt à quoi ?). Or, peut-être que cela serait bien d’envisager le fait qu’un film puisse être complémentaire à l’oeuvre littéraire originale. Je pense notamment à ce que disait Philip K. Dick à propos de l’adaptation de son roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Blade Runner ainsi que le réalisateur Ridley Scott. En effet, tous les deux avaient conscience que le film était très différent du roman (il n’est d’ailleurs même plus question de « moutons électriques » dans le long-métrage) mais tous deux disaient que ces deux oeuvres étaient finalement complémentaires (et je pense que c’est le ressenti général des spectateurs qui ont lu le bouquin). Philip K. Dick racontait même que les images qu’il avait pu avoir durant le montage correspondaient à la vision qu’il avait lorsqu’il a écrit son roman. Là encore, ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point l’essentiel, le ressenti général est finalement plus important que s’accorder à des détails finalement pas toujours intéressants ou qui ne serviront pas nécessairement son adaptation cinématographique. En tout cas, depuis que je connais cette anecdote, j’arrive vraiment à comprendre ce qui me plait dans cet exercice de « comparaison » et je comprends mieux le travail des scénaristes.

Blade Runner les-androides-revent-ils-de-moutons-electriques---140288

Enfin, je crois qu’il faudrait se dire que le cinéma a tout simplement des codes différents de ceux de la littérature tout comme il a des codes différents des autres arts. Par exemple, parmi les plus basiques, on peut écrire des tonnes de descriptions et des tonnes de rebondissements au sein d’un même roman, bref un roman pourra faire mille pages s’il le faut. Alors, je ne dis pas qu’il n’existe pas de très looooongs films. C’est peut-être aussi pour cela que les séries ont explosé (même si les séries ont aussi le droit de s’éloigner des oeuvres littéraires) car quelque part, c’est un des seuls moyens pour raconter une histoire sur une « longue durée » (mettons des guillemets pour des raisons de clarté car évidemment un épisode a une durée limitée, je parle ici en terme de saisons), comme si chaque épisode pouvait être l’équivalent d’un chapitre de roman, voire même le chapitre du chapitre. Mais en général, contrairement à un roman, un film a une durée limitée, surtout actuellement. Nous ne sommes plus dans une époque où on diffuse dans des salles de cinéma des films de 4 heures comme Autant en emporte le vent. On est dans une époque où on veut tout rapidement, en général les films durent donc entre 1h30 et 2h, allez, grand max 2h30. Ceux qui dépassent vraiment cette durée sont une poignée. Donc, quand on est face à une durée limitée, il faut aussi tout simplement comprendre que les scénaristes doivent faire des choix, ils doivent aller à l’essentiel, ils ne peuvent pas tout caler. Alors, tant pis si on enlève un passage sympathique ou si on fait du deux en un, le principal est encore une fois d’aller à l’essentiel. Après, évidemment, il ne faut pas couper n’importe comment, mais là encore une fois c’est un débat.

Autant en emporte le ventautantenemporte

Girls (saison 1)

Créée par Lena Dunham

avec Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Adam Driver, Alex Karpovsky, Christopher Abbott, Andrew Rannells, Becky Ann Baker, Peter Scolari, Kathryn Hahn, James LeGros, Chris O’Dowd…

Série comique américaine. 1ere saison. 2012.

girlssaison1

Cette première saison met en scène quatre jeunes filles d’une vingtaine d’années entrant dans la vie active et qui ont toutes leurs problèmes : Hannah Horvatz, éternelle stagiaire qui rêve de devenir écrivain et sort plus ou moins avec un garçon à la sexualité débridée, Marnie est une jeune fille sérieuse mais qui s’ennuie avec son petit ami, Jessa a fait le tour du monde et vit sa vie de « hippie » et Shoshanna est encore une étudiante fan de Sex and the City et toujours vierge.

Photo Jemima Kirke, Lena Dunham, Zosia Mamet

Cela faisait un moment que je souhaitais parler de cette série mais je ne savais pas trop comment m’y prendre alors j’ai décidé de l’évoquer de temps en temps sur ce blog, en allant tout simplement de saison en saison. J’ai aussi revu cette série très récemment histoire d’avoir un nouveau regard et je dois avouer que cela a été bénéfique. En effet, même si j’avais déjà beaucoup aimé cette première saison (sinon je n’aurais pas forcément voulu regarder le reste), certaines qualités m’ont vraiment sauté aux yeux en la redécouvrant. Je ne sais pas si Lena Dunham, créatrice, mais aussi scénariste et même réalisatrice d’un grand nombre d’épisodes, avait déjà en tête le scénario pour les saisons à venir mais quand on voit tout ce qui se passe jusqu’à présent (saison 4), je trouve qu’elle a vraiment bien su rebondir et utiliser à bon escient tous les éléments mis en place dès cette première saison. La série en général n’est peut-être pas parfaite, elle ne plaira pas non plus à tout le monde, notamment pour son côté très cru (il faut dire qu’elle est produite par Judd Apatow, cela ne peut pas être un hasard), parfois Lena Dunham peut énerver pour son côté très donneuse de leçons (un peu comme son personnage Hannah d’ailleurs) mais je dois reconnaître qu’elle a un parcours admirable pour son jeune âge. Je ne vais pas trop critiquer son travail de showrunner ici car je n’ai pas trop de critiques négatives en ce qui concerne cette première saison en particulier, les critiques viendront vraiment plus tard au fil des autres saisons. Ce qui est sûr, c’est que la jeune actrice/réalisatrice/productrice, qui avait d’ailleurs décroché le Golden Globe de la meilleure actrice dans une série comique après la diffusion de cette première saison, est une jeune femme qui sait observer et les retranscrire. Sur le papier, le résumé de Girls pourrait limite inquiéter dans le sens où on ne verrait pas forcément en quoi cette série pourrait être novatrice et surtout, avec un tel titre, on aurait pu s’attendre à un énième Sex and the City. Mais justement, Girls est l’anti-Sex and the City ! Les héroïnes en question sont jeunes, paumées, ont du mal à trouver du travail, vivent des appartements miteux et ont parfois des relations sexuelles trèèès étranges !

Photo Adam Driver, Lena Dunham

Il n’est pas toujours facile d’aimer les personnages de Girls car elles ont quand même leurs défauts qui sont d’ailleurs mis de plus en plus en avant au fil des saisons. Mais quelque part, et encore une fois, en donnant une seconde chance (si on peut dire ça comme ça) à cette première saison qui m’avait déjà convaincue, j’aime aussi les personnages parce que justement elles ne sont pas parfaites et quelque part, en ce qui me concerne, je me reconnais en elles ou alors je reconnais des personnes de mon entourage. J’avoue ne pas me reconnaître en Marnie (une fille assez coincée, voire même frustrée et déjà coincée dans sa routine), c’est peut-être même le personnage que j’aime le moins, mais au fil de mes expériences, j’avoue connaître beaucoup de Marnie autour de moi, des personnages qui m’agacent ou alors je ne comprends pas forcément leur manière de vivre (même si je n’ai évidemment pas de leçons à donner). Quelque part, Marnie est un personnage réussi, assez réaliste de ce qui se passe chez pas mal de jeunes de la vingtaine (je pense par exemple à beaucoup qui sont « en couple » depuis longtemps mais à 20/22 ans sont déjà épuisés par cette longue relation). Finalement, même si encore une fois il ne s’agit pas de mon personnage préféré, j’ai appris avec le temps à apprécier ce personnage. On va quand même parler d’Hannah car même si la série s’appelle Girls, ce personnage est tout de même le point de départ de l’histoire en étant vraiment mis en avant. Il faut quand même le dire : Hannah est très énervante notamment à cause de son égocentrisme (notamment quand Marnie apprend tout ce qu’il y a dans le journal intime d’Hannah, Hannah lui demande si dans un autre contexte elle aurait aimé son écriture) voire même limite irresponsable (comme sa blague douteuse sur la pédophilie face à son futur boss qui n’est évidemment plus son futur boss). Ceci dit, j’ai fini par aimer Hannah parce que je me reconnais un peu en elle : ses complexes physiques, son manque de confiance en elle (même si elle le traduit par une sorte d’excès de confiance, ce qui est tout le contraire de mon caractère), son goût pour l’écriture et ses angoisses. J’aime aussi beaucoup Jessa même si là encore ce n’est pas forcément évident d’apprécier ce personnage et qu’il faut quelque part un petit temps d’adaptation. Jessa, la cousine anglaise de Shoshanna, est une baba hippie cool qui a beaucoup voyagé, elle est assez délurée, un peu détachée de ce qui se passe dans la société, elle est assez spontanée, vive mais peu aussi paraître vulgaire. A priori, je n’ai rien à voir cette fille, et au début, à cause de son apparence, je n’ai pas non plus tout de suite accroché au personnage. Mais là encore, c’est le temps qui m’a permis de m’attacher à cette jeune fille qui a finalement un coeur énorme et cache une grande sensibilité. Je dois avouer que je me reconnais un peu en elle justement parce que j’ai un côté un peu grande gueule comme elle (et comme Hannah aussi), limite révolutionnaire (ahaha la scène dans le jardin d’enfant est énorme) mais après c’est aussi une manière pour ne pas montrer toutes mes émotions. Mais je dois avouer que je me sens très proche de Shoshanna, notamment parce qu’elle est speed, parle très vite (et je vous assure que j’ai un certain débit et que cela me demande beaucoup de boulot pour parler à un rythme modéré), qu’elle est coquette (au niveau de la garde-robes, là encore, on se ressemble, j’adore le « on »), elle dit vraiment ce qu’elle pense (certes, Hannah et Jessa sont aussi franches mais pas autant que Shoshanna, non, elles ne peuvent pas rivaliser), raconte n’importe quoi quand elle est sous l’emprise d’alcool et de drogues ce qui lui arrive rarement et est concentrée sur ses études.

Photo Lena Dunham

La série a beau s’appeler Girls et mettre des personnages féminins en avant, Dunham n’a pourtant pas délaissé les hommes qui ont chacun un rôle important. Le personnage le plus charismatique reste Adam, le mec bizarre d’Hannah, un gars assez pessimiste et asocial qui passe au début pour un détraqué sexuel mais après on apprend vraiment à l’apprécier, à comprendre d’où vient son côté sombre et on s’aperçoit là encore qu’il a un bon fond. Il est aussi drôle car il ne sait pas se comporter correctement (du genre il débarque comme un fou avec un paquet de shampoings dans la douche alors qu’Hannah y est déjà puis après pisse dedans alors que sa copine y est toujours !).J’aime également beaucoup Ray, le meilleur pote de Charlie, qui n’hésite également à dire ce qu’il pense et balance des phrases très cassantes. Charlie est un personnage un peu trop lisse et gentil mais ce n’est pas forcément un reproche dans le sens où ce sont justement ses qualités qui vont lasser sa petite amie Marnie. Enfin, comme beaucoup de fans, j’aime énormément Elijah. Alors certes, on reprend un peu le cliché du meilleur ami gay mais j’adore vraiment sa personnalité et j’étais vraiment heureuse de voir à quel point il prenait de la place au fil des saisons. Ce gars est à lui tout seul une tornade ! Girls est aussi connu pour son côté trash, que ce soit à travers des répliques très salaces et surtout des scènes assez crues. Je dois avouer que la première fois que j’ai regardé cette série, les scènes de sexe et tout ça m’ont gênée. Pas tellement à cause du contenu mais parce que j’avais l’impression que c’était vraiment gratuit, du genre une pseudo revendication pour se détacher des autres séries. Certes, je pense qu’il y a quand même toujours maintenant une part de provocation, qui se confirme d’ailleurs au fil des saisons. Cependant, en revoyant cette première saison, les scènes en question ne m’ont plus autant gênée car je pense avoir compris où Dunham a voulu en venir.
Photo Allison Williams
En fait, je dois même dire que maintenant ces scènes de sexe en question sont pour moi très drôles. Je pense notamment à celle avec Jessa qui couche avec son ex – qui est en couple – alors que Shoshanna est encore dans l’appartement, la scène de masturbation d’Adam (pendant ce temps, Hannah en profite pour lui prendre des sous) ou encore à la scène de sexe avec les parents d’Hannah sous la douche qui se finit évidemment par un accident ! Et puis, je dois avouer que ça fait du bien de voir des filles normales avoir des relations sexuelles. De plus, même si c’est cru, même s’il y a quelque chose de gratuit, les scènes ont le mérite de ne pas sur-érotiser les actrices, on cherche plutôt la normalité même dans les actes sexuels les moins banals. Surtout, pour moi, les scènes de sexe assez représentatives d’une certaine sexualité entre jeunes adultes : soit les jeunes semblent assez libérés (cela passe aussi par le porno et les sextos) soit ils connaissent déjà la frustration (alors que, selon les points de vue, on pourra tout simplement dire qu’il s’agit de relations sexuelles « normales »), soit encore on aborde la question de la virginité tardive. C’est aussi une jeunesse en même temps préoccupée par la contraception et qui peut aussi avoir un comportement irresponsable malgré cette peur MST notamment. La série a aussi le mérite de mettre en avant à plusieurs reprises la masturbation féminine, vraiment trop peu représentée ou évoquée à la télé ou au cinéma. Mais heureusement, la série ne se limite pas non plus qu’à la question du sexe chez les jeunes adultes. La drogue, notamment dans les soirées, fait partie des sujets abordés (même s’il sera renforcé davantage dans les saisons suivantes, avec Jessa), le harcèlement sexuel au travail (avec les collègues d’Hannah qui traitent Adam de pervers mais acceptent volontiers de se laisser toucher par leur boss sans broncher) ou encore le fait de flirter avec son boss.
Photo Jemima Kirke, Lena Dunham, Zosia Mamet
Mais c’est surtout le discours sur l’angoisse de l’avenir qui m’a vraiment parlé. Cette question est évidemment abordée notamment à travers la confrontation entre Hannah et ses parents, qui n’ont pas la même vision des choses, que ce soit à propos du travail ou des relations amoureuses. Comment être rassurée par son avenir quand on voit que les études ne servent finalement à rien et qu’on est toujours l’éternelle stagiaire évidemment pas payée et qu’on est obligée de squatter dans des appartements pourris ? Cependant, même si la série pointe assez justement ces angoisses et que ça fait aussi du bien de voir… la réalité tout simplement, Dunham n’est pas tendre avec sa génération. Elle montre clairement que c’est une génération qui a envie d’être adulte, qui est confrontée à des problèmes d’adultes et en même temps refuse aussi de grandir même si cette génération en question n’appartient plus à la tranche adolescente. Je ne sais pas si, comme Hannah, Dunham est « la voix de [sa] génération » mais en tout cas elle a vraiment compris pas mal de choses sur la sienne et donc aussi la mienne. La série ne pourra peut-être pas plaire à tout le monde mais elle a le mérite d’être courte : il n’y a que dix épisodes par saison et chaque épisode dure environ 25 minutes. Du coup, cela permet aux scénaristes de ne pas non plus s’étendre sur des éléments insignifiants, la série gagne en rythme et en efficacité tout simplement. On sent aussi qu’il y a un grand soin accordé à la réalisation et à l’esthétique qui n’est pourtant pas la première chose qui saute aux yeux. Il n’y a pas de chichis mais on voit bien que les réalisateurs (Dunham en fait partie) ont voulu retranscrire un New York à la fois jeune, moderne et en même temps il y a quelque chose de volontairement crade et triste. Enfin, la série possède un excellent casting, la plupart sont tout simplement amis dans la vraie vie et se connaissent depuis longtemps et cela se ressent : on sent au moins une complicité entre les personnages. Pour conclure, cette première saison, qui ne plaira peut-être pas tout le monde, est pour moi bonne, même meilleure que je ne le pensais. Elle possède de vraies qualités d’écriture, a des personnages en béton auxquels on s’attache finalement avec le temps, en mettant vraiment en avant leurs qualités et leurs failles, et donne envie de regarder la saison 2 (j’en parlerai sur mon blog mais pas tout de suite, histoire que le blog ne se transforme pas en sorte de fan-club de Girls).
 Photo Allison Williams, Jemima Kirke, Lena Dunham

Liebster Award

L’adorable Céline m’a taguée suite à sa propre nomination aux Liebster Awards. Et comme je trouve ça trop chou de me solliciter, je réponds volontiers à ses questions. Je rappelle vaguement le principe : il faut dire 11 informations sur soi, répondre à 11 questions et poser 11 questions pour d’autres blogueurs. Le but est d’en savoir plus sur un blogueur.

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11 choses sur moi :

  • Cela ne sera peut-être pas un scoop mais autant dire les choses une bonne fois pour toutes : Tina n’est pas mon vrai prénom.
  • Je porte le même prénom qu’une héroïne de Stephen King. Mon père est fan de Stephen King. Vous voyez sûrement où je veux en venir.
  • Les posters de Reservoir Dogs et Pulp Fiction sont accrochés sur les murs de ma chambre rose.
  • Eternal Sunshine of the Spotless Mind est le premier film que j’ai vu dans un cinéma d’arts et essai.
  • Mon bol E.T. sert à ranger tous mes stylos.
  • J’ai lu mon premier Première au CDI de mon collège en 6e. Et même si je critique souvent ce magazine qui a mal évolué, c’est aussi grâce à lui que j’ai pu aussi enregistrer un grand nombre d’informations sur le cinéma.
  • Je suis allergique aux antibiotiques et aux Dolipranes.
  • Je porte très régulièrement des lentilles depuis plus d’un an maintenant mais je suis obligée de porter des lunettes au cinéma (sauf durant les séances en 3D car je suis protégée par… des lunettes 3D). Pourquoi ? A cause de la clim’ trop forte dans tous mes cinémas !
  • Je tente de devenir flexitarienne. On ne se fout pas de ma gueule, please 😮
  • Après être allée à la formidable expo sur Kubrick à la Cinémathèque française en 2011, j’y retournerai dans un mois pour Scorsese !
  • Certains diront que j’ai des pieds de Hobbit : je chausse du 36.

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11 questions posées par Céline :

  • Quelques mots pour te décrire ? Pour le caractère : énergique (c’est même l’adjectif qui revient le plus quand j’entends les commentaires de mon entourage… jusqu’à me traiter de schizophrène !), franche et bavarde. Pour le physique : petite et en ce moment blonde !
  • Ton dernier concert ? Muse à Aix-les-Bains (au festival Musilac) le 13 juillet dernier. Et j’ai été trèèèès déçue. Ca fait déjà un moment que je n’aime plus leur musique mais j’étais tout de même curieuse de voir ce groupe que j’ai pourtant aimé plus jeune. Mais là quelle déception : j’ai trouvé que le groupe avait pris le melon et se prenait pour les meilleurs, le public était naze et ne semblait aimer que le dernier album (que je trouve assez mauvais), la setlist n’était pas variée, il n’y avait pas de communication entre les musiciens et le public. Heureusement que j’avais vu Ennio Morricone quelques jours avant à Nîmes…
  • Ta série préférée du moment ? La série britannique Life on Mars (il ne me reste plus que deux épisodes à regarder… déjà !). Je ferai probablement un article dessus car il y a tellement de choses à dire dessus et cette série mérite vraiment d’être vue !
  • Tu mets ton dentifrice avant ou après avoir mouillée ta brosse ? Après avoir mouillée ma brosse !
  • Tu as la possibilité de partir vivre n’importe où. Quelle destination choisis-tu ? En Irlande ou en Ecosse vu que je garde un excellent souvenir de mes voyages dans ces pays-là ! Après, je suis aussi bien en France.
  • Si tu pouvais devenir l’un des personnages d’une série TV, qui choisirais-tu ? Je dirais Bernard Black de Black Books pour pouvoir – vraiment – envoyer chier les gens à ma guise. Et puis ça a l’air cool de bosser dans une librairie poussiéreuse dans laquelle je ne ficherais rien !
  • Le dernier film que tu as adoré ? L’Homme au bras d’or d’Otto Preminger.
  • C’est toi la grande gagnante du loto! Que fais-tu de cet argent ? Je ne dépenserais pas tout de suite mon pognon, je le mettrais plutôt de côté, une autre partie serait destinée à ma famille et quelques précieux amis et enfin je donnerais probablement une partie de mes sous à une ou même des associations.
  • Si tu ne pouvais écouter qu’un album jusqu’à la fin de ta vie, ce serait lequel ? In Rainbows de Radiohead.
  • Les 3 personnalités mortes ou vivantes que tu réunirais pour un repas ? Quentin Tarantino, Martin Scorsese et Robert De Niro car ils sont très bavards et on pourra bouffer italien !
  •  Un article de ton blog que tu aimes tout particulièrement ? Ma critique de Cinquante Nuances de Grey !

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11 questions pour les nominées :

  • Manges-tu des popcorns au cinéma ?
  • Aimes-tu voir des films en 3D au cinéma ?
  • Est-ce que tu t’es déjà inspirée de certaines héroïnes de cinéma ou séries télé pour te vêtir ou te maquiller dans la vie de tous les jours ?
  • Films et séries en version originale (sous-titrée) ou en version française ?
  • Le dernier DVD/Bluray que tu as acheté ?
  • Quelles sont tes bandes-originales de films préférées ?
  • Portes-tu des lunettes ou des lentilles ?
  • Quels sont tes Youtubeurs préférés ?
  • Printemps, été, automne ou hiver et pourquoi ?
  • Lis-tu Madmoizelle ?
  • Joues-tu d’un instrument de musique ?

Je nomine :

Alex Effect

Anything-ispossible

Dis-moi media

Girlie Cinéphilie

Lisa Giraud Taylor

Mignardises

Yadana

Evidemment, vous pouvez également vous amuser à répondre à toutes ces questions toutes plus ou moins intelligentes ! Bisous bisous les gens !

Youth

réalisé par Paolo Sorrentino

avec Michael Caine, Harvey Keitel, Rachel Weisz, Paul Dano, Jane Fonda, Mark Kozelek, Robert Seethaler, Alex MacQueen, Luna Zimic Mijovic, Tom Lipinski, Chloe Pirrie, Alex Beckett, Nate Dern, Mark Gessner, Paloma Faith, Ed Stoppard, Sonia Gessner, Madalina Ghenea, Sumi Jo…

titre original : La Giovinezza

Drame italien, britannique, suisse, français. 1h58. 2015.

sortie française : 9 septembre 2015

Youth

Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.
Mais contrairement à eux, personne ne semble se soucier du temps qui passe…

Youth : Photo

Youth, présenté en compétition au dernier festival de Cannes, était évidemment un des films que j’attendais le plus cette année. Je dis « évidemment » car si vous suivez mon blog depuis un moment, vous devez donc savoir à quel point j’aime les films de Paolo Sorrentino et j’ai généralement toujours défendu ce réalisateur face à ses nombreux détracteurs. J’aime énormément Il Divo et This must be the place, quant à la La Grande Bellezza, je n’ai pas peur de dire qu’il s’agit pour moi d’un chef-d’oeuvre et qu’il s’agit toujours de MA Palme d’or 2013. C’est pour moi si rare d’éprouver autant d’émotions en regardant un film, de voyager comme une âme errante au coeur d’une ville avec ses personnages. Je me rappelle être sortie de la séance émue, en me disant « pétard, le film est déjà terminé ? ». Le film durait 2h20 mais honnêtement, je n’avais vraiment pas vu le temps passer et j’avais l’impression que je pouvais encore rester dans la salle ! J’ai d’ailleurs revu le film récemment et je ressens toujours la même chose, le résultat est pour moi toujours aussi intense et je trouve ses significations de plus en plus profondes. Bref, pour ma part, j’attendais donc logiquement ce Youth. Je ne m’attendais pas forcément à un film aussi bon que La Grande Bellezza (je ne sais pas si Sorrentino pourra un jour faire mieux) mais j’espérais tout de même voir un bon film, voire même un très bon film car je sais tout simplement de quoi Sorrentino est capable. Comme vous l’aurez peut-être compris à travers cette longue introduction, j’ai été déçue par ce Youth (et là pour une fois, c’est totalement justifié qu’il n’ait rien remporté à Cannes). Je ne dis pas que le film est mauvais, juste décevant. On retrouve la patte de Sorrentino mais la magie fonctionne beaucoup moins qu’avant. Au niveau de la mise en scène et de la technique, il n’y a pourtant rien à dire, on retrouve donc tout ce qui a contribué au succès des films de Sorrentino. J’ai effectivement retrouvé tout ce que j’aime chez Sorrentino, c’est-à-dire sa mise en scène grandiloquente et virtuose (même si elle est souvent associée à quelque chose de clippesque et prétentieux).

Youth : Photo Harvey Keitel, Michael Caine

Encore une fois, lui et son équipe ont vraiment fait du bon boulot en ce qui concerne la photographie, la lumière, la maîtrise évidente d’un grand nombre de plans, la manière de s’approprier des lieux ou encore la manière de faire intervenir des personnages parfois trèèès secondaires. Cependant, contrairement à ses précédents longs-métrages, pour une fois, je vais rejoindre l’avis des détracteurs de Sorrentino : j’ai trouvé ce film assez prétentieux, clippesque et pas aussi profond que prévu. Je sais ce que certains vont me répondre : c’était déjà le cas dans ses autres films. Ahaha. Je ne nie pas cette possibilité. Seulement, comme je le disais, il se passait quelque chose émotionnellement, j’étais envoûtée. Surtout, je trouvais à chaque fois le résultat fluide. Je m’explique. Pour moi, l’émotion même de ces films venait de la manière dont les scènes s’enchaînaient, comme si tout était d’une logique imparable, comme s’il n’y avait finalement aucun calcul. C’est vraiment une incroyable expérience d’entrer dans ses films et d’avoir cette impression de flotter, de vagabonder, c’est difficile de décrire toutes mes émotions, je fais de mon mieux, j’espère être claire. Bref, là, pour la première fois, premier vrai blocage : je ne vois qu’une succession de techniques et de pseudo-philosophie. Pour la première fois chez Sorrentino, je vois effectivement de bonnes scènes, parfois touchantes, parfois très drôles, mais c’est comme s’il n’y avait vraiment de lien entre elles. Il y a des moments où je me disais : « j’ai raté une scène ? » ou encore « mais pourquoi on passe déjà à cette scène ? ». Peut-être que le problème vient alors du montage. Puis, en analysant bien mes impressions, je dirais que ce sont finalement les personnages qui m’ont déçue (enfin il n’y a pas que ça non plus). Je ne viens pas du tout d’un milieu aisé mais les précédents personnages richissimes de Sorrentino parvenaient tout de même à me toucher, j’arrivais à comprendre leur détresse et surtout j’aimais vraiment leur cynisme.

Youth : Photo Paul Dano

Dans Youth, on retrouve bien tout ça, des personnages riches, même célèbres, cyniques mais malheureux. Seulement, moi qui adore le cynisme chez les personnages, je n’y ai pas vraiment cru cette fois-ci. Je n’ai pas non plus cru à la peine qu’ils éprouvent. En fait, pour clarifier mon propos, je dirais qu’il y a un problème d’écriture, du coup les personnages en ont pris un coup, et par conséquent le film aussi. Encore une fois, même si je ne nie pas cette possibilité, je ne trouvais pas forcément les précédents longs-métrages de Sorrentino superficiels. Certes, on voyait déjà que le réalisateur était préoccupé par ses créations esthétiques (en soi, ce n’est pas forcément une mauvaise idée) mais pour moi même si les personnages sont superficiels, ses films avaient encore une fois une véritable profondeur. Là, pour la première fois, j’ai eu du mal à voir une véritable profondeur dans les personnages, même si on sent que Sorrentino a pourtant envie de leur en donner. Je trouve qu’il a du mal à trouver un bon équilibre dans ses dialogues. Je sais pourtant à quel point les dialogues sont importants dans ses films mais j’avais l’impression qu’il savait s’arrêter juste quand il le fallait. Or là, j’ai eu l’impression que ses personnages en disaient trop, que leur cynisme était ultra forcé, comme si une pancarte était affichée devant la caméra : « attention, il est cynique ». Je dirais aussi qu’il y a un déséquilibre dans la manière de nous présenter les personnages. On sent bien que le personnage incarné par Michael Caine est le point de l’histoire et qu’autour de lui gravitent les personnages. Or, le personnage de Keitel s’impose parfois un peu trop, au point qu’on oublie son partenaire. Cela m’a encore plus gênée étant donné que j’ai trouvé le personnage incarné par Keitel (un réalisateur en train de préparer avec ses jeunes scénaristes son film-testament) inintéressant. Il y a même un moment où tu as envie de lui gueuler : « Putain, on s’en fout de ta putain de fin que tu cherches depuis 3 heures ! ». Oui, parce que son personnage et ses jeunes scénaristes cherchent donc une putain de fin pour son dernier chef-d’oeuvre à venir (ou pas). Et les scènes autour de ce problèmes deviennent rapidement ultra-répétitives.

Youth : Photo Ed Stoppard, Paloma Faith

Sorrentino aime aussi mettre en scène des personnages qui parfois ne disent pas grand chose, sont trèèès secondaires, mais pourtant apportent vraiment quelque chose au propos. Attention, ces seconds rôles en question (Paloma Faith, la masseuse, la Miss Univers etc…) ne sont pas forcément déplaisants mais je ne vois pas trop où il a voulu en venir, leur intérêt m’a paru là encore un poil superficiel. La présence de Jane Fonda m’a également gênée. Alors, certes, son personnage est très attendu vu qu’on ne fait que parler d’elle. Cependant, quand elle apparaît enfin, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « boudi, mais elle déboule de nulle part ! ». On a vraiment l’impression que c’est une guest star pour être une guest star, que c’est une apparition un peu gratuite juste pour essayer de dire un max de saloperies en très peu de temps. J’ai également trouvé le film vraiment trop long, on a l’impression que Sorrentino a dû mal à finir son film. Pourtant, je reconnais que la scène finale (certes également étirée) avec Sumi Jo est formidable. Surtout, alors que je trouvais les films de Sorrentino intelligents jusqu’à présents, j’avoue ne pas vraiment voir où il a voulu en venir avec cette vague réflexion autour de la jeunesse et de la vieillesse. Avec toute cette bouillasse, il y a certes des choses intéressantes ou qui fonctionnent. L’ensemble n’est pas non plus désagréable, encore une fois le savoir-faire de Sorrentino sauve pas mal les meubles, il y a des scènes vraiment réjouissantes qui m’ont rappelé pourquoi j’aimais Sorrentino. Enfin, même s’ils ne rivalisent pas avec les interprétations de Toni Servillo ni celle de Sean Penn dans This must be the place, les acteurs sont également tous très bons, alors qu’ils ont la lourde tâche d’interpréter des personnages superficiels et pas suffisamment approfondis par le scénario.

Youth : Photo Jane Fonda

A la recherche d’ouvrages sur le cinéma !

Bonjour tout le monde ! (vous avez vu, je suis super polie).

Je sais que ce post ne va peut-être pas forcément cartonner mais c’est pas grave, le principal est de faire passer mon message et peut-être de trouver quelques solutions !

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Alors que je suis en train de préparer quelques critiques et articles pour la fin du mois (déjà !), je vous sollicite pour que vous puissiez me conseiller (si vous en avez évidemment la possibilité) pour mon mémoire. En effet, hier, j’ai enfin pu rencontrer mon directeur de recherche pour lui exprimer mes idées et bonne nouvelle pour moi (vous remarquerez qu’il s’agit d’un article enfin positif sur ce qui se passe dans ma fac !), il a en deux minutes accepté mon projet et semble vraiment emballé par ce que je lui ai proposé (je précise que l’an dernier, j’ai mis un bon mois pour trouver mon sujet, mon corpus etc…). Bref, je vais vraiment sauter le pas : travailler sur des adaptations cinématographiques. En tant que littéraire et cinéphile, c’est tout simplement le pied !

Sur Internet, je préfère toujours être prudente (ce n’est pas forcément une question d’anonymat mais je vous parle tout de même de mon mémoire, je préfère ne pas l’étaler sur toute la toile, hein), donc je ne vous parlerai pas de mon sujet de mémoire ici (d’ailleurs, je ne vous ai jamais parlé de mon sujet de M1, même si je vous rassure, tout s’est bien passé et tout ça). Evidemment, si vous souhaitez en savoir plus (être curieux, c’est normal), c’est avec un grand plaisir que je vous dirai plus mais en privé. Bref, je ne vais pas m’étaler sur ce sujet de mémoire.

Chez moi, j’ai déjà quelques ouvrages (là j’écris ce message assez tard et j’ai la flemme d’aller dans l’autre pièce chercher les bouquins en question pour vous les citer) sur le cinéma puisque cela m’a toujours intéressée mais je suis pratiquement certaine qu’ils ne seront pas suffisants pour pouvoir travailler très sérieusement sur des films. J’ai suivi quelques cours de cinéma (que ce soit un peu lycée ou à la fac) mais on n’abordait pas vraiment la question de la technique. Mais j’ai aussi parfaitement conscience d’avoir une formation très littéraire (c’est un fait : je suis en master de lettres modernes et non en cinéma, je ne peux pas m’inventer une vie ni des compétences !). J’ai donc quelques petites notions mais qui restent selon moi très voire trop modestes par rapport à mes exigences et à celle de mon directeur de recherche (car là, avec évidemment le soutien de mon prof, j’ai prévu un énorme boulot).

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J’aurai donc besoin de conseils pour pouvoir me procurer d’ouvrages sur le cinéma, sur ses techniques pour être plus précise (du genre découpage des plans, travail sur les séquences, utilisation du son etc… j’imagine que la liste peut être longue !), histoire de ne pas faire n’importe quoi. Essayez quand même de me conseiller des livres assez accessibles pour quelqu’un qui n’a pas forcément une formation technique dans ce domaine, que je puisse quand même me repérer rapidement, sans péter un câble, être à l’aise pour pouvoir analyser chez moi certaines séquences, être vraiment à l’aise avec les codes cinématographiques que je ne maîtrise pas toujours (ce qui est normal). Je sais qu’il y a de bons sites Internet, l’an dernier c’est ce que j’avais fait pour un devoir mais ça m’a vite gavée pour être honnête et disons que c’est quand même mieux d’avoir de vraies références (il faut aussi penser à élaborer une belle bibliographie).

Evidemment, de mon côté, je compte quand même fouiller sur le Net ou dans les bibliothèques (je ne suis pas une assistée, hein), mais j’espère que certaines réponses ici me guideront dans mes recherches.

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Photos : et ici et même encore

Zombeavers

réalisé par Jordan Rubin

avec Lexi Atkins, Rachel Melvin, Cortney Palm, Hutch Dano, Jake Weary, Peter Gilroy…

Comédie, épouvante-horreur américain. 1h25. 2014.

sortie française (dvd) : 17 février 2015

Zombeavers

Un groupe d’adolescents, partis pour un week-end de débauche au bord d’une rivière, se retrouve confronté à une horde de castors-zombies affamés. Pour réussir à rester en vie, les jeunes vont devoir affronter ces animaux d’une nouvelle espèce…

Zombeavers : Photo Cortney Palm, Lexi Atkins, Rachel Melvin

Cela faisait des mois que je crevais d’envie de découvrir ce fameux Zombeavers, qui a tout pour être culte (c’est peut-être même déjà le cas, qu’on me le confirme ou non). J’ai découvert ce film purement par hasard, en me baladant dans les rayons dvd à la Fnac. Mon regard a croisé la magnifique jaquette du dvd : entre le titre prometteur, le sourire d’enfer du gros méchant castor et les trois cruchasses derrière, je me suis dit « bon sang Tina, ça sent le chef-d’oeuvre ! ». Plusieurs mois se sont écoulés sans que je puisse avoir l’occasion de regarder ce film. Finalement, en lisant la critique de ce film sur le blog de Girlie Cinéphilie, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je me débrouille pour le regarder, que ce film m’attendait sagement quelque part. Par le grand des hasards, en squattant la télé de ma frangine, je vois qu’il passe sur le câble. Chouuuueeeeetttttte ! Bref, j’ai pu réaliser le rêve le plus cher de ces trois derniers mois (je suis ambitieuse, je le sais, merci). Il est toujours difficile de « noter » (même si j’ai conscience que la note n’est pas ce qu’il y a de plus important dans un film – d’où l’intérêt même des critiques) ce type de films, c’est-à-dire un nanar. Dans son genre, sans crier au génie (car j’ai quand même une pensée pour les vrais bons films), j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un nanar hilarant et divertissant, qui assume totalement son délire. Ce n’est déjà pas si mal. Il faut évidemment prendre ce film à je-ne-sais-pas-combien-de-degrés. Si on le prend vraiment comme un film volontairement nanardesque, dans un sens, il y a vraiment des choses réussies. Disons que je ne l’ai pas trouvé aussi nul que prévu. Enfin, il y a des choses nazes mais encore une fois on est dans un contexte nanardesque, finalement ce n’est pas gênant (même si le film n’est pas non plus nickel et que le côté « nanar » n’excuse pas toujours tout). C’est toujours délicat d’accorder la moyenne à ce type de films, peut-être qu’il faudrait créer une catégorie « notes pour les nanars » comme cela se fait sur de nombreux sites. Donc, pour la note, il ne faut pas être choqué ou trop s’interroger. C’est juste pour dire : il s’agit d’un nanar kiffant. Bref, revenons à nos moutons (ou plutôt nos castors). Le film reprend alors un schéma assez classique des films d’horreur : six étudiants (trois filles et trois garçons), très portés sur la chose, superficiels et surtout très bêtes, sont confrontés à des animaux (en l’occurrence ici des castors) qui ont muté suite à un stupide accident de la route dans lequel des produits toxiques provenant d’un camion ont pollué les eaux. Pire : ces castors en question ont le pouvoir de transformer les humains qu’ils mordent en castors-zombies (d’où la magnifique et subtile contraction « zombeavers »).

Zombeavers : Photo Peter Gilroy

On s’amusera alors à coeur joie de voir toutes ces métaphores très inspirées autour du castor. En effet, en anglais, « beaver » désigne à la fois le fameux castor ainsi que le sexe féminin. Ainsi, on a par exemple droit au méchant castor entre les jambes de la blonde, à une tonne de blagues salaces autour du cul, à un « zombeaver » bouffant les testicules de l’un d’entre eux ou encore à des scènes de sexe totalement absurdes (du genre, l’un d’eux gardera son espèce de bonnet sur la tête pendant l’acte !). Je dois avouer que le résultat est vraiment délirant, j’étais écroulée de rire ! De plus, Zombeavers joue volontiers avec les clichés des films d’horreur, comme par exemple, le fait de mettre en scène des étudiants à la sexualité débridée, qui aiment faire la fête ou encore qui se retrouvent isolés au fin fond de la campagne. Sans compter que le film compte pas mal de bonnes répliques (du genre, le gars vient de perdre son pied à cause d’un vilain castor et sa copine qui propose son bikini riquiqui pour lui faire un garrot !). Il faut dire que le réalisateur s’est donné beaucoup de mal à créer une ambiance volontairement nanardesque. Je ne dirais pas qu’il y a une mise en scène de folie mais c’est vrai que l’ambiance très 80s (même si le film se déroule de nos jours) a quelque chose de plaisant. Il faut dire que le truc le plus fou de ce film vient de l’animation même des castors. C’est évidemment trèèèès mal fait mais mon dieu, que c’est drôle ! Chaque scène avec les castors est franchement un pur bonheur ! Comme je le disais, le scénario joue pas mal sur des clichés. Alors évidemment qu’il ne s’agit pas du scénario du siècle, ça pouvait être encore plus délirant qu’il ne l’est déjà mais j’ai quand même été parfois surprise, que ce soit par rapport au sort réservés au personnage ou à sa structure même. En parlant de quelque chose qui aurait pu être encore plus fun, je regrette juste qu’on mette du temps à voir les castors (encore une fois, dans le genre débile, ça vaut le détour), ça prend vraiment trop de temps à nous montrer ces fameuses bêbêtes, même si encore une fois c’est très amusant de voir cette bande d’étudiants écervelés (on se demande même comment ils ont fait pour devenir étudiants, mais bon, j’imagine que tout est possible) dire autant de conneries et agir comme des crétins de service ! J’ai également trouvé le film un peu trop court : disons que le délire aurait pu être prolongé, plus « approfondi ». Après, quelque part, ce n’est pas non plus totalement un défaut car quelque part un film plus long nous aurait peut-être lassés. Enfin, j’avoue ne pas trop savoir quoi penser des acteurs. C’est clair qu’ils surjouent tous les débiles. Après, est-ce volontaire ou non ? Mystère… (je dirais qu’il y a probablement un peu des deux).

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Spy

réalisé par Paul Feig

avec Melissa McCarthy, Jason Statham, Jude Law, Rose Byrne, Miranda Hart, Bobby Cannavale, Allison Janney, Morena Baccarin, Peter Serafinowicz…

Film d’action, comédie américain. 2h. 2015.

sortie française : 17 juin 2015

Spy

Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

Spy : Photo Melissa McCarthy

En général, l’été, on aime bien regarder des films légers et sans trop de prise de tête. Ainsi, durant la dernière Fête du Cinéma, j’en ai profité pour découvrir la comédie d’action Spy, même si je gardais un mauvais souvenir d’un des précédents longs-métrages de Paul Feig, Mes Meilleures Amies (finalement, je l’ai revu après après avoir regardé Spy… et j’ai changé d’avis, comme quoi tout est possible !). Il n’y a évidemment rien de bien révolutionnaire. Mélanger le film d’espionnage avec la comédie a été fait un paquet de fois. Par ailleurs, quelques mois avant la sortie de Spy, les spectateurs ont pu découvrir un autre film mêlant ces deux genres : Kingsman. Je n’aime pas faire des généralités (ni faire trop de comparaisons même si c’est dur de ne pas penser à d’autres films dans la même veine) mais cela me semble évident que le long-métrage de Matthew Vaughn est quand même bien au-dessus de celui de Feig, il semble plus ambitieux et exigeant (tout en restant très fun). Dans Spy, la mise en scène et le scénario sont certes tout à fait corrects, surtout dans ce type de productions grand public mais il n’y a rien non plus de transcendant (même si je conçois que je ne suis pas allée voir ce film dans une optique réellement cinéphile mais disons tout de même les choses telles qu’elles sont). Cependant, en tant que gentil divertissement, Spy reste réussi même s’il ne s’agit pas non plus du film du siècle. L’ensemble est vraiment sympa, drôle, rythmé, efficace et surtout sans prétention. On ne s’ennuie pas face aux aventures de cette espionne de l’ombre qui finit par prendre les devants. On apprécie évidemment de voir Melissa McCarthy dans le rôle principal et pas uniquement parce qu’elle ne ressemble pas un mannequin (je reconnais que ça fait plaisir). Elle a clairement le charisme pour tenir un vrai premier rôle, mais aussi l’humour et l’énergie. Il faut voir toutes les répliques salaces qu’elle dégaine en peu de temps ! Ceci dit, il ne s’agit pas non plus d’une sorte de Melissa McCarthy show. Son personnage, très attachant, parvient à exister et surtout elle laisse place aussi aux rôles secondaires. Jason Statham fait partie des bonnes surprises de cette comédie d’action. Il est absolument exquis dans le rôle de cet agent secret macho et abruti comme cela ne semble pas possible ! Lui aussi à droit à un lot de répliques hilarantes. Statham est en tout cas très à l’aise et surprenant dans ce rôle qui lui va comme un gant.

Spy : Photo Jason Statham, Melissa McCarthy

Jude Law est évidemment parfait en agent secret ultra bright, élégant et qui fait tourner la tête des filles, même si on ne le voit pas beaucoup dans le film. Rose Byrne nous prouve décidément de film en film qu’elle est vraiment crédible dans les rôles de peste et là encore, elle est convaincante dans le rôle de la méchante. J’ai été également ravie de retrouver quelques bons acteurs britanniques, injustement méconnus en France. Par exemple, Miranda Hart (connue au Royaume-Uni pour son show Miranda ou plus récemment dans Call the Midwife), qui incarne la copine de Susan Cooper, ou encore Peter Serafinowicz (alias Howell, le rencard orgasmique à la voix grave dans Black Books, ou Duane, l’ennemi de Simon Pegg dans Spaced), qui interprète Aldo, l’italien évidemment ultra dragueur et lourd bien comme il le faut, apportent aussi beaucoup d’humour. Après, en ce qui concerne l’humour, je reconnais qu’il n’est pas toujours fin et encore une fois chez Paul Feig, on aime tout ce qui touche au vomi par exemple. C’est un humour qui peut rebuter quelques spectateurs et j’en fais parfois partie. Ceci dit, et encore une fois sans crier au génie, j’ai tout simplement trouvé le film drôle, « trash » (je mets quand même des guillemets car j’ai vu tout de même pire !) juste comme il le faut pour un spectateur pas forcément habitué à de l’humour un peu gras. Le film est très rythmé (alors qu’il dure deux bonnes heures), on ne s’ennuie pas, et je crois que ça aide aussi à ce type d’humour de rester plutôt accessible. Enfin, j’aimerais terminer ma critique sur le rôle des femmes dans ce film. Je trouve que c’est bien de voir un film tout de même grand public qui défend des valeurs finalement féministes (car quand on regarde bien, ce sont toujours les femmes qui agissent dans ce film). On a beau le savoir mais on ne répète pas suffisamment à quel point Hollywood est machiste et n’impose que des femmes qui sont tout simplement éloignées de la réalité. C’est bien de voir qu’on peut confier des rôles importants à des actrices (je pense ici à McCarthy, à Hart, même à Allison Janney malgré son petit rôle) qui ont à la fois beaucoup de talent, de charisme, d’humour sans répondre à de soi-disant critères de beauté attendus à un certain type de cinéma.

Spy : Photo Melissa McCarthy

 

Después de Lucia

réalisé par Michel Franco

avec Tessa Ia, Hernan Mendoza, Gonzalo Vega Sisto…

Drame mexicain, français. 1h43. 2012.

sortie française : 3 octobre 2012

interdit aux moins de 12 ans

Después de Lucía

Lucia est morte dans un accident de voiture il y a six mois ; depuis, son mari Roberto et sa fille Alejandra, tentent de surmonter ce deuil. Afin de prendre un nouveau départ, Roberto décide de s’installer à Mexico. Alejandra se retrouve, nouvelle, dans une classe. Plus jolie, plus brillante, elle est rapidement la cible d’envie et de jalousie de la part de ses camarades. Refusant d’en parler à son père, elle devient une proie, un bouc émissaire.

Después de Lucía : Photo Tessa Ia

Les cours ont repris et entre-temps j’ai réussi à voir Después de Lucia, un film qui colle parfaitement à l’actualité scolaire. J’avais envie de faire un article sur différents films qui abordent le harcèlement scolaire mais finalement en ce qui concerne ce sujet en particulier, ce deuxième long-métrage du réalisateur mexicain Michel Franco (son premier étant visiblement le dérangeant Daniel y Ana) est pour moi idéal pour aborder ce sujet important mais hélas encore tabou. Récompensé par le prix Un Certain Regard au festival de Cannes (présidé par Tim Roth… tellement fan de Franco qu’il joue dans son dernier film, Chronic, également récompensé à Cannes), Después de Lucia part au début sur une histoire de deuil. On ne verra jamais la fameuse Lucia du titre puisqu’elle est morte dans un accident de voiture : cela va alors servir de point de départ au long-métrage. Ainsi, ceux qui restent (son mari Roberto et sa fille Alejandra) essaient de surmonter leur deuil chacun à leur manière : Roberto se plonge dans son boulot, Alejandra essaie de rester cool auprès de ses nouveaux camarades. Mais surmonter un deuil n’est jamais évident et cela peut même avoir de dramatiques conséquences : s’isoler. Ainsi, Roberto va se plonger dans son travail au restaurant mais ne va pas voir que sa fille est harcelée par ses camarades (même quand Alejandra se fait couper par ses camarades, il ne se pose pas plus de questions que ça). Et en retour, ne voulant pas enfoncer son père (et aussi certainement par honte), Alejandra préfère se taire. Alors qu’on aurait pu, à partir d’un tel sujet, avoir un film très larmoyant, mais Franco préfère au contraire opter pour le choix du silence, de la solitude et de l’éloignement des individus. Michel Franco a pris un énorme risque en se concentrant énormément sur le harcèlement scolaire : on aurait pu avoir deux films en un. Mais ce choix-là est pertinent dans le sens où il y a une continuité entre les deux sujets : le harcèlement scolaire et le deuil ne font qu’un. Le harcèlement scolaire peut vite se transformer en une lente mort. Sans spoiler, la fin est d’ailleurs intéressante car encore une fois, on retrouve d’une manière assez subtile le lien entre le décès de Lucia et les conséquences de ce terrible drame qu’est le harcèlement scolaire.

Después de Lucía : Photo Tessa Ia

Après, même si le thème du deuil est vraiment bien traité (j’insiste), il faut avouer que Después de Lucia marque vraiment des points en ce qui concerne sa manière de traiter le harcèlement scolaire. Certains diront qu’il s’agit d’un point de vue extrême de cette situation (j’ai lu beaucoup de critiques qui se demandent pourquoi on a besoin de voir tant d’horreurs etc…) et effectivement je suis tout de même d’accord avec eux sur le fait que le scénario va vraiment loin (dans un sens, heureusement, sinon ça serait – vraiment – le chaos dans les écoles). Ceci, dans un premier temps, même s’ils restent rares, des cas extrêmes existent et c’est bien aussi d’en parler et surtout de le montrer, de créer le malaise là où il peut vraiment faire mal et nous faire réagir. Puis, suite à des choses que j’ai pu voir ou lire, je trouve que Michel Franco a quand même saisi toutes les phases que rencontrent les victimes du harcèlement scolaire (même dans les cas les plus banals) : Alejandra pense qu’il s’agit au début de mauvaises remarques, que ça va passer, elle laisse couler, elle s’isole mais finalement la méchanceté ne semble même plus avoir de limites. Comme beaucoup de spectateurs (et visiblement le réalisateur est assez fier de cette connexion), j’ai remarqué quelques similitudes bienvenues avec l’univers de Michael Haneke (mais heureusement, je n’ai pas eu une impression d’imitation). Ainsi, son style froid et son goût pour un certain immobilisme renforcent certes cette situation extrême mais montrent aussi à quel point le harcèlement peut s’intégrer dans le quotidien d’une jeune fille et que cette violence extrême a quelque chose qui peut devenir banal (et c’est ce qui choque encore plus). Le réalisateur montre aussi bien tout le paradoxe de ces ados : sans vouloir spoiler, Alejandra est aussi la cible idéale à cause de sa sexualité. Pourtant, ces agresseurs ont aussi une vie sexuelle à côté et l’exposent d’une certaine manière.

Después de Lucía : Photo

Le traitement des harcèlements est également assez réussi pour deux raisons : tout d’abord, même si on arrive à retenir quelques visages, je trouve qu’on voit bien l’effet de groupe, comme si les méchants de l’histoire n’en formaient qu’un. Puis, Franco n’a aucune pitié pour ces gosses qui eux-mêmes n’en ont pas, n’ont jamais de compassion ni d’empathie, certains n’hésitent pas à être des manipulateurs. Même si c’est quelque chose qu’on a déjà vu au cinéma (cela n’a rien d’un reproche), le réalisateur mexicain montre bien que le mal n’a pas d’âge. Surtout, et là encore, je trouve que cela renforce la violence (psychologique) qu’a ce film, ces ados, bien que leurs actes restent absolument abominables et inexcusables, ne sont pas si différents de leur victime, personnellement je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’ils auraient pu être amis s’ils avaient eu une meilleure mentalité. On se dit même que d’autres de la bande avaient totalement le potentiel d’être des victimes. Là encore, même s’il y a un effet déclencheur auprès des harceleurs (qui ne justifie rien, répétons-le), on sent finalement qu’Alejandra aurait pu de toute façon être une victime pour n’importe quelle raison, cela renforce cette violence gratuite dont la jeune fille est victime. On sent aussi que le contexte est important (on sait qu’il y a un taux de violence très élevé au Mexique ou encore on comprend bien aussi que les gamins sont issus d’un milieu plutôt aisé) mais pourtant ce qui est intéressant, c’est que le film reste malgré tout universel. Después de Lucia est un film difficile à regarder, parfois insoutenable, mais je pense qu’il doit être vu, non seulement pour son traitement du harcèlement scolaire (de ce que j’ai vu, c’est LE film qui en parle vraiment le mieux) mais aussi pour ses qualités de mise en scène et d’écriture. Enfin, les acteurs sont évidemment tous impeccables, surtout Tessa Ia, absolument bouleversante et qui transmet beaucoup d’émotions alors qu’elle parle finalement assez peu, elle n’en fait jamais des caisses mais on sent qu’elle comprend parfaitement ce qu’elle joue.

Después de Lucía : Photo

Tag de la rentrée (illustration : images de films et séries)

Bonjour à tous !

Comme vous le savez déjà, j’avais très envie de me lancer dans d’autres types d’articles et voici qu’on me tend la perche ! La toujours très chouette Charlie m’a alors taguée et je me suis dit que cet article était une bonne occasion de m’exercer à un nouveau exercice (même si je suis en train de préparer plein d’autres articles, certainement plus axés vers le cinéma) et aussi de me présenter d’une certaine façon. Evidemment, comme nous sommes sur un blog cinéma, j’ai parfois tenté de faire quelques liens avec certains films même si cela n’a pas toujours été évident.

Je ne tague personne mais si vous souhaitez le faire sur vos blogs ou ici dans les commentaires, ne vous gênez surtout pas !

J’espère que cet article ne déroutera pas trop certains lecteurs. Bonne lecture et à très bientôt !

  1. Aimes-tu l’école ?

Hum… tout dépend des périodes. Gamine, j’aimais vraiment l’école. J’étais assez studieuse (enfin, je n’en faisais pas non plus des tonnes, n’exagérons rien) et enthousiaste, on me traitait d’intello (avais-je un côté tête-à-claque ? hum). Je trouvais que c’était vraiment une chance d’y aller (on dirait presque un putain de discours pour Miss France). D’ailleurs, je pense toujours que nous avons la chance de nous instruire grâce à l’école.

Ceci dit, les choses se sont dégradées au fil des années, je suis même plus ou moins sortie du système scolaire (du genre à aller dans un lycée vraiment spécial, c’est assez… indescriptible). En fait, en troisième, on me foutait justement beaucoup la pression parce que j’étais une bonne élève et j’ai tout simplement craqué (en plus j’étais dans une école de bobos insupportables), je voulais juste qu’on me foute la paix et croyez-moi, je l’ai eu (bon par contre, après, mes notes étaient moins top, je le reconnais).

Après, avec évidemment des hauts et des bas, j’ai dans l’ensemble aimé mes années de fac. Enfin, je parle surtout des trois premières années. J’aimais le fait d’être autonome et de faire enfin des études qui me plaisent. C’est très motivant même quand on a des matières casse-gueule (n’est-ce pas l’ancien français ?).

Après, depuis l’an dernier (donc le master), la fac m’excite beaucoup moins même si je tiens à avoir mon master car j’espère qu’il aura un jour son utilité (je l’espère, hein insistons sur ce terme). J’adore m’instruire, j’ai aimé travailler sur mon mémoire (et je suis excitée à l’idée d’en refaire un autre) mais je commence tout simplement à me lasser des cours (même si j’y vais par respect pour les profs), je commence à trouver cela très infantilisant (malgré l’autonomie et la liberté que nous avons à côté, ne crachons pas dans la soupe). Et alors qu’être une intello avait son côté plaisant enfant, je ne supporte vraiment plus les pseudo-élites de ma classe.

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Etais-je comme Hermione Granger à une certaine époque ? J’avais en tout cas sa même coupe de cheveux de merde !

2. Dans quelle classe passes-tu ?

En Master 2 de lettres modernes, parcours Littérature comparée.

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Dans Girls, Adam a fait des études de littérature comparée. Adam est aussi le personnage le plus bizarre de la série. Je crois que je suis censée m’inquiéter.

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3. Ta plus belle année ? 

J’ai tendance à dire ma première et ma L3 (après, je vous rassure, j’ai aussi passé d’autres bonnes années). Deux belles années donc. Principalement grâce aux copiiiines ! (et aussi aux cours, à mes humeurs, aux profs etc…).

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Je vous rassure : mes amies ne sont pas pathétiques contrairement à ce film qui n’aurait jamais dû voir le jour !

4. Quelle est ta matière préférée ?

Au collège, j’adorais l’anglais, j’étais même dans des écoles « bilingues » pour renforcer cette langue (j’ai même passé mon KET en 4e mais je l’ai loupé entre 1 à 5% près, je n’ai jamais eu la possibilité de connaître le résultat exact !). Après, au lycée, alors que je me limitais à lire du Voici et Closer (déjà), j’ai découvert la littérature (avant, je détestais lire, traumatisée par une prof de français en 5e) et j’ai tellement adoré cette matière que je suis allée en lettres modernes (comme vous le savez déjà). Après, à la fac, j’aimais en général les cours de littérature (ce qui peut aller de soi mais croyez-moi il y a des disciplines assez différentes en lettres modernes).

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J’aime beaucoup les cours de littérature. Ceci dit, je n’ai jamais eu un prof comme John Keating. Et je ne suis jamais montée sur une table en cours (croyez-moi, j’en crève d’envie !).

5. Quelle est la matière dans laquelle tu es la plus nulle ?

Au collège, j’avais clairement des difficultés en arts plastiques (du genre je ne savais pas colorier) et en sport (du genre je glandais). J’étais toujours à la ramasse ! Je me rappelle même ma prof d’arts en troisième qui avait voulu que je recommence un dessin jugeant que c’était un bébé qui l’avait fait et non par une collégienne (en l’occurrence, moi). Après, à partir de la seconde, mes deux pires ennemis ont été les maths et la SVT (et direct dès la première semaine de septembre). Enfin, à la fac, j’avais plusieurs bêtes noires : l’ancien français, les cours de phonétique et l’histoire de la langue française (ouais, c’est du lourd).

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Dans Les Visiteurs, ça a l’air chouette l’ancien français. Dans la vraie vie, c’est juste pas OKAYYYY du tout.

6. Réponds-tu à tes profs ?

Je ne peux pas dire que je répondais à mes profs (et actuellement je ne dis vraiment rien, du genre à être au fond de la classe, moitié endormie, soit à côté de la fenêtre, soit à côté du radiateur). C’est important de respecter les profs. Ceci dit, face à certaines injustices (ooohhh je suis une rebelle), disons qu’il m’est arrivé de ne pas me laisser faire.

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On peut faire confiance à Hit Girl pour ne pas se laisser se marcher sur les pieds !

7. As-tu déjà été déléguée ?

Oui, une fois, en CM1. Comment dire… c’est flatteur mais ça ne sert à rien. Vraiment à rien.

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En fait, je ne me souviens que de mon « élection ». Le reste… en fait, j’ai été inutile. Juste un peu plus populaire. Mais OSEF la popularité !

8. As-tu eu plusieurs collèges ?

Oui ! Que deux (quoi, ça fait déjà trop ?).

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Ouais, deux collèges. Et fuck youuuuu ! 😮

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9. Montre-nous ton sac de cours 

J’avoue avoir la flemme de prendre des photos. Mais on va dire que je me trimballe avec mon sac à main tout court…

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J’ai peut-être un beau sac à main pour les cours, je ne débarque pas non plus comme une pseudo fashionista qui a l’air toute fraîche. On ne peut pas tout avoir dès 9h du mat’ après avoir couru comme une dératée pour ne pas arriver à la bourre.

10. Montre-nous ta trousse 

Elle est grosse, verte et ronde. Bref, elle déchire.

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Non, Hulk, je n’ai pas piqué ta trousse, on se calme mon vieux…

11. Montre-nous ton agenda

Hum… Je n’ai plus d’agenda depuis très longtemps. Je note un peu à droite et à gauche mais je m’en sors toujours !

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Okay, je sors…

12. Tu préfères les stylos normaux ou fantaisies ?

Sérieusement, vu comme je m’emmerde par moments en cours et que je m’amuse à dessiner à peu près tout et n’importe quoi (malgré un manque de talent évident dans ce domaine), est-ce vraiment nécessaire que j’achète des stylos fantaisies ? Hum.

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Comme dans Supergrave, je suis vraiment capable de dessiner n’importe quoi quand je m’emmerde en cours (bon, okay, dans le film, Jonah Hill est juste un putain d’obsédé).

13. Ton sac est en général lourd ou léger ?

Ca dépend de ce que je fais. Lorsque je dois aller à la bibliothèque prendre un stock de livres, mon sac est lourd, cela va de soi. Mais sinon, je me débrouille pour qu’il soit le plus léger possible.

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Là, elle se marre la Matilda. Mais c’est pas si marrant que ça marcher dans la rue avec son sac plein à craquer de bouquins (qui peuvent être super méga chiants en plus).

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14. Ton sport préféré à l’école ?

Je séchais beaucoup les cours de sport à l’école. J’étais trop paresseuse, trop grasse, trop complexée. Depuis, je suis moins paresseuse, moins grasse, toujours un peu complexée et je vais tout simplement transpirer comme un porc à Keep Cool.

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Voilà, maintenant, je ressemble à peu près à Bridget (souhaitant comme elle perdre encore quelques kilos) quand je fais du sport. C’est pas joli-joli…

15. A quelle heure te couches-tu quand tu as cours ?

Ca dépend de ma fatigue, de l’heure du cours en question. Mais en général, assez tard, disons les choses.

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Et oui, je partage certains points communs avec les vampires…

16. A quelle te lèves-tu quand tu as cours ?

Bizarrement, je suis assez matinale, je ne traîne pas. Et même si je n’ai pas cours le matin, je me débrouille pour aller bosser le matin à la bibliothèque ou alors faire du sport à Keep Cool (non, je ne fais pas de pub gratuite pour cette salle de sport).

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Dès 7h du mat’, j’ai la patate (et ça peut gaver certaines personnes !).

17. Combien de temps y a-t-il entre ton établissement et ta maison ?

Ce n’est pas forcément à côté mais je ne suis pas à plaindre (même si ça m’arrive de courir comme une dératée pour arriver à l’heure).

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Après, j’aimerais bien avoir le même pouvoir que Leo dans Charmed, ça doit être très pratique…

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18. Ta popularité 

A part en 4e et 3e où je me suis retrouvée dans un bahut que je détestais (et réciproquement), je n’étais pas populaire (j’ai toujours été « différente ») mais on va dire que j’arrivais quand même à me fondre et je suis quelqu’un de sociable, je m’en sortais. Et c’est encore plus vrai depuis que je suis à la fac. Après, honnêtement, on s’en cogne un peu de la popularité. Le principal est de traîner avec des gens qu’on aime, pas s’entourer de profonds connards hypocrites !

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Si ça peut en rassurer certain(e)s : être populaire ne signifie pas pour autant que vous avez un cerveau.

19. Tes profs sont-ils bons ou non ?

Je ne suis qu’une élève, j’ai envie de dire : je suis qui pour juger les compétences d’un prof ? Après, cela ne m’empêche d’avoir un jugement sur mes profs. Dans l’ensemble, que ce soit au collège, au lycée ou à la fac, j’ai eu des bons profs, des gens doués et qui savaient transmettre leur savoir. Dans le lot, j’en ai quand même des mauvais dans le sens où je pense qu’ils n’avaient pas une bonne approche pédagogique et après j’admets aussi que j’ai parfois eu un mauvais contact avec certains d’entre eux. Mais je n’aime pas trop dire du mal des profs, je trouve qu’ils s’en prennent suffisamment plein la gueule tous les jours. Même si je suis décidée à ne pas devenir prof, il est pour moi primordial de respecter ce métier difficile (oui, j’insiste sur le terme difficile).

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J’ai eu de bons profs. De très profs. Bon, par contre, très peu avait le sex appeal d’Adrien Brody…

Dheepan

réalisé par Jacques Audiard

avec Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby, Vincent Rottiers, Marc Zinga, Franck Falise, Tarik Lamli…

Drame français. 1h54. 2014.

sortie française : 26 août 2015

Dheepan

Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

Dheepan : Photo Antonythasan Jesuthasan, Claudine Vinasithamby

Je n’ai pas eu la possibilité de regarder toute la filmographie du réalisateur tant acclamé par la critique et les cinéphiles Jacques Audiard, loin de là. Avant d’aller voir Dheepan, je n’avais vu que De rouille et d’os, qui m’avait beaucoup plu mais je ne crierais pas non plus au chef-d’oeuvre ainsi qu’Un Prophète que j’ai toujours trouvé très surestimé (booouh qu’on me frappe !). Bref, je n’étais pas plus enthousiaste que ça à l’idée de voir le dernier film d’Audiard. Mais, comme toutes les années, j’étais tout de même curieuse de découvrir cette fameuse Palme d’or : le jury présidé par les frères Coen a-t-il fait le bon choix ? Il est toujours difficile de juger un palmarès sans avoir vu tous les jours mais ce qui est certain en ce qui me concerne, c’est que la réponse à ma question est certainement non. Honnêtement, je me demande même ce qu’il fiche tout court dans ce palmarès cannois. Attention, je ne dis pas que ce film est nécessairement mauvais, peut-être que certains seront sensibles à l’histoire. Personnellement, j’ai eu l’impression d’être passée à côté de ce long-métrage pour moi oubliable qui a quand même le mérite d’être tourné en grande partie en langue tamoul (cela nous permet d’être immergé dans le quotidien de cette « famille » sri-lankaise débarquant en France en attendant de pouvoir s’installer en Angleterre). Je n’ai rien contre des histoires pas toujours originales (je veux dire, au bout d’un moment il n’existe pas non plus trois mille sujet), le principal est de voir tout simplement un bon film. Mais là rien que le sujet m’a barbé, c’est peut-être méchant, gratuit et pas justifié ce que je vais dire, mais il n’y a vraiment rien d’inédit (et pas uniquement les sujets, même la manière dont ils sont traités n’a rien de très innovant), que ce soit à propos de l’immigration ou des banlieues. J’ai presque envie de dire : c’est très cliché. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes chez les immigrés ou dans les banlieues, mais on n’a pas attendu Audiard pour le savoir. Au-delà de nous montrer des scènes vues mille fois, je ne vois surtout pas trop où Audiard a voulu nous dire, notamment sur les banlieues.

Dheepan : Photo Antonythasan Jesuthasan

La métaphore sur la banlieue qui devient une zone de guerre, avec le parallèle avec la guerre que fuit Dheepan et sa pseudo famille, est franchement lourde. Par ailleurs, les scènes oniriques avec l’éléphant dans la jungle (probablement une métaphore de Ganesh), montrant à la fois le déracinement du personnage principal et  le symbole de la sagesse de Dheepan (ce qui peut paraître dingue quand on voit la fin du film, d’une improbable niaiserie), ne sont pas non plus d’une grande subtilité. Bref, je reviens donc sur les banlieues. Certes, nous savons tous qu’il y a des problèmes dans certains quartier blablabla. Mais qu’a-t-il voulu montrer Audiard ? Qu’on doit définitivement faire la guerre à toutes les racailles ? Que c’est lamentable de voir ces jeunes rien foutre et tout casser alors qu’il y a des pauvres migrants qui veulent s’adapter à la société occidentale ? Que la cité est aussi une zone de guerre en Occident, voire même une jungle ? Que la terre d’accueil est à peine mieux que la terre quittée avec douleur ? J’exagère peut-être un peu à travers ces interrogation mais j’avoue avoir trouvé les intentions de ce film assez floues finalement, sans mauvaise foi, à travers ces scènes en banlieue (surtout en ce qui concerne la deuxième partie du long-métrage), je ne comprends pas vraiment le discours d’Audiard. J’espère juste ne pas voir un message trop douteux. Après, heureusement, il y a tout de même quelques points positifs, même si je ne pense pas qu’ils justifient une Palme d’or. En effet, même s’il n’y a absolument rien de révolutionnaire, je trouve tout de même qu’Audiard a bien su capter l’expérience de l’exil, notamment dans la toute première partie du film. Ainsi, il filme avec une certaine perspicacité la découverte de l’étranger, les observations étranges voire même cocasses de la part de la « famille » sri-lankaise en France, tout simplement le choc des cultures. Il y a quelque chose dans ce regard de l’exil à la fois naïf et dur. On retrouve bien l’esprit des Lettres Persanes de Montesquieu, roman épistolaire qui aurait été une véritable source d’inspiration pour l’élaboration du scénario. En ce qui concerne la mise en scène, Audiard a su par son énergie créer une atmosphère étouffante, mais peut-être qu’elle l’est un peu trop au point de nuire à une possible émotion.

Dheepan : Photo Kalieaswari Srinivasan, Vincent Rottiers

Néanmoins, je reconnais que le réalisateur a quand même du talent, j’apprécie sa mise en scène dynamique, qui oscille plutôt bien entre la fiction (même si, encore une fois, je ne suis pas cliente des passages oniriques, mais le reste par contre rien à dire) et le style « documentaire », c’est-à-dire s’approchant au plus près de la réalité, comme si on suivait vraiment de près les personnages (sans écoeurer ou perdre le spectateur). La manière de traiter du thème de la famille me semble également intéressante. Encore une fois, Audiard joue avec malice avec la fiction, c’est-à-dire ici cette fausse famille créée dans le but de pouvoir immigrer. Ainsi, chaque membre de la « famille » a ses caractéristiques, ses différences, son histoire, son passé. Chacun va devoir apprendre à se connaître, à cohabiter et finalement à s’aimer. Dans un sens, la famille est aussi un bon moyen de continuer à explorer le thème de l’exil, celui de l’autre, mais cette fois-ci dans un même groupe. Les personnages sont d’ailleurs intéressants car malgré le « gentil » discours sur les bons migrants, ils ne sont pas manichéens, on ne les aime pas forcément tout de suite mais finalement comme au sein de cette « famille », on apprend à les connaître et à les aimer. C’est d’ailleurs dommage d’intituler le film Dheepan alors que les autres membres de la famille, notamment « l’épouse », jouent tout de même un rôle important. Il faut dire que le trio d’acteurs sri-lankais Antonythasan Jesuthasan (un acteur amateur), Kalieaswari Srinivasan et Claudine Vinasithamby (oui, pour les noms, j’ai bêtement fait un copier-coller), sont tous impeccables et criants de vérité. Notons également enfin la bonne interprétation de Vincent Rottiers, qui évite à ma grande surprise la caricature.

Dheepan : Photo Antonythasan Jesuthasan

Bilan – juillet / août 2015

Cinéma

  • Les films sortis  au cinéma cette année 

Victoria (Sebastien Schipper, 2015) 4/4

Love & Mercy (Bill Pohlad, 2015) 4/4

Howard Zinn, une histoire populaire américaine (Olivier Azam, Daniel Mermet, 2015) 3/4

La Isla Minima (Alberto Rodriguez, 2015) 4/4

La face cachée de Margo (Jake Schreier, 2015) 3/4

Dheepan (Jacques Audiard, 2015) 2/4

La Isla mínima Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys Victoria

  • Rattrapages

La théorie des dominos (Stanley Kramer, 1977) 1/4

Une saison blanche et sèche (Euzhan Palcy, 1989) 3/4

Poltergeist (Tobe Hooper, 1982) 4/4

La Croisière (Pascale Pouzadoux, 2010) 0/4

Final Girl : la dernière proie (Tyler Shields, 2015) 0/4

Zombeavers (Jordan Rubin, 2015) 2/4

Magic Magic (Sebastian Silva, 2013) 0/4

La course à l’échalote (Claude Zidi, 1976) 2/4

Sorcerer (William Friedkin, 1977) 4/4

Les Innocents (Jack Clayton, 1961) 4/4

Borgman (Alex Van Warmerdam, 2013) 2/4

Divergente (Neil Burger, 2014) 1/4

Skyfall (Sam Mendes, 2012) 2/4

Monster Boy : Hwayi (Joon-Hwan Jang, 2014) 3/4

Lesbian Vampire Killers (Phil Claydon, 2009) 1/4

Paris, Texas (Wim Wenders, 1984) 4/4

New World (Park Hoon-Jung, 2013) 3/4

Evil Dead III : L’Armée des Ténèbres (Sam Raimi, 1994) 3/4

Obvious Child (Gillian Robespierre, 2014) 2/4

L’Exorciste (William Friedkin, 1973) 4/4

Petites confidences (à ma psy) (Ben Younger, 2005) 0/4

Kamikaze, le dernier assaut (Takashi Yamazaki, 2013) 2/4

Paris, Texas Sorcerer Poltergeist

Télévision

Brokenwood (saison 1, 2014) 3/4

Lectures

Loin de la foule déchaînée (Thomas Hardy, 1874) 4/4

Icônne (Natoo, 2015) 3/4

Des souris et des hommes (John Steinbeck, 1937) 4/4