Love and Mercy

réalisé par Bill Pohlad

avec John Cusack, Paul Dano, Elizabeth Banks, Paul Giamatti, Jake Abel, Graham Rogers, Brett Davern, Dee Wallace, Kenny Wormald, Joanna Going, Diana Maria Riva, Jonathan Slavin, Bill Camp…

Biopic, drame américain. 2h. 2014.

sortie française : 1 juillet 2015

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys

Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Brett Davern, Graham Rogers, Jake Abel, Kenny Wormald, Paul Dano

Sous-intitulé très lourdement par La véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys, Love & Mercy (le titre fait référence à la chanson de Wilson qu’on entend à la fin du long-métrage) retrace deux périodes de la vie du leader du célèbre groupe rock californien : la première, avec Paul Dano qui interprète Brian Wilson jeune, se déroule dans les années 1960. Le musicien, qui dévoile de plus en plus au grand jour ses problèmes mentaux, est de plus en plus créatif et ambitieux… au plus grand désarroi de sa famille et membre du groupe. La seconde partie se situe dans les années 1980. Incarné par John Cusack, Brian Wilson a pris de l’âge, bouffi et bouffé par ses problèmes mentaux au point d’être tout le temps surveillé par le docteur Eugene Landy. Isolé de tous, toujours aussi secoué par la mort de l’un de ses frères, il rencontre la charmante Melinda Ledbetter, qui vend des voitures. En réalité, pour être plus précis, l’histoire n’est pas montée de manière chronologique et traditionnelle, elle alterne ces deux temps, ce qui permet de ne pas s’attarder inutilement sur la vie de Brian Wilson et d’aller plutôt à l’essentiel. Love & Mercy est certainement un film imparfait et pourtant, j’ai vraiment beaucoup aimé ce film, réellement émouvant, voire même poignant, captivant et qui, au-delà de ses qualités, a le mérite d’être un biopic différent et ambitieux à sa manière, ce qui fait du bien à l’heure d’un Hollywood peu inspiré (et puis grâce à ce film, je redécouvre les Beach Boys et Brian Wilson en solo). Le montage est plutôt réussi, il trouve rapidement son rythme et je trouve qu’on s’habitue bien aux changements d’époque malgré des différences visuelles évidentes. Le déroulement du récit est assez fluide et au-delà de vouloir éviter un biopic trop lisse (ce que le réalisateur arrive à faire selon moi), je trouve que ce montage permet de montrer l’esprit malade et torturé de Brian Wilson en quête de paix et de rédemption. J’ai lu dans beaucoup de critiques de blogueurs que beaucoup avaient été plus sensibles à la partie avec John Cusack. C’est vrai que cette période-là m’a vraiment énormément émue, j’avoue que j’ai même versé quelques larmes à la fin du film. Cette partie-là aurait pu être traitée avec beaucoup de pathos mais on trouve au contraire beaucoup de subtilité et de délicatesse, il n’y a rien de larmoyant ou quelque chose de lourdingue.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Paul Dano

Ceci dit, je défends beaucoup la partie avec Paul Dano qui m’a également plu. Au-delà du soin esthétique accordé pour reconstituer les années 1960 juste comme il le faut avec notamment un joli jeu de lumière et une remarquable photographie, j’ai vraiment eu l’impression que Pohlad ainsi que les scénaristes avaient vraiment saisi la personnalité de Wilson. Mais ce qui m’a vraiment plu, c’est la manière de mettre en scène le génie de ce poète incompris si attachant. Certes, les autres membres des Beach Boys auraient pu être mis encore plus en avant mais quelque part, le réalisateur aurait pu faire un hors sujet. De plus, je trouve que cela permet d’aller de nouveau à l’essentiel pour dresser le portrait complexe de Brian Wilson, jamais idéalisé même s’il reste très attachant. Même la description de la famille Wilson est finalement suffisante pour comprendre tous les enjeux : d’un côté, ils n’ont pas su comprendre Brian, le pilier du groupe, si créatif et qui avait des ambitions, de l’autre, comment réagir face à la maladie mentale qui se développe de jour en jour ? Ici, disons que les Beach Boys servent surtout de regard extérieur sur la situation. Le film aurait pu s’attarder encore plus sur la relation de Brian avec son père violent mais encore une fois cela ne m’a pas gênée de ne pas traîner ce point en longueur, finalement les informations données sont pour moi suffisantes et encore une fois cela aurait devenir lourd. Enfin, Love & Mercy bénéficie d’un excellent casting. Déjà, individuellement, j’ai énormément aimé les interprétations de John Cusack et Paul Dano, tous les deux très touchants et justes comme il le faut, sans en faire des caisses. A priori, ils ne ressemblent pas vraiment au vrai Brian Wilson mais je trouve qu’ils ont réussi à prendre ses tics, sa manière de s’exprimer… sans faire bêtement de l’imitation. Mais surtout, ce qui m’a bluffée, c’est la ressemblance (je ne parle pas forcément du physique mais dans leur jeu) entre John Cusack et Paul Dano, on a vraiment l’impression de voir une seule personne au bout d’un moment. Cette complémentarité est vraiment magnifique à voir ! J’ai également beaucoup aimé l’interprétation de la lumineuse Elizabeth Banks. J’ai toujours apprécié cette actrice mais je ne trouve pas qu’elle était suffisamment valorisée, elle trouve ici enfin un vrai bon rôle. Enfin, Paul Giamatti est également excellent (comme souvent quand il joue des personnages totalement odieux) dans le rôle du docteur Landy.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Elizabeth Banks, John Cusack

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13 réflexions au sujet de « Love and Mercy »

  1. Punaise, tu le défends bien ce « Love & Mercy », ça me donnerait presque envie de le revoir. Faut dire que moi aussi j’ai fondu en suivant la rencontre du chanteur névrosé et de la vendeuse de voiture. C’est marrant que tu trouves une ressemblance entre Paul Dano et John Cusack parce qu’étrangement, je trouve qu’autant Dano a quelques airs de Wilson jeune autant Cusack ne ressemble pas du tout au Wilson des années 80. Ce détail mis à part qui ne nuit nullement à la qualité du film, comme tu le sais, j’ai de mon côté certaines réserves qui, avec le recul, ressemblent davantage à des regrets. Tu parles très justement de l’organisation binaire des époques abordées, et j’aurais peut-être aimé quelque chose de plus dingo, avec des ruptures de ton, des Heroes & Villains, sans pour autant se perdre dans le même charabia que « I’m not there », le film sur Dylan. Une chose est sûre en tous cas, si ça peut amener les spectateurs à (ré)écouter Pet Sounds (le meilleur album de l’univers soit dit en passant), je suis prêt à dire comme toi que c’est un très bon film.

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  2. J’avoue avoir fait l’impasse sur ce film pour l’instant. D’abord, je dois dire que j’ai généralement un problème avec les biopics: je trouve que ce sont des films qui sont souvent toujours construits de la même façon (ascension, apogée, chute d’Icare, rédemption) et je m’y ennuie très souvent. Et puis, j’adore les Beach Boys et j’ai adoré lire notamment Nick Kent et les articles magnifiques qu’il avait consacré à Wilson. Du coup, d’un côté, peur de m’ennuyer, de l’autre, d’être déçue. Mais là, tu es la deuxième personne qui me donne envie de revenir sur ma décision…

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  3. On retrouve dans le film la plupart des anecdotes citées dans « l’envers du rock », et sa lecture permet aussi de bien comprendre l’importance des allusions à McCartney, à Phil Spector, et d’identifier certains personnages dans l’entourage de Wilson comme Van Dyke Parks. Il faut bien admettre que la reconstitution de Pohlad (fan revendiqué de Pet Sounds ) se veut la plus rigoureuse possible. C’est d’ailleurs cet aspect quasi docu-fiction qui me semble être une des limites formelles du film.

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  4. @ Princécranoir :
    Que veux-tu, je parle avec mon coeur -ooooh c’est beau, tant de poésie aujourd’hui- .
    Carrément le meilleur album de l’univers ? Ah oui, je ne pensais pas que tu aimais les Beach Boys à ce point, du coup je pense encore mieux comprendre ta petite déception ! Je comprends par ce que tu veux dire par « manque de dingo », surtout peut-être par rapport à la folie de Wilson, mais je trouve que le travail de Pohlad se défend vraiment bien et j’ai pas eu ce sentiment de lisse (comme beaucoup de biopics – je n’aime pas trop ce genre), du coup j’ai pas eu le même ressenti que le tien.

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  5. @ Girlie Cinephilie :
    Si ça peut te rassurer, je n’aime pas trop les biopics en général, genre souvent lisse et peu intéressant mais là je trouve que même si on retrouve le fameux schéma (plus ou moins) « chute – rédemption », il y a vraiment quelque chose de beau, d’émouvant, de vrai, contrairement à beaucoup de biopics un peu trop formatés, et rien que pour ça, tu devrais le voir. Même si je ne sais pas si tu vas aimer ce film ou pas (je ne suis pas medium 😀 ).

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  6. Je ne suis pas un fan inconditionnel des Beach Boys, mais je vénère « Pet Sounds » qui est pour moi un véritable chef d’œuvre de la pop music. Comme le montre très bien le film, c’est surtout un album signé Brian Wilson, pas vraiment au diapason du paternel et des autres membres du groupe (surtout Mike Love qui refuse de chanter les paroles de « hang on to your ego » ou lorsqu’il entend la voix de Brian sur la bande de « Here today »). Pour moi ce disque est au-dessus de « Sergent Pepper ».

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  7. @ Princécranoir :
    Ca fait longtemps que j’ai pas écouté Sergent Pepper et je redécouvre les Beach Boys, ça rest encore frais… Faudrait que j’écoute les deux albums à la suite, digérer tout ça et voir lequel je préfère. Mais j’ai déjà écouté entièrement Pet Sounds, c’est brillant !

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