Coldwater

réalisé par Vincent Grashaw

avec P. J. Boudousqué, James C. Burns, Chris Petrovski, Octavius J. Johnson…

Drame, thriller américain. 1h38. 2013.

sortie française : 9 juillet 2014

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : Un grand merci à Cinetrafic et à KMBO : Page Facebook + Site officiel

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Coldwater

Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

Coldwater : Photo P.J. Boudousqué

Après Phoenix et La Théorie des Dominos, voici le dernier film que je chronique à l’occasion de l’opération DVDtrafic – été 2015 : Coldwater. J’avais remarqué ce long-métrage l’an dernier en découvrant sa bande-annonce mais les choses ont fait que je n’avais pas pu aller le voir en salle. Heureusement, pratiquement un an après sa sortie française, j’ai pu rattraper ce film qui mériterait vraiment d’être découvert. Après avoir signé quelques courts-métrages et un petit passé de producteur indépendant (il a produit Bellflower d’Evan Glodell), Vincent Grashaw signe avec ce Coldwater son premier long-métrage et dans l’ensemble il s’en tire vraiment bien. Le titre de ce film désigne le camp de redressement dans lequel Brad se retrouve suite à plusieurs délits commis. Le sujet n’a rien de nouveau évidemment : nous avons déjà vu un tas de films sur la délinquance juvénile ou encore nous voyons de temps en temps des reportages sur ces fameux centres de redressement aux Etats-Unis. Cependant, le film de Vincent Grashaw a le mérite de ne pas se noyer parmi tout ce qu’on a déjà vu, sans être révolutionnaire, il apporte à sa façon quelque chose sur ce sujet d’actualité. Le jeune réalisateur parvient à montrer le cercle vicieux de la violence : ce n’est par la violence qu’on arrivera à remettre dans le droit chemin des ados justement violents, et au contraire, ils seront encore plus enragés en sortant de cet endroit (d’ailleurs, un des personnages le dit dans la première partie du long-métrage). Les adolescents sont certes ingérables et le réalisateur ne leur cherche pas d’excuses, mais ce dernier montre aussi que le comportement ou la vie même des parents peuvent non seulement déstabiliser un ado mais surtout il appuie sur la responsabilité perdue des parents, qui n’assument plus leur rôle et qui préfèrent envoyer leurs enfants dans des centres de redressement, comme s’ils étaient des animaux.

Coldwater : Photo Octavius J. Johnson, P.J. Boudousqué

De plus, Vincent Grashaw tire la sonnette d’alarme sur l’absence de législation de ces fameux camps de redressement. Parce qu’ils ont tous les pouvoirs et au nom d’une soi-disant nouvelle éducation, ceux qui gèrent ces centres se permettent d’humilier et de torturer des jeunes sans aucune raison. J’ai beaucoup aimé la manière d’avoir mis en scène cette violence. Certaines scènes sont évidemment difficiles à regarder, on s’inquiète pour les personnages mais on n’a jamais l’impression que le réalisateur en surajoute pour nous écoeurer, il veut juste exposer des faits pour pouvoir mieux dénoncer ces fameux camps de redressement. Dans l’ensemble, j’ai apprécié la mise en scène de Grashaw qui, en dehors de ces scènes de violence, est énergique, dynamique et va droit au but. Dans l’ensemble, le scénario reste plutôt convaincant. Grashaw expose certes des faits mais n’oublie pas non plus son histoire ni ses personnages. J’avais un peu peur que le film bascule du côté documentaire mais finalement il y a derrière une vraie histoire, le film trouve même un juste équilibre entre le drame et le thriller, il y a du suspense jusqu’au bout et on ressort du film troublé, voire même ému. La première partie est un peu en dessous de la seconde car je trouve que l’utilisation des flashbacks pas toujours efficace, ralentissant parfois le récit. En revanche, les flashbacks, et plus généralement le montage, sont vraiment utiles pour pouvoir donner du suspense et créer une véritable tension jusqu’à la dernière minute. Du coup, ces points techniques donnent du relief à ce scénario déjà convaincant. Enfin, Coldwater est servi par un excellent casting. P. J. Boudousqué, issu de la scène punk, et sosie de Ryan Gosling, est excellent et espérons pour lui qu’il ait la même carrière que l’acteur de Drive. Il est vraiment impressionnant surtout quand on sait qu’il n’avait jamais tourné avant ce film. James C. Burns est également très bon, je dirais même qu’il est vraiment terrifiant dans ce rôle de salaud. Si tout va bien, le second long-métrage de Vincent Grashaw devrait sortir en 2016 d’après ce que je lis sur Imdb. J’espère qu’il ne va pas me décevoir car ce réalisateur a du talent et beaucoup de choses à dire. A suivre ?

Coldwater : Photo P.J. Boudousqué

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26 réflexions au sujet de « Coldwater »

  1. oui faut voir… Je trouve que ce sujet du mineur enfermé dans un camp de redressement violent et autoritaire est un sujet qui a été vu maintes fois au cinéma ou en vidéo

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  2. @ Eelsoliver :
    Effectivement, et d’ailleurs je le dis dans ma critique. Mais ça reste quand même intéressant et bien foutu, ce film mérite le coup d’oeil 🙂

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  3. @ Auroreinparis :
    Il est passé, malgré lui, inaperçu (comme hélas beaucoup de petits films qui sortent l’été !) lors de sa sortie l’année dernière ce qui est regrettable. 🙂

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  4. J’adore ce genre de films et celui-ci est bien foutu. Il soulève des questions intéressantes sur certaines pratiques utilisées contre les délinquants, même si le sujet n’est pas révolutionnaire (j’avais déjà vu un téléfilm espagnol sympa et un épisode d’Esprits Criminels vraiment bien sur ce genre de « camps »). Et c’est vrai que le casting est excellent, notamment Boudousqué. Après ce beau coup d’essai pour lui et Grashaw, il faut maintenant confirmer les talents naissants.

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  5. @ Mélissa :
    Oui voilà rien de révolutionnaire (en même temps, des sujets originaux, il n’y en a pas non plus tant que ça, c’est pas pour ça que tous les films sont nuls). Contente que tu l’aies vu, vu que peu de gens l’ont vu !

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  6. J’avais lu un article dessus dans 20 minutes en allant travailler l’année dernière et je l’ai tout de suite mis dans ma liste de films à voir. Je ne sais pas pourquoi mais j’adore les films carcéraux (d’ailleurs si le combo délinquant et prison t’intéresse, il y a Les poings contre les murs et Dog Pound qui sont excellents, mais tu les as peut être déjà vus).

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  7. @ Melissa :
    Non je n’ai toujours pas vu Les Poings contre les murs et Dog Pound, mais justement, après avoir vu Coldwater, j’ai très envie de les découvrir !

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  8. Pas vu, mais je me suis fait la même réflexion que toi concernant l’acteur principal, qui ressemble à s’y méprendre à Ryan Gosling.

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  9. Hello Tina.

    Dis donc, elle n’est pas volontaire, la ressemblance avec Ryan Gosling ? Dans la bande annonce (en tout cas, dans sa version française), il cite Écran Large qui parlait du film comme (je cite) de « la jeunesse version Dog Pound du personnage de Ryan Gosling dans Drive ».

    Je me souviens même que, pas spécialement fan des prequels – ni de « Drive », c’est en partie pour ça que j’avais zappé ce « Coldwater ».

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  10. @ Martin :
    Non, le gars ressemble naturellement à Gosling, un truc de guedin ! Ahahah oui j’ai lu la punchline de choc mais franchement le rapport avec Drive, c’est du grand n’importe quoi lol lol lol

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