Vice Versa

réalisé par Pete Docter et Ronaldo Del Carmen

avec les voix originales de Amy Poehler, Phyllis Smith, Bill Hader, Mindy Kaling, Lewis Black, Kaitlyn Dias, Diane Lane, Kyle MacLachlan, Richard Kind, Sherry Lynn, Frank Oz…

avec les voix françaises de Charlotte Le Bon, Marilou Berry, Pierre Niney, Gilles Lellouche, Mélanie Laurent, Clara Poincaré, Didier Gustin…

titre original : Inside Out

Film d’animation américain. 1h34. 2015.

sortie française : 17 juin 2015

Vice Versa

Au Quartier Général, le centre de contrôle situé dans la tête de la petite Riley, 11 ans, cinq Émotions sont au travail. À leur tête, Joie, débordante d’optimisme et de bonne humeur, veille à ce que Riley soit heureuse. Peur se charge de la sécurité,  Colère s’assure que la justice règne, et Dégoût empêche Riley de se faire empoisonner la vie – au sens propre comme au figuré. Quant à Tristesse, elle n’est pas très sûre de son rôle. Les autres non plus, d’ailleurs… Lorsque la famille de Riley emménage dans une grande ville, avec tout ce que cela peut avoir d’effrayant, les Émotions ont fort à faire pour guider la jeune fille durant cette difficile transition. Mais quand Joie et Tristesse se perdent accidentellement dans les recoins les plus éloignés de l’esprit de Riley, emportant avec elles certains souvenirs essentiels, Peur, Colère et Dégoût sont bien obligés de prendre le relais. Joie et Tristesse vont devoir s’aventurer dans des endroits très inhabituels comme la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves, pour tenter de retrouver le chemin du Quartier Général afin que Riley puisse passer ce cap et avancer dans la vie…

Vice Versa : Photo

Chaque nouveau Pixar est pour moi un véritable événement : depuis de nombreuses années, le studio a prouvé à quel point il pouvait être créatif et réunir un public très large. C’est pour cela que j’étais très curieuse de découvrir leur dernier film, Vice Versa, présenté au festival de Cannes en mai dernier. Il faut dire que le sujet, très original, avait de quoi m’attirer : que se passe-t-il à l’intérieur de notre cerveau ? Ainsi, les personnages principaux sont des émotions, ce qui est très différent de ce qu’on nous propose d’habitude. J’étais également impatiente de découvrir le court-métrage Lava (de James Ford Murphy), projeté avant Vice Versa (une tradition chez Pixar). D’habitude, j’aime beaucoup les courts-métrages de Pixar mais sans en faire une critique détaillée (je veux surtout parler de Vice Versa), j’ai été très déçue par Lava et j’aurais limite préféré ne pas le voir. Personnellement, j’ai trouvé ce court film très saoulant, niais voire même ridicule. Déjà ma séance a mal commencé, cela ne m’a pas aidée à apprécier pleinement Vice Versa. Dans l’ensemble j’ai bien aimé ce très attendu long-métrage, toujours aussi ambitieux et original. Il y a quelques longueurs vers la fin, mais dans l’ensemble le film est plutôt bien rythmé. En ce qui concerne le travail d’animation, j’ai évidemment été convaincue. La représentation même des émotions a quelque chose de très ludique, à l’image du propos du film. La « reproduction » du monde qui serait à l’intérieur de notre cerveau (et qui ressemble à un énorme parc d’attraction) m’a également pas mal séduite, je trouve qu’on voit bien comment notre système cérébral est paradoxalement « bordélique », avec des idées qui se bousculent sans cesse, et en même temps un lieu cohérent, dans lequel ces idées parviennent aussi à être classées. J’ai également aimé les quelques séquences consacrées aux émotions des autres personnages, elles sont vraiment hilarantes ! Le vrai « plus » de ce Vice Versa est pour moi le personnage de Tristesse. Grâce à elle, le film n’est pas manichéen, les émotions peuvent au contraire se compléter, et cela montre tout simplement la complexité de l’humain. Il n’y a pas forcément une hiérarchie dans les émotions, chacune a sa place au sein de l’individu. C’est aussi cette complémentarité entre les émotions qui fait naître chez l’individu ses plus beaux souvenirs. De plus, contrairement à son nom, Tristesse est vraiment un personnage drôle ! Les personnages sont d’ailleurs très attachants (même si je trouve Peur, Dégoût et Colère un peu trop délaissés) alors que cela pourrait paraître déconcertant d’avoir de l’empathie pour des idées abstraites.

Vice Versa : Photo

Je n’ai pas vu le film en VO mais j’ai beaucoup aimé la VF, le doublage français donne vraiment de la vie à ces drôles de personnages. Je reconnais que la voix de Charlotte Le Bon est parfois un peu saoulante mais je ne critique pas totalement ce choix car je trouve qu’elle correspond bien au personnage. Sinon j’ai vraiment aimé les autres doublages, surtout celui de Marilou Berry (Tristesse). Voilà, j’ai bien aimé mais je nuance justement. Bien aimé, pas adoré, contrairement à mes confrères blogueurs et à la presse. Le film est certes assez touchant, notamment à travers cette métaphore de la fin de l’enfance (via le personnage de Bing Bong) ou encore les difficultés que l’enfant voire même l’adolescent s’apprête à passer. Mais je dois vous avouer que je n’ai pas été bouleversée, contrairement à d’autres Pixar (comme Là-Haut ou Toy Story 3, là j’avais versé toutes les larmes de mon corps !) ou par exemple comme le dernier Disney Les Nouveaux Héros, je m’attendais à quelque chose de plus renversant. Puis, d’habitude, ce que j’aime dans les films de Pixar, c’est la double-lecture, c’est d’ailleurs pour cette raison que ce studio est autant populaire puisque leurs oeuvres s’adressent en général autant aux adultes qu’aux enfants. Or, j’avoue que je ne savais pas trop où me situer. Je ne peux évidemment pas retourner dans le passé, on ne pourra jamais connaître mon avis en tant qu’enfant mais j’ai tout de même trouvé le film pas toujours accessible pour des enfants. Peut-être que je dis ça parce que j’étais une gamine un peu simplette et que je captais rien. Cependant, en tant que jeune adulte (un poil ado attardée, mais passons), je ne me suis pas non plus totalement retrouvée. En fait, malgré ce que je viens de dire, j’ai trouvé les théories sur le fonctionnement du cerveau parfois très simplistes. Evidemment, en ce qui concerne certains points, comme je l’ai expliqué tout à l’heure, le film est évidemment bien foutu, ludique, simplifié. Ceci dit, d’autres points m’ont rendu sceptique. J’ai conscience qu’il ne s’agit pas d’une thèse en psychologie et je ne suis d’ailleurs pas psychologue (je n’ai pas la prétention de l’être), même si ce domaine m’intéresse.

Vice Versa : Photo

En fait, ce qui m’a principalement gênée, c’est qu’on a quand même l’impression que les émotions remplacent la raison et que Riley est comme un pantin uniquement guidée par ses émotions. J’imagine qu’il y a une part de métaphore mais quand je lis les critiques qui louent le travail de recherche de Pixar et que ce même studio se vante dans ses interviews « ouiii, on a lu des tas de bouquins sur le fonctionnement du cerveau », j’avoue que je suis restée un peu bête en regardant le film, et je ne dis pas ça pour chipoter. De plus, même si métaphoriquement elles sont quand même très réussies, les scènes autour des souvenirs restent un peu trop approximatives en ce qui concerne le rôle du souvenir et je ne pense pas qu’il faut être un spécialiste dans ce domaine. De plus, même si je n’ai rien contre elle en particulier, qu’on arrive à être touché par ce personnage, je n’ai pas trouvé Riley très attachant et pas uniquement parce qu’elle est en train de devenir une adolescente. Je trouve qu’elle se fait trop manger par les personnages des émotions et qu’elle a du mal à trouver sa place au coeur du scénario. Or, par exemple, un personnage secondaire comme Boo dans Monstres et Cie arrivait quand même à être extrêmement attachant. En parlant de Riley, quelques petits reproches également. Certes, je comprends que le scénario a voulu travailler sur la transition entre deux périodes de l’individu, plus généralement ce qu’on appelle de manière très bateau le passage à l’âge adulte (même si Riley est très loin d’en être une). Or, j’ai quand même eu l’impression que Pixar n’a pas voulu trop prendre de risques (alors qu’il en prend un énorme rien qu’à travers son sujet) en ne prenant pas comme personnage une adolescente mais plutôt en réalité une pré-adolescente, ce qui n’est quand même pas exactement la même chose. Du coup, malgré la violence démontrée à travers les nombreux changements que Riley doit subir, il y a malgré tout quelque chose de lisse, ce qui peut de nouveau étonner de la part de Pixar. Surtout, même si je peux de nouveau comprendre la démarche (c’est-à-dire marquer le changement brutal au sein de la vie de Riley), même s’il y a quelques moments de tristesse (comme nous le montre la fin, lorsqu’on comprend la combinaison indispensable entre les différentes émotions), l’enfance de Riley paraît quand même très lisse ! Pour conclure, j’ai parfaitement conscience que ma critique pourra paraître très sévère. Je dis juste que l’ensemble reste plaisant, frais, ludique, original, drôle, touchant et tout ce qu’on veut, Pixar propose effectivement un bon film, en tout cas j’ai quand même bien aimé mais qui est pour moi loin d’être parfait et surtout pas aussi émouvant que je l’espérais (car je pense que j’aurais pu faire oublier certains points si le film m’avait davantage émue, j’en suis persuadée).

Vice Versa : Photo

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Love and Mercy

réalisé par Bill Pohlad

avec John Cusack, Paul Dano, Elizabeth Banks, Paul Giamatti, Jake Abel, Graham Rogers, Brett Davern, Dee Wallace, Kenny Wormald, Joanna Going, Diana Maria Riva, Jonathan Slavin, Bill Camp…

Biopic, drame américain. 2h. 2014.

sortie française : 1 juillet 2015

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys

Derrière les mélodies irrésistibles des Beach Boys, il y a Brian Wilson, qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Paul Dano ressuscite son génie musical, John Cusack ses années noires, et l’histoire d’amour qui le sauvera.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Brett Davern, Graham Rogers, Jake Abel, Kenny Wormald, Paul Dano

Sous-intitulé très lourdement par La véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys, Love & Mercy (le titre fait référence à la chanson de Wilson qu’on entend à la fin du long-métrage) retrace deux périodes de la vie du leader du célèbre groupe rock californien : la première, avec Paul Dano qui interprète Brian Wilson jeune, se déroule dans les années 1960. Le musicien, qui dévoile de plus en plus au grand jour ses problèmes mentaux, est de plus en plus créatif et ambitieux… au plus grand désarroi de sa famille et membre du groupe. La seconde partie se situe dans les années 1980. Incarné par John Cusack, Brian Wilson a pris de l’âge, bouffi et bouffé par ses problèmes mentaux au point d’être tout le temps surveillé par le docteur Eugene Landy. Isolé de tous, toujours aussi secoué par la mort de l’un de ses frères, il rencontre la charmante Melinda Ledbetter, qui vend des voitures. En réalité, pour être plus précis, l’histoire n’est pas montée de manière chronologique et traditionnelle, elle alterne ces deux temps, ce qui permet de ne pas s’attarder inutilement sur la vie de Brian Wilson et d’aller plutôt à l’essentiel. Love & Mercy est certainement un film imparfait et pourtant, j’ai vraiment beaucoup aimé ce film, réellement émouvant, voire même poignant, captivant et qui, au-delà de ses qualités, a le mérite d’être un biopic différent et ambitieux à sa manière, ce qui fait du bien à l’heure d’un Hollywood peu inspiré (et puis grâce à ce film, je redécouvre les Beach Boys et Brian Wilson en solo). Le montage est plutôt réussi, il trouve rapidement son rythme et je trouve qu’on s’habitue bien aux changements d’époque malgré des différences visuelles évidentes. Le déroulement du récit est assez fluide et au-delà de vouloir éviter un biopic trop lisse (ce que le réalisateur arrive à faire selon moi), je trouve que ce montage permet de montrer l’esprit malade et torturé de Brian Wilson en quête de paix et de rédemption. J’ai lu dans beaucoup de critiques de blogueurs que beaucoup avaient été plus sensibles à la partie avec John Cusack. C’est vrai que cette période-là m’a vraiment énormément émue, j’avoue que j’ai même versé quelques larmes à la fin du film. Cette partie-là aurait pu être traitée avec beaucoup de pathos mais on trouve au contraire beaucoup de subtilité et de délicatesse, il n’y a rien de larmoyant ou quelque chose de lourdingue.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Paul Dano

Ceci dit, je défends beaucoup la partie avec Paul Dano qui m’a également plu. Au-delà du soin esthétique accordé pour reconstituer les années 1960 juste comme il le faut avec notamment un joli jeu de lumière et une remarquable photographie, j’ai vraiment eu l’impression que Pohlad ainsi que les scénaristes avaient vraiment saisi la personnalité de Wilson. Mais ce qui m’a vraiment plu, c’est la manière de mettre en scène le génie de ce poète incompris si attachant. Certes, les autres membres des Beach Boys auraient pu être mis encore plus en avant mais quelque part, le réalisateur aurait pu faire un hors sujet. De plus, je trouve que cela permet d’aller de nouveau à l’essentiel pour dresser le portrait complexe de Brian Wilson, jamais idéalisé même s’il reste très attachant. Même la description de la famille Wilson est finalement suffisante pour comprendre tous les enjeux : d’un côté, ils n’ont pas su comprendre Brian, le pilier du groupe, si créatif et qui avait des ambitions, de l’autre, comment réagir face à la maladie mentale qui se développe de jour en jour ? Ici, disons que les Beach Boys servent surtout de regard extérieur sur la situation. Le film aurait pu s’attarder encore plus sur la relation de Brian avec son père violent mais encore une fois cela ne m’a pas gênée de ne pas traîner ce point en longueur, finalement les informations données sont pour moi suffisantes et encore une fois cela aurait devenir lourd. Enfin, Love & Mercy bénéficie d’un excellent casting. Déjà, individuellement, j’ai énormément aimé les interprétations de John Cusack et Paul Dano, tous les deux très touchants et justes comme il le faut, sans en faire des caisses. A priori, ils ne ressemblent pas vraiment au vrai Brian Wilson mais je trouve qu’ils ont réussi à prendre ses tics, sa manière de s’exprimer… sans faire bêtement de l’imitation. Mais surtout, ce qui m’a bluffée, c’est la ressemblance (je ne parle pas forcément du physique mais dans leur jeu) entre John Cusack et Paul Dano, on a vraiment l’impression de voir une seule personne au bout d’un moment. Cette complémentarité est vraiment magnifique à voir ! J’ai également beaucoup aimé l’interprétation de la lumineuse Elizabeth Banks. J’ai toujours apprécié cette actrice mais je ne trouve pas qu’elle était suffisamment valorisée, elle trouve ici enfin un vrai bon rôle. Enfin, Paul Giamatti est également excellent (comme souvent quand il joue des personnages totalement odieux) dans le rôle du docteur Landy.

Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys : Photo Elizabeth Banks, John Cusack

Poltergeist (1982)

réalisé par Tobe Hooper

avec Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Heather O’Rourke, Dominique Dunne, Oliver Robins, Beatrice Straight, Zelda Rubinstein, James Karen…

Film d’épouvante-horreur, fantastique américain. 1h55. 1982.

sortie française : 20 octobre 1982

Poltergeist

L’heureuse famille Freeling mène une vie tranquille et prospère dans la petite ville de Cuesta Verde. Cependant, leur maison devient le théâtre d’étranges phénomènes quand des objets commencent à se déplacer et que le sol se met à trembler. Une nuit, la petite Carol Anne disparaît et se met à communiquer avec ses parents à travers la télévision. Les Freeling font alors appel à un parapsychologue.

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Je suis allée voir le remake de Poltergeist, réalisé par Gil Kenan (je vous le chroniquerai probablement après la fin des vacances !) il y a pratiquement un mois sans avoir vu l’original avant. Ne pas avoir regardé le film de Tobe Hopper a été un avantage pour moi : finalement, sans crier au génie et en ayant conscience de ses défauts, j’ai à peu près apprécié ce remake (on ne me tape pas). Mieux : cela m’a donné envie de regarder enfin la première version. Cette saga (je précise que je n’ai pas encore vu les deux suites, est-ce que cela en vaut la peine ?), dont le premier épisode a été écrit et produit par Steven Spielberg, n’est pas que connu pour ses qualités. Certains parlent de malédiction, d’autres (dont moi) évoqueraient davantage une tragique coïncidence : après le tournage du premier Poltergeist, Dominique Dunne (soeur de Griffin Dunne, qui incarne la fille aînée des Freeling) a été assassinée à 22 ans par son petit ami. En 1988, Heather O’Rourke (Carol-Ann, la petite dernière de la famille) meurt à l’âge de douze ans durant le tournage de Poltergeist III des suites d’un choc septique causé par une sténose intestinale et était atteinte de la maladie de Crohn. Entre temps, en 1985, Julian Beck qui incarne Henry Kane dans Poltergeist II meurt des suites de son cancer à l’estomac. Les tournages ont également été mouvementés, l’équipe du film constate que certaines choses étranges ont lieu. Suite à ce constat, Will Sampson, qui incarne le chaman Taylor toujours dans le deuxième volet, décide de pratiquer un exorcisme durant le tournage. Mais ce dernier meurt brutalement des suites d’une défaillance rénale après une greffe du coeur et du poumon. Mais ne résumons pas Poltergeist à toutes ces tragédies. J’ai énormément aimé ce premier volet, je regrette même de ne pas l’avoir vu bien avant ! Je vais être honnête : je ne me suis pas pissée dessus en regardant ce film. Ceci dit, quelques scènes m’ont quand même fait sursauter et il y a mine de rien une ambiance assez pesante, voire même troublante. Il faut dire que la musique de Jerry Goldsmith est angoissante. Bref, on s’inquiète rapidement pour les personnages. Rien que le fait de voir cette môme un peu trop proche de la télé a quelque chose de flippant (surtout quand elle ajoute la célèbre réplique « They’re here »).

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Certaines scènes sont même devenues cultes, notamment celles avec le clown et l’arbre qui s’animent ou encore celle dans la piscine avec les squelettes. Du coup, cela compense avec des effets spéciaux, certainement très réussis à l’époque, mais qui peuvent paraître aujourd’hui « kitsch » (mais qui ont toujours un véritable charme). Ce qui frappe, c’est de voir comment Tobe Hooper revisite les codes de la maison hantée, notamment en s’accaparant habilement des différents coins de la demeure des Freeling. De plus, on retrouve un univers spielbergien très plaisant, dont on retrouve des thèmes chers au réalisateur d’E.T., notamment tout ce qui concerne les peurs enfantines. Le film dure pratiquement deux heures mais il passe très vite et cela grâce à un très bon scénario. Le film ne perd pas de temps, il commence rapidement et ne traîne pas en longueur. L’histoire en elle-même peut sembler assez simple mais les thèmes sont traités intelligemment et avec profondeur. Il y a tout d’abord clairement une dénonciation du mode de vie américain matérialiste et consumériste des années Reagan, qui passe notamment par cet emprisonnement dans la télé. Puis, j’ai trouvé ce film très féministe (finalement, le remake s’éloigne totalement de cette idée… ce qui est très étrange). En effet, on remarque ce sont les femmes qui sont au coeur de l’action : la petite Carol Anne victime de ces esprits malfaisants, la mère qui va tout faire pour sauver sa fille (alors que le père peut sembler plus passif), la parapsychologue le Dr Lesh ainsi que la médium Tangina Barrons. J’ai beaucoup aimé comment le film a traité le thème de la famille, de la relation entre les parents et leurs enfants (parce que n’oubliez pas… « DON’T TOUCH MY BABIES ! ») ainsi que le thème de la maternité. J’ai notamment beaucoup aimé cette représentation métaphorique de l’accouchement lorsque Diane récupère sa fille. Par ailleurs, j’ai trouvé le lien palpable entre la vie et la mort très réussi. Ca peut paraître niais dit comme ça mais le film traite ce thème sans lourdeur. Enfin, les acteurs sont également tous bons et leurs personnages sont très attachants.

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Coldwater

réalisé par Vincent Grashaw

avec P. J. Boudousqué, James C. Burns, Chris Petrovski, Octavius J. Johnson…

Drame, thriller américain. 1h38. 2013.

sortie française : 9 juillet 2014

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : Un grand merci à Cinetrafic et à KMBO : Page Facebook + Site officiel

Sur Cinetrafic, retrouvez les films sortis en 2014 et les films sur un adolescent

Coldwater

Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

Coldwater : Photo P.J. Boudousqué

Après Phoenix et La Théorie des Dominos, voici le dernier film que je chronique à l’occasion de l’opération DVDtrafic – été 2015 : Coldwater. J’avais remarqué ce long-métrage l’an dernier en découvrant sa bande-annonce mais les choses ont fait que je n’avais pas pu aller le voir en salle. Heureusement, pratiquement un an après sa sortie française, j’ai pu rattraper ce film qui mériterait vraiment d’être découvert. Après avoir signé quelques courts-métrages et un petit passé de producteur indépendant (il a produit Bellflower d’Evan Glodell), Vincent Grashaw signe avec ce Coldwater son premier long-métrage et dans l’ensemble il s’en tire vraiment bien. Le titre de ce film désigne le camp de redressement dans lequel Brad se retrouve suite à plusieurs délits commis. Le sujet n’a rien de nouveau évidemment : nous avons déjà vu un tas de films sur la délinquance juvénile ou encore nous voyons de temps en temps des reportages sur ces fameux centres de redressement aux Etats-Unis. Cependant, le film de Vincent Grashaw a le mérite de ne pas se noyer parmi tout ce qu’on a déjà vu, sans être révolutionnaire, il apporte à sa façon quelque chose sur ce sujet d’actualité. Le jeune réalisateur parvient à montrer le cercle vicieux de la violence : ce n’est par la violence qu’on arrivera à remettre dans le droit chemin des ados justement violents, et au contraire, ils seront encore plus enragés en sortant de cet endroit (d’ailleurs, un des personnages le dit dans la première partie du long-métrage). Les adolescents sont certes ingérables et le réalisateur ne leur cherche pas d’excuses, mais ce dernier montre aussi que le comportement ou la vie même des parents peuvent non seulement déstabiliser un ado mais surtout il appuie sur la responsabilité perdue des parents, qui n’assument plus leur rôle et qui préfèrent envoyer leurs enfants dans des centres de redressement, comme s’ils étaient des animaux.

Coldwater : Photo Octavius J. Johnson, P.J. Boudousqué

De plus, Vincent Grashaw tire la sonnette d’alarme sur l’absence de législation de ces fameux camps de redressement. Parce qu’ils ont tous les pouvoirs et au nom d’une soi-disant nouvelle éducation, ceux qui gèrent ces centres se permettent d’humilier et de torturer des jeunes sans aucune raison. J’ai beaucoup aimé la manière d’avoir mis en scène cette violence. Certaines scènes sont évidemment difficiles à regarder, on s’inquiète pour les personnages mais on n’a jamais l’impression que le réalisateur en surajoute pour nous écoeurer, il veut juste exposer des faits pour pouvoir mieux dénoncer ces fameux camps de redressement. Dans l’ensemble, j’ai apprécié la mise en scène de Grashaw qui, en dehors de ces scènes de violence, est énergique, dynamique et va droit au but. Dans l’ensemble, le scénario reste plutôt convaincant. Grashaw expose certes des faits mais n’oublie pas non plus son histoire ni ses personnages. J’avais un peu peur que le film bascule du côté documentaire mais finalement il y a derrière une vraie histoire, le film trouve même un juste équilibre entre le drame et le thriller, il y a du suspense jusqu’au bout et on ressort du film troublé, voire même ému. La première partie est un peu en dessous de la seconde car je trouve que l’utilisation des flashbacks pas toujours efficace, ralentissant parfois le récit. En revanche, les flashbacks, et plus généralement le montage, sont vraiment utiles pour pouvoir donner du suspense et créer une véritable tension jusqu’à la dernière minute. Du coup, ces points techniques donnent du relief à ce scénario déjà convaincant. Enfin, Coldwater est servi par un excellent casting. P. J. Boudousqué, issu de la scène punk, et sosie de Ryan Gosling, est excellent et espérons pour lui qu’il ait la même carrière que l’acteur de Drive. Il est vraiment impressionnant surtout quand on sait qu’il n’avait jamais tourné avant ce film. James C. Burns est également très bon, je dirais même qu’il est vraiment terrifiant dans ce rôle de salaud. Si tout va bien, le second long-métrage de Vincent Grashaw devrait sortir en 2016 d’après ce que je lis sur Imdb. J’espère qu’il ne va pas me décevoir car ce réalisateur a du talent et beaucoup de choses à dire. A suivre ?

Coldwater : Photo P.J. Boudousqué

La Théorie des Dominos

réalisé par Stanley Kramer

avec Gene Hackman, Candice Bergen, Richard Widmark, Mickey Rooney, Eli Wallach…

titre original : The Domino Principle

Thriller américain, britannique. 1h37. 1977.

sortie française : août 1977

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : Un grand merci à Cinetrafic et à Elephant Films (facebook) + (site officiel)

Cinetrafic vous propose une liste de films à regarder et de films américains

La Théorie des dominos

Un vétéran du Vietnam emprisonné est contacté par un étrange émissaire, qui lui propose de le faire évader s’il accepte un « contrat ». S’il refuse, la femme qu’il aime sera assassinée…

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Je ne connaissais pas ce film, même pas de nom, jusqu’à ce que Cinetrafic, dans le cadre de Dvdtrafic, en parle lors de sa dernière opération et m’envoie très gentiment le dvd. Le sujet, le réalisateur et le casting de rêve m’ont donné envie de découvrir ce long-métrage. Il s’agit d’une adaptation du roman d’Adam Kennedy intitulé The Domino Principle, publié en 1977. D’après Wikipedia (un de mes meilleurs amis, chut), la théorie des dominos est « une théorie géopolitique américaine énoncée au XXe siècle, selon laquelle le basculement idéologique d’un pays en faveur du communisme serait suivi du même changement dans les pays voisins selon un effet domino. » Pour être plus précis (là je vais citer Allocine – j’ai l’honnêteté de vous avouer que je n’ai pas toutes ces connaissances !), le titre fait référence à la doctrine datant de 1953 de John Foster Dulles, secrétaire d’Etat américain, au sujet de la propagation du communisme en Asie du Sud-Est : si l’Indochine « tombait », tous les autres pays d’Asie pouvaient aussi tomber. Ici, le titre est alors métaphorique, c’est-à-dire qu’on ne parle évidemment vraiment de cette situation géopolitique. Cette théorie concerne alors le personnage principal, Roy Tucker (Gene Hackman), qui fait partie d’une sorte de chaînes : s’il tombe, tous les autres tomberont aussi. Bref, la théorie des dominos s’applique alors pour ce film de complots, très en vogue dans le cinéma américain des années 1970. J’aurais voulu être passionnée par cette histoire de complots mais ce ne fut pas le cas. J’ai eu l’impression que le film ne décollait jamais. Pire : j’ai eu l’impression de regarder une introduction qui ne semble jamais prendre fin. Au début, je pensais qu’on allait nous expliquer la situation de base en quelques minutes, mais ça prend limite tout le film, du coup je me suis ennuyée pratiquement tout le long.

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Cela est dommage car j’ai pourtant bien senti le contexte politique, on sent qu’il a une véritable importance. Justement, à force de vouloir dénoncer cette Amérique des années 70 qui doute et suspecte tout le monde sans cesse, Stanley Kramer a un peu trop délaissé son histoire. Alors qu’on met une plombe à comprendre ce complot autour de Roy Tucker au point où on finit par s’en cogner, Kramer se préoccupe davantage de l’histoire d’amour entre Tucker et Ellie qui devient rapidement niaise (le dîner aux chandelles, avec une photographie assez moche et une lumière épouvantable, m’a achevée). Du coup, personnellement, je n’ai pas vraiment ressenti cette paranoïa qui entoure le personnage principal, ni ce côté kafkaïen (alors qu’un des personnages cite justement Kafka). Seules les dernières minutes sont réellement intéressantes, là on comprend enfin où le réalisateur veut en venir, on voit bien à quel point le système est fort au point que toute résistance est vaine et que les individus ne sont que des pions impuissants. Mais hélas, ces dernières scènes arrivent vraiment trop tard et les révélations, pourtant primordiales pour comprendre le propos du film, tombent un peu comme un cheveu sur la soupe. Bref, dans l’ensemble, ce film m’a déçue. Je ne trouve pas le scénario très convaincant (il s’égare un peu trop et crée l’ennui), la mise en scène est correcte mais n’est pas non plus transcendante. A voir vraiment pour les fans inconditionnels de Stanley Kramer ou de certains acteurs, comme Gene Hackman (excellent dans le rôle principal), Richard Widmark, Eli Wallach ou encore Mickey Rooney (je suis en revanche moins convaincue par Candice Bergen, même si son interprétation n’a rien de lamentable), qui m’ont au moins permis de tenir jusqu’au bout.

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Bilan – juin 2015

Cinéma

* Les films sortis au cinéma cette année

Entre amis (Olivier Baroux, 2015) 0/4

L’affaire SK1 (Frédéric Tellier, 2015) 3/4

Kingsman (Matthew Vaughn, 2015) 4/4

Mad Max : Fury Road (George Miller, 2015) 4/4

Jurassic World (Colin Trevorrow, 2015) 2/4

Loin de la foule déchaînée (Thomas Vinterberg, 2015) 4/4

Contes Italiens (Vittorio & Paolo Taviani, 2015) 2/4

Phoenix (Christian Petzold, 2015) 4/4

La loi du marché (Stéphane Brizé, 2015) 3/4

Valley of Love (Guillaume Nicloux, 2015) 4/4

Poltergeist (Gil Kenan, 2015) 2/4

Spy (Paul Feig, 2015) 2/4

Vice Versa (Pete Docter, 2015) 3/4

PhoenixMad Max: Fury RoadValley of Love

* Rattrapages

Mad Max 2 : Le Défi (George Miller, 1981) 3/4

Mad Mad 3 : Au-delà du Dôme du Tonnerre (George Miller, 1985) 2/4

Jamais le premier soir (Melissa Drigeard, 2013) 2/4

J’adore Huckabees (David O. Russell, 2004) 2/4

Elle l’adore (Jeanne Herry, 2013) 3/4

Borat (Larry Charles, 2006) 3/4

The Room (Tommy Wiseau, 2003) 0/4

Dumb & Dumber De (Bobby & Peter Farrelly, 2014) 2/4

Dans la maison (François Ozon, 2012) 4/4

Une heure de tranquillité (Patrice Leconte, 2014) 2/4

N’oublie jamais (Nick Cassavetes, 2004) 3/4

Dans la maison Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan N'oublie jamais

Télévision

Game of Thrones (saison 5, 2015) 3/4

Dexter (saison 4, 2009) 4/4

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Lectures

Les yeux plus grands que le ventre (Jô Soares, 2011) 3/4

L’amour dure trois ans (Frédéric Beigbeder,1997) 2/4