Maggie

réalisé par Henry Hobson

avec Arnold Schwarzenegger, Abigail Breslin, Joely Richardson, J.D. Evermore…

Drame, épouvante-horreur américain, suisse. 1h35. 2014.

sortie française : 27 mai 2015

Maggie

Alors qu’une terrible pandémie se propage à travers les États-Unis, le gouvernement impose de placer les malades infectés par le virus en quarantaine, où ils se transformeront en zombies, totalement retranchés du monde. Lorsque Maggie, 16 ans, apprend qu’elle a été contaminée, elle s’enfuit. Mais son père, Wade Vogel, est déterminé à la retrouver et à la protéger coûte que coûte, même s’il lui faut affronter les forces de police…

Maggie : Photo Abigail Breslin, Arnold Schwarzenegger

Etant une fan de films de zombie, j’étais très curieuse de découvrir Maggie, le premier long-métrage de Henry Hobson. Je préfère mettre les choses au clair : je savais très bien que je n’allais pas voir un film qui allait bouger et saigner dans tous les sens, j’avais conscience qu’il s’agissait avant tout d’un drame intimiste entre un père et sa fille en train de mourir. Mais cela ne me dérangeait pas de voir le genre « zombie » en second plan, comme prétexte. Même si ce n’est pas du Romero, je trouvais que ça restait tout de même une façon de s’inscrire dans ce genre si spécifique, de le renouveler, même si ce n’était pas nécessairement sa priorité. Hélas, Maggie est une énorme déception et passe pour moi à côté de ses objectifs. Encore une fois, ne pas voir les personnages se taper sur la gueule (ou plutôt mordre) ne me dérangeait pas du tout. Cependant, Hobson pense que le drame intimiste signifie emmerder les spectateurs. Je ne suis jamais parvenue à rentrer dans l’histoire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le film est quand même très lent. Alors, certes, peut-être qu’on peut mettre cette lenteur en parallèle avec les pas lents des zombies voire même la longue agonie de la mourante du titre, mais là on patine pour de bon. Puis, il n’y a pas réellement d’histoire, en tout cas elle est mal développée. Effectivement, en voulant concentrer à tout prix son histoire entre ce père et sa fille, ce qui était encore une fois à l’origine légitime, Hobson ne raconte pas grand-chose, surtout il parvient trop rarement à poser des enjeux qui auraient pu un minimum nous intéresser et nous interroger. En effet, dès le début, on nous fait comprendre que la Maggie du titre est condamnée, qu’il n’y a aucune solution, aucun espoir possible. Certes, en montrant Wade (le père donc puisqu’il a un petit nom) retarder sans cesse la mise en quarantaine de sa fille, Hobson a certainement montré la difficulté de perdre un enfant, d’accepter sa mort et on pourrait même y voir une métaphore de l’euthanasie. Mais, et c’est là où j’en arrive à mon deuxième point, au fond, on se fiche totalement du sort des personnages, on ne sent pas suffisamment Wade se battre pour sa fille et les seuls moments de lutte ne sont pas toujours crédibles : en effet, à force de se dire qu’il ne s’agit pas d’un pur film de zombies, Hobson semble totalement oublier son contexte.

Maggie : Photo Abigail Breslin

En effet, au-delà de ne pas savoir grand-chose sur cette épidémie, le film tombe dans certaines incohérences. En effet, le seul intérêt de ce film tournerait donc autour de la mise en quarantaine des personnes infectées. Ce choix est logique car il faut bien protéger les populations. Or, un des flics répète un trop grand nombre de fois à Wade de placer sa fille en quarantaine. Pourtant, lorsque Maggie débarque à l’extérieur de la maison dans un état de transformation avancé, ce même flic en question se contente de dire à Wade : « bon allez je te laisse encore du temps, tu t’en occuperas quand le moment sera venu ». Il faut préciser qu’il y a eu juste avant deux zombies (pratiquement les seuls autres qu’on verra dans ce film) se promener parce que justement un des membres de cette famille a refusé de placer les contaminés en quarantaine. Le comportement du flic ne me paraît pas très cohérent, surtout dans un climat de peur (le départ de la belle-mère de Maggie, trop mal exploitée), qu’on a d’ailleurs du mal à ressentir. Quant aux quelques bonnes idées ou à certains choix artistiques, ils sont également peu approfondis. En effet, comme l’explique un des amis de Maggie, également condamné, la quarantaine serait un endroit déshumanisé, cela expliquerait alors l’acharnement de Wade à garder sa fille chez lui jusqu’au bout malgré le danger qu’il encourt pour lui et les autres. Mais il ne s’agit que de paroles, on a finalement aucune image concrète de ce lieu, même pas par notre imagination. Puis, voir petit à petit la transformation de Maggie, qui passe à travers différents sens, était à l’origine une bonne idée (surtout que je dois reconnaître le maquillage très réussi) mais encore une fois, à part en ce qui concerne les cinq dernières minutes du film, il n’y a pas vraiment de tension, donc finalement je suis restée trop pépère face à cette métamorphose trop inévitable. On sent aussi que Hobson s’est attaché à l’esthétique du film, notamment par ce gris qui domine le film, mais la mise en scène a du mal à exister, finalement cette couleur rend encore plus terne ce film, on a encore plus envie de quitter la salle en courant. Enfin, même s’ils ne jouent pas forcément mal, j’avoue que je n’ai pas été très convaincue par les performances d’Arnold Schwarzenegger (je n’ai rien contre lui – au contraire – mais là il est à la limite de la monoexpressivité) et d’Abigail Breslin (elle aussi je l’aime bien mais elle a du mal à s’imposer alors qu’elle incarne quand même la Maggie du titre !). A l’origine, Paddy Considine et Chloe Grace Moretz devaient jouer les rôles principaux. Je n’aime pas trop refaire le casting idéal après le film fait (après tout, c’est comme ça, il faut accepter les choses) mais je ne peux m’empêcher de trouver le casting initial plus intéressant sur le papier…

Maggie : Photo Arnold Schwarzenegger

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20 réflexions au sujet de « Maggie »

  1. Bouh, la hache à la fin ! Il la tue finalement, alors ? Les avis semblent partagés sur ce film. Je serai curieuse de le voir quand même. Pour Schwarzy, qui fait un retour dans autre chose qu’un gros film bien bourrin, et pour Abigail. Et puis c’est horrible comme histoire… (il y a un truc comme ça dans The Walking Dead, le maire qui cache sa fille contaminée).

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  2. Mais qu’est ce qui a bien pu se passer pour qu’ils éliminent Considine pour Schwarzy ?
    Bon malgré ma passion pour le sujet, on sentait qu’il n’allait pas étudier le thème. D’ailleurs tu évoques une possible étude de la quarantaine, excellente idée ! Sauf qu’à te lire ce film est vide. Foirer un sujet aussi prolifique me fascine toujours. A ce point là c’est de la fainéantise, si tu veux approfondir le thème : z nation : kitsch sur les deux premiers épisodes et étonnamment profond sur la suite.

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  3. J’avais pourtant lu quelques chroniques assez dithyrambiques sur ce film, ne serait ce que pour la performance de Schwarzy. Visiblement, tu es bcp plus réservée et tu pointes les défauts (assez nombreux semble t-il) de ce nouveau film d’horreur déguisé en drame intimiste

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  4. Je partage ta critique, je ne l’ai pas faite car vraiment très déçue. La fin m’ a surprise surtout la lucidité qui est exprimée dans son regard. Après, il est malheureusement bancale à cause des zones floues. Dommage l’idée était intéressante.

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  5. Bon… j’ai hésité et je n’y suis finalement pas allé. On dirait que j’ai bien fait. C’est vrai que ça aurait pu donner un très beau film, sur la foi du pitch. Dommage qu’il soit passé à côté…

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  6. Eh Beh, sur son blog nico avait souligné les défauts mais avait avouer avoir tout de même apprécier. Visiblement tu n’y trouve pas grand chose (pour ne pas dire rien) à sauver.

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  7. @ Chonchon :
    Héhé je ne spoilerai pas 😮 😉
    Oui effectivement c’est proche de la saison 3 de the Walking Dead, tiens je n’y avais pas pensé !

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  8. @ Amandine :
    Je ne sais pas ce qu’ils leur a pris, à part si Considine avait autre chose à faire (et a senti la daube à venir 😮 ).
    Tiens, je ne connais pas z nation, je note !

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  9. @ Eelsoliver :
    Schwarzy n’est pas forcément mauvais mais honnêtement je ne le trouve pas inspiré et il y a de quoi face à cette succession de défauts !

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  10. @ Martin :
    Oui en plus, je suis persuadée que le film avait un énorme potentiel mais en plus de passer à côté de ses objectifs, qu’est-ce qu’on s’emmerde…

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  11. Bon, à vrai dire je ne suis pas surprise… Mais il fallait oser prendre terminator pour incarner un père sensible à la perte de sa fille ;P

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  12. Y’avait un potentiel fort pourtant dans ce pitch, mais ca part trop en cacahuètes…et puis merde quoi, un film d’une heure trente qui parait durer trois heures, et que trente minutes de Schwarzy…faut le faire quand même! ):

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  13. @ Amandine :
    Hélas Considine n’a pas la popularité d’un Oldman, il n’a pas fait les mêmes choix de film alors que ce gars est excellent et dans plusieurs domaines. Et je le trouve très courageux depuis que j’ai appris qu’il était atteint d’Asperger et que ce n’était pas tous les jours facile pour lui de vivre avec ça.
    Tu as bien fait de me donner ton lien, il n’y a rien de mal ! Effectivement cette série divise mais il semble y avoir des choses intéressantes, je la note (même s’il faut que je me bouge le cul pour regarder Dead Set – dans un coin de mon pc).

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  14. @ Kapalsky :
    Ah ouais le rythme, c’est juste pas possible, j’avais envie de me pendre au bout d’un moment. Je ne sais même pas ce qui m’a poussée à rester dans la salle !

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  15. J’ai lu des avis contraires au tien et je dois avouer que voir Schwarzy à contre emploi dans un film de zombies, je dis pourquoi…

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  16. @ Maggie :
    Schwarzy est pas si mal mais il aurait pu être plus inspiré. Mais je n’accuse pas lui mais plutôt le scénario, qui ne peut pas l’aider à bien jouer.

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