The Room

réalisé par Tommy Wiseau

avec Tommy Wiseau, Juliette Danielle, Greg Sestero…

Drame américain. 1h40. 2003.

The Room

Johnny est fou amoureux de Lisa mais elle le trompe avec Mark, le meilleur ami de Johnny.

Room

Avant de commencer ma chronique, je tenais à remercier Borat pour m’avoir fait découvrir cette perle involontairement hilarante du début jusqu’à la fin ! Je vous conseille également de lire l’excellente critique de Nanarland et de regarder la critique vidéo (avec les sous-titres français pour vous aider) de Doug Walker du Nostalgia Critic (première partie ici et deuxième partie ). Ma chronique ne prétend pas rivaliser avec celles que je viens de citer mais elle a tout d’abord pour but de confirmer ce que tout le monde pense de ce film, puis peut inciter les gens qui ne connaissent pas ce film de le découvrir. Oui, je conseille de regarder un film clairement mauvais parce qu’on ne peut imaginer à quel point c’est possible de se rater à ce point. Déjà quand on regarde l’affiche, avec la gueule fatiguée en gros plan du mystérieux Tommy Wiseau (mais on sent que le gars se trouve beau), on se pose sérieusement des questions sur le contenu du film. Qui est alors ce fameux Wiseau ? Personne ne sait vraiment qui il est. On ne connait pas vraiment son âge, ni d’où il vient (mais son accent est effroyable), ni comment il a pu obtenir un budget de 6 millions de dollars (ce qui est énorme pour un petit film d’auteur avec que des acteurs inconnus !). Ce qui est sûr, c’est que le gars s’aime à mort malgré son look très particulier (je vais en rester là car je risque d’être blessante et je n’aime pas m’attaquer au physique des gens). Et il croit en son « talent » : il est ainsi l’acteur principal, le réalisateur, le producteur et le scénariste de ce film, rien que ça ! Et évidemment, il s’est attribué le beau rôle : celui de Johnny, un gars trop beau (enfin, pas selon mes goûts, mais encore une fois Wiseau a très confiance en lui : tant de narcissisme est magnifique à voir), qui sort avec cette pétasse de Lisa (bah je crois que c’est le message du film, non ?), qui le trompe avec son meilleur ami Mark (à lui, pas elle, hein). Mais pourquoi le trompe-t-elle alors qu’il est parfait, irréprochable, qu’il l’aime, lui offre des fleurs, la baise comme un dieu (oui, parce que Wiseau aime montrer son cul, il en est fier !) etc… ?

wiseau

A l’origine, il ne s’agit que d’une banale histoire d’adultère. Sauf que… certaines choses étranges (qui ont participé à la réputation de ce nanar) apparaissent au fil du film. Ainsi, certains personnages, dont on ne connaît pas vraiment leur identité, débarquent comme ça, sans aucune raison, chez Johnny et Lisa (ou plutôt « Hi Johnny », répété au moins 300 fois). Par exemple, on a aucune idée de l’identité de ce fameux Denny, ce voisin trèèèès bizarre (vraiment, le gars est effrayant avec son sourire de psychopathe) qui s’incruste vraiment chez Lisa et Johnny jusqu’au… pieu. Autre exemple : on passe d’une conversation à l’autre sans raison. Par exemple, la mère de Lisa évoque son cancer du sein, mais bon Lisa s’en fout royalement (elle n’a pas l’air trop touchée) et visiblement Wiseau aussi puisque cette information est totalement inutile ! Ou encore dans une autre scène, Johnny parle de ses problèmes au travail (au passage, on ne sait pas trop où il bosse, mais bon là encore une fois, on s’en cogne !) et puis tout d’un coup, sans aucune raison, il demande tout naturellement à Mark : « How is your sex life ? ». WHAAAT ? En parlant de sexe, il est alors intéressant de se pencher sur les scènes « érotiques » du film, nombreuses et inutiles (parce que là, c’est la cerise sur le gâteau). On a l’impression de revoir les téléfilms érotiques qui passaient sur M6 le dimanche soir, vous voyez le genre ? Le film date de 2003 mais il était déjà dépassé, les scènes en question sont d’une rare ringardise ! En plus, elles sont assez longues (en gros Wiseau met une plombe à filmer les « préliminaires », que c’est intéressant) et très répétitives (parfois on se demande si Wiseau n’a pas remis volontairement la même scène – histoire qu’on admire à plusieurs reprises son cul – je vous le confirme, il aime ses fesses). Elles sont également toutes mal filmées, du genre quand Mark et Lisa font l’amour dans les escaliers, la caméra filme surtout… la rampe des escaliers (c’est très… intéressant ?), ou encore Wiseau nous ressort tous les pires clichés possibles : musique épouvantablement niaise, le décor idyllique avec le voile blanc sur le lit etc… Evidemment, les relations entre Mark (l’amant au physique de mannequin) et Lisa ne se résument qu’à leurs nuits au lit, mais évidemment, le scénario étant très creux, on ne saura jamais rien de leur véritable relation (je pense qu’il n’y a rien à comprendre).

the-room-06

Je me suis également marrée face à certains enchaînements, du genre après une scène de jambes en l’air entre Lisa et Johnny (donc jusque là tout va bien entre eux), Lisa va se plaindre auprès de sa mère « oooh Johnny is so boriiiing » (et cette relou de mère qui ne fait que répéter comme un perroquet « mais Johnny est bien blablabla », putain ta fille te dit qu’elle ne l’aime plus, écoute-la bordel !). Ce film, qui se prend beaucoup au sérieux (non, Wiseau, personne ne te croit quand tu parles de « comédie noire »), part vraiment dans des délires incroyables où le non-talent triomphe. Evidemment, face à un tel désastre « artistique » (mettons des guillemets un peu partout), les acteurs ne peuvent que jouer comme des cochons. Mais la palme revient de nouveau à Wiseau. Non seulement il a un accent improbable mais en plus il grogne sans aucune raison et on a l’impression que chaque mot est mal prononcé, a une mauvaise intonation, rien n’est naturel (ça a lui demandé des efforts pour manquer à ce point de spontanéité ?). Et attention, les gestes grotesques accompagnent les répliques de choc (la plus culte reste « YOU ARE TEARING ME APART, LISA » avec les cheveux et les bras qui se balancent fortement pour montrer son désarroi). En parlant de répliques, on remarquera également que certaines sont d’une rare évidence (« Mais il est mort ? », s’interroge Lisa en voyant le cadavre de son mec inanimé avec une balle dans la tête et ses vêtements baignant le sang, tout va bien – cette scène de mort est d’ailleurs incroyablement mal filmée avec les ralentis pourris et tout ça) ou encore que d’autres n’ont pas l’air… dans le bon ordre. Si, si ! Du coup, ça donne des scènes vraiment chelou ! Mais j’ai envie de dire, tout est bizarre dans ce film, on parle de beaucoup de sujets sans trop comprendre pourquoi, comme de football ou de drogue. Greg Sestero, qui « joue » Mark, a co-écrit (avec Tom Bissell) suite au « succès » de ce film (oui dans un sens, il a au moins le mérite d’avoir une réputation chez les amateurs de nanars !) The Disaster Artist (qui a remporté de sérieuses récompenses littéraires). D’après ce que j’ai lu, la société de production de Seth Rogen a acquis les droits du livre et on parle des frères Franco pour interpréter Wiseau et Sestero. En septembre dernier, on a appris que les scénaristes Scott Neustadter et Michael H. Weber devaient faire partie de l’aventure. Affaire à suivre…

Mark-and-Johnny

Publicités

28 réflexions au sujet de « The Room »

  1. Je ne sais pas si j’aurais le courage de le regarder mais ton billet rend bien compte de l’exceptionnelle rareté de cet ovni 🙂
    Après un petit tour sur internet, voilà ce que je trouve sur l’acteur/réalisateur/scénariste : « Tommy Wiseau est un scénariste, réalisateur et acteur américain né supposément le 3 octobre 1955 ou 1968. » Boh, ça ne fait que 13 ans de différence, une paille mdr

    J'aime

  2. Pas vu mais le film fait partie de ces Ovnis du monde du nanar. Bien envie de le découvrir et de me délecter de sa bêtise légendaire…

    J'aime

  3. On va bientôt m’appeler Borat les bons tuyaux. Je n’ai vu que la vidéo mais bon on voit quand même tout le film en dehors de quelques avances-rapides. Avec le pote qui m’a montré la vidéo on se prévoit de voir ça un de ces quatre. 😉 Mais sinon ce film est absolument fantastique. Dès l’affiche cela te vend du rêve. Thomas Wiseau ce mec au merveilleux charisme qui aime se filmer en train de baiser et a toujours l’air bourré alors que son personnage ne boit pas d’alcool! 😀 Son fétichisme sur les roses, son pote qui rentre et sort quand il veut pour baiser, son voisin autiste mais sans parent pour l’encadrer (tu m’étonne qu’il se drogue!), le mec qui change de tête pour différends artistiques (« allez on change l’acteur en quatrième vitesse, comment ça faut tout retourner? Va te faire foutre on garde ses rushs! » :D), ce match de basket grandiose, l’amant qui prend des proportions incroyables… Un bonheur nanar ce film. On était plié en quatre avec les potes devant de tels moments!

    J'aime

  4. @ Sentinelle :
    A mon avis, il est plus né en 1955 qu’en 68 ! 😮
    (si tu veux le voir, hélas on le trouve en streaming ou téléchargement qu’en VO sans sous-titres. Après si tu parles anglais, franchement tu comprends tout 😮 ).

    J'aime

  5. @ Chonchon :
    Hélas, il n’existe pas en dvd en France, on ne le trouve qu’en VO sans-titres en streaming ou téléchargement.
    On devrait créer une pétition pour la sortie française du dvd 😮

    J'aime

  6. @ Borat :
    Au début je voulais me contenter de la vidéo que tu m’as passé mais je me suis dit « allez, autant tout voir ! » et finalement, je ne me suis pas ennuyée, ce film devient fascinant ! (je n’ai pas tout cité mais tout ce que tu ajoutes dans ton com’ est évidemment poilant !).
    Hélas je l’ai vu seule mais je suis sûre que ça doit être VRAIMENT fun de le regarder à plusieurs, quel moment de rigolade !

    J'aime

  7. à Olivier Il y a la vidéo commentée si cela te dit camarade. Il me semble que Tina a mis le lien en début d’article.
    à Tina: A trois c’était jouissif au possible. Le genre de films où tu es obligé de rigoler tant c’est ridicule. Putain mais quel fond vert!

    J'aime

  8. @ Yuko :
    Perso je préfère la 2e photo (c’est là où Wiseau crie ce magnifique « YOU ARE TEARING ME APART LISA ! »).
    Je confirme, c’est bien un nanar ! 😀

    J'aime

  9. @ Borat :
    Putain j’avais oublié de citer le fond vert et ses scènes bizarroïdes visuellement (il y avait trop de choses à dire sur ce film il faut dire !)

    J'aime

  10. En plus il a vraiment tourné sur un fond vert le bougre. C’est ce qui rend le décalage encore plus drôle. Tu vas chez un pote et tu tourne devant un balcon. Pas dur quand même. Même nous pour jouer sur un plancher ouvert on a eu des astuces plus crédibles que les siens et on l’a fait pour environ 90 boules! 😀

    J'aime

  11. Waouh… Je me suis contenter de regarder le trailer…enfin…si on peut appeler ça un trailer. C’est vraiment du grand n’importe quoi. Le pire, c’est quand tu écris que ce Citizen Kane a coûté 6 millions de dollars. Sont passés où les sous ??? Pas dans les FX en tout cas…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s