White Bird

réalisé par Gregg Araki

avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni, Shiloh Fernandez, Gabourey Sidibe, Thomas Jane, Dale Dickey, Angela Bassett, Mark Indelicato, Sheryl Lee, Brenda Koo, Jacob Artist, Ava Acres, Michael Patrick McGill…

titre original : White Bird in a Blizzard

Drame américain. 1h30. 2014.

sortie française : 15 octobre 2014

sortie dvd : 17 mars 2015

Vu dans le cadre de Dvdtrafic : Un grand merci à Cinétrafic et à Bac Films.

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Liste des films sur l’adolescence dont ceux sortis en 2014.

White Bird

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité,  Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

White Bird : Photo Shailene Woodley, Shiloh Fernandez

Je connais mal la filmographie de Gregg Araki. J’avais vu il y a maintenant quelques années un de ses films les plus connus, Mysterious Skin. Même si je me sens incapable de le revoir (je crois que vous pouvez comprendre pourquoi), ce film est une claque. Hélas, étrangement, il ne m’a pas donné envie de découvrir les autres films de Gregg Araki. Je dois avouer que son univers me faisait même un peu peur, peur de voir trop de jeunes drogués couchant avec tout et n’importe quoi (oui, je déshumanise les gens, je sais). Bref, White Bird ne faisait pas partie de mon programme. Sauf que je participe à l’opération Dvdtrafic du site Cinétrafic et que j’ai mis ce film un peu par hasard dans la liste des films que je voudrais voir parmi ceux qui étaient proposés. Et évidemment, on m’envoie le dvd, je dois donc le regarder. Je vous raconte alors cette petite histoire, si passionnante et émouvante, pour vous dire que White Bird est finalement pour moi une bonne surprise, qui me donne envie de découvrir pour de bon la filmographie de Gregg Araki (oui, tout ça pour ça). White Bird est donc une adaptation d’un roman de Laura Kasischke. Le nom de cette romancière ne vous est peut-être pas totalement inconnu : elle est également l’auteur de La Vie devant ses yeux, adapté en 2007 par Vadim Perelman avec Uma Thurman et Rachel Evan Wood. Ce film n’était pas terrible, principalement à cause d’une mise en scène médiocre, mais l’histoire était tout de même intéressante. Mine de rien, quand j’ai appris cette information avant d’introduire le dvd dans le lecteur, j’étais tout de même curieuse de découvrir l’histoire.

White Bird : Photo

White Bird est découpé en deux parties. La première se situe à la fin des années 1980. Eve Connors vient de disparaître. Son mari et sa fille Kat signalent sa disparition, certes inquiétante mais probablement prévisible (on comprend par des flashbacks que madame, devenue cinglée, ne supporte plus son existence). Malgré ce drame, Kat continue sa vie le plus normalement possible, notamment en explorant sa sexualité et sa féminité. La jeune fille tente de se détacher de cet événement, comme si elle le vivait bien. En réalité, Kat est une ado qui manque de repères. De plus, avant sa disparition, Eve et Kat étaient devenues rivales : la mère, commençant à vieillir, commence à voir développer le corps et le pouvoir sexuel de sa fille. Malgré des petites touches soulignant la souffrance psychologique de la jeune fille, la première partie ressemble à un classique teen-movie. Ce n’est pas désagréable mais rien de totalement transcendant, même si on reste curieux : après tout, on espère en savoir plus sur la disparition d’Eve et en général sur sa personnalité. Intervient alors la seconde partie (début années 1990), qui se déroule quelques années après : Kat n’est plus une lycéenne mais elle est étudiante dans une autre ville et revient chez elle le temps de quelques jours de vacances. Gregg Araki va alors donner un sacré tour de force à ce qui aurait pu être un banal teen-movie : White Bird prend alors des allures de thriller même si nous ne pouvons pas non plus affirmer qu’il appartienne à ce genre cinématographique. Je dois avouer que je suis restée scotchée et sur le cul jusqu’à la dernière seconde. Certes, le film donne clairement des indices, peut-être que certains spectateurs ont compris le dénouement et quelque part, tant mieux pour eux. Personnellement, captivée par le film, je n’avais rien vu venir et j’ai adoré être surprise par les dernières secondes du film. Le mélange des genres (teen-movie / drame / thriller) fonctionne alors bien car on n’a pas cette sensation de déséquilibre, au contraire, on voit où Gregg Araki veut en venir et mener son film.

White Bird : Photo

Avoir un scénario surprenant, riche en rebondissements, est évidemment un atout mais connaître la raison de la disparition d’Eve n’est pas le but principal de ce long-métrage, il ne s’agit que d’un prétexte pour montrer à la fois l’échec du rêve américain et la difficulté de devenir une femme. Evidemment, rien de bien nouveau dans le sujet sur le papier, sauf que la mise en scène et le scénario sont redoutablement efficaces, le film devenant plus complexe qu’il en a l’air. Le charme de ce film vient probablement de sa dimension onirique, qui lie subtilement les différents genres que j’ai pu énumérer entre eux. Ainsi, les rêves de Kat vont évidemment lui permettre de trouver la vérité. Mais il ne s’agit pas uniquement d’un moyen pour résoudre une énigme. Les rêves ont une utilité pour connaître la vérité étant donné que la réalité est faussée (tout le monde a ses secrets, Kat refuse de voir une vérité si évidente quand on y réfléchit bien), notamment par toutes ces couleurs criardes, parfois pénibles mais qui traduisent bien la superficialité des habitants de cette banlieue. La dualité, qui rend définitivement ce film enrichissant, fonctionne alors sur plusieurs plans : entre le rêve et la réalité, entre la mère et la fille, entre ce que les personnages veulent faire croire et ce qu’ils sont réellement, entre les époques, entre l’adolescence et l’âge adulte. Quelque part, il y a quelque chose de schizophrène dans cette oeuvre (on pense beaucoup à l’univers de David Lynch), sans que ce soit bizarre juste pour faire bizarre, au contraire cette sensation permet de tirer réellement quelque chose sur les personnages, pas aussi lisses qu’ils en ont l’air, et sur la critique sociale. White Bird a vraiment beaucoup de qualités et comme vous pouvez le deviner, je vous encourage vraiment à le découvrir si vous n’en avez pas eu la possibilité. Au-delà d’un travail d’écriture remarquable, d’une mise en scène réussie, de qualités techniques et d’une bande-originale sympa, permettant de situer l’action dans une époque précise (renforçant à la fois les dimensions sociale et onirique), j’ai également beaucoup aimé le casting, interprétant des personnages réellement complexes et intéressants.

White Bird : Photo Eva Green

Kat n’est pas nécessairement un personnage sympathique et attachant, dans le sens où il s’agit d’une ado méprisante qui semble vouloir grandir trop vite. On aurait pu s’attendre à un personnage actif, en réalité, seuls ses rêves lui permettent d’essayer d’agir. Et même quand elle veut agir, elle refuse de voir la vérité. Cela aurait pu être énervant puisque c’est toujours désagréable de voir des personnages principaux passifs et antipathiques, sauf qu’encore une fois, les caractéristiques distribués à ce personnage servent réellement le propos du film. Quelque part, il ne s’agit pas simplement de la disparition concrète d’Eve, mais encore une fois (je reviens encore à la dualité omniprésente), il s’agit quelque part des disparitions métaphoriques de certaines parties de Kat : perte de sa virginité, disparition de son adolescence pour devenir une femme et déni d’un amour évident de cette jeune fille envers sa mère (principalement à cause de l’adolescence), qui va devoir se construire avec ce manque maternel. De plus, cette disparition de Kat est également concrétisée par son départ dans une autre ville. Son interprète, la toujours formidable Shailene Woodley, parvient à rendre ce personnage attachant, pourtant la tâche n’était pas évidente. D’habitude, je ne suis pas très fan d’Eva Green. Ce n’est pas qu’elle joue mal, mais j’ai l’impression qu’elle joue toujours la même chose depuis un certain temps (les femmes ténébreuuuses avec une voix grave et sexyyyy). Certes, au début, avec son look classe et sexy, je n’étais pas très rassurée. Puis, petit à petit, même si elle n’apparaît pas tant que ça à l’écran, j’ai enfin vu la Eva Green que j’espérais tant voir depuis des lustres : naturelle et fragile. De plus, j’avais un peu peur puisque techniquement, Green (née en 1980) ne pourrait pas interpréter la mère de Woodley (née en 1991). Or, ce problème est vite résolu car Green a quelque chose de mature, et ce n’est pas juste une question d’apparence physique. Les seconds rôles sont également excellents et surprenants, notamment Christopher Meloni et Shiloh Fernandez.

White Bird : Photo Shailene Woodley, Shiloh Fernandez

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38 réflexions au sujet de « White Bird »

  1. Je suis tentée par ce film depuis pas mal de temps…et là c’est décidé, je le regarde dès que possible! Tu m’as convaincue 🙂

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  2. Vu & ça ne m’a pas ébloui du tout, loin de là. On se croirait dans une sitcom, mauvaise la dite sitcom.
    Dénouement prévisible & grotesque quand on connait un poil le sieur Araki.
    Enfin Shailene Woodley, non merci, j’en peux plus de cette ‘grognasse’ qui joue comme une m….

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  3. @ Ronnie :
    Je comprends ton avis. Et d’ailleurs, l’héroïne dit une phrase à sa psy du genre « ma mère se croit dans un mauvais téléfilm ». Je pense qu’il y a un effet de mise en abyme. Bah après, comme je le dis dans ma critique, sur le principe, c’est pas impossible de deviner l’intrigue finale et dans un sens le dénouement est logique. Mais si on se met dans la peau de Kat, franchement, on peut vraiment passer à côté du dénouement. Ceci dit, étant donné que je connais mal l’univers d’Araki, cela peut expliquer pourquoi je n’ai pas forcément vu la fin venir !
    Qu’on n’aime pas Woodley, je peux le comprendre… Mais je pense qu’il y a quand même pire comme actrices qui jouent comme des pieds (j’ai le droit de citer toutes les pseudo-mannequins/ »actrices » ?) voire comme grognasses…

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  4. J’aime beaucoup Shailene Woodley, mais je n’ai vraiment pas accroché à ce film.. Je ne l’ai pas terminé, je l’ai trouvé vraiment trop calme et plat. Dommage ! L’histoire de base est vraiment intéressante.

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  5. @ Ronnie :
    Ouuiiiiii merciii (je me sens « libéréééé, délivréééé »), je ne les supporte plus (mais les gars s’extasient parce qu’elles sont « trop booonnnes » mouahahah).

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  6. Bon tu sais déjà que j’avais un intérêt pour ce film, mais ton avis ne fait que me conforter dans mon envie de voir ce film ^^

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  7. @ Didynimes :
    J’espère que tu pourras le regarder assez rapidement (surtout qu’il a le mérite de ne pas être long) et surtout j’espère qu’il te plaira 😀

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  8. Bonjour tina, n’étant pas fan plus que cela d’Eva Green, je n’ai pas vu le film même si j’ai lu beaucoup d’articles positifs à son sujet. Bonne après-midi.

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  9. De lui j’avais vu Kaboom que j’avais été la seule de mes amis à aimé ( beaucoup ). Comme toi j’ai trouvé la réalisation diablement efficace, tout comme le scénario et le casting. White bird reste un très bon souvenir cinéma !

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  10. Moi aussi j’ai reçu le petit DVD, et je l’ai glissé dans la fente, et je l’ai bien aimé tout comme toi 😉 Suspense givré sous haute influence Douglas Sirk : c’était dans mes cordes.

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  11. J’ai vu quelques films de Greg Araki dont le fameux Mysterious Skin que j’ai d’ailleurs en DVD, je l’ai vu deux fois, il est plus « simple » à voir la seconde fois. Bref j’ai tout de suite été attirée par ce film car le nom de Greg Araki ne m’était pas inconnu et surtout car il s’agissait de l’adaptation d’un roman de Laura Kasischke que j’adore ! Je n’ai pas lu ce roman en particulier, mais j’imaginais assez bien l’atmosphère que pouvait avoir ce film. Je n’ai pas été déçue, la fin a été inattendue et surprenante, comme dans chaque roman de Laura K. Si jamais, je te conseille ses romans 🙂 J’ai adoré voir Christopher Meloni sur grand écran, Shaileen Woodley est excellente dans ce rôle et les seconds rôles sont très bons aussi.

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  12. @ Les Délices de Minie :
    Peut-être que ça a été plus « simple » pour toi car tu connaissais peut-être l’intrigue !
    Non, jamais lu du Laura K., mais j’avoue que son univers m’attire, je suis très curieuse de voir comment ces histoires donnent d’un point de vue littéraire ! Des textes d’elle à me conseiller en particulier ?
    Héhé moi aussi ça m’a fait plaisir de voir Meloni dans un long-métrage, c’est vraiment un très bon acteur (remember mes années NY Unité Spéciale !).

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  13. à tina: Araki m’a l’air de s’être sérieusement calmé par rapport à il y a quelques années. Si tu veux découvrir son oeuvre, je te conseille de commencer par sa teen-trilogy des 90’s qui contient l’hyper survitaminé The Doom Generation que je chroniquerai sur Cinema Choc dans quelques mois.

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  14. à: ben oui, vers septembre. J’ai une vingtaine de films à faire avant. A 5 chroniques par mois, ça nous amène en septembre. Mais si tu as l’occasion de le voir, ne le laisse pas passer, c’est un gros film de malades.

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  15. Ca c’est bien quand ils ne sont pas trop trop long, je vais essayer de le voir assez rapidement quoiqu’en ce moment rapidement est difficile à tenir lol

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  16. @ Princécranoir :
    Personnellement je m’attendais pas à recevoir trois dvd. Je pensais que j’en aurais genre un vite fait quoi !
    Ce qui est étrange, c’est que je n’ai pas reçu de feu vert pour White Bird et Les Ames Silencieuses, du coup, comme ça faisait un bail que je les avais vus, j’ai publié mes critiques. Par contre, j’ai bien reçu un mail de rappel pour Secrets d’état !

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  17. @ Didynimes :
    C’est vrai qu’avec le travail, les vacances et autres occupations dans sa vie privée, c’est pas toujours évident mais on fait de son mieux ! 😀

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  18. @ Les délices de Minie :
    Raaah putain faut que je voie Oz ! (je me suis fait une grosse liste de séries à regarder, j’ai l’impression d’en avoir pour un siècle !).

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