Spaced

Créée par Simon Pegg et Jessica Stevenson

réalisée par Edgar Wright

avec Simon Pegg, Jessica Stevenson, Julia Deakin, Nick Frost, Mark Heap, Katy Carmichael, Bill Bailey…

Série comique britannique.  2 saisons. 1999-2001.

spaced-pictures-8

Tim et Daisy sont deux losers complètement paumés. Décidés à se serrer les coudes pour s’en sortir, ils se font passer pour un couple honnête sous tous rapports afin de trouver un logement. Ils réussissent à convaincre Marsha Klein de leur louer un appartement dans une pension. C’est le début des ennuis…

spaced

Pour tous (ce qui est tout à fait logique et incompréhensible), le trio Edgar Wright-Simon Pegg-Nick Frost est connu uniquement pour sa trilogie Cornetto (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et The World’s End). Beaucoup ont finalement oublié ou alors ne connaissent pas la série dans laquelle ils ont débuté : Spaced. En français, son titre a été traduit par Les Allumés. La traduction n’est pas si scandaleuse que ça mais il a avoué qu’elle ne rend pas totalement justice à cette série injustement méconnue en France. Spaced n’est pas selon moi la meilleure sitcom britannique, en tout cas ce n’est pas ma préférée (je vous renvoie à des critiques de séries que j’ai publiées sur ce blog) mais ça reste tout de même une excellente série, au-dessus de ce qu’on nous propose habituellement. Si on est vraiment fan du trio et qu’on souhaite comprendre le travail effectué sur la trilogie Cornetto ainsi que sur Scott Pilgrim, il me semble que c’est indispensable de regarder cette série (et en VO of course), surtout qu’elle a l’avantage d’être courte : il n’y a que 14 épisodes (dans l’ensemble très bons) d’une vingtaine de minutes, étalés sur deux saisons. Spaced présente, sur le papier, une situation plutôt banale, c’est-à-dire qu’on suit les aventures de Tim et Daisy (deux colocataires, qui se font passer pour un couple afin d’obtenir un appartement), de leurs amis respectifs (Mike et Twist) ainsi que leurs voisins (Marsha et Brian). Jusqu’où là, rien de fabuleux : une colocation et des amis déjantés, on l’a vu un paquet de fois dans des séries. Cependant, Spaced n’est pas réellement une sitcom comme les autres. Elle ne présente pas des jeunes qui vivent confortablement en coloc, comme dans Friends ou The Big Bang Theory (attention, ce n’est pas une critique contre ces séries !).

spaced2

Au contraire, le mensonge en question (mentir pour obtenir un appartement) montre déjà un certain malaise social : Daisy est une auteure et journaliste ratée tandis que Tim, dessinateur, travaille dans une petite boutique de comics. Quant à leurs amis et voisins, ce n’est pas non plus la gloire : Mike se prend pour un militaire mais n’est pas militaire, Twist « travaille dans la mode », c’est-à-dire dans un pressing et Brian est un artiste torturé et incompris. On peut également dire que l’appartement de Tim et Daisy n’a rien de glorieux (même s’il reste correct par rapport à l’ancien squat dans lequel vivait Daisy). Mais surtout, c’est la construction du scénario en fonction de la culture geek ou populaire qui permet de rendre Spaced bien mieux qu’une énième série de potes. Effectivement, une grande partie de l’humour repose sur ces références, hommages ou parodies. Ainsi, Star Wars, Manhattan, Matrix, Pulp Fiction, TerminatorVol au-dessus d’un nid de coucou, 2001 : L’Odyssée de l’espace, Scooby-Doo, Tron ou encore The Rocky Horror Picture Show sont des références cinématographiques qui seront au coeur de ces quatorze épisodes. Il y a évidemment d’autres types de références, comme à des jeux vidéos ou plus généralement à la culture des années 1990. Et, comme on s’en était aperçu dans Scott Pilgrim et la trilogie Cornetto, qui sont dans la continuité de la série mais en version améliorée, nous ne sommes pas uniquement dans la référence simpliste, histoire d’étaler sa culture. Il y a derrière une véritable mise en scène ainsi qu’un scénario, pas forcément profond mais qui ne repose pas uniquement sur des gags qui parleraient aux geeks et autres. Ces références nourrissent réellement le récit, qui font qu’on dépasse le stade de banale sitcom.

spaced3

D’ailleurs, le fait qu’il n’y ait pas de rires enregistrés confirment la volonté de l’équipe à ne pas tomber dans la sitcom facile. Cependant, malgré un travail ambitieux pour une sitcom, Spaced ne se prend pas au sérieux et c’est pour ça que cette série est infiniment drôle et sympathique. La série repose également beaucoup sur ses personnages. A part Twist, qui est mal exploitée (pourtant, son interprète, Katy Carmichael, joue bien), je trouve les personnages tous attachants et drôles et sont tous interprétés par des acteurs très en forme. On ne doute évidemment plus du talent de Simon Pegg et Nick Frost, délirants respectivement en geek qui se sent trahi par La Menace Fantôme (comme beaucoup de fans de Star Wars) et en pseudo-militaire (ahah l’épisode dans lequel il fait du paintball est mythique !). Il ne faudrait également pas oublier Jessica Stevenson (aujourd’hui Jessica Hynes – elle a pris le nom de son mari), la co-créatrice de la série. Actrice plutôt méconnue en France (elle apparaît pourtant dans Shaun of the Dead et dans un épisode de Harry Potter), elle est pourtant excellente dans le rôle de Daisy, dans laquelle beaucoup de femmes (dont moi) pourront s’identifier. Julia Deakin (qui apparaît dans les trois épisodes de la trilogie Cornetto) est également très drôle en Marsha, la propriétaire alcoolo, qui se dispute souvent avec sa fille. Enfin, j’ai également adoré Mark Heap (vu dans The World’s End, Pour un garçon, Charlie et la chocolaterie…), hilarant dans le rôle de Brian, l’artiste qui crée à partir de quatre thèmes : la peur, la colère, la douleur et l’agression. J’ai également une petite pensée pour Colin, ce formidable chien devenu un personnage à part ! Une petite vidéo pour vous faire une idée si vous n’avez pas encore regardé Spaced ici.

spaced4

Publicités

18 réflexions au sujet de « Spaced »

  1. Je connaissais son existence, j’ai vu un extrait sur le DVD de Shaun of the dead, j’en ai vu un en cours l’autre jour (le début du premier épisode) et un ami m’a évoqué le passage de La menace fantôme ce qui nous a fait penser au viol d’Indiana dans… l’épisode qui n’existe pas! On s’est bien fendu la gueule en cours et ça m’a donné envie d’en voir plus.

    J'aime

  2. @ Borat :
    Sérieux, vous faites Spaced en cours ? Putain, j’adore vos cours ! Ahah la crise de Pegg après la Menace Fantôme, c’est mythique !
    Bah franchement si t’aimes l’humour british + Pegg/Frost/Wright, fonce !

    J'aime

  3. La prof en a parlé comme on analysait des scènes de Shaun of dead. C’est pas un super cours mais c’est la première fois que j’ai vu une prof citer du Tsui Hark et du Burton!

    J'aime

  4. @ Borat :
    QUOI VOUS ANALYSEZ DES SCENES DE SHAUN OF THE DEAD ? (je me calme, tout va bien, je me remets du choc).
    Relativise : ça reste mille fois mieux ce cours que les cours que je suis tous les mercredis fin aprem en « philo et littérature ». Sauf qu’on ne parle que de philo. Et de philosophes qui fumaient des choses illicites. Et du devenir libellule (???? oui what the fuck). Et je relis mes cours, je ne comprends strictement rien. Les 4h devant ma copie en mai vont être longues, je le sens 😮

    J'aime

  5. Oui pour le dernier cours elle voulait un truc sympa. Je préfère davantage celui sur le fantastique et l’horreur du jeudi aprem.

    J'aime

  6. @ Borat :
    Ca va, la belle vie, t’as vraiment des cours sympas (bon en général le jeudi aprèm je m’endors en cours d’analyse de discours, un des pires cours que j’ai eu, d’une banalité affligeante).

    J'aime

  7. Découvert assez récemment, un délice ! Bourré de références solides, des personnages attachants, plein de bonnes idées de réalisation… Merci d’en parler, ça mérite d’être connu !

    J'aime

  8. @ MaxLaMenace :
    C’est pour ça que je lui ai consacré un billet, cette série mérite d’être vue (surtout qu’on arrive à la trouver sur le net, le maaaal).

    J'aime

  9. @ Borat :
    Ouf tu me rassures. Cette année, je m’emmerde comme jamais, je ne sais pas si je suis blasée ou pas mais il y a des jours où cette situation me gave vraiment !

    J'aime

  10. Haha sûrement une de mes séries favorites! Ca fait des années que je saoûle mes proches avec des citations d’épisodes, ce qui, pour ceux qui n’ont pas vu la série doit effectivement être assez chiant!
    It’s not finished…..

    It’s finished

    J'aime

  11. j’adore ce trio donc j’ai adoré cette série, je ne suis pas objective.. j’ai apprécié le côté social

    J'aime

  12. @ Papillote :
    J’adorais le trio avant de découvrir cette série mais je pense tout de même juger cette série avec une certaine objectivité, donc je pense que tu es aussi objective (enfin un peu :p ) .

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s