Miele

réalisé par Valeria Golino

avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi, Libero De Rienzo…

Drame italien, français. 1h36. 2013.

sortie française : 25 septembre 2013

Miele

Irene vit seule dans une maison au bord de la mer non loin de Rome. Son père et son amant la croient étudiante. En réalité, sous le nom de code Miele, elle aide clandestinement des personnes en phase terminale à mourir dignement en leur administrant un barbiturique puissant. Un jour elle procure une de ces doses mortelles à un nouveau « client », Monsieur Grimaldi. Elle découvre cependant quʼil est en parfaite santé mais quʼil veut mettre fin à ses jours, ayant perdu goût à la vie. Bien décidée à ne pas être responsable de ce suicide, elle va tout faire pour l’en empêcher.

Miele : Photo Jasmine Trinca

Le festival de Cannes a présenté en 2013 dans la catégorie « Un certain regard » le premier long-métrage de la sympathique actrice italienne Valeria Golino. Cette dernière, qui adapte le roman Vi Perdono écrit par Angela Del Fabbro (en réalité Mauro Covacich) s’attaque à un sujet difficile, c’est-à-dire l’euthanasie, un sujet très tabou, tout particulièrement en Italie. On retrouvait d’ailleurs ce même sujet dans un autre film italien sorti cette même année, La Belle Endormie réalisé par Marco Bellocchio (la critique est prévue pour demain – au moins ça sera fait), qui reprenait en guise de trame le cas d’Eluana Englaro. Cependant, les deux films ont des points de vue assez différents, et pour être franche, j’ai largement préféré le film de l’inexpérimentée Golino à celui du réalisateur de Vincere. Pour aborder le sujet, Golina met en scène une jeune femme, qui prend le doux surnom de « Miele » pour pouvoir assurer ses services. Elle tombe dans cette pratique illégale parce qu’elle croit en ce qu’elle fait. La sincérité de l’héroïne est très touchante. Cependant, là où le film devient intéressant, c’est qu’il ne prend pas forcément un parti pris, le propos est au contraire assez nuancé et ne tente pas d’imposer un point de vue aux spectateurs. Golino n’a pas la prétention de vouloir affirmer quelque chose, elle pose simplement des questions, notamment sur notre conscience face à la mort. Ces nuances sont également apportées grâce au personnage de Carlo, qui pète la forme (contrairement aux personnes euthanasiées, qui souffrent de maladies incurables) mais qui veut juste en finir avec la vie.

Miele : Photo Carlo Cecchi, Jasmine Trinca

Golino réussit à traiter d’autres sujets plus universels (le suicide et la solitude) sans tomber dans la facilité. Il est également intéressant de noter le contraste intéressant entre la mort et le comportement de Irene/Miele qui respire la vie. Selon moi, Valeria Golino s’en sort dans l’ensemble plutôt bien en tant que réalisatrice et je suis pour qu’elle repasse derrière la caméra. On voit qu’il y a vraiment des efforts de sa part pour donner de la poésie et de la sensibilité à son film, même si on a parfois l’impression qu’elle filme certaines scènes uniquement dans un but purement esthétique. Il y a quelques maladresses mais on les pardonne assez facilement vu qu’il ne s’agit que d’un premier film et que Golino maîtrise quand même tellement bien son sujet (très casse-gueule). Il me semble aussi qu’il y a un petit problème avec la musique : bien que je partage apparemment les mêmes goûts musicaux de cette chère Valeria, je trouve qu’elle en abuse parfois un peu. Il est vrai que la musique a son importance dans le long-métrage puisque c’est grâce à elle que Miele va pouvoir s’enfermer dans une bulle pour mieux affronter la réalité. Cependant, j’avais vraiment parfois l’impression que l’actrice/réalisatrice mettait les morceaux de sa playlist idéale ! Dans l’ensemble, Miele est une jolie petite réussite, assez maîtrisée, qui a le mérite de poser les bonnes questions sans être prétentieux. Le sujet est traité avec délicatesse, et Valeria Golino évite les scènes larmoyantes. Jasmine Trinca, dans le rôle-titre, ainsi que son partenaire Carlo Cecchi, sont impeccables.

Miele : Photo Jasmine Trinca

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6 réflexions au sujet de « Miele »

  1. Miele, entreprise familiale allemande fabricant des appareils électroménagers et professionnels haut de gamme, firme basée à Gütersloh.
    Le sujet & le casting ne donnent pas envie 😦

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  2. @ Ronnie :
    Aahahahaha ! 😀 😀 😀 J’aurais plus pensé à une entreprise qui fabrique du miel, mais pourquoi pas !
    Bon, vu que tu as des goûts très particuliers, je ne peux pas te dire si tu vas aimer ce film mais contrairement aux apparences, ce film est pour moi bon 🙂

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  3. @ Sentinelle :
    Il faut dire qu’il n’est pas resté longtemps dans les salles, hélas c’est pas le genre de films qui attirent le public. C’est dommage, surtout vu les nombreux débats qu’il y a autour.

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