Tokyo Fiancée

réalisé par Stefan Liberski

avec Pauline Etienne, Taichi Inoue, Julie Le Breton, Alice de Lencquesaing…

Comédie, romance belge, française, canadienne. 1h40. 2014.

sortie française : 4 mars 2015

Tokyo Fiancée

La tête pleine de rêves, Amélie, 20 ans, revient dans le Japon de son enfance. Elle propose des cours particuliers de français et rencontre Rinri, son premier et unique élève, un jeune Japonais qui devient bientôt son amant. A travers les surprises, bonheurs et déboires de ce choc culturel drôle et poétique, nous découvrons une Amélie toute en spontanéité et tendresse, qui allie la grâce d’un ikebana à l’espièglerie d’un personnage de manga.

Tokyo Fiancée : Photo Pauline Etienne, Taichi Inoue

Comme beaucoup, j’aime énormément les romans de la prolifique et l’adorable Amélie Nothomb (je ne me suis pas encore remise de ma rencontre en novembre dernier – je me calme). On a beau la critiquer mais pour moi, tous ses livres sont pratiquement tous bons. Ni d’Eve ni d’Adam fait pour moi partie de ses meilleurs romans. Hélas, les quelques adaptations cinématographiques de ses oeuvres n’étaient pas du tout à la hauteur. Je n’ai pas vu Hygiène de l’assassin de François Ruggieri (avec Jean Yanne et Barbara Schultz) mais toutes les critiques que j’ai lues jusqu’à présent sont mauvaises. Nothomb a dit récemment qu’elle a été consternée face à cette (apparemment) mauvaise adaptation et qu’elle est même sortie de la salle en pleurant ! Par contre, l’écrivaine belge a aimé l’adaptation de Stupeur et tremblements d’Alain Corneau. Pour ma part, j’avais trouvé ce film correct, l’interprétation de Sylvie Testud vraiment brillante, mais selon moi c’était trop littéraire, un peu plat, ça manquait de piquant. Bref, tout ça pour vous dire que j’étais évidemment curieuse de découvrir cette adaptation de Ni d’Eve ni d’Adam, intitulée donc Tokyo Fiancée même si je redoutais forcément le résultat. J’avais besoin d’en avoir le coeur net et c’est pour cela que je suis allée voir ce film en avant-première la semaine dernière en présence du sympathique réalisateur Stefan Liberski (apparemment plutôt connu en Belgique). C’est pour cela que vous avez droit à cette critique aujourd’hui aussi tôt. Finalement, faire une bonne adaptation des romans de Nothomb semble possible ! Tokyo Fiancée présente avec beaucoup de délicatesse Amélie, cette jeune fille en train de se transformer en femme grâce à sa rencontre avec son élève et amant Rinri et ses retrouvailles au Japon, le pays dans lequel elle a vécu enfant. En retournant au pays du Soleil Levant, elle pense retrouver ses racines : elle est selon elle sans aucun doute Japonaise.

Tokyo Fiancée : Photo Pauline Etienne, Taichi Inoue

Pourtant le choc des cultures a bien lieu et mettra réellement en péril ses idéaux et surtout sa relation avec Rinri. Cette romance est touchante car on sent réellement l’attachement d’Amélie envers ce jeune homme qui lui fait découvrir un Japon qu’elle ne connaît pas tant que ça mais elle ne peut que s’achever à cause du caractère d’Amélie, qui ne correspond pas à la mentalité japonaise. Les scènes oniriques (très réussies esthétiquement) montrent d’ailleurs toutes les angoisses et les désillusions de la jeune femme. Tokyo Fiancée dégage quelque chose de mélancolique, pourtant il n’est jamais déprimant. Au contraire, même si on sait comment l’histoire va se terminer, le film est plutôt léger, poétique et est même drôle. On peut également ajouté qu’il n’est pas plombé par la voix off qui aurait être très lourde. Stefan Liberski n’est pas toujours resté fidèle au texte de Nothomb (notamment en ce qui concerne la fin) mais peu importe, il a su garder l’esprit du roman, tout en y mettant sa propre vision de sa lecture. Le réalisateur parvient à montrer un Tokyo barré comme on peut l’imaginer mais il ne s’agit pas non plus d’une banale carte postale. De plus, les fidèles lecteurs de Nothomb seront évidemment ravis de retrouver des références à ses autres romans (surtout Stupeur et tremblements), cependant les non-connaisseurs ne seront jamais perdus par ces quelques clins d’oeil. J’ai également aimé la bande-originale signée par Casimir Liberski (le fils du réalisateur). Enfin, le casting est très bon. La pétillante Pauline Etienne est excellente, sorte de double d’Amélie Nothomb mais sans non plus la copier bêtement et caricaturalement. Son partenaire, Taichi Inoue, s’en sort également bien, d’autant plus qu’en dehors du film il ne parle pas du tout français.

Tokyo Fiancée : Photo Pauline Etienne, Taichi Inoue

Publicités

16 réflexions au sujet de « Tokyo Fiancée »

  1. Je l’ai repéré mais suis frileuse sur ce genre de film… Pourtant, j’ai beaucoup aimé Stupeur et tremblement ^^ Je le note 🙂

    J'aime

  2. Je ne lis pas de littérature contemporaine… sauf Amélie de temps en temps. Il faudrait que je les achète tous, ça ferait top dans ma bibliothèque, l’exception parmi toutes mes vieilleries ! J’adore le personnage, en plus. J’ai beaucoup aimé Stupeur et tremblements, le film. Je suis donc très attirée par cette Tokyo Fiancée. Et franchement, tu me donne envie de me remettre sérieusement dans les livres d’Amélie.

    J'aime

  3. @ Chonchon :
    Moi aussi il m’en manque un paquet dans ma bibliothèque (j’en ai découvert pas mal par ebooks). Il s’agit pour moi d’une des meilleures auteures de sa génération, chaque nouveau roman est pour moi un événement (et j’espère la revoir au Salon de Paris 😀 ).
    Lesquels t’as pas encore lu ?

    J'aime

  4. @ Vince :
    Il n’est sorti qu’ajourd’hui 🙂
    Je ne suis pas non plus fan du genre mais l’ensemble est sympa, c’est pas non plus gnangnan (puisque… voilà *peut-être auras-tu compris la fin*) et c’est intéressant quand on s’intéresse à la culture japonaise.

    J'aime

  5. Non, j’ai toujours du mal à lire un livre après avoir lu le film. Ca m’a fait pareil pour we need to talk about Kevin. Cela dit, on m’a récemment conseillé le roman la route. Le film est super mais j’ai bien envie de tester le livre. Tu l’a lu ?

    J'aime

  6. @ Yuko :
    Je n’ai pas lu La Route (mais on me l’a fortement conseillé) en revanche j’ai bien aimé le film.
    Raaaaah pourtant j’ai lu We need to… après avoir vu le film, et honnêtement j’adore les deux !

    J'aime

  7. Pour répondre à ta question plus haut sur Amélie… je n’en ai lu qu’un, et je ne me souviens plus du titre. Je t’explique : on est en train de refaire le carrelage, donc tous les meubles sont en vrac poussés dans une autre pièces, avec les livres au milieu. Donc impossible d’aller voir. Je crois bien que c’est Hygiène de l’assassin. Mais, faut que je les lise tous. Dès que ma biblio est enfin en ordre, justement, je voulais me faire une liste des mes auteurs préférés et de tous leurs livres que je n’ai pas lus.

    J'aime

  8. @ Chonchon :
    Ahhh Hygiène de l’assassin est fabuleux, un coup de maître (n’ayons pas peur d’utiliser de grands mots), le meilleur de Nothomb mais la plupart de ses livres sont très bons. Le seul qui est selon moi en dessous est Acide Sulfurique (même s’il reste potable).

    J'aime

  9. Bonjour et bonne chance à ton nouveau blog ! Visiblement tu n’es pas la seule à être lassée par overblog. Pour ce film je suis assez d’accord avec ta critique, à l’exception de la voix-off que j’ai trouvé trop pesante. Pauline Etienne est véritablement merveilleuse, crédible et bout en bout et fait penser à l’auteure tout en restant elle même. Bonne journée et encore une fois … good luck !
    PS. Ta bannière est très réussie.

    J'aime

  10. Sympathique critique de ton côté. Il faudrait que je me remate « Stupeur » histoire de voir les deux facettes du Japon vu par Nothomb. Je suis pas trop fan de ses bouquins, alors je préfère passer par la case ciné…

    J'aime

  11. @ Alain :
    Merci beaucoup pour tous tes compliments !
    Je comprends ce que tu veux dire pour la voix off. Après suis-je objective vu que je retrouve le texte de Nothomb ? Cependant, il me semble qu’elle n’est pas autant envahissante qu’elle aurait pu l’être.

    J'aime

  12. @ Kapalsky :
    Même si c’est très accessible, je reconnais l’univers de Nothomb particulier, assez unique.
    Dans Stupeur… la vision du Japon est assez froide, plus que dans celui-ci.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s