Apocalypse Now

réalisé par Francis Ford Coppola

avec Martin Sheen, Marlon Brando, Robert Duvall, Laurence Fishburne, Dennis Hopper, Frederic Forrest, Sam Bottoms, Albert Hall, Harrison Ford, Scott Glenn…

Film de guerre américain. 2h21 / 3h14 (Redux). 1979.

sortie française : 26 septembre 1979

Apocalypse Now

Cloîtré dans une chambre d’hôtel de Saïgon, le jeune capitaine Willard, mal rasé et imbibé d’alcool, est sorti de sa prostration par une convocation de l’état-major américain. Le général Corman lui confie une mission qui doit rester secrète : éliminer le colonel Kurtz, un militaire aux méthodes quelque peu expéditives et qui sévit au-delà de la frontière cambodgienne.

Apocalypse Now : Photo

Apocalypse Now, Palme d’or au festival de Cannes en 1979, (ex-aequo avec Le Tambour) a longtemps fait partie de ces chefs-d’oeuvre que je n’avais pas encore vu (ce qui est assez honteux quand on est cinéphile). Je n’ai pas vu toute la filmo de Francis Ford Coppola mais dans l’ensemble j’aime beaucoup ce réalisateur. Cependant j’ai longtemps bloqué sur Apocalypse Now (connu également pour son tournage chaotique). Je n’ai rien contre les films de guerre, pourtant ce n’est pas le genre de films qui m’attire spécialement, il faut un peu me forcer pour que je puisse m’y intéresser. La longueur reste aussi pour moi un obstacle : j’ai du mal à regarder des films en plusieurs fois et regarder un long film demande aussi une certaine forme d’énergie. Puis, entre-temps, j’ai lu le court roman qui a inspiré ce film, pour rappel Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad. Je pensais qu’il me pousserait à découvrir son adaptation cinématographique, mais au contraire j’ai encore moins envie de le voir. Je ne déteste pas le livre mais j’ai du mal à entrer dans l’histoire. Pourtant je n’ai rien contre Conrad (je vous conseille au passage les méconnues nouvelles Amy Foster et Un avant-poste du progrès). Bref, finalement, un de ces jours, sans raison particulière, je me suis dit « Bordel, Tina, ça serait bien que tu regardes Apocalypse Now« . Bref, et juste après j’ai relu le livre de Conrad, puis je l’ai encore relu (en même temps, là je suis un peu obligée pour le boulot) et je me dis « hum il est bien quand même ». Bref, voici un long paragraphe proche de 36 15 ma life pour vous dire à quel point j’ai été conne bête d’être passée à côté d’un tel monument du cinéma et à quel point je fais des efforts pour être à la hauteur (non, je ne vous chanterai pas la chanson de la comédie musicale Le Roi Soleil). Je précise que j’ai vu directement la version Redux : bah ouais, comme j’ai mis une plombe à regarder ce film, j’ai mis le paquet (en fait, j’ai juste piqué le dvd qu’avait mon père, je ne me suis pas trop embêtée). Je me suis tout de même renseignée sur les différences entre les deux versions.

brando

Je ne vais pas vous mentir : cette version Redux est quand même un peu longue et il faudrait un de ces jours que je regarde la première version (histoire de ne pas mourir bête). Mais bon, je ne vais pas non plus me plaindre puisque je ne me suis pas du tout ennuyée, je faisais simplement un constat. Au contraire, Apocalypse Now m’a même scotchée. Le résultat est exceptionnel : la mise en scène est absolument époustouflante, les décors grandioses, la photographie sublime, les choix musicaux fantastiques . Toute cette démesure est cohérente pour dénoncer une guerre absurde et pour montrer la noirceur de l’être humain. Puis, le travail d’adaptation est vraiment judicieux. En effet, le film est très éloigné du bouquin : l’histoire est beaucoup plus développée dans le film (il n’y a qu’à voir la longueur) ou encore le contexte historique et géographique est différent. Pourtant Coppola a pour moi parfaitement compris l’esprit du texte de Conrad. Grâce à une atmosphère envoûtante, voire même onirique, le réalisateur a su retranscrire ce voyage intérieur de plus en plus infernal et cauchemardesque, mis en parallèle avec la remontée fluviale au coeur de la jungle. Coppola ne nous propose pas un grand nombre de scènes de bataille (en tout cas, pas autant que je l’imaginais), ce qui peut surprendre dans un film de guerre. Pourtant, c’est en se concentrant sur la psychologie des personnages que le réalisateur réussit à dénoncer les désastres de la guerre du Vietnam ainsi que la folie et la barbarie humaine. Enfin, le film est servi par un casting brillant. Tout d’abord, j’ai énormément aimé Martin Sheen. Son interprétation peut paraître sobre et pourtant Sheen parvient à montrer la complexité même de son personnage, assez difficile à cerner et qui est constamment dans un monologue intérieur. On se souvient évidemment tous de l’hallucinante performance du monstrueux Marlon Brando, qui n’apparaît pourtant qu’à la fin du film et qui est pourtant inoubliable. Robert Duvall en colonel fou fan de surf et de napalm ou encore Dennis Hopper en photo-journaliste frappé sont également excellents.

Apocalypse Now : Photo Dennis Hopper, Francis Ford Coppola

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36 réflexions au sujet de « Apocalypse Now »

  1. Je m’associe aux p’tits camardes plus haut. Je crois même qu’on peut dire que le film reste « scotchant » à notre époque – il faut dire que j’ai eu la chance de le voir au cinéma.

    « Apocalypse now » défie les superlatifs. Il fallait bien du courage aux équipes pour réaliser cette incroyable fresque, les difficultés techniques s’ajoutant au regard politique qu’on devait porter alors sur ce genre de cinéma. Je me méfie du mot « génie », mais Coppola le mérite sûrement. Une chose (parmi beaucoup d’autres) qui m’a marqué: plus ça va, plus l’ennemi est invisible. Plus ça va, moins il est dangereux. Je me souviens notamment de la scène où l’armée semble bloquée par un simple sniper. On s’acharne sur un seul homme et on n’avance plus. Pathétique.

    La descente du fleuve est bien évidemment une descente aux enfers. Personne ne revient indemne de pareille expérience. Et cette musique des Doors, nom de nom ! Un grand film ! D’après moi, c’est bien plus qu’un film de guerre !

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  2. Film qui a failli tuer Martin Sheen, arrêter la carrière de Laurence Fishburne (il était mineur à l’époque et avait menti sur son âge, pouvant donner lieu à des emmerdes supplémentaires pour Coppola), ruiner Coppola (pas grave ce sera sur le film suivant) et finalement chef d’oeuvre du cinéma complet. Une plongée volcanique dans la fureur de la Guerre du Vietnam où les âmes se perdent jusqu’au point de non-retour. L’horreur.

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  3. @ Martin :
    C’est ce que je disais à Bernie, le film n’a pas vieilli, je pense qu’il marque aussi les gens qui n’ont pas connu cette époque. Et je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il s’agit plus d’un film de guerre, et je crois aussi pour ça que j’ai autant aimé ce film.
    N’ayons pas peur des mots : Coppola est un génie (ça me tuera toujours les gens qui préfèrent sa fille, enfin…).

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  4. @ Borat :
    J’aimerais bien le voir, ça m’arrangerait même. Mais pour l’instant je le trouve (si quelqu’un le trouve, je ne suis pas contre qu’on me passe le lien).

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  5. Pareil, la notoriété et le genre m’éloignaient constamment de ce film et pourtant !
    Une chose significative. Quand on connait une scène mythique la revoir dans son contexte est toujours décevante et là rien de tout ça. C’est sublime, la photo me laisse encore un souvenir d’extase. La tension sur la déliquescence des mentalités. Et surtout cette atmosphère poisseuse presque palpable.

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  6. @ Borat :
    Humm… Me sens pas d’acheter le coffret alors que j’ai déjà le dvd… (même si sur le papier, c’est quand même vachement intéressant et puis officiellement c’est pas mon dvd mais bon je vis quand même avec mes parents).

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  7. Il faut absolument que je le revoie, celui-là, j’ai complètement oublié. Je le confonds toujours avec Voyage au bout de l’enfer, que j’ai moyennement aimé.

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  8. Mieux vaut tard que jamais. J’ai moi-même longtemps patienté avant de chevaucher les valkyries avec le colonel Kilgore. Je l’ai vu comme toi dans sa version redux l’année de sa présentation à Cannes. J’ai donc pu le voir au ciné, sur grand écran et là… c’est la claque. Plus qu’un film de guerre, plus qu’une transposition de Conrad, c’est une oeuvre habitée, hantée par un Coppola plus très sain d’esprit d’ailleurs, dont la personnalité était devenue un mix entre l’ogre Kurtz et le journaliste dingo confié à Hopper. Depuis, j’adore l’odeur du napalm le matin.

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  9. Un monument du septième art ! C’est au final plus qu’un film de guerre. Oui le film reste marquant encore aujourd’hui. Difficile pour moi de dire qu’elle est la meilleure version entre l’originale et la redux honnêtement.
    En tout cas content que tu aies apprécié ce film culte et inoubliable effectivement essentiel

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  10. @ Chonchon :
    Oh pourtant je trouve ce film inoubliable ! Tu devrais effectivement le revoir (en tout cas je serais ravie de lire ta chronique dessus). Par contre toujours pas vu Voyage au bout de l’enfer, je vais me débrouiller pour le regarder un de ces jours 😉

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  11. @ Princécranoir :
    Raaaah la chance que tu as eu de le voir au cinoche, ça doit claquer !
    Bon, je me sens rassurée, je ne suis pas la seule à l’avoir découvert tard (et être à la ramasse).

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  12. à Tina: Mais non ta phrase n’est pas conne 😉
    Entre Salò et celui ci. Il te manque désormais Il était une fois en Amérique et Dans l’Ouest, Chantons sous la pluie et M le Maudit qui étaient sur ta liste des films à voir

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  13. @ Vince :
    Ohhh et il m’en manque encore plein d’autres. Je ne sais même pas si je dois continuer à respecter cette liste, j’ai l’impression que j’y arriverai jamais.

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  14. @tina: bon, j’arrive un peu tard mais heureux que tu aies vu ce monument du 7ème art. Je ne suis pas fan des films de guerre mais là, il faut s’incliner. Si, comme le dit vince, tu as sur ta liste les trois films qu’il cite, fonce, ce sont d’énormes chefs d’oeuvre.

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  15. @ Vince :
    Pourtant c’est motivant quand même, il y a une certaine fierté de barrer les films de la liste mais j’ai l’impression que je la terminerai à ma mort. J’ai l’impression d’être dans My Name is Earl par moments !

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  16. @ Inthemoodforgore :
    De tête il me reste 80 films à regarder. Oui j’avais mis qu’une petite partie de la liste (car c’est long à exposer) mais j’arrive à les dégoter, je me débrouille.

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  17. Ça faisait au moins 6-7 ans que j’ai acheté le coffret Tex Avery je n’ai que les 2 premiers dvd durant les vacances de noël!

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  18. Tout simplement un chef-d’œuvre, et la version redux amène encore plus d’épaisseur au film et à certaines scènes qui paraissaient secondaires au départ.

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  19. @ Roggy :
    Je ne peux pas encore comparer entre les deux versions vu que j’ai vu la Redux. Je sais que cette version Redux partage pas mal les spectateurs mais je me dis que si elle existe, ce n’est certainement pas pour rien. 🙂

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