Top of the Lake (saison 1)

Créée par Jane Campion et Gerard Lee

avec Elisabeth Moss, Peter Mullan, David Wenham, Thomas M. Wright, Holly Hunter, Jacqueline Joe, Robyn Nevin, Lucy Lawless…

Série dramatique néo-zélandaise,australienne, américaine, britannique. 2013. 

Tui, une jeune fille âgée de 12 ans et enceinte de 5 mois, disparaît après avoir été retrouvée dans les eaux gelées d’un lac du coin. Chargée de l’enquête, la détective Robin Griffin se heurte très rapidement à Matt Mitcham, le père de la jeune disparue qui se trouve être aussi un baron de la drogue mais aussi à G.J., une gourou agissant dans un camp pour femmes. Très délicate, l’affaire finit par avoir des incidences personnelles sur Robin Griffin, testant sans cesse ses limites et ses émotions…

Photo David Wenham, Elisabeth Moss

Steven Spielberg, Martin Scorsese, David Fincher… Depuis quelques années, les grands noms du cinéma s’essaient aux séries télévisées. La réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, unique femme à avoir remporté la Palme d’or (pour La leçon de piano), a rejoint cette liste qui s’agrandit petit à petit pour co-créer sa propre série, avec un certain Gerard Lee (scénariste de Sweetie, premier long-métrage de Campion). La presse et même les spectateurs semblent avoir adoré cette série. Sans être une fan absolue de Campion (j’ai bien aimé Un ange à ma table mais je n’ai pas trop aimé La leçon de piano, ni Holy Smoke), j’étais tout de même curieuse de voir ce que cela pouvait donner, surtout que cette saison est courte (six épisodes sur Arte, sept sur Sundance Channel), ce qui est un avantage pour découvrir en peu de temps une série. Hélas, pour moi Top of the Lake est une très mauvaise série, et finalement c’est peut-être une des pires que j’ai pu voir. Je ne comprends pas absolument pas cet enthousiasme général, j’ai l’impression de ne pas avoir regardé la même chose. Je ne vise personne, bien sûr que vous avez le droit d’aimer Top of the Lake, mais j’ai quand même ce sentiment de voir cette série encensée uniquement parce que c’est Jane Campion qui en est à l’origine. Mon jugement peut paraître sévère mais j’estime que le but premier d’une série est de donner envie aux spectateurs de regarder chaque épisode. Or, Campion se plante en beauté en passant à côté de cet objectif indispensable. J’ai même failli arrêter de regarder cette saison afin la fin. En réalité, ce n’est pas Top of the Lake mais plutôt Au top de l’ennui.

Photo Elisabeth Moss, Jacqueline Joe

Les paysages sont évidemment magnifiques mais si je veux voir de belles images, je regarde National Geographic. C’est déjà difficile pour un film de tenir entièrement sur du contemplatif mais pour une série, cela me semble carrément impossible. Il y a un moment où il faut un scénario. Une série comme Twin Peaks (je cite celle-là car on sent l’influence de Lynch) joue beaucoup sur l’atmosphère et les lieux mais Lynch nous une histoire très complexe et on a envie d’en savoir plus à la fin de chaque épisode. J’hésite alors entre deux options: soit les images sont juste là pour dissimuler une histoire qui n’a strictement rien à dire, soit Campion et Lee sont tellement obsédés par leurs foutues belles images (oui, c’est joli la Nouvelle-Zélande) et une soi-disant ambiance bizarroïde (car j’ai envie de dire quelle ambiance ? Baiser dans une forêt – qu’est-ce que c’est prévisible – j’appelle pas ça de l’ambiance) qu’ils laissent totalement de côté le scénario à mon plus grand regret. Et oui, de beaux paysages, des personnages tordus et consanguins et trois scènes de cul à la noix ne font pas forcément une bonne série. En réalité, je ne comprends même pas l’intérêt des six/sept épisodes. Un film aurait largement suffi ! Sérieusement, était-ce vraiment nécessaire d’avoir tous ces épisodes pour nous dire que c’est mal de violer, surtout des enfants ? L’histoire aurait pu être intéressante (surtout que j’apprécie les histoires individuelles qui se mélangent à une histoire collective) mais elle devient rapidement une perte de temps et on le comprend dès le premier épisode. Or, le peu de scénario présent (visiblement quelques lignes paresseuses) est raté. Les quelques rebondissements ne fonctionnent pas car ils sont prévisibles à trois mille kilomètres (mais on est censé être sur le cul, mon oeil…). De plus, je comprends bien que la série ne tourne pas autour de Tui, cette enfant disparue, mais le scénario la délaisse tellement au profit de l’histoire personnelle de Robin qu’on finit par se foutre royalement de son sort ! Campion tente de se justifier en disant qu’il s’agit d’une série féministe. Elle a une vision du monde très limitée voire même douteuse. En gros, les femmes sont toutes complètement fêlées et dépressives (elles te dégoûtent à elles seules du féminisme), sous prétexte qu’elles sont fragiles (à cause de la vie, des hommes et tout ça) et les hommes ne sont évidemment que des brutes, des violeurs, des pédophiles, des lâches et j’en passe.

Photo Peter Mullan

A l’image de la vision de Campion sur les hommes et les femmes (elle devrait sérieusement réécouter le discours d’Emma Watson pour la campagne HeForShe – ça, c’est du féminisme), ce maigre scénario continue à accumuler des éléments très lourdingues. A force de vouloir créer une communauté étrange et inquiétante, Campion et Lee nous fatiguent sérieusement. Je n’ai rien contre des personnages tordus mais il y en a tellement au bout d’un moment qu’on ne croit même plus à l’univers qu’on nous propose. Surtout, ils n’ont aucune nuance. De plus, les dialogues sont également très mal écrits. J’ai l’impression de voir certains de mes amis sur Facebook qui lâchent des pseudos phrases philosophiques à deux heures du matin ! Enfin, je n’ai même pas pu me raccrocher au casting. Peter Mullan est pour moi au-dessus mais il m’a tout de même déçu. Pourtant, je précise que j’adoooooore ce gars mais je ne l’ai pas trouvé ici très inspiré. Il faut qu’il n’est pas servi par son personnage caricatural. Le reste de la distribution est par contre réellement décevante, à commencer par Elisabeth Moss (Robin Griffin), qui est autant expressive qu’une huître. Je veux bien croire qu’elle joue les jeunes femmes brisées et que son personnage intériorise ses sentiments mais elle ne transmet aucune émotion, même quand elle raconte les pires horreurs vécues durant son adolescence. De plus, je n’ai pas cru une seule seconde qu’elle puisse jouer le rôle d’une flic, Moss manque de charisme et de présence pour jouer un tel rôle (par contre, pour jouer les ados attardées, elle serait parfaite). Je n’ai pas non été plus convaincue que ça par les interprétations de David Wenham (trop plat alors que son rôle est très ambigu) et de Thomas M. Wright (j’avais envie de le frapper à chacune de ses apparitions). Mais la pire reste pour moi Holly Hunter. Pourtant, j’aime bien cette actrice mais là elle est lamentable. Dire qu’elle est caricaturale en gourou (sorte de clone de Jane Campion) serait un euphémisme. Comme vous l’aurez compris, je ne compte pas regarder la saison 2 (annoncée il y a quelques jours).

Photo Jacqueline Joe

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26 réflexions au sujet de « Top of the Lake (saison 1) »

  1. J’admet que pour une fois, j’en arrive à la revoir, alors qu’elle m’était complètement sortie de ma tête de sériephile. Une petite preuve à l’appuie donc, de ta critique un peu sévère, mais en fin de compte juste

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  2. C’est cool que tu aies fait un article sur la série. Malheureusement, je partage plutôt ton avis sur cette série et ne regarderai donc pas la saison 2,,,Le seul truc positif pour cette saison 1 c’est l’ambiance qui se dégage des épisodes. c’est pour moi la seule chose réussie ^^

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  3. Rien à ajouter de plus… j’ai autant détesté que toi. Même Peter Mullan n’est pas bon, alors qu’il peut être absolument extraordinaire, comme dans My Name Is Joe de Ken Loach ou Tyrannosaur de Paddy Considine. Franchement, je ne sauve rien.

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  4. Ah franchement tu es quand même bien sévère et pourtant j’avais pas adoré la série à 100%… je suis loin d’etre fan d’oeuvres contemplatives ( c’est mon coté urbain à 100 % je m’ennuie toujours au bout d’un moment où il y a trop de belles scènes d’océan ou de fleurs, même chez Malick) mais là je ne trouve pas que la série le soit totalement loin de là…il y a quand meme un scénario et une enquete que Campion tient jusqu’au bout je trouve…et d’ailleurs c’était plutot la résolution de son intrigue un peu trop convenue et chargée qui m’avait décu… j’avais aussi quelques réserves sur le personnage de Holly Hunter qui servait pas à grand chose, mais sinon je trouvais celui de la flic vraiment bon et à part… bon j’avoue j’aime énormément la lecon de piano une de mes palmes d’or préférées ( pour le coup un ange à ma table m’avait bien ennuyé :o) mais je ne suis pas fou de la cinéaste et la série ne méritait sans doute pas autant d’engouement mais quand meme pas un tel taillage de pièce surtout quand on la compare à la production habituelle des séries policières qui me rend assez vite fou :o) bonne journée à toi

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  5. @ Sentinelle :
    Friiiiiiend poulette 😮
    Sérieux, pour que je trouve Mullan pas bon, c’est que quelque chose cloche 😮 (j’adore aussi ses films en tant que réalisateur)

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  6. @ Filou :
    Franchement j’ai trouvé le scénario peu existant et le peu présent n’est franchement pas convaincant. Je trouve l’enquête très bof, tout est prévisible à des plombes (dès le premier épisode pour être honnête). Le personnage de Hunter est juste là à balancer quelques répliques bien nazes. J’aurais voulu aimer cette série, mais trop chiant, et le vrai tort de Campion est de vouloir étirer les épisodes…
    Hum je sens que tu vas hurler en lisant ma critique de La leçon de piano, prévue pour ce mois… (ça me fait chier car c’est la Palme d’or 93, année de ma naissance 😮 ).

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  7. @ Vince :
    La dernière est jolie. Mais ne te fie pas à cette apparence, n’écoute pas les auuuutres, cette série est chiante comme la mort, tu comprends la Mort comme un grand M (*Tina un peu fatiguée mais toujours au taquet*).

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  8. Le seul nom d’Elisabeth Moss, que je trouve aussi sexy qu’un poisson pané, m’avait dissuadé de regarder cette série, malgré le nom de Jane Campion (j’avais adoré La leçon et Holy smoke).
    Ton indignation dans ton billet était vraiment… mortelle ! Lol ! Merci de m’avoir éviter une série pourrie 😀

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  9. J’avais lu et entendu de bons avis sur cette série, mais ta chronique me fait revoir mon jugement. Je pensais la mater dans quelques temps, mais je vais peut-être rebrousser chemin 🙂

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  10. Ahaha! J’avoue, même si j’ai plutôt vraiment aimé la série, ta critique touche des points sensibles que je trouve assez justes. C’est vrai que le scénario est quand même hyper prévisible, et surtout les twist qui sont complètement ratés.
    Mais je me suis vraiment laissée emportée. D’abord parce que sérieusement, mais plastiquement, c’est très beau (et c’est pas que la Nouvelle Zélande, même les scène d’intérieur font preuve d’une photographie impeccable et d’un sens du cadre indéniable).
    Ensuite, j’aime plutôt bien les personnages, et notamment celui interprété par Holly Hunter JUSTEMENT parce qu’elle est pleine de bullshit! Je ne pense pas qu’elle soit véritablement montrée comme une sage. Au contraire, c’est un gourou avant tout attirée par le blé.
    Après, c’est vrai que les curseurs des personnages sont poussés à fond. Les méchants sont très méchants, les gentils sont très gentils, tout le monde est complètement taré et le seul personnage qui ne l’est pas (Holly Hunter, donc) est une ordure. Mais en même temps, si on revoit Twin Peaks (ce que je fais régulièrement, parce que je suis un peu fan de la série), c’est quand même pareil.
    Mais surtout, j’ai trouvé que les acteurs étaient assez bons, et surtout Elisabeth Moss que je trouve moi super charismatique (sérieux, je suis à la limite du girl crush), et puis évidemment Peter Mullan qui a quand même réussi, je ne sais trop comment, à m’émouvoir.

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  11. @ Girlie Cinephilie :
    Je suis – un peu – rassurée si tu es d’accord avec certains points. Après j’admets que je ne suis peut-être jamais entrée dans l’atmosphère de la série c’est dommage que j’ai trouvé ça si chiant. Je ne serai pas là pour la saison 2, ça c’est sûr !
    Dans Twin Peaks, je trouve la figure des personnages plus assumée parce qu’elle parodie en partie les soaps. Là honnêtement je ne suis pas sûre qu’il y ait cette véritable prise de position de la part de Campion.
    J’ai détesté Moss dans cette série. En revanche, je découvre Mad Men et là quelle excellente surprise, rien à voir pour moi !

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