Salo ou les 120 journées de Sodome

réalisé par Pier Paolo Pasolini

avec Paolo Bonacelli, Giorgio Cataldi, Umberto P. Quintavalle, Aldo Valletti, Hélène Surgère…

Drame italien. 1h57. 1975.

sortie française : 19 mai 1976

interdit aux moins de 16 ans

Salo ou les 120 journées de Sodome

En 1943, dans la république fasciste fantoche de Salò, quatre riches notables enlèvent neuf jeunes garçons et neuf jeunes filles de la région pour les emprisonner dans un somptueux palais. Dans ce décor luxueux, les adolescents seront soumis aux plaisirs de leurs geôliers, à leur jouissance sadique de pouvoir exercer une domination totale sur ces jeunes corps, de décider de leurs souffrances, de leur survie ou de leur mort…

Salo ou les 120 journées de Sodome : Photo

Salo ou les 120 Journées de Sodome est le dernier film de Pier Paolo Pasolini, assassiné quelques mois avant sa sortie (malgré la condamnation d’un certain Giuseppe Pelosi, les circonstances de sa mort restent encore floues). Il s’agit d’une livre adaptation des Cent Vingt Journées de Sodome du marquis de Sade, dont l’action se déroulait à la fin du règne de Louis XIV. Pasolini a transporté son récit dans l’Italie fasciste de 1943. Salo ou les 120 Journées de Sodome est réputé par sa violence extrême. Mais qu’est-ce qui m’a pris de regarder un film susceptible de me choquer ? Olivier me parle de ce film depuis plusieurs années et je lui ai toujours promis de le regarder. Le film de Pasolini est découpé en quatre parties, et plus précisément en cercles : « Antiferno » (« Le vestibule de l’enfer »), « Girone delle manie » (« Cercle des passions »), « Girone della merda » (« Cercle de la merde ») et « Girone del sangue » (« Cercle du sang »). Rien que les titres nous font comprendre que les victimes (et aussi les spectateurs) ne vont pas pouvoir s’en tirer face à cette violence qui s’amplifie au fil des chapitres. Je n’ai pas forcément l’habitude de voir des films ultra-violents (en même temps, je suis un peu une chochotte), c’est difficile de dire si Salo est le film le plus violent de l’histoire du cinéma mais en tout cas c’est ce que j’ai vu de plus choquant jusqu’à présent. Pourtant, à part les dernières minutes du film qui sont vraiment insupportables (mais grâce à la magie des spoilers, j’ai réussi à zapper juste avant un acte choquant – désolée je ne supporte rien qui touche aux yeux, c’est presque une phobie), visuellement – j’insiste bien sur le terme – je m’attendais à bien pire. Disons que j’ai réussi à regarder pratiquement le film en entier : c’est un miracle.

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On ne va pas se mentir : le film reste éprouvant à regarder. Mais Pasolini prend tout de même certaines précautions. Pour être franche, je m’attendais à un film plus cru en ce qui concerne les scènes de sexe. Or, malgré le contenu assez dégueulasse – disons les choses telles qu’elles sont – la mise en scène est paradoxalement élégante. Je connais mal l’oeuvre de Pasolini – avant Salo, je n’avais vu que Mamma Roma – pourtant rien que cette forme de suggestion confirme à quel point Pasolini était un cinéaste brillant et surtout j’ai senti qu’il n’était pas détraqué, ni malsain, il a su poser une certaine limite à ce film qui pourtant va tout de même loin dans l’horreur. En réalité, même si le film ne nous montre pas forcément les horreurs en gros plans, c’est le contexte qui est choquant. Voir des bourreaux tarés et sans humanité, des victimes qui sont de plus en plus animalisées, qui sont violées sans cesse et qui sont condamnées à mourir, c’est ça qui choque. Pour reformuler mon idée, ce n’est pas le fait de voir mais le fait de savoir qui choque. Bizarrement, les scènes scatophiles ne m’ont pas autant écoeurées que ça. Pour une fois, mon cerveau a percuté qu’il ne s’agissait que de cinéma. Répéter toute la journée « ce n’est que du chocolat et de la mandarine » avant de regarder le film le soir m’a sûrement aidé à surmonter cette épreuve. Du coup, j’avais conscience à quel point les scènes étaient dégoûtantes mais elles ne m’ont pas fait vomir. En revanche, voir cette répétition de viols m’a tout de même répugnée au bout d’un moment, j’avais vraiment envie de gerber (ce n’est pas une expression ici). C’est pour cela que j’ai dû couper le film, le temps de reprendre mon souffle et mes esprits.

Salo ou les 120 journées de Sodome : Photo

Je dois avouer que j’ai eu du mal à noter ce film et c’est pour cela que j’ai tenu à rédiger ce billet. Ce n’est pas le genre de film qui mérite à être vulgairement noté. Un film aussi extrême que Salo veut clairement ouvrir le débat. Sur mon blog, j’ai tenu à le « catégoriser » histoire d’éviter un beau bordel (je ne suis pourtant pas maniaque) mais j’ai parfaitement conscience que lui attribuer simplement la moyenne peut paraître sévère. Pour moi, il s’agit ici d’un compromis. Tout d’abord, même si le film dérange, Pasolini a le mérite d’aller au bout de sa démarche. En allant au bout de ses idées, on comprend clairement où Pasolini veut en venir. Le réalisateur italien critique le pouvoir absolu et dénonce la bourgeoisie qui voit la sexualité comme une marchandise dans le but d’assouvir les pulsions les plus malsaines. La référence à la Divine Comédie de Dante, à travers les cercles de la perversité, s’avère pertinente. Je ne vais pas faire une critique détaillée de « L’Enfer », car l’oeuvre de Dante est vraiment complexe, mais pour faire un bref résumé, le pire péché selon Dante est celui qui touche à la collectivité, qu’on peut relier au concept de pouvoir. La perception de Pasolini m’a semblé pertinente puisque les représentants eux-mêmes du pouvoir (le Duc, l’Evêque, le Juge et le Président) détruisent cette collectivité par leurs actes sordides. Grâce à ces fortes références littéraires (et il y en a d’autres d’après le générique d’ouverture), Pasolini a su livrer un portrait redoutable sur le summum du mal. Cependant, il faut tout de même être honnête : je n’ai pris aucun plaisir à regarder ce film. Certes, j’ai parfaitement conscience que ce n’était pas le but de ce film mais cet écoeurement provoqué est forcément à double-tranchant. De plus, personnellement, j’ai trouvé qu’il y avait une petite baisse de rythme à la moitié du film. Après encore une fois, ma petite pause et la répétition de scènes gerbantes peuvent sûrement expliquer cette impression. Pour conclure, même s’il est difficile d’apprécier ce film, je pense qu’il faut tout de même regarder une fois Salo (je précise que je ne compte pas le revoir une seconde fois, faut pas déconner non plus) même s’il faut avoir le coeur bien accroché.

Salo ou les 120 journées de Sodome : Photo

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110 réflexions au sujet de « Salo ou les 120 journées de Sodome »

  1. Un chef d’oeuvre et probablement le film le plus violent de l’histoire du cinéma. Il existe certes des films pires visuellement (par exemple Philosophy of a Knife qui reste un sommet), mais Salò détient une grande violence viscérale. La froideur de la mis en scène renforce le malaise. Et le fond du film est sa description de la société moderne en font vraiment une oeuvre très violente. C’est bien plus que des yeux ou des langues arrachés. Ce qui est unique dans ce film comme ça a été souligné par beaucoup de cinéastes, c’est que la nudité est très présente mais il n’y a jamais un seul brin d’érotisme. Difficile de dire comment Pasolini a réussi un tel exploit mais ça représente bel et bien le fond du film.
    Salò reste à mes yeux l’un des plus grands films jamais faits.
    Content que tu l’aies en fin vu.

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  2. « Le réalisateur italien critique le pouvoir absolu et dénonce la bourgeoisie qui voit la sexualité comme une marchandise dans le but d’assouvir les pulsions les plus malsaines. »

    Et j’applaudis à deux mains mais j’avoue que je n’ai jamais eu le courage de m’infliger un tel film tant je suis certaine d’éprouver un grand dégout pendant sa vision, au point où je me sentirais vraiment mal, physiquement et mentalement. Un jour peut-être, quand mon cuir sera devenu plus épais (bien que je n’y crois guère tant je le trouve toujours bien tendre ;-). Bref, étant suffisamment complaisante envers moi-même, je crois que je resterai sur ma position, à savoir m’épargner ce film 😉

    « visuellement – j’insiste bien sur le terme – je m’attendais à bien pire. »

    Je comprends ça, et en même temps cela en dit long sur notre perception de la violence, car il suffit finalement de tourner le bouton de la télévision et regarder un journal télévisé pour voir bien pire, et cela se passe encore bien dans la réalité. Je ne parle même pas des snuff movies qui circulent sur internet. A l’époque, les images du film devaient être terribles à voir. Maintenant, elles semblent l’être toujours mais… on s’attendait finalement à encore pire. Tu imagines à quel point notre seuil de tolérance à la violence devient de plus en plus élevé ? Mais c’est un autre débat.

    Bravo en tout cas pour ton courage et ta cinéphilie consciencieuse 😉

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  3. @ Vince :
    Ah oui le fameux Philosophy of a knife, Olivier m’en a aussi parlé (mais je ne compte vraiment pas le regarder – j’ai des limites 😮 ).
    Ton commentaire complète bien mon avis. Effectivement c’est un exploit de filmer de la perversité sans être une oeuvre perverse.
    Ca me va tu es content 🙂

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  4. @ Sentinelle :
    Si tu ne te sens pas de le regarder, honnêtement ne le regarde pas. Je pense qu’il faut être prêt à regarder ce film. Pendant longtemps je n’ai pas voulu le voir et puis un jour j’ai senti que j’en avais le cran.
    Personnellement je suis parfois plus choquée par ce que je vois à la télé, du genre le JT que regarder Salo. Je sais que Salo reste du cinéma, le JT par contre les images filment du réel et là ça me dérange. Je ne sais pas si Salo est dépassé visuellement, il faudrait demander à des spectateurs de l’époque ou à ceux qui ont une certaine expérience par rapport à ce type d’oeuvres mais son impact reste pourtant réel, mais elle est pour moi plus « psychologique ». En fait, je m’attendais aussi à plus de pornographie aussi, à un regard très malsain mais en fait Pasolini était bien plus équilibré que certains réalisateurs – dont je ne citerais pas les noms – qui semblent prendre un malin plaisir à filmer ne serait-ce que des corps nus.
    Merci pour ta dernière phrase 🙂

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  5. Ah tu as réussi ? Bravo ! Moi aussi Olivier me tanne avec ce film. Il m’a fait découvrir des merveilles, que je n’aurais jamais connues sans lui, donc je me tâte, je me tâte… Ton billet m’a donc énormément intéressée et sans doute à m’aider à sauter le pas. Non pas pour « voir » des horreurs, mais en tant que cinéphile, et à cause du message philosophique.

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  6. « Le réalisateur italien critique le pouvoir absolu et dénonce la bourgeoisie qui voit la sexualité comme une marchandise dans le but d’assouvir les pulsions les plus malsaines »
    certes mais pas seulement: le réalisateur livre aussi un portrait sans concession de la dictature et plus précisément de la dictature du capitalisme, bref lorsque l’extermination en masse devient une simple entreprise de la mort. Salo reste un film qui marque au fer rouge, autant pour ce qu’il marque autant pour ve qu’il dénonce

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  7. Intéressante critique sur un film qui ne laissera personne indifférant, sauf les cinéphage primaire. Vous êtes une nouvelle génération et c’est cela qui m’intéresse. Votre regard sur ce cinéma qui nous a marqué, intrigué, réveillé. Salo ou les 120 journées de sodome, n’est pas un film connu de beaucoup, et je ne parle pas de son réalisateur, mais j’aime à savoir qu’il reste vivant.
    Merci et continuez, et surtout, faîte confiance à tinalakiller. Regardez et critiquez

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  8. Jamais tu ne verras ça à Hollywood. Jamais on atteindra un niveau de violence psychologique et physique au cinéma avec autant de virulence tout en ayant du fond. En soi comme je le dis souvent je ne peux mettre de notes aux films car c’est impossible la même note à plusieurs films. En soi le fait que tu lui mets 2 étoiles à Salo revient à ce que tu le mette au même niveau que Babysitting, ce que j’ai du mal à accepter… Un vrai uppercut qui interroge, violente, révolte et c’est ce dont le cinéma a besoin parfois.

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  9. @ Borat :
    J’avoue que j’ai énormément hésité pour la note et je comprends parfaitement ce que tu veux dire, moi aussi au fond ça me fait chier qu’il soit au même niveau que certains films. J’essaie d’être objective mais mon avis compte aussi. Je suis sincère contente de l’avoir enfin vu, c’est un film de qualité mais il ne m’a pas plus, ça serait aussi hypocrite de le noter plus haut, ça ne me correspond pas.

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  10. Dans ce cas là ne le note pas. Ça me paraît plus logique moi même il m’est impossible de le noter. C’est un film indispensable pour tout cinéphile mais il m’est impossible de dire « j’ai adoré Salo ».

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  11. @ Borat :
    Je pense que c’est une bonne chose de le voir mais je ne pense pas que ce soit grave si les gens ne le voient pas (pas envie de certains fassent un malaise juste en regardant un film).

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  12. Si il est nécessaire de le voir car il parle de notre société. Que certains soient sensibles est une chose ne pas le voir à cause de cela en est une autre et c’est une mauvaise excuse. Jamais eu de malaise en voyant un film et pas prêt d’arriver.

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  13. j’avoue que je rejoins Borat pour la question de la note. Ok sur le fait que tu n’aies pas aimé le film pour des raisons tout à fait compréhensibles, mais un tel film (qu’on l’aime ou pas) ne mérite pas étoiles. Le mieux est peut-être de ne pas lui attribuer de note justement (c’est l’exception qui confirmerait la règle)

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  14. Borat :
    « Que certains soient sensibles est une chose ne pas le voir à cause de cela en est une autre et c’est une mauvaise excuse.  »
    Je pense que nous sommes encore libres pour décider de voir ou non une œuvre et de porter un tel jugement me semble plus navrant qu’autre chose . Des horreurs, j’en ai assez vus dans la réalité, notamment dans des reportages sur les camps de concentration et plus particulièrement les sonderkommandos, j’ai lu également beaucoup sur le sujet. Oui, c’est écœurant mais des gens sont passés par là, alors je trouve important de surmonter ma sensibilité, ne fusse que pour leur rendre hommage. Mais je me sens pas du tout obligée de voir des œuvres de fiction susceptibles de me dégouter pour me démontrer quelque chose dont je suis très consciente et très renseignée par d’autres biais. C’est juste mon avis et j’entends qu’on le respecte sans devoir subir un jugement de ta part et pour lequel je me sens maintenant obligé de me justifier. Tu ne trouves pas cela dommage ? J’entends bien que cette œuvre soit très important à tes yeux mais je préfère choisir d’autres supports pour me confronter à cela, et ne passant pas par la fiction. Des horreurs, je préfère les voir telles qu’elles sont,, sans passer par la fiction, le scénario, la mise en scène. Et si maintenant on ne peut plus commenter un billet que dans le sens du poil en disant oui c’est super, je vais le voir, et bien je passe mon tour dans ce cas (je ne parle pas pour toi Tina). Car je ne compte pas commencer à me plier aux gouts ni aux choix des autres, désolée. Et je pense que rien n’est obligatoire à voir non plus, cinéphile ou non. Encore une dernière fois, je revendique le droit de choisir, toujours et pour tout le monde.

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  15. @ Olivier :
    Quelque chose me gêne dans votre raisonnement. En fait, j’aurais 3 ou 4 étoiles, ça n’aurait gêné personne, par contre je mets en dessous et là oooh c’est scandaleux. J’ai quand même encore le droit de dire que je n’ai pas vraiment aimé ? Je ne vois pas en quoi cette oeuvre est intouchable au point de ne pas la noter. La note est uniquement une simplification visuelle de mon avis. A ce moment, vous remettez en question mon opinion sur ce film. Elle est où la liberté d’expression là ?

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  16. J’approuve le commentaire de Sentinelle et la critique de Tina. Pour ma part, j’ai vu le film, il y a quelques années. J’ai vomi tripes et boyaux. J’ai détesté. Je connais les autres films de Pasolini, je crois que je les ai tous vus (avec une préférence pour Théorème), je respecte l’homme et ses engagements mais son cinéma n’est pas ma tasse de thé. J’ai le droit, non ? Je suis plutôt du côté de Naruse, Mankiewicz et Jacques Becker (entre autres). Par ailleurs, j’ai vu en fin d’année le Pasolini de Ferrara. Un exercice de style, pas inintéressant, à vrai dire.

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  17. Bonjour Tina,
    Je découvre votre blog via celui de Chez Sentinelle, où il m’arrive parfois de sévir…
    Votre critique très « physique » doit « parler » à beaucoup de cinéphiles, et l’on constate, au vu des commentaires, que Pasolini ne fait pas encore l’unanimité – ceci le réjouirait sans doute…
    Son ultime film, qu’il ne pensait guère devoir s’avérer le dernier, interroge aussi, inconfortablement, le spectateur, surtout dans la mise en abyme (et en abîmes !) du dernier cercle : que venons-nous donc chercher dans ce type d’images « infernales », et jusqu’où notre « sensibilité » peut-elle aller dans leur confrontation (beaucoup « supportent » mieux les tortures que la coprophagie, ce qui peut laisser songeur) ? Pasolini, cinéaste puritain attiré, à l’instar de Hitchcock, dans ses œuvres et sa vie (peu) privée, par les gouffres du désir et de la violence, notamment politique, ne se contente de condamner une forme « littéraire » de fascisme, mais en montre la terrible proximité, voire la séduction « maudite » en chacun de nous, venus voir ce sommet de cinéma « scandaleux » (alors que, comme vous le soulignez, les limites de la représentation graphique se démodent vite et restent toujours à repousser – ou pas).
    Le poète-cinéaste réalise un film admirable mais, en effet, très peu « aimable », et surtout pas envers celui qui le regarde. Pourtant, Pasolini, solaire homme du Sud, et, bien sûr, « contemporain capital », nous permet de « souffler », voire de « sourire » – même jaune ou noir – avec les monologues de ses « diseuses », annonçant l’humour terrifiant de l’instructeur des Marines immortalisé par Kubrick dans Full Metal Jacket (Hitchcock riait également devant Psychose, mais il s’étonnait, perversement, de le faire seul !). La langue sadienne – et il faut voir le film en VF, version « originale » adoubée par le réalisateur, pour d’évidentes raisons – possède cette ironie mortelle, cette élégance qui détruit et met à nu, au propre et au figuré, la nuit de nos cœurs « civilisés ». Le « testament » de Pasolini ne la trahit jamais, réussissant, à l’image de Cronenberg filmant les romans de Burroughs ou Ballard, un modèle d’adaptation à partir d’un texte (inachevé, clos sur des listes de chiffres consacrées aux victimes) réputé à raison intraduisible en images et donc « infilmable » (telle la Shoah pour Lanzmann).
    Désolé pour ce commentaire un peu long, mais, vous le reconnaîtrez facilement, l’oeuvre s’y prête…
    Sur ce voyage au bout de l’enfer, qui se termine par une valse-tango de la jeunesse ; sur la beauté du cinéma d’horreur ; sur la tristesse du film X, je me permets de vous renvoyer aux pages ci-dessous. Bonne(s) lecture(s) et à bientôt !
    Cordialement, Jean-Pascal.
    http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/12/voici-le-temps-des-assassins.html?view=magazine
    http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/07/derriere-la-porte-rouge-defense-et.html?view=magazine
    http://lemiroirdesfantomes.blogspot.fr/2014/07/lempire-de-la-tristesse-notes-sur-les_8.html?view=magazine

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  18. J’ai pleuré devant des films mais vomir non. Choqué oui mais vomir non.
    Quant à Sentinelle je ne pense pas avoir été offensant et je ne regarde pas non plus que je serais capable de voir certains films trash ou dégoûtants juste parce qu’ils le sont. De plus Salo n’est en l’occurrence un film dégoûtant mais un film qui amène à la réflexion. C’est toute la différence et c’est aussi pour cela qu’il faut le voir au moins une fois, en s’y étant préparé néanmoins. Tu as le droit de ne pas aimer et c’est entièrement ton droit mais selon moi ce film n’est pas notable, car trop particulier. Je comprends qu’on puisse détester mais dire que c’est un mauvais film j’ai un peu de mal. Encore désolé s’il y a eu confusion.

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  19. @ Traversay :
    Je comprends que tu aies vomi, le film est vraiment écoeurant. Je connais mal Pasolini, je prends le temps de découvrir, c’est particulier comme cinéma pour l’instant.
    Je vais finir par regarder le film de Ferrara, dommage juste qu’il ne soit pas resté longtemps au ciné.

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  20. @ Jean-Pascal Mattei :
    Wow ça c’est du commentaire. Ne vous excusez surtout pas pour la longueur 🙂 Comme vous le dites justement, Pasolini n’a pas voulu réalisé une oeuvre « aimable » – du coup ma note est finalement cohérente avec ses intentions – mais il parvient à confronter le spectateur face à ses propres limites.
    « Pourtant, Pasolini, solaire homme du Sud, et, bien sûr, « contemporain capital », nous permet de « souffler », voire de « sourire » – même jaune ou noir – avec les monologues de ses « diseuses »,  » : D’un point de vue « physique » (oui je reviens à ça), je suis d’accord, et c’est en raison pour cela que je n’ai pas trouvé le film si horrible visuellement, le film n’enchaîne pas les sévices. Mais le fait de voir ces narratrices raconter ces horreurs avec le sourire et avec une certaine forme de poésie et être en quelque sorte complices des bourreaux m’a en réalité écoeurée. Encore une fois, je crois que c’est réellement le fond moral qui choque, pas tant ce que le spectateur peut voir.
     » Pasolini ne fait pas encore l’unanimité – ceci le réjouirait sans doute… » : c’est drôle, avant de voir votre commentaire, j’ai pensé exactement la même chose.
    Je vais découvrir vos articles – et votre blog tout court -. Merci beaucoup 🙂

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  21. @ Borat :
    Je ne plaisante pas quand je dis que j’étais à deux doigts de vomir. Je vomis peu et quand j’ai envie de vomir, je le sais. Je n’aurais pas fait de pause, je suis vraiment certaine que j’aurais gerbé (et c’est pas le truc le plus fun du monde). Tant mieux pour toi si tu n’as jamais vomi devant un film.
    Je ne comprends pas ta théorie de ne pas noter ce film. Comme je le disais à Olivier, c’est croire que le film est intouchable. Pour moi, aucune oeuvre n’est intouchable. Et je n’ai jamais dit qu’il s’agissait d’un mauvais film. Je ne travaille pour personne, je dis juste ce que je pense. Je n’ai pas à me censurer.

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  22. Ça c’est personnel moi je ne fais pas ça devant un film en revanche être malade quand tu en vois un oui. Genre une bonne gastro! 🙂 Je l’ai vu sans pause car au moins une fois que tu l’as vu d’une traite tu peux passer à autre chose.
    Non intouchable c’est un film ovationné par tous ce n’est pas pareil. Que le film soit détesté ou dit comme écoeurant me paraît logique. Dire que c’est un mauvais film en revanche je ne suis pas d’accord car il y a une vraie réflexion. Ensuite comme tu le sais les notes me répugnent car ne montre pas le réel ressenti du spectateur. On m’a dit une fois que cela permettait de se rappeler l’état premier de la première vision. Mais désolé si tu as détesté un film tu t’en souviendrais comme tu l’as aimé ou trouvé moyen. Après que tu as détesté est tout à fait logique comme je ne dirais jamais « j’adore Salo » c’est tout simplement impossible. Parce que tu crois que travaille pour quelqu’un? Avec ce que j’ai foutu dans les dents de Sony avec Spider man je peux te dire que les avp je les verrais jamais! 🙂 Et je ne te parle pas de te censurer je ne crois pas t’avoir dit ća dans mes commentaires.

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  23. @ Borat :
    Voilà c’est personnel. C’est comme ma phobie des yeux. Si je vois une image d’un oeil écrabouillé, je me mets à trembler, je me sens physiquement pas bien c’est comme ça.
    MAIS JE NE TE DIS PAS QUE C’EST UN MAUVAIS FILM ! Je n’ai pas détesté, mais je n’ai pas non plus aimé, c’est pas pareil !
    Moi je trouve les notes pratiques juste visuellement. C’est comme à l’école… Et puis j’ai fait l’effort d’écrire ma critique pour équilibrer cette note un peu sévère.
    Ce que je veux te dire, c’est que je ne suis pas Première, Télérama ou autre. Je ne suis qu’une spectatrice lambda. Qu’un grand magazine casse ce film ou lui file une sale note, je pourrais comprendre ta réaction, mais moi je suis qui ? Juste une simple spectatrice qui s’exprime.
    Non tu ne dis pas ça, mais avec Olivier, c’est l’impression que ça me donne. Si t’es choqué que j’ai pu lui filer une sale note, alors ne va surtout pas sur mon compte Booknode, tu serais choqué de voir les notes attribuées à certaines grandes oeuvres littéraires 😮

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  24. Tu le mets dans les moyens quand même… Ouais et à l’école quand t’avais le 0 c’était en rien positif. 😉 Moi non plus et surtout pas les deux que tu cites. Entre le branché avec un ballais dans le cul et l’élitiste catho de bas étage non merci. Après nous débattons Tina tout le contraire de ces magazines qui cherchent une réaction à leurs papiers. Sur Allo j’ai noté beaucoup par speednoter. Tu peux pas savoir comme c’est chiant à force.

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  25. @ Borat :
    Mais je ne vais pas quand même pas le « surnoter » juste parce que ça fait bien ? C’est limite prétentieux.
    Bah justement, quand t’as 2 tu sais que tu t’es viandé, 10 c’est pas mal mais t’es passé à côté de quelques trucs et 16 que t’as réussi. (t’as compris, je suis contre la suppression des notes à l’école).
    Je citais ces deux-là mais j’aurais pu en citer d’autres (tu chipotes en fait !). Perso dans un magazine j’aime bien connaître d’un coup d’oeil la note et après je lis la critique. Je vais même te dire un truc : la note incite à lire le commentaire.
    Ah non ça c’est naze le speednoter, c’est barbant, t’es pas trop concentré en général.

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  26. Non d’où la note absente à mon sens. Mais tu fais ce que tu veux c’est juste mon avis. 😉 Sauf que tu ne peux pas noter un film par rapport à un autre. C’est une base mais ce n’est à mon avis pas une manière de rendre justice à un film, ni à donner un avis. C’est comme dire « ce film est nul » sans arguments. Cela n’a aucun intérêt. Mais là avec l’école on navigue dans un sujet qui n’a rien à voir avec ce dont nous parlons (et je suis contre la suppression des notes mais ce n’est pas notre sujet). Je préfère lire la critique ou la derniêre phrase qu’une note. Preuve en est Mad Movies a mis 4-5 étoiles à Exodus tout en évoquant des defauts ahurissants et qui finalement aurait valu un 2-3 étoiles. Il y a quelque chose d’illogique.

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  27. Il ne s’agit pas de te censurer ou de remettre en cause la liberté d’expression. Tu as envie de mettre étoiles à ce film ? Et bien mets 2 étoiles. Seulement, je juge cela extrêmement sévère et j’ai aussi le droit d’essayer de te convaincre de revoir ta note. Ca aussi, c’est le droit à l’expression !

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  28. à tina: c’est la première fois que je viens traîner mes guêtres chez toi J’espère que tu n’as rien contre la présence d’un psychopathe notoire sur ton blog… Salo fait et fera toujours débat. Perso, bien que je le considère comme un chef d’oeuvre, j’aurais mis un ? en note si j’avais eu à le chroniquer. C’est le type même de film qui ne fera jamais l’unanimité, vu l’extrémisme de son propos.

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  29. @ Borat :
    Je comprends ce que tu veux dire, c’est naturel de comparer (la preuve, je suis une jeune comparatiste !) mais si tu te mets sans cesse à comparer les films entre eux, on ne s’en sort plus et puis surtout c’est quelque part condamner d’avance certains films. La note ne représente pas un avis, c’est encore une fois, c’est juste un repérage visuel, c’est tout, j’ai exprimé mon avis dans la critique. Pourtant l’école fonctionne de la même manière : les profs ne doivent pas comparer les élèves entre eux mais prendre uniquement en compte le travail individuel. Quant à l’exemple de Mad, là j’ai juste envie de dire qu’ils sont hypocrites. Mettre une note cohérente avec son avis n’est pas pour moi problématique.

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  30. @ Inthemoodforgore :
    Welcooome ! 🙂 (du moment que tu ne tues personne, tout va bien 😮 et puis n’oublie pas, I am a killer ).
    Il n’y a pas de catégorie ? sur mon blog 😮 sans rire, je comprends que c’est difficile de noter ce film mais je pense tout de même qu’on peut avoir une vague idée de sa propre note, qui représenterait vaguement son opinion.

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  31. Bah justement d’où le fait de ne pas en mettre. J’ai apprécié Aliens et je mets 5 étoiles mais j’apprécie plus Terminator 2 et je mets la même note? Ce n’est pas logique. Le repérage visuel ne sert a rien s’il n’y a pas d’avis. Cela n’a aucun intérêt et encore plus si la critique ne dévoile rien. Preuve en est Télérama et sa critique haîneuse sur Interstellar. Ils comparent le film à Matrix un film qui n’a strictement aucun rapport avec le film de Nolan. C’est comme mettre Rambo avec Rambo 2!

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  32. @ Borat :
    J’ai envie de dire pourquoi pas ? Pourquoi tu devrais te priver de mettre honnêtement ta note à cause d’autres films jugés supérieurs ? Par exemple, j’ai plein de films de chevet qui ne sont sûrement pas parfait et pourtant je les adore. Où est le problème de mettre la note max si jes vénère ? Bah si, quand je fais le bilan tous les mois, si je mets genre 1/4, on sait bien qu’en général j’ai aimé. Je ne vois pas trop le rapport avec ces abrutis de Télérama…

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  33. @ Borat
    Ben tu sais, quand tu écris que ce n’est pas une excuse d’être sensible pour ne pas voir ce film, c’est difficile de ne pas réagir là-dessus. Maintenant je tiens à préciser que je n’ai jamais dit que ce film était mauvais (et pour cause, puisque je ne l’ai jamais vu) et il me semble que personne ici ne l’a exprimé tel quel non plus. Ne pas avoir du plaisir à voir un film ne veut aucunement dire que le film soit mauvais, en tout cas je ne l’interprète pas du tout comme cela et ce n’est pas dans ce sens que j’ai compris le billet de Tina.
    Tu sais, Massacre à la tronçonneuse, qui est un film à la déconne et qui a eu le succès que l’on sait, et bien je n’ai jamais osé le voir non plus. Rien que le titre me fait peur ! Nous avons tous des sensibilités différentes, nous avons tous nos limites, qui varient d’une personne à l’autre, et nous n’avons pas à nous excuser pour cela 😉

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