Whiplash

réalisé par Damien Chazelle

avec Miles Teller, J.K. Simmons, Paul Reiser, Melissa Benoist…

Comédie dramatique musicale. 1h47. 2014.

sortie française : 24 décembre 2014

Whiplash

Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Whiplash : Photo Miles Teller

Whiplash, qui était à l’origine un court-métrage, n’a pas eu la chance de faire partie de mon top 10 de l’année 2014. Sorti en fin décembre, je n’ai pu le voir qu’au début de ce mois de janvier. Or, histoire de mieux passer en 2015, j’avais décidé de boucler mon bilan de l’année le 31 décembre 2014. C’est pour cela que ce film n’a pas eu l’honneur d’y apparaître. Je n’ai pas envie de modifier mon bilan car ça serait un bordel sans nom mais je préfère prévenir d’entrée : Whiplash avait largement sa place dans le top 10. J’ai toujours aimé et défendu le cinéma indépendant américain mais ces dernières années j’avais l’impression qu’il nous servait toujours la même soupe. Or, ayant bien plus d’ambitions que les actuels films indé US du moment, Whiplash sort clairement du lot. Le résultat est d’autant plus impressionnant puisqu’il ne s’agit que du deuxième long-métrage de son réalisateur, Damien Chazelle, un nom à retenir. Si le film sonne aussi juste, c’est parce que Chazelle a été lui-même été batteur et tyrannisé par son professeur. A travers la batterie, instrument qui reste encore méconnu et pas souvent représenté au cinéma (d’ailleurs de tête, je ne pourrais pas citer des films en particulier), Chazelle filme la musique comme un sport extrêmement physique qui fera transpirer voire même saigner Andrew dans le but de devenir le meilleur. Andrew est plus qu’un musicien : il est un soldat. La musique arrive à trouver sa place dans le long-métrage, elle devient même un personnage à part. Contrairement à un grand nombre de longs-métrages musicaux, on n’a pas l’impression de regarder un clip musical. Chaque séquence musicale a un réel intérêt scénaristique. La toute dernière séquence, vraiment impressionnante et scotchante malgré sa longueur, prouve à quel point la musique est un langage comme un autre. De plus, sans être amatrice de jazz, la manière de filmer les séquences musicales permet de comprendre d’où est venue la passion d’Andrew pour la musique.

Whiplash : Photo J.K. Simmons, Miles Teller

La mise en scène, très maîtrisée pour un jeune réalisateur, et l’excellent montage, rythment merveilleusement bien le film à l’image du jazz, un genre musical particulièrement rythmé et vivant, et parviennent à rendre le duel entre l’élève et le prof plus intense. Cependant, Chazelle est parvenu à signer un film bien plus universel. Comment devenir le meilleur dans sa discipline ? Jusqu’où doit-on aller pour pouvoir réaliser ses rêves ? Que signifie travailler dur ? Enfin, la grande réussite du film réside dans le duel entre le professeur et l’élève. Andrew n’est pas forcément un personnage sympathique, pourtant le voir s’acharner pour pouvoir réussir a quelque chose de très touchant. On a mal pour lui, on transpire avec lui et on a vraiment envie de le voir remporter cette bataille. Son interprète, Miles Teller, qui joue réellement de la batterie dans les trois quarts du film, dégage vraiment quelque chose d’intéressant. On sent chez lui à la fois une force et une vulnérabilité. De plus, il ne se fait jamais bouffer par son partenaire, J.K. Simmons, époustouflant dans le rôle du prof odieux. Son personnage a évidemment des réactions excessives, pourtant certaines scènes permettent de lui donner une nuance nécessaire et surtout d’éviter un possible manichéisme dans son traitement. De plus, même si on ne peut pas approuver son comportement violent ni sa manière d’humilier ses élèves ni ses propos racistes et homophobes (disons les choses telles qu’elles sont : ce gars est taré), je suis pourtant arrivée à comprendre les motivations du personnage, en tout cas il y a une cohérence dans son comportement par rapport aux interrogations du film.

Whiplash : Photo

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30 réflexions au sujet de « Whiplash »

  1. moi j’avais réussi à le voir avant le 31 du coup j’ai pu le mettre dans mon top 10…faut dire que depuis septembre je savais qu’un film sortant le 24/12 pouvait y figurer donc j’avais prévu large :o)… oui effectivement comme toi j’aime bien le ciné indépendant US mais il avait tendance à ronronner depuis qq temps ( enfin j’ai pas vu states of grace qui aurait pu aussi y rentrer dans le top 10 si j’en crois certaines critiques), et là ce whisplash met un coup terrible dans la fourmillère..le film ne fait pas l’unanimité, mais j’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre la plupart des critiques négatives sur le film :o)…bonne journée à toi!!

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  2. Il faut vraiment que j’aille voir ce film, ton article me conforte dans ce sens. Il a l’air exceptionnel et j’ai toujours eu un intérêt tout particulier pour ces films dit musicaux, ou en tout cas qui se concentrent sur l’apprentissage musical d’une personne car j’ai un groupe, et c’est toujours extrêmement enrichissant.

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  3. @ Filou :
    Veinard 😮 J’aurais dû faire comme toi finalement 😮
    Pas vu non plus States of Grace (il faut dire qu’il n’est pas resté longtemps chez moi et après j’ai oublié de le regarder en dvd ou vod).

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  4. @ Borat :
    Je ne l’ai pas souligné mais effectivement il s’agit d’une relecture musicale d’un film d’horreur, c’est intéressant de voir comment il reprend certains codes de ce genre.

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  5. On voit autant d’épuisement chez Teller que les gosses ne voulant pas dormir des Griffes de la nuit sans compter que le personnage du prof peut être vu comme un boogeyman en soi. Il hante les pensées du héros et le terrifie par les injures et la violence.

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  6. Ah oui, j’ai été aussi impressionné, très favorablement, par cet étonnant Whiplash (quel final !). Il est 5ème dans mon classement 2014. Il y a eu de bons films en fin d’année dont le géorgien La terre éphémère que j’ai classé 10ème.

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  7. Comme tu as raison d’écrire que ce Chazelle est un réalisateur à suivre ! « Whiplash » impressionne autant par l’aspect abrasif de son propos sur le dépassement de soi, mais aussi par sa mise en scène d’une précision redoutable, une utilisation de la caméra à chaque fois pertinente. Comme Borat l’a souligné (et comme je l’ai écris aussi chez moi), on sent bien l’influence du film d’horreur chez Chazelle, lui qui s’acoquina notamment au scénario du « dernier exorcisme 2 ».

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