Le Crime Farpait

réalisé par Alex de la Iglesia

avec Guillermo Toledo, Monica Cervera, Luis Varela, Enrique Villén, Kira Miro…

titre original : Crimen Ferpecto

Comédie espagnole, française, italienne. 1h44. 2004.

sortie française : 11 mai 2005

Le Crime farpait

Le vendeur le plus séduisant d’un grand magasin tue un collègue rival par accident. Une des vendeuses du rayon parfumerie est témoin de la scène et en profite pour lui faire un perfide chantage sexuel.

Le Crime farpait : photo Álex de la Iglesia, Guillermo Toledo, Monica Cervera

Bien que je n’ai pas encore vu tous ses films (à l’heure actuelle, j’ai découvert la moitié de sa filmographie), j’ai toujours accroché à l’univers délirant du réalisateur espagnol Alex de la Iglesia. De ce que j’ai vu, Le Crime Farpait, titre qui fait à la fois référence à Hitchcock et à Obélix (« Farpaitement ! »), est son meilleur film avec Le Jour de la Bête. Cette comédie noire et cynique sur l’arrivisme parvient à dénoncer cette société du paraître dans laquelle on ferait pourtant tout pour y être accepté. Comme souvent chez Alex de la Iglesia, le résultat est jubilatoire, le film comportant de nombreuses scènes hilarantes. Rien que le début avec Rafael, qui s’adresse directement aux spectateurs, est énorme : il est beau, toutes les employées du magasin veulent coucher avec lui, il est compétent dans son domaine (la vente), bref, sa vie est parfaite. D’autres scènes m’ont également fait rire, comme celle du découpage du cadavre ou la scène de sexe très sauvage (avec des bruits de félins) entre ce pauvre Rafael et Lourdes qui compte montrer ce qu’elle vaut au pieu. Mais la réunion de famille est la scène qui m’a fait hurler de rire, elle est tellement hilarante que j’en ai encore mal au ventre. Ainsi, Rafael va découvrir avec stupéfaction la famille de Lourdes, à savoir sa petite soeur de huit ans mythomane qui balance qu’elle a été violée par son instit’ et qu’elle est enceinte de lui, sa mère hystérique (on comprend mieux le comportement de Lourdes) et son père narcoleptique (pour oublier l’hystérie de sa femme ?). Le film joue sans cesse sur ces traits très grossis et des situations vraiment exagérées. L’univers d’Alex de la Iglesia est parfois tellement excessif qu’il peut finir par fatiguer les spectateurs. Cependant, je trouve qu’il réussit ici à trouver le bon ton sans faire de concessions.

Le Crime farpait : photo Álex de la Iglesia, Guillermo Toledo

Heureusement, le film ne se contente pas d’aligner une succession de scènes odieusement drôles. Le scénario est très bien écrit et bien construit. Certes, on se doute bien que Rafael et Lourdes vont vouloir s’entretuer mais on ne connait pas l’issue finale jusqu’au bout. Beaucoup diront que la fin est moralisatrice, je ne l’ai pas vue de cette manière-là. Cette fin assez surprenante, qui annonce déjà plus ou moins Balada Triste de Trompeta, permet d’appuyer encore plus le propos du film : cette société du paraître, qui a un impact sur la réussite sociale des personnages, est littéralement une farce. Le titre, déjà compréhensible par tout ce qu’on a vu jusqu’à présent, prend encore plus de sens et appuie davantage la puissance du discours. Quant à la mise en scène, elle s’avère efficace, dynamique et surtout inventive. De plus, les décors, les costumes ou encore la photographie parviennent à retranscrire cet univers luxueux et superficiel mais sans tomber dans le kitsch. Enfin, j’ai également beaucoup aimé les deux personnages principaux, interprétés par les fantastiques Guillermo Toledo et Monica Cervera. Ils auraient pu être caricaturaux mais qui sont en réalité plus nuancés qu’ils en ont l’air. Certes, Rafael et Lourdes sont deux personnages abominables, tous les deux feraient n’importe quoi pour grimper les échelons. Cependant, même s’ils ont des tendances meurtrières, ces personnages, très intelligents (encore une fois, la fin va nous le confirmer), restent humains et surtout attachants. D’un côté, Rafael a certes tué accidentellement son collègue de travail, il est aussi peut-être lâche mais il n’est pas sanguinaire pour autant et on va surtout le plaindre tout le long ! Quant à Lourdes, elle est vraiment folle et son chantage sexuel est condamnable, cependant elle réussit à prendre sa revanche sur la vie.

Le Crime farpait : photo Álex de la Iglesia, Guillermo Toledo, Monica Cervera

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10 réflexions au sujet de « Le Crime Farpait »

  1. Alex de la Iglesia est un fou et il le prouve encore avec ce film (j’aime aussi beaucoup « Balada triste ») qui tape fort dans le monde du travail et sa perversion.

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  2. @ Roggy :
    Moi aussi j’aime beaucoup Balada Triste, un beau film, délirant mais très sombre et surtout plus profond qu’il en a l’air. Mais je vais essayer de le revoir histoire d’avoir les idées plus claires et de pouvoir le chroniquer ici 🙂

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