Love Actually

réalisé par Richard Curtis

avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Bill Nighy, Keira Knightley, Martine McCutcheon, Chiwetel Ejiofor, Rowan Atkinson, Andrew Lincoln, Billy Bob Thornton, Heike Makatsch, Rodrigo Santoro, Martin Freeman, Joanna Page, Kris Marshall, Lucia Moniz, Thomas Brodie-Sangster…

Comédie romantique britannique. 2h10. 2003.

sortie française : 3 décembre 2003

Love Actually

L’amour est partout, imprévisible, inexplicable, insurmontable. Il frappe quand il veut et souvent, ça fait pas mal de dégâts…
Pour le nouveau Premier Ministre britannique, il va prendre la jolie forme d’une jeune collaboratrice.
Pour l’écrivain au coeur brisé parti se réfugier dans le sud de la France, il surgira d’un lac.
Il s’éloigne de cette femme qui, installée dans une vie de couple ronronnante, suspecte soudain son mari de songer à une autre.
Il se cache derrière les faux-semblants de ce meilleur ami qui aurait bien voulu être autre chose que le témoin du mariage de celle qu’il aime.
Pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l’amour est l’enjeu, le but, mais également la source d’innombrables complications.
En cette veille de Noël à Londres, ces vies et ces amours vont se croiser, se frôler et se confronter…

Love Actually : Photo Hugh Grant, Martine McCutcheon

Je sais que Noël est déjà passé mais nous sommes encore en période de fêtes, parler de Love Actually, comédie romantique qui se déroule la veille de Noël, me semble encore d’actualité (non il n’y a pas là de jeu de mots pourri avec le titre du film). En toute honnêteté, j’aime regarder ce film à n’importe quelle période de l’année, mais c’est vraiment l’idéal de le revoir à quelques jours de Noël. A l’origine, j’aime énormément le travail de Richard Curtis, co-créateur de la série culte Mr. Bean, scénariste des excellents Quatre mariages et un enterrement et Notting Hill et réalisateur du très bon Good Morning England. J’ai une affection particulière pour Love Actually, je crois même que je l’aime de plus en plus. Le film n’est certainement pas parfait mais pourtant il possède un véritable charme et présente un lot de personnage attachants, on pourra s’identifier à certains d’entre eux. Le film-choral n’est pourtant pas forcément un genre auquel j’adhère mais je trouve l’écriture très bonne, évitant les cafouillages et parvenant à faire passer les 2h10 à la vitesse grand V. Certes, certains personnages sont davantage mis en avant par rapport à d’autres. Cependant, cela ne me gêne pas de voir certaines parties plus ou moins survolées car je ne pense pas qu’elles méritaient d’être plus développées (comme celle de Jack et Judy ou encore celle de Colin). De plus, même si certains personnages restent un peu en retrait par rapport à d’autres, ils arrivent tout de même à trouver leur place et à marquer les esprits. De plus, les histoires sont selon moi plutôt bien reliées entre elles, notamment par un épilogue final se situant dans un aéroport. Love Actually est aujourd’hui une référence dans la comédie romantique. Il est vrai qu’il s’agit d’une des meilleures dans ce genre mais on ne peut pas limiter ce film à des romances guimauves. Pour moi, Curtis a réussi à filmer l’amour sous toutes ses formes, grâce à neuf histoires très plaisantes, mêlant habilement humour et émotion et interprétées par un casting cinq étoiles.

Love Actually : Photo Colin Firth

Il y a tout d’abord l’histoire de David, le Premier Ministre, qui tombe amoureux de sa secrétaire qui a des formes (non, elle n’est pas grosse contrairement à ce que disent d’elle les autres personnages). L’histoire est basique, voire même un peu cliché (une rencontre entre une secrétaire et son boss – et c’est pas n’importe qui le boss en question) mais Curtis arrive à sortir de ce pétrin en nous présentant un Premier Ministre assez délirant (Hugh Grant qui danse sur Jump (from my love) des Pointer Sisters est énooorme) et une secrétaire qui débite un lot de gros mots assez impressionnant en peu de temps. Puis, il y a l’histoire de Daniel, incarné par Liam Neesonn qui vient de perdre son épouse (hélas, comme l’a vécu plus tard l’acteur dans la réalité) mais qui va aider son beau-fils à draguer une certaine Joanna, une camarade américaine qui est dans la même classe que lui. L’histoire aurait pu être très lourde en nous présentant un veuf éploré mais elle ne l’est pas car le film ne s’attarde pas sur ce deuil (et heureusement car je crois que cela aurait crée un trop gros déséquilibre par rapport au ton du film). L’histoire devient même légère car le personnage de Neeson rebondit à travers le jeune Sam qui veut tout faire pour séduire sa Joanna (ahaha le gars qui se met à jouer de la batterie – c’est cliché mais c’est toujours efficace). Cette partie réussit à présenter habilement à la fois la perte d’un amour et un amour de jeunesse. L’amour traverse également les frontières grâce à l’histoire entre un écrivain (Colin Firth) et une charmante portugaise, qui tombent amoureux sans parler la langue de l’autre. L’histoire est touchante car les deux personnages pensent et expriment parfois la même chose malgré une communication bloquée.

Love Actually : Photo Bill Nighy

Les relations amoureuses sont hélas parfois compliquées. L’amour est ainsi remis en question chez Harry (Rickman), qui va plus ou moins tromper son épouse Karen (Emma Thompson) avec une de ses employées qui a le feu au cul. Si je ne cautionne pas ce que fait Harry, qui a tout de même un comportement de connard, le personnage n’est pas non plus totalement antipathique. La scène dans laquelle Karen découvre le pot-aux-roses est très émouvante, évitant de nouveau de tomber dans du larmoyant. Au contraire, la scène est même très pudique et finalement plus réaliste. L’histoire avec Andrew Lincoln (c’était avant qu’il bute des zombies), fou amoureux de l’épouse de son meilleur ami, interprétée par Keira Knightley (il y a de quoi – elle est vraiment belle dans le film), est également très émouvante (oui, la scène avec ses pancartes a tendance à me faire fondre en larmes), préférant sacrifier une possible histoire d’amour pour ne pas trahir son meilleur ami. L’amitié est également traité au coeur de la partie mettant en scène Billy Mack, incarné par un Bill Nighy vraiment en forme. Cette rockstar qui raconte à peu près n’importe quoi dans les médias (« heyyyy les jeunes, n’achetez pas de drogue car quand on devient rockstar, elle est gratuiiiite ») et fait aussi n’importe quoi (depuis, je ne vois plus le groupe Blue de la même manière) retrouve le succès avec une chanson de Noël plutôt merdique (un dérivé de Love is all around, utilisée dans Quatre mariages et un enterrement). Pour fêter cela, il préfère passer sa soirée de Noël avec son manager Joe en se saoulant la gueule et en regardant des films porno (oui, c’est très classe tout ça) qui le supporte depuis des années au lieu d’être en compagnie d’Elton John.

Love Actually : Photo Liam Neeson, Thomas Brodie-Sangster

L’amour fraternel n’est également pas oublié : en effet, Sarah (Laura Linney, très touchante), réussit à passer une soirée avec son collègue de travail Karl dont elle est follement amoureuse (précisons que tout le monde sait qu’elle le kiffe depuis pratiquement deux ans) mais va finalement privilégier sa relation avec son frère (probablement autiste) qui l’appelle toutes les cinq minutes. Curtis exploite aussi l’amour sous un point de vue plus sexuel. Il y a tout d’abord la rencontre entre Jack et Judy (Martin Freeman et Joanna Page) deux doublures de scènes intimes. D’un côté, cette partie est drôle car on voit les deux personnages en train de parler comme s’il s’agissait d’une conversation parfaitement banale, à part qu’ils miment des positions sexuelles. De l’autre, malgré le rapprochement physique, en dehors du tournage, Jack et Judy sont assez pudiques et timides. La romance qui naît doucement entre les deux est étonnamment touchante. Enfin, la dernière histoire, un peu plus en retrait, est celle de Colin (Kris Marshall), qui en a marre des Anglaises (il les juge trop coincées) et compte séduire les Américaines (évidemment pas n’importe lesquelles, genre des bombasses sortant de FHM) avec son accent british. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’amour comme on pourrait le concevoir, Colin trouve son bonheur en réalisant ses fantasmes. Le fait d’avoir relier ces histoires au thème de Noël est également judicieux, cela crée une cohérence nécessaire entre les personnages et je crois aussi que cela permet d’accentuer encore plus la magie entre les histoires d’amour. Le film est également servi par une très bonne bande-originale, qui correspond au sujet du film Pour conclure, Love Actually n’est certainement pas un chef-d’oeuvre et pourtant c’est un film qui fait un bien fou, il est pratiquement devenu un film de chevet en ce qui me concerne.

Love Actually : Photo Andrew Lincoln

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22 réflexions au sujet de « Love Actually »

  1. J’ai vu ce film il y a quelques années, que j’avais vraiment bien aimé même s’il ne s’est pas vraiment imprimé dans ma mémoire tant je me rends compte, en lisant ton billet, que j’ai finalement oublié pas mal de trucs. A revoir donc ! Quant aux acteurs, Bill Nighy est un de ceux que je préfère. Un autre film à voir de toute urgence, et que tu cites également : Good Morning England. Trop bon !

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  2. moi je l’ai vu au cinéma à sa sortie et j’ai pas vraiment eu l’occasion de le revoir- je revois très très peu de films meme ceux que j’ai adoré- mais par contre j’ai sa BO qui tourne souvent en boucle sur ma chaine et notamment pendant les périodes de fetes, c’est tellement de circonstance :o)… j’aime beaucoup les comédies romantiques anglaises tournées pendant cette période là et celle ci est pour moi du meme niveau que les chefs d’oeuvre du du genre, les 4 mariages et un enterrement et coup de foudre à nothing hill…j’aurais meme une petite affection pour ce love actually pour la mélancolie sous jacente et puis parce qu’il y a la géniale Emma Thompson…. très bon début de semaine à toi!

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  3. @ Chez Sentinelle :
    La partie avec Nighy est également ma préférée ! 🙂
    J’aime beaucoup Good Morning England mais pour être franche, faudrait que je le revois, je ne me rappelle pas de tout.

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  4. @ Filou :
    Pareil, je revois rarement les films, même ceux que j’aime. Love Actually fait partie de mes exceptions ! Je partage ton avis, certes j’adore 4 mariages et Notting Hill, deux véritables références en terme de comédies romantiques britanniques mais je préfère également Love Actually, moins bisounours contrairement à ce qu’on peut croire.

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  5. Trop de personnages tue les personnages. Or, ici il y a trop de personnages donc de points de vue au point que l’on se demande où est l’intérêt de certains. Je pense aux passages de Laura Linney ou même avec Alan Rickman. Ils ne servent à proprement dit rien, alourdissant un film qui dure quand même trois plombes. Au final je retiens surtout le queutard aux States et Bill Nighy dans un show rock’nrollesque délirant. Et actually ne veut pas dire actuellement en anglais, mais en fait. Donc l’amour en fait. 😉

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  6. @ Borat :
    Pour moi, justement chaque histoire a son intérêt. Justement je trouve les passages avec Linney et Rickman très bons, pour l’une elle trouve son compte dans un amour fraternel, et chez l’autre, c’est une remise en question du mariage.
    Je sais que « actually » signifie « en fait » mais en relisant ma phrase, je trouvais ça très répétitif, ça m’a un peu choqué (en même temps, tu sais que je suis choquée pour pas grand chose). 😉

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  7. J’étais partie de te faire un commentaire comme quoi, je n’ai pas aimé ce film et que je ne comprenais pas pourquoi tout le monde l’adorait, c’était plutôt cucul la praline et pas crédible pour deux sous mais en fait tu m’as fait changer d’avis xD. Oui je suis influençable XD. Plus sérieusement, ton analyse est très pertinente et je vois ce film sous un autre regard maintenant même si ça ne reste pas un inoubliable ^^.

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  8. @ Charlie Dupin :
    Je peux comprendre que ce film rebute, mais j’y ai toujours perçu une forme de mélancolie. Il a l’air culcul mais je ne le trouve pas tant que ça (même s’il l’est un peu, je le reconnais).
    Après je sais que tu préfères Bridget Jones 😮 (effectivement plus réaliste en ce qui concerne notre vie sentimentale – en tout cas la mienne – je suis persuadée que je vais finir seule bouffée par trois bergers allemands)

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  9. Mon commentaire précédent s’est perdu dans la nature je crois alors je recommence, quitte à faire un doublon.
    Je disais que j’adorais ce film. Certains passages sont devenus cultes, comme la danse de Hugh Grant ou l’irrévérence de Bill Nighy. Les personnages sont attachants et drôles et il y a une belle alchimie qui se dégage de ce film. Les américains ont essayé de faire des films à tiroirs dans le même genre avec Valentine’s Day ou New Year’s Eve mais ils fonctionnent moins bien.
    Bref, il est dans ma playlist à chaque Noël!

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  10. @ Mel :
    Pas de doublon en tout cas ici (effectivement il a dû se perdre quelque part 😮 ).
    J’ai pas vu New Year’s Eve mais j’avais regardé Valentine’s day, c’est vrai que c’était très en dessous. Pour moi les anglais restent les rois de la comédie romantique (et même de la comédie tout court).

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  11. Un film CULTE pour moi, je me le filerais en intraveineuse. Love is everywhere, la la la…
    Quelqu’un a-t-il reconnu l’acteur qui écrit des mots doux sur carton à Keira ? C’est Rick dans Walking Dead !

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  12. Il faut partie de mes classiques, un rituel chaque année.
    D’habitude les comédies romantiques m’ennuient mais celle-ci me parait aboutie. Assez de sentiments et d’humour dans un rythme efficace. Je viens d’apprendre la durée du film et j’en suis étonnée !
    Le point fort (faut-il ajouter cette précision à propos d’un film anglais) c’est ÉVIDEMMENT le casting !
    <3<3<3<3<3<3<3<<3<3<3<3 Alan Rickman <3<3<3<3<3<3<3<3<3<3<3<3<3<3
    Personnages totalement burlesque ou plus réaliste, je n'ai vu aucune erreur d'interprète, mention spéciale à Emma Thompson, émouvante. Et c'est très appréciable de voir qu'ils ont, presque tous une carrière suivie. Sauf Hugh Grant, à ma grande surprise, n'a plus fait grand chose depuis quelques années…

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  13. @ AmandineDismoimedia :
    Pareil, je ne suis pas plus fan que ça des comédies romantiques, beaucoup sont niaises, mais celle-ci est bien écrite et bien plus fine que les autres.
    C’est vrai qu’à part faire des gosses à droite et à gauche, Hugh Grant ne fait plus grand chose (dans ma tête, sa dernière apparition remonte à Cloud Atlas).

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