La Belle et la Bête (2014)

réalisé par Christophe Gans

avec Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Audrey Lamy, Sara Giraudeau…

Film fantastique, romance français, allemand. 1h54. 2014.

sortie française : 12 février 2014

La Belle et La Bête

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père.

La Belle et La Bête : Photo Léa Seydoux

La Belle et la Bête, conte apparu pour la première fois en France en 1740 sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, a connu plusieurs adaptations cinématographiques, les plus célèbres étant celle de Jean Cocteau en 1946 et celle pour les studios Disney en 1991. C’est cette fois-ci au tour de Christophe Gans de proposer sa propre adaptation du conte. Tout d’abord, il s’agit pour moi d’un divertissement correct. En effet, tout d’abord, je ne me suis pas ennuyée à redécouvrir le conte qui se concentre davantage sous le point de vue de Belle. Puis, même si je n’ai pas forcément adhéré à tous les choix (la référence à Miyazaki est un peu trop présente et la fin avec les géants de pierre tourne au grand n’importe quoi), Gans a le mérite de nous offrir un très beau spectacle, nous présentant ainsi de magnifiques décors, des costumes sublimes ainsi que de très bons effets spéciaux: on n’a pas forcément l’habitude de voir ça dans le cinéma français. Si elle n’a rien de honteuse, cette nouvelle adaptation du conte ne m’a pas non plus emballée. A part dans quelques scènes (je pense à la scène du bal), tous ces moyens déployés pour créer un beau film visuellement ne parviennent pas à nous faire retranscrire à l’écran de la magie. J’ai eu du mal à croire à cette histoire d’amour principalement car je n’ai pas senti d’alchimie entre Vincent Cassel et Léa Seydoux, même lorsque Belle déclare son amour à la Bête. Pourtant, individuellement, les deux interprètent ne jouent pas si mal que ça.

La Belle et La Bête : Photo Vincent Cassel

Il est parfois difficile de voir réellement le jeu de Cassel en bête, camouflé par ses trois tonnes de maquillage et d’effets numériques – peut-être le seul point qui me fait tiquer en ce qui concerne l’esthétique du film. Cependant, il parvient à faire exister la Bête par sa voix assez envoûtante. De plus, l’acteur est également bon et charismatique dans les flashbacks – là où on le voit sous son aspect humain. Léa Seydoux est également à peu près convaincante dans le rôle de la Belle. Certes, elle s’exprime parfois un peu trop comme si elle interprétait un personnage de notre époque actuelle, mais je trouve qu’elle tire moins la gueule que d’habitude et elle dégage une certaine fraîcheur qui convient pour le rôle. C’est dommage de voir que ça ne colle pas entre Cassel et Seydoux. Après, je ne suis pas sûre que le problème vienne entièrement d’eux. Le scénario est également problématique car l’évolution de la romance est bien trop brusque. Un coup Belle est dégoûtée par la Bête et cinq minutes après, paf c’est l’homme de sa vie ! Si Cassel et Seydoux restent corrects, en revanche, le reste du casting ne m’a pas convaincu. André Dussollier ne joue pas forcément mal mais je l’ai vu plus inspiré et Eduardo Noriega a un jeu bien trop sobre alors qu’il joue tout de même le méchant. Enfin, même si on les voit peu, Audrey Lamy et Sara Giraudeau, qui interprètent les soeurs débiles et capricieuses de Belle, elles sont à côté de la plaque. Elles sont sûrement là pour apporter une touche comique sauf que cela ne fonctionne pas, les personnages sont trop artificiels et même à la limite de l’anachronisme.

La Belle et La Bête : Photo Audrey Lamy, Sara Giraudeau

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15 réflexions au sujet de « La Belle et la Bête (2014) »

  1. Sans doute pour moi une des catastrophes de l’année. Cette vision boursoufflée du conte, livre d’images numériques totalement dépourvu de charme et de poésie, ne me satisfait en rien. Et pourtant, comme j’aime Christophe Gans quand il parle de cinéma.

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  2. Je m’y suis mieux retrouvée, mais je l’ai pris exclusivement pour une très agréable distraction pouvant plaire aux petits comme aux grands, rien de plus. Dommage que l’alchimie ne passe pas vraiment entre les deux acteurs principaux, comme tu le soulignes bien. C’est vrai aussi que l’actrice Léa Seydoux semble bien s’épanouir dans ses belles robes, ce qui la rend enfin plus souriante. Elle m’avait un peu gavée dans le film Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot, toujours à tirer la tête et la bouche boudeuse, le genre de fille qu’on a juste envie d’éviter dans la vraie vie.

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  3. @ Princécranoir :
    Je connais très mal Gans (je n’ai vu que Silent Hill et ça commence à remonter) et honnêtement je n’attendais rien de ce film. Finalement, je ne suis pas déçue puisque je m’attendais à quelque chose de plus dégueulasse (en ce qui me concerne bien sûr). Même si mon jugement est moins sévère que le tien, je vois que nous sommes d’accord sur le fait qu’il n’y a pas d’émotion, ce qui est dommage, vu qu’il s’agit à l’origine d’un très beau conte.

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  4. @ Chez Sentinelle :
    Je vois que nous partageons le même avis sur cette nouvelle version de La Belle et la Bête. 🙂 Comme tu le dis, malgré ses défauts, le film m’a distrait, c’est pour ça que je lui accorde la moyenne.
    Personnellement, même si elle tirait un peu la gueule, j’avais bien aimé Seydoux dans les Adieux à la reine.

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  5. C’est un film décevant car même si on aime Christophe Gans et on retrouve sa patte on s’attendait à mieux. Trop de cgi (même si nécessaire et que le budget est bien utilisé) , pas convaincu de la Bête et on reconnaît Seydoux au début. Mais cela reste pas mal, divertissant et nécessaire pour un cinéma français grand public. Plus que certaines comédies sorties le même mois.

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  6. Christophe Gans est quelqu’un d’intéressant dans le cinéma français. Cela dit, les réactions suscitées par ce film ne me poussent pas vraiment à le voir. Ta chronique renforce mon sentiment.

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  7. Ou un machin qui a coûté trés cher au scénario vide avec un comique qui se croit réalisateur et scénariste et un comique sur le retour.

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