Sous les jupes des filles

réalisé par Audrey Dana

avec Isabelle Adjani, Alice Belaïdi, Laetitia Casta, Audrey Dana, Julie Ferrier, Audrey Fleurot, Marina Hands, Géraldine Nakache, Vanessa Paradis, Alice Taglioni, Sylvie Testud, Stanley Weber, Guillaume Gouix, Pascal Elbé, Alex Lutz, Marc Lavoine…

Comédie française. 1h56. 2014.

sortie française : 4 juin 2014

Sous les jupes des filles

Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes.
Mères de famille, femmes d’affaires, copines, maîtresses ou épouses…
Toutes représentent une facette de la femme d’aujourd’hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes… Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement !

Sous les jupes des filles : Photo Laetitia Casta

Pour son premier long-métrage, Audrey Dana, actrice que j’apprécie même si je ne l’ai pas vu dans beaucoup de films, décide de suivre cette nouvelle vague un poil agaçante mi-girly mi-trash qui semble s’installer en France depuis quelques mois, s’inspirant elle-même de la mode américaine. Dana a voulu savoir ce qu’était la femme du XXIe siècle : pour répondre à cette question, la réalisatrice débutante est allée interroger pendant deux mois des femmes afin de nourrir son scénario. Les intentions de Dana sont tout à fait honorables. Je pensais qu’on aurait droit à du mauvais féminisme (je n’ai rien contre le féminisme – je crois que je suis même un peu féministe – mais je n’approuve pas le comportement de certaines femmes au nom d’un droit) mais Audrey Dana n’a pas la prétention de signer un film féministe. Elle a simplement eu envie de mettre la femme à l’honneur. Hélas, comme je le sentais un peu en regardant la bande-annonce, Dana n’évite pas certains clichés, ceci est d’autant plus énervant venant d’une femme derrière la caméra. En tant que femme (enfin, plutôt jeune fille, pas trop envie de me vieillir), je peux vous assurer que le femme est un être bien plus complexe que les personnages présentés dans le film (nous ne sommes pas toutes des nymphomanes hystériques, okaaaaaay). Je pense que ce problème est sûrement dû à cause du grand nombre de personnages présentés – 11 femmes pour être précise.

Sous les jupes des filles : Photo Vanessa Paradis

Puis, pour pouvoir attirer un public friand du trash – j’imagine les fans d’Apatow – Dana n’évite pas certaines vulgarités (et je me demande comment une femme peut se foutre un tampon dans son lit sans se dégueulasser mais passons sur ce détail très intime et un poil dégueu) même si le film n’est pas autant vulgaire que je l’imaginais et heureusement d’ailleurs. Certaines histoires sont injustement sacrifiées comme celles de Sylvie Testud face à la maladie ou d’Alice Taglioni en Don Juan au féminin – cette dernière n’existe que par le personnage interprété par Nakache. Je n’ai pas également plus aimé que ça la partie avec Julie Ferrier. Certes, l’actrice est drôle dans ce rôle de timbrée et le gag avec l’acteur américain qui serait gay fonctionne bien mais je me demande bien ce qu’a voulu nous dire Dana (la femme aime baiser avec n’importe qui et n’importe où ? ok, on le savait). Je suis persuadée qu’on aurait pu enlever quelques personnages pour pouvoir donner plus de consistance à d’autres personnages. Cependant Sous les jupes des filles reste un film plaisant, divertissant et énergique, permettant ainsi de gommer pas mal de défauts. Même si certaines histoires sont survolées, elles restent intéressantes. Ma partie préférée est celle avec Nakache (assez épatante) en mère de famille fatiguée et délaissée par son mari, qui va avoir des relations homosexuelles pour pouvoir mieux se retrouver.

Sous les jupes des filles : Photo Audrey Fleurot

J’ai également bien aimé la partie avec Vanessa Paradis (parfaite en working seule connasse qui se retrouve sans mari ni amis) qui va devenir amie avec Alice Belaidi (elle apporte un peu de douceur face à toutes ces femmes un peu trop agitées), une jeune femme timide se trouvant dans une situation familiale critique. Laetitia Casta est également très drôle en avocate timide qui se retrouve avec des problèmes gastriques particulièrement gênants dès qu’elle angoisse. Audrey Fleurot est également très juste en femme heureuse en ménage mais ne parvient pas à jouir au pieu : c’est un personnage qui est confronté à une certaine pression sociale. Adjani est également très convaincante en mère hystériques qui n’accepte pas que sa fille puisse avoir une sexualité. Enfin, il y a la partie avec Marina Hands en épouse trompée (au début cruche puis va totalement se lâcher) et Audrey Dana en maîtresse obsédée sexuelle. Certes, les deux actrices sont parfois un peu trop excessives mais je dois pourtant avouer que certaines scènes avec elles m’ont fait rire (rien que les scènes avec Dana sur le canapé en petite tenue ou Hands qui lui explique à quel point une séance d’épilation peut devenir humiliante sont très drôles). Peut-être aussi que cette partie fonctionne grâce à Alex Lutz hilarant en époux infidèle qui se comporte comme un petit garçon dès qu’une femme le jette. Audrey Dana a le mérite d’avoir réuni un casting (qui me faisait peur sur le papier) assez cohérent, équilibré et convaincant. Même si la manière de croiser les personnages est également parfois maladroite, Dana réussit également sa scène finale (le flash mob au Trocadéro) certes un peu too much mais elle reste efficace.

Sous les jupes des filles : Photo Julie Ferrier

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13 réflexions au sujet de « Sous les jupes des filles »

  1. Une comédie plutôt sympa et fun mais le plus ironique est que le meilleur rôle a été donné à un homme! Alex Lutz casse la baraque dans toutes ses séquences et le passage où sa femme le choppe en cas d’infidélité est merveilleux. Il ferme sa gueule et il attend! 🙂 Juste jubilatoire. Par contre le passage du procès n’a rien à faire là. Ça plombe tout le film.

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  2. @ Borat :
    C’est vrai que la scène du procès plombe un peu l’ambiance mais je vois ce qu’a voulu faire Dana. Je crois que ça dérange aussi car le reste du film est assez léger et l’autre histoire plombante (avec Testud) n’est pas réellement développée.

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  3. J’aime bien les films de filles, mais pour celui-ci j’ai relevé le même genre de défauts, et je n’ai pas accroché. Pour moi c’est un film raté, je n’ai pas trouvé, comme toi, de bonnes idées ou de bons moments, d’après ce que je me rappelle, j’ai vraiment pas apprécié cette séance ciné !

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  4. @ Auroreinparis :
    En fait je suis d’accord avec ce que tu dis (d’ailleurs,tout ce que tu dis, j’en parle dans ma critique) mais le film est assez divertissant et les personnages (certes clichés, je ne peux pas te contredire sur ce point non plus) sont, pour moi, attachantes. Je ne sais pas si tu l’as vu, mais dans le même genre, je l’ai préféré aux Gazelles, qui m’a semblé bien plus dégueulasse, bien plus chiant et presque plus prétentieux que celui-ci.

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  5. alors là je te trouve super sympa ma chère killeuse.. pour moi des + de 160 films cette année, je pense qu’il atteint le top 1 de mon flop tant j’ai vu le film en DVD il y a quelques années ( j’ai préféré ne pas le commenter j’aime pas trop faire un billet que pour casser mais j’arrivais pas à trouver un truc positif à dire dessus) et j’ai été assez consterné tout du long de ce film qui commence très mal, continue encore plus mal et finit en apothéose de nullité… pas un seul personnage ou une situation ne m’a paru crédible on est vraiment dans l’outrance, la caricature et certains personnages comme ceux de Testud ou d’Adjani n’ont absolument rien à jouer et disparaissent à mi parcours sans qu’on comprenne pourquoi et le pire est pour moi ce personnage d’Alex Lutz qui enerve du tout long… ah non alors là, je n’ai pas compris le succès de ce film ( celui du bon dieu pas non plus, mais à coté de celui ci ca m’a semblé un chef d’oeuvre) je trouve même aurore gentille avec le film c’est dire :o)

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  6. @ Filou :
    Hey hey je ne suis pas qu’une tueuse 😮
    Plus de 160 films des films sortis au cinéma ??? 😮 😮 😮
    (ahahaha c’est drôle ton erreur sur « quelques années », t’en fais pas, j’avais compris, mais c’est marrant tout de même 😀 😀 ).
    Je suis d’accord avec toi, ce film a ses défauts (il faudrait être de mauvaise foi pour dire le contraire). Mais honnêtement, vu la bande-annonce, je m’attendais à mille fois pire. Disons que je l’attendais surtout sur le propos sur les femmes. Certes, c’est très caricatural, parfois vulgaire, on est d’accord, mais le fait que ce film n’ait aucune prétention a été très important dans mon jugement. Beaucoup de films de ce style revendiquent quelque chose de féministe assez insupportable (par exemple, Les Gazelles, que je n’ai pas cassé pourtant, est gavant sur ce point et dans les revendications de la réalisatrice et de la scénariste) et au final ils contiennent également ce ramassis de bêtises. Je préfère encore le film de Dana qui est comme il est, avec des défauts, des passages parfois agaçants, mais qui reste divertissant et selon moi sympathique.
    Pour ma part j’ai bien aimé le personnage de Lutz, justement c’est un gros con que j’ai adoré détester ! Testud, je suis d’accord, elle est sacrifiée, je trouve cela dommage. Le personnage d’Adjani n’est pas hyper présent (c’est l’éternel problème des films de ce style, qui mettent trop de personnages en place) mais j’ai trouvé le personnage intéressant malgré son côté hystérique (mais j’aime Adjani hystérique).

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