Bilan de l’année 2014

Tout d’abord, bonne annnéééééé (ça c’est fait).

bbdrink

Comme de nombreux blogueurs, je publie à mon tour mon bilan des films sortis cette année.

J’ai vu exactement 74 films sortis cette année. Certes, je me doute bien que certains blogueurs ont réussi à en voir plus et je les félicite car ce n’est pas évident de consacrer du temps à sa passion quand on a une vie privée à côté. Cependant, je ne pense pas que j’ai à rougir. Même si j’ai raté quelques films qui seraient apparemment à voir (Ida, Whiplash, Nightcall, States of Grace, La Grande Aventure Lego ou encore Leviathan), je pense que j’ai réussi à voir suffisamment de films pour pouvoir donner mon jugement sur cette année cinématographique. Dans l’ensemble, même si certains films m’ont vraiment agacée (vous le verrez dans mon flop 10), je trouve cette année plutôt bonne, confirmant qu’il y a encore des réalisateurs nous proposant des films de qualité (important de le préciser vu que nous sommes envahis de suites et de remakes).

Avant de pouvoir entrer dans les détails, j’aimerais tout de même profiter de cet article pour remercier tous mes lecteurs, que ce soit les fidèles, les lecteurs occasionnels, les cinéphiles, les non-cinéphiles et tous les autres spécimens.

 

TOP 10

1. Mommy (Xavier Dolan)

2. Interstellar (Christopher Nolan)

3. Gone Girl (David Fincher)

4. Le conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata)

5. Le vent se lève (Hayao Miyazaki)

6. Pride (Matthew Warchus)

7. Les Combattants (Thomas Cailley)

8. Big Bad Wolves (Aharon Keshales, Navot Papushado)

9. The Grand Budapest Hotel (Wes Anderson)

10. Les Opportunistes (Paolo Virzi)

mommy

Pour être honnête, le top 3 que j’ai établi m’étonne par rapport à mes goûts habituels. Avant d’aller voir Mommy, j’avais envie de dévisser la tête de Dolan, je n’aimais pas particulièrement Nolan (*illumination inutile du jour* Nolan, Dolan… deux noms proches !) et je n’aime pas tous les films de Fincher (surtout Benjamin Button et Millenium). Mommy premier peut paraître presque banal vu le nombre de tops qui l’ont également premier. Suivre les gens comme des moutons n’est pas mon style, d’ailleurs, les gens qui me connaissent le savent. Ce film, qui met en scène un trio d’acteurs fantastique, est à la fois bouleversant et lumineux. De plus, Dolan a énormément progressé, il filme ce qui est réellement utile, il a enfin arrêté de procéder à des démonstrations.

interstellar

Dans un autre style, Interstellar, une odyssée humaniste mettant également en scène des relations compliquées entre parent et enfant, est également extrêmement poignant . Enfin, Gone Girl est à la hauteur du brillant roman de Gillian Flynn. Même en connaissant le dénouement, Fincher a réussi à me captiver et à m’étonner de nouveau. Tout en signant un thriller choc grâce à un scénario (écrit par l’auteure du bouquin) en béton, le réalisateur propose une vision noire du mariage (j’espère qu’il n’y a pas des divorces à cause de ce film) ainsi qu’une réflexion percutante sur les médias. J’ai peur que Rosamund Pike n’ait pas son Oscar, pourtant elle mériterait vraiment de l’emporter.

gonegirl

J’ai également été marquée par les adieux poétiques et déchirants des deux maîtres de l’animation japonaise, Isao Takahata (Le Conte de la princesse Kaguya) et Hayao Miyazaki (Le Vent se lève). Beaucoup s’inquiètent de l’avenir des studios Ghibli. J’ai parfaitement conscience qu’il sera difficile de retrouver des réalisateurs aussi talentueux et peut-être qu’on n’aura plus de chefs-d’oeuvre. Cependant, ayant encore confiance aux studios Ghibli, je continuerai à me déplacer voir leurs films assurés par de jeunes réalisateurs.

kaguya

D’ailleurs, Matthew Warchus et Thomas Cailley prouvent que les jeunes réalisateurs peuvent signer de véritables pépites. Pride et Les Combattants sont les deux meilleurs feel good movies de l’année. Pride, s’inscrivant dans la lignée des meilleures comédies sociales britanniques, est une fabuleuse ode à la tolérance et à la solidarité. Hélas, même dans des pays dits civilisés, cette oeuvre me semble indispensable (La Manif pour tous, prends ça dans la gueule). Quant au long-métrage Les Combattants, il s’agit d’un mélange fabuleux et judicieux entre la comédie romantique, le film de guerre et le film apocalyptique. Kevin Azaïs fait pour moi partie des révélations masculines de l’année et Adèle Haenel est géniale en fille masculine cinglée et butée, qui dit tout ce qui lui passe par la tête et qui fout des coups de boule à tout le monde.

pride

Enfin, je vais terminer sur trois films, certes différents, mais qui partagent comme point  commun la noirceur et le cynisme. Tout d’abord, The Grand Budapest Hotel, qui réunit un casting prestigieux, fait partie des meilleurs films de l’année mais en plus il s’agit selon moi du meilleur film de Wes Anderson. Le réalisateur déjanté signe certainement son long-métrage le plus sombre et le plus mélancolique. Puis, malgré des critiques plus mitigées (je sais que certains vont même se demander ce qu’il fiche là), j’ai énormément aimé Big Bad Wolves. Certes, le film n’est pas ce qu’il y a de plus original (une histoire de vengeance assez classique) pourtant j’ai trouvé le résultat absolument jouissif et captivant jusqu’à la dernière seconde. Enfin, le thriller/drame social Les Opportunistes qui propose une critique féroce de la haute société italienne conclut mon top 10. Je n’ai pas l’impression que ce film ait rencontré un grand succès dans les salles françaises, ce qui est regrettable.

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Flop 10

1. Fiston (Pascal Bourdiaux)

2. Un été à Osage County (John Wells)

3. L’amour est un crime parfait (Jean-Marie et Arnaud Larrieu)

4. How I live now – Maintenant c’est ma vie (Kevin MacDonald)

5. Barbecue (Eric Lavaine)

6. Supercondriaque (Dany Boon)

7. Lucy (Luc Besson)

8. Bande de filles (Céline Sciamma)

9. Under the skin (Jonathan Glazer)

10. Only lovers left alive (Jim Jarmusch)

fiston

Je sais que je n’ai pas fait de cadeaux aux films français, il y en a tout six qui font partie de ce flop 10. Parmi ces six films, trois sont des comédies. Enfin, officiellement car en réalité elles ne sont pas drôles. Je remarque également une chose : ces films ont un titre se limitant à un mot. Visiblement, les Français sont pris pour des incultes ne sachant plus s’exprimer. Fiston est pour moi le pire film de l’année. Kev Adams ne sait décidément pas jouer et Franck Dubosc a l’air de se demander bien ce qu’il fait là, la réalisation est digne de celle de Joséphine, Ange Gardien,  clichés sur les femmes qui deviennent énervants, scénario vide et prévisible (mais qui veut faire croire en plus qu’il ne l’est pas). Malgré une accumulation de défauts, Fiston fait partie des succès de l’année. L’explication de ce succès au box-office ? Les ados en chaleur qui se sont déplacées pour Kev Adams (« wow il est trop beau et trop drôle » mouahahahah la blague). Barbecue est également mauvais. Très mauvais. Une sorte de remake pourri de Peter’s Friends ou des Petits Mouchoirs mais en version pourrie (en gros pas drôle, chiant; des personnages peu sympathiques, les femmes sont des potiches, montage pseudo-laborieux, voix-off agaçante, un casting pas surprenant…). Je le savais rien qu’en voyant la bande-annonce. Hélas, on m’a traîné de force pour voir ce machin. En plus, on voit à peine des barbecues… Enfin, le dernier film de Dany Boon, Supercon Supercondriaque, est également mauvais. Pourtant, sans être une fan absolue de Boon, j’avais bien aimé Bienvenue chez les ch’tis et je trouvais le reste de sa filmo (en tant que réalisateur) correct. Mais là quel grand n’importe quoi ! Sans être bon, le film aurait pu être à peu près correct. Mais Boon parle finalement de tout sauf de la maladie suggérée dans le titre devenu mensonger. Non seulement c’est hors-sujet mais en plus le scénario est totalement tiré par les cheveux (et je suis gentille). En plus, Boon est complètement à côté de la plaque lorsqu’il se met à parler de politique et sa romance avec Alice Pol est niaise et même pas crédible quand on y repense.

supercondriaque

Hélas, deux films d’auteur français m’ont également fortement déçue : L’Amour est un crime parfait et Bande de filles. En ce qui concerne le film des frères Larrieu, il aurait pu être intéressant, notamment avec son atmosphère glaciale mais rien ne marche : scénario vide, absence de tension sexuelle, contrairement à ce qu’il veut faire croire, résultat prétentieux et pseudo-psychologique, scènes irréalistes… De plus, j’ai failli m’endormir à plusieurs reprises. Je me suis demandée quel était l’intérêt de ce film vu qu’on comprend rapidement ce qui s’est passé ? Quant au film de Sciamma, j’ai été très très très déçue alors que je croyais énormément au talent de cette réalisatrice, même si je n’adore pas non plus ses deux précédents films. Le voir figurer dans mon flop ne me réjouit pas forcément mais je dois être honnête avec moi-même : je n’ai rien aimé dans Bande de filles : ni les actrices, ni les personnages, ni l’esthétique, ni le scénario qui est creux et prévisible à des kilomètres, ni les clichés véhiculés (même si la réalisatrice dira que non), ni le titre mensonger, ni les dialogues qui sonnent faux. Je me suis lamentée pendant ces deux heures interminables.

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Enfin, j’ai détesté Lucy, le plus gros succès français à l’étranger. Certes, le film reste divertissant, je dois le reconnaître même si Besson ne peut pas s’empêcher de ressortir ses recettes vieilles comme le monde. Mais sa prétention et sa philosophie à deux balles (monsieur se prend visiblement pour Malick et Kubrick. Et aussi pour un gars qui bosse à National Geographic) ainsi qu’une accumulation délirante de bêtises (amalgames dans les notions, scènes d’action tournant au ridicule, trip sur les animaux etc…) m’ont sidérée. Et contrairement à ce qu’il veut nous faire croire, je soupçonne Besson d’être un peu misogyne. Scarlett Johansson, au passage, très mauvaise dans Lucy, était hélas à l’affiche d’un autre film que j’ai profondément détesté cette année : Under the skin. J’aimais bien Jonathan Glazer, vidéaste pour Radiohead (Street Spirit et Karma Police) et Blur (The Universal) et je n’ai absolument rien contre les films expérimentaux. Certes, je ne dis pas que c’est mauvais techniquement, loin de là, mais cela ne m’a pas sauvé de l’ennui (je ne sais pas même ce qui m’a pris de rester dans la salle, comme tous les autres spectateurs qui ont poussé des soupirs à de nombreuses reprises – comme je les ai compris ce jour-là). Je ne sais même pas de quoi ça parle ce machin interminable… Mais visiblement, certains spectateurs ont trouvé leur intérêt (Scarlett à poil, wow quel événement *ironie et agacement*). Dans le même style, la séance de Only lovers left alive, a également été épouvantable. Pourtant j’aime bien certains films de Jarmusch – j’insiste sur le terme « certains » – et j’étais curieuse de voir sa vision sur le mythe du vampire version rock. Mais là rien ne passe non plus. Pour vous faire un résumé de mon ressenti, il s’agit pour moi d’un interminable clip vide, prétentieux, peu subtil et particulièrement inintéressant (on ne fait que voir des personnages ne rien foutre de leurs journées, avachis comme les candidats de Secret Story et faire trois accords parce que, yeaaah, c’est rock). Ainsi, les délires autour de ce pauvre Christopher Marlowe, des noms de plante ou d’objets dits en latin ou encore des dialogues abrutissants autour du rock et de l’art ou même sur le problème de l’eau me laissent penser que Jarmusch n’était pas dans son état normal lorsqu’il a écrit et réalisé ce film.

lucy

Enfin, dans ce flop, on retrouve tout d’abord le pénible et médiocre Un été à Osage County, drame familial lourdingue et inintéressante dont le but est de voir des personnages superficiels et antipathiques se hurler dessus. Voir Meryl Streep cabotiner fait franchement de la peine, sa nomination aux Oscars est une honte. Je vais terminer mon commentaire sur les flops sur le désastreux How I live now – Maintenant c’est ma vie, qui s’attarde sur la romance entre deux cousins (mais apparemment ne choque personne) sur fond d’une Troisième Guerre Mondiale inexistante. J’ai eu envie de gifler tout le long Daisy une pseudo-rebelle dépressive (les membres de Tokio Hotel passeraient presque pour des rageux) qui se transforme en fleur bleue (son cousin se prénomme « Edddddddddddddiiiiiiiie », t’as pigé ?) ainsi que l’autre mioche qui fait que se plaindre.

howilivenow

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La French

réalisé par Cédric Jimenez

avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Céline Sallette, Mélanie Doutey, Benoit Magimel, Guillaume Gouix, Bruno Todeschini, Cyril Lecomte, Bernard Blancan, Féodor Atkine, Pauline Burlet…

Drame français. 2h15. 2013.

sortie française : 3 décembre 2014

La French

Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier. N’écoutant aucune mise en garde, le juge Michel part seul en croisade contre Gaëtan Zampa, figure emblématique du milieu et parrain intouchable. Mais il va rapidement comprendre que, pour obtenir des résultats, il doit changer ses méthodes.

La French : Photo Jean Dujardin

Après Aux yeux de tous, Cédric Jimenez signe son deuxième long-métrage, La French. French Connection de William Friedkin en 1971 racontait le point de vue américain sur ces immenses réseaux de trafic d’héroïne. Jimenez, qui a grandi à Marseille et dont le père tenait un restaurant à côté du bar du frangin de Gaétan Zampa, a préféré montrer ce qui se passait en France. Malgré un très bon montage, j’ai trouvé qu’il y avait une légère baisse de rythme au milieu du film (à peu près quand Michel lâche quelque temps l’affaire). Cependant, La French est un bon polar assez divertissant, possédant un scénario plutôt solide et une mise en scène efficace. Le film parvient à nous tenir en haleine alors qu’on connaissait déjà l’histoire dont la fin est tragique. Jimenez réussit tout d’abord à rendre un honorable hommage au juge Michel (même si sa famille est mécontente du résultat, le scénario prend apparemment quelques libertés en ce qui concerne sa vie privée), figure de la lutte contre le banditisme marseillais. Puis, la dénonciation d’une police et même d’un gouvernement corrompus est également redoutable. La reconstitution du Marseille des années 1970 est remarquable, la ville parvient à devenir un personnage à part. De plus, contrairement à de nombreux films ou séries, Jimenez a pensé à intégrer des interprètes marseillais (honnêtement, je n’en pouvais plus des parisiens qui jouent des marseillais, et parfois en essayant de prendre l’accent comme des pieds – d’où ma remarque qui peut paraître idiote au premier abord), ce qui fait que le contexte historique est davantage réaliste. Le duel entre le juge Pierre Michel et Gaétan « Tany » Zampa, truand marseillais d’origine napolitaine est également très plaisant à voir. Certes, Jimenez nous propose un combat entre le bien et le mal assez classique mais le film n’est pas non plus manichéen, les personnages étant nuancés (chacun a sa part d’ombre et de lumière).

La French : Photo Gilles Lellouche

De plus, Jean Dujardin et Gilles Lellouche sont excellents dans les rôles principaux. Dujardin confirme qu’il est toujours aussi bon dans des rôles plus dramatiques, j’aime le voir dans ce registre. Le second m’a également surprise. Je n’ai rien contre Lellouche à l’origine mais ses performances ne m’avaient jamais éblouie. Or, il est vraiment épatant dans le rôle de ce bandit qui garde malgré tout une certaine classe physiquement. Même si on le voit peu, j’ai également bien aimé Guillaume Gouix en gentil flic. En revanche, d’autres membres de la distribution sont décevants, en tout cas, leurs personnages ont du mal à trouver leur place. Je m’attendais à voir un Magimel plus explosif vu le surnom de son personnage (« Le Fou »), finalement ce n’est pas vraiment le cas, je suis restée sur ma faim. Les deux principales actrices sont également très mauvaises et leurs personnages totalement délaissées. Pour Mélanie Doutey, qui incarne la femme de Zampa, je ne suis pas étonnée car elle a toujours joué comme un pied. Certes, elle a des vêtements sympas et une chouette coupe de cheveux avec même une coloration très flashy mais elle passe vraiment pour une potiche. Enfin, j’ai également trouvé Céline Sallette très mauvaise. Il parait que c’est la nouvelle coqueluche du cinéma français. Je ne l’ai pas vue suffisamment jouer mais quand on la voit dans ce film, j’ai du mal à comprendre cet enthousiasme. Premièrement, son personnage est inintéressant, juste là à rouler des patins à son mari ou même à montrer son soutif (j’ai l’air de chipoter mais cette scène-là ne sert à rien, mais vraiment à rien – et en plus il n’y a rien à voir). Puis soit elle tire la tronche quoiqu’il arrive soit elle hurle comme un veau pour montrer sa détresse en gesticulant comme une imbécile (au lieu de provoquer de l’émotion, j’avais envie d’éclater de rire, j’ai cru voir une parodie).

La French : Photo Céline Sallette

Love Actually

réalisé par Richard Curtis

avec Hugh Grant, Liam Neeson, Colin Firth, Laura Linney, Emma Thompson, Alan Rickman, Bill Nighy, Keira Knightley, Martine McCutcheon, Chiwetel Ejiofor, Rowan Atkinson, Andrew Lincoln, Billy Bob Thornton, Heike Makatsch, Rodrigo Santoro, Martin Freeman, Joanna Page, Kris Marshall, Lucia Moniz, Thomas Brodie-Sangster…

Comédie romantique britannique. 2h10. 2003.

sortie française : 3 décembre 2003

Love Actually

L’amour est partout, imprévisible, inexplicable, insurmontable. Il frappe quand il veut et souvent, ça fait pas mal de dégâts…
Pour le nouveau Premier Ministre britannique, il va prendre la jolie forme d’une jeune collaboratrice.
Pour l’écrivain au coeur brisé parti se réfugier dans le sud de la France, il surgira d’un lac.
Il s’éloigne de cette femme qui, installée dans une vie de couple ronronnante, suspecte soudain son mari de songer à une autre.
Il se cache derrière les faux-semblants de ce meilleur ami qui aurait bien voulu être autre chose que le témoin du mariage de celle qu’il aime.
Pour ce veuf et son beau-fils, pour cette jeune femme qui adore son collègue, l’amour est l’enjeu, le but, mais également la source d’innombrables complications.
En cette veille de Noël à Londres, ces vies et ces amours vont se croiser, se frôler et se confronter…

Love Actually : Photo Hugh Grant, Martine McCutcheon

Je sais que Noël est déjà passé mais nous sommes encore en période de fêtes, parler de Love Actually, comédie romantique qui se déroule la veille de Noël, me semble encore d’actualité (non il n’y a pas là de jeu de mots pourri avec le titre du film). En toute honnêteté, j’aime regarder ce film à n’importe quelle période de l’année, mais c’est vraiment l’idéal de le revoir à quelques jours de Noël. A l’origine, j’aime énormément le travail de Richard Curtis, co-créateur de la série culte Mr. Bean, scénariste des excellents Quatre mariages et un enterrement et Notting Hill et réalisateur du très bon Good Morning England. J’ai une affection particulière pour Love Actually, je crois même que je l’aime de plus en plus. Le film n’est certainement pas parfait mais pourtant il possède un véritable charme et présente un lot de personnage attachants, on pourra s’identifier à certains d’entre eux. Le film-choral n’est pourtant pas forcément un genre auquel j’adhère mais je trouve l’écriture très bonne, évitant les cafouillages et parvenant à faire passer les 2h10 à la vitesse grand V. Certes, certains personnages sont davantage mis en avant par rapport à d’autres. Cependant, cela ne me gêne pas de voir certaines parties plus ou moins survolées car je ne pense pas qu’elles méritaient d’être plus développées (comme celle de Jack et Judy ou encore celle de Colin). De plus, même si certains personnages restent un peu en retrait par rapport à d’autres, ils arrivent tout de même à trouver leur place et à marquer les esprits. De plus, les histoires sont selon moi plutôt bien reliées entre elles, notamment par un épilogue final se situant dans un aéroport. Love Actually est aujourd’hui une référence dans la comédie romantique. Il est vrai qu’il s’agit d’une des meilleures dans ce genre mais on ne peut pas limiter ce film à des romances guimauves. Pour moi, Curtis a réussi à filmer l’amour sous toutes ses formes, grâce à neuf histoires très plaisantes, mêlant habilement humour et émotion et interprétées par un casting cinq étoiles.

Love Actually : Photo Colin Firth

Il y a tout d’abord l’histoire de David, le Premier Ministre, qui tombe amoureux de sa secrétaire qui a des formes (non, elle n’est pas grosse contrairement à ce que disent d’elle les autres personnages). L’histoire est basique, voire même un peu cliché (une rencontre entre une secrétaire et son boss – et c’est pas n’importe qui le boss en question) mais Curtis arrive à sortir de ce pétrin en nous présentant un Premier Ministre assez délirant (Hugh Grant qui danse sur Jump (from my love) des Pointer Sisters est énooorme) et une secrétaire qui débite un lot de gros mots assez impressionnant en peu de temps. Puis, il y a l’histoire de Daniel, incarné par Liam Neesonn qui vient de perdre son épouse (hélas, comme l’a vécu plus tard l’acteur dans la réalité) mais qui va aider son beau-fils à draguer une certaine Joanna, une camarade américaine qui est dans la même classe que lui. L’histoire aurait pu être très lourde en nous présentant un veuf éploré mais elle ne l’est pas car le film ne s’attarde pas sur ce deuil (et heureusement car je crois que cela aurait crée un trop gros déséquilibre par rapport au ton du film). L’histoire devient même légère car le personnage de Neeson rebondit à travers le jeune Sam qui veut tout faire pour séduire sa Joanna (ahaha le gars qui se met à jouer de la batterie – c’est cliché mais c’est toujours efficace). Cette partie réussit à présenter habilement à la fois la perte d’un amour et un amour de jeunesse. L’amour traverse également les frontières grâce à l’histoire entre un écrivain (Colin Firth) et une charmante portugaise, qui tombent amoureux sans parler la langue de l’autre. L’histoire est touchante car les deux personnages pensent et expriment parfois la même chose malgré une communication bloquée.

Love Actually : Photo Bill Nighy

Les relations amoureuses sont hélas parfois compliquées. L’amour est ainsi remis en question chez Harry (Rickman), qui va plus ou moins tromper son épouse Karen (Emma Thompson) avec une de ses employées qui a le feu au cul. Si je ne cautionne pas ce que fait Harry, qui a tout de même un comportement de connard, le personnage n’est pas non plus totalement antipathique. La scène dans laquelle Karen découvre le pot-aux-roses est très émouvante, évitant de nouveau de tomber dans du larmoyant. Au contraire, la scène est même très pudique et finalement plus réaliste. L’histoire avec Andrew Lincoln (c’était avant qu’il bute des zombies), fou amoureux de l’épouse de son meilleur ami, interprétée par Keira Knightley (il y a de quoi – elle est vraiment belle dans le film), est également très émouvante (oui, la scène avec ses pancartes a tendance à me faire fondre en larmes), préférant sacrifier une possible histoire d’amour pour ne pas trahir son meilleur ami. L’amitié est également traité au coeur de la partie mettant en scène Billy Mack, incarné par un Bill Nighy vraiment en forme. Cette rockstar qui raconte à peu près n’importe quoi dans les médias (« heyyyy les jeunes, n’achetez pas de drogue car quand on devient rockstar, elle est gratuiiiite ») et fait aussi n’importe quoi (depuis, je ne vois plus le groupe Blue de la même manière) retrouve le succès avec une chanson de Noël plutôt merdique (un dérivé de Love is all around, utilisée dans Quatre mariages et un enterrement). Pour fêter cela, il préfère passer sa soirée de Noël avec son manager Joe en se saoulant la gueule et en regardant des films porno (oui, c’est très classe tout ça) qui le supporte depuis des années au lieu d’être en compagnie d’Elton John.

Love Actually : Photo Liam Neeson, Thomas Brodie-Sangster

L’amour fraternel n’est également pas oublié : en effet, Sarah (Laura Linney, très touchante), réussit à passer une soirée avec son collègue de travail Karl dont elle est follement amoureuse (précisons que tout le monde sait qu’elle le kiffe depuis pratiquement deux ans) mais va finalement privilégier sa relation avec son frère (probablement autiste) qui l’appelle toutes les cinq minutes. Curtis exploite aussi l’amour sous un point de vue plus sexuel. Il y a tout d’abord la rencontre entre Jack et Judy (Martin Freeman et Joanna Page) deux doublures de scènes intimes. D’un côté, cette partie est drôle car on voit les deux personnages en train de parler comme s’il s’agissait d’une conversation parfaitement banale, à part qu’ils miment des positions sexuelles. De l’autre, malgré le rapprochement physique, en dehors du tournage, Jack et Judy sont assez pudiques et timides. La romance qui naît doucement entre les deux est étonnamment touchante. Enfin, la dernière histoire, un peu plus en retrait, est celle de Colin (Kris Marshall), qui en a marre des Anglaises (il les juge trop coincées) et compte séduire les Américaines (évidemment pas n’importe lesquelles, genre des bombasses sortant de FHM) avec son accent british. Même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’amour comme on pourrait le concevoir, Colin trouve son bonheur en réalisant ses fantasmes. Le fait d’avoir relier ces histoires au thème de Noël est également judicieux, cela crée une cohérence nécessaire entre les personnages et je crois aussi que cela permet d’accentuer encore plus la magie entre les histoires d’amour. Le film est également servi par une très bonne bande-originale, qui correspond au sujet du film Pour conclure, Love Actually n’est certainement pas un chef-d’oeuvre et pourtant c’est un film qui fait un bien fou, il est pratiquement devenu un film de chevet en ce qui me concerne.

Love Actually : Photo Andrew Lincoln

La Belle et la Bête (2014)

réalisé par Christophe Gans

avec Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Audrey Lamy, Sara Giraudeau…

Film fantastique, romance français, allemand. 1h54. 2014.

sortie française : 12 février 2014

La Belle et La Bête

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce. Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose. Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père.

La Belle et La Bête : Photo Léa Seydoux

La Belle et la Bête, conte apparu pour la première fois en France en 1740 sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, a connu plusieurs adaptations cinématographiques, les plus célèbres étant celle de Jean Cocteau en 1946 et celle pour les studios Disney en 1991. C’est cette fois-ci au tour de Christophe Gans de proposer sa propre adaptation du conte. Tout d’abord, il s’agit pour moi d’un divertissement correct. En effet, tout d’abord, je ne me suis pas ennuyée à redécouvrir le conte qui se concentre davantage sous le point de vue de Belle. Puis, même si je n’ai pas forcément adhéré à tous les choix (la référence à Miyazaki est un peu trop présente et la fin avec les géants de pierre tourne au grand n’importe quoi), Gans a le mérite de nous offrir un très beau spectacle, nous présentant ainsi de magnifiques décors, des costumes sublimes ainsi que de très bons effets spéciaux: on n’a pas forcément l’habitude de voir ça dans le cinéma français. Si elle n’a rien de honteuse, cette nouvelle adaptation du conte ne m’a pas non plus emballée. A part dans quelques scènes (je pense à la scène du bal), tous ces moyens déployés pour créer un beau film visuellement ne parviennent pas à nous faire retranscrire à l’écran de la magie. J’ai eu du mal à croire à cette histoire d’amour principalement car je n’ai pas senti d’alchimie entre Vincent Cassel et Léa Seydoux, même lorsque Belle déclare son amour à la Bête. Pourtant, individuellement, les deux interprètent ne jouent pas si mal que ça.

La Belle et La Bête : Photo Vincent Cassel

Il est parfois difficile de voir réellement le jeu de Cassel en bête, camouflé par ses trois tonnes de maquillage et d’effets numériques – peut-être le seul point qui me fait tiquer en ce qui concerne l’esthétique du film. Cependant, il parvient à faire exister la Bête par sa voix assez envoûtante. De plus, l’acteur est également bon et charismatique dans les flashbacks – là où on le voit sous son aspect humain. Léa Seydoux est également à peu près convaincante dans le rôle de la Belle. Certes, elle s’exprime parfois un peu trop comme si elle interprétait un personnage de notre époque actuelle, mais je trouve qu’elle tire moins la gueule que d’habitude et elle dégage une certaine fraîcheur qui convient pour le rôle. C’est dommage de voir que ça ne colle pas entre Cassel et Seydoux. Après, je ne suis pas sûre que le problème vienne entièrement d’eux. Le scénario est également problématique car l’évolution de la romance est bien trop brusque. Un coup Belle est dégoûtée par la Bête et cinq minutes après, paf c’est l’homme de sa vie ! Si Cassel et Seydoux restent corrects, en revanche, le reste du casting ne m’a pas convaincu. André Dussollier ne joue pas forcément mal mais je l’ai vu plus inspiré et Eduardo Noriega a un jeu bien trop sobre alors qu’il joue tout de même le méchant. Enfin, même si on les voit peu, Audrey Lamy et Sara Giraudeau, qui interprètent les soeurs débiles et capricieuses de Belle, elles sont à côté de la plaque. Elles sont sûrement là pour apporter une touche comique sauf que cela ne fonctionne pas, les personnages sont trop artificiels et même à la limite de l’anachronisme.

La Belle et La Bête : Photo Audrey Lamy, Sara Giraudeau

Les Opportunistes

réalisé par Paolo Virzi

avec Valeria Bruni Tedeschi, Fabrizio Bentivoglio, Valeria Golino, Fabrizio Gifuni, Matilde Gioli, Guglielmo Pinelli, Giovanni Anzaldo, Luigi Lo Cascio…

titre original : Il capitale umano

Drame italien. 1h50. 2013.

sortie française : 19 novembre 2014

Les opportunistes

Près du Lac de Côme en Italie. Les familles de la richissime Carla Bernaschi et de Dino Ossola, agent immobilier au bord de la faillite, sont liées par une même obsession : l’argent. Un accident la veille de Noël va brutalement changer leurs destins.

Les opportunistes : Photo Valeria Bruni Tedeschi

Les Opportunistes, adapté du roman Human Capital de l’Américain Stephen Amidon, a remporté sept Donatello Awards dont meilleur film, meilleur scénario, meilleure actrice (Valeria Bruni Tedeschi), meilleure actrice dans un second rôle (Valeria Golino) ou meilleur acteur dans un second rôle (Fabrizio Gifuni). J’étais curieuse de découvrir le fameux film qui a réussi à battre La Grande Bellezza : certes, le merveilleux film de Sorrentino n’est pas reparti les mains vides (pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité, Sorrentino et Servillo ont été récompensés par l’académie du cinéma italien) mais voir le grand gagnant des European Film Awards et de l’Oscar du meilleur film étranger se faire battre dans la catégorie la plus importante dans son propre pays avait de quoi susciter ma curiosité. Certes, j’aurais préféré voir La Grande Bellezza gagner le prix du meilleur film (il faut dire que je vénère ce film), cependant, Les Opportunistes est selon moi un excellent film, qui prouve bien que le cinéma italien est loin d’être mort. Le long-métrage de Paolo Virzi (Chaque jour que Dieu fait, La prima cosa bella) est organisé autour d’un accident de voiture, que les spectateurs découvrent au début. Ainsi, le film va être divisé en quatre chapitres. Tout d’abord, les trois premiers (« Dino », « Carla » et « Serena ») nous montrent le point de vue d’un personnage, permettant aux spectateurs petit à petit de découvrir la vérité.

Les opportunistes : Photo Fabrizio Bentivoglio, Valeria Golino

Quant au tout dernier chapitre, qui est en réalité la conclusion de l’histoire, s’intitule, comme le titre original du film, « Le capital humain ». Ce terme, d’abord en rapport avec l’accident de voiture, est calculé par les assurances sur la base de l’espérance de vie, du revenu potentiel, du nombre et de la qualité des relations affectives du défunt. Le titre – qui a bien plus impact que le titre français – va alors prendre tout son sens. Paolo Virzi signe un puissant drame social et familial sous des allures de thriller dans lequel il n’hésite pas à présenter la haute société italienne  actuelle sous son plus mauvais jour, c’est-à-dire cupide, cynique et surtout sans aucune morale. Ainsi, il n’y a pas de place pour les sentiments (Dino qui n’hésite pas à trahir sa propre fille juste pour l’appât du gain), chacun pense surtout à ses intérêts et veut sauver les apparences (le cas de Carla qui reste avec son connard d’époux méprisant). Le scénario habile, la mise en scène soignée et le montage efficace rythment le film en évitant des éventuelles répétitions, qui auraient pu avoir lieu avec l’alternance des points de vue, sans perdre les spectateurs en cours de route. Enfin, le casting est excellent, que ce soit les acteurs connus du grand public comme Valeria Bruni Tedeschi (parfaite en femme qui constate bien l’illusion et l’hypocrisie de son milieu) ou Fabrizio Bentivoglio (formidable en agent immobilier cupide et dénué d’humanité) ou encore les moins connus comme la jeune Matilde Gioli, qui incarne la touchante Serena.

Les opportunistes : Photo Giovanni Anzaldo, Matilde Gioli

Sous les jupes des filles

réalisé par Audrey Dana

avec Isabelle Adjani, Alice Belaïdi, Laetitia Casta, Audrey Dana, Julie Ferrier, Audrey Fleurot, Marina Hands, Géraldine Nakache, Vanessa Paradis, Alice Taglioni, Sylvie Testud, Stanley Weber, Guillaume Gouix, Pascal Elbé, Alex Lutz, Marc Lavoine…

Comédie française. 1h56. 2014.

sortie française : 4 juin 2014

Sous les jupes des filles

Paris. 28 premiers jours du printemps. 11 femmes.
Mères de famille, femmes d’affaires, copines, maîtresses ou épouses…
Toutes représentent une facette de la femme d’aujourd’hui : Complexes, joyeuses, complexées, explosives, insolentes, surprenantes… Bref, un être paradoxal, totalement déboussolé, définitivement vivant, FEMMES tout simplement !

Sous les jupes des filles : Photo Laetitia Casta

Pour son premier long-métrage, Audrey Dana, actrice que j’apprécie même si je ne l’ai pas vu dans beaucoup de films, décide de suivre cette nouvelle vague un poil agaçante mi-girly mi-trash qui semble s’installer en France depuis quelques mois, s’inspirant elle-même de la mode américaine. Dana a voulu savoir ce qu’était la femme du XXIe siècle : pour répondre à cette question, la réalisatrice débutante est allée interroger pendant deux mois des femmes afin de nourrir son scénario. Les intentions de Dana sont tout à fait honorables. Je pensais qu’on aurait droit à du mauvais féminisme (je n’ai rien contre le féminisme – je crois que je suis même un peu féministe – mais je n’approuve pas le comportement de certaines femmes au nom d’un droit) mais Audrey Dana n’a pas la prétention de signer un film féministe. Elle a simplement eu envie de mettre la femme à l’honneur. Hélas, comme je le sentais un peu en regardant la bande-annonce, Dana n’évite pas certains clichés, ceci est d’autant plus énervant venant d’une femme derrière la caméra. En tant que femme (enfin, plutôt jeune fille, pas trop envie de me vieillir), je peux vous assurer que le femme est un être bien plus complexe que les personnages présentés dans le film (nous ne sommes pas toutes des nymphomanes hystériques, okaaaaaay). Je pense que ce problème est sûrement dû à cause du grand nombre de personnages présentés – 11 femmes pour être précise.

Sous les jupes des filles : Photo Vanessa Paradis

Puis, pour pouvoir attirer un public friand du trash – j’imagine les fans d’Apatow – Dana n’évite pas certaines vulgarités (et je me demande comment une femme peut se foutre un tampon dans son lit sans se dégueulasser mais passons sur ce détail très intime et un poil dégueu) même si le film n’est pas autant vulgaire que je l’imaginais et heureusement d’ailleurs. Certaines histoires sont injustement sacrifiées comme celles de Sylvie Testud face à la maladie ou d’Alice Taglioni en Don Juan au féminin – cette dernière n’existe que par le personnage interprété par Nakache. Je n’ai pas également plus aimé que ça la partie avec Julie Ferrier. Certes, l’actrice est drôle dans ce rôle de timbrée et le gag avec l’acteur américain qui serait gay fonctionne bien mais je me demande bien ce qu’a voulu nous dire Dana (la femme aime baiser avec n’importe qui et n’importe où ? ok, on le savait). Je suis persuadée qu’on aurait pu enlever quelques personnages pour pouvoir donner plus de consistance à d’autres personnages. Cependant Sous les jupes des filles reste un film plaisant, divertissant et énergique, permettant ainsi de gommer pas mal de défauts. Même si certaines histoires sont survolées, elles restent intéressantes. Ma partie préférée est celle avec Nakache (assez épatante) en mère de famille fatiguée et délaissée par son mari, qui va avoir des relations homosexuelles pour pouvoir mieux se retrouver.

Sous les jupes des filles : Photo Audrey Fleurot

J’ai également bien aimé la partie avec Vanessa Paradis (parfaite en working seule connasse qui se retrouve sans mari ni amis) qui va devenir amie avec Alice Belaidi (elle apporte un peu de douceur face à toutes ces femmes un peu trop agitées), une jeune femme timide se trouvant dans une situation familiale critique. Laetitia Casta est également très drôle en avocate timide qui se retrouve avec des problèmes gastriques particulièrement gênants dès qu’elle angoisse. Audrey Fleurot est également très juste en femme heureuse en ménage mais ne parvient pas à jouir au pieu : c’est un personnage qui est confronté à une certaine pression sociale. Adjani est également très convaincante en mère hystériques qui n’accepte pas que sa fille puisse avoir une sexualité. Enfin, il y a la partie avec Marina Hands en épouse trompée (au début cruche puis va totalement se lâcher) et Audrey Dana en maîtresse obsédée sexuelle. Certes, les deux actrices sont parfois un peu trop excessives mais je dois pourtant avouer que certaines scènes avec elles m’ont fait rire (rien que les scènes avec Dana sur le canapé en petite tenue ou Hands qui lui explique à quel point une séance d’épilation peut devenir humiliante sont très drôles). Peut-être aussi que cette partie fonctionne grâce à Alex Lutz hilarant en époux infidèle qui se comporte comme un petit garçon dès qu’une femme le jette. Audrey Dana a le mérite d’avoir réuni un casting (qui me faisait peur sur le papier) assez cohérent, équilibré et convaincant. Même si la manière de croiser les personnages est également parfois maladroite, Dana réussit également sa scène finale (le flash mob au Trocadéro) certes un peu too much mais elle reste efficace.

Sous les jupes des filles : Photo Julie Ferrier

Magic in the moonlight

réalisé par Woody Allen

avec Colin Firth, Emma Stone, Simon McBurney, Marcia Gay Harden, Eileen Atkins, Hamish Linklater, Jacki Weaver, Catherine McCormack, Lionel Abelanski…

Comédie romantique américaine. 1h38. 2014.

sortie française : 22 octobre 2014

Magic in the Moonlight

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

Quasiment toutes les années, le prolifique Woody Allen offre à son fidèle public son nouveau film. Avec lui, personnellement, j’ai toujours du mal à savoir si je vais être conquise ou carrément détestée (il faut dire qu’il tourne beaucoup – c’est peut-être normal qu’il y ait des ratés dans le lot). Mais décidément, depuis Minuit à Paris, Allen a retrouvé l’inspiration et ça fait plutôt plaisir à voir. Magic in the moonlight est une jolie réussite, assez divertissante et rafraîchissante. On retrouve tout ce qui fait le charme des films d’Allen (quand ils sont bons évidemment), c’est-à-dire une mise en scène élégante et des répliques percutantes. En mettant en scène des personnages pratiquant l’illusion chacun à leur manière et en installant son histoire dans la Provence des années 1920, Woody Allen parvient à signer une comédie romantique pétillante qui montre avec efficacité la naissance des sentiments amoureux. La magie de l’amour à laquelle succombent les personnages fonctionne grâce à plusieurs éléments mis en place, comme la photographie lumineuse ou encore la musique jazz qu’Allen aime tant. S’ajoute à cette jolie romance les réflexions philosophiques et spirituelles alléniennes. En montrant les limites de la raison, Allen s’interroge sur le pouvoir de l’illusion : en quoi l’homme a-t-il besoin de l’illusion dans son existence, et même plus généralement, pourquoi a-t-il besoin de Dieu ?

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

L’illusion est également un sujet qui parle au réalisateur et à ses spectateurs, puisque le cinéma n’est-il pas en lui-même synonyme d’illusion ? Enfin, le film séduit également grâce à l’alchimie entre les deux acteurs principaux. On n’a pas forcément l’habitude de voir Colin Firth dans un registre comique, en tout cas il est excellent dans le rôle de ce misanthrope so british un peu trop sûr de lui. Quant à Emma Stone, j’ai toujours trouvé qu’elle avait un potentiel mais je ne pense pas que ses précédents films aient réellement dévoilé son talent. Ici, elle a enfin la chance de pouvoir montrer de quoi elle est capable et je dois dire que je n’ai pas été déçue, bien au contraire. Elle est à la fois pétillante et candide et elle est très drôle dans les scènes dans lesquelles elle se prend pour une grande médium. Cependant, je n’ai pas non plus adoré : il manque selon moi, comme dans son précédent film Blue Jasmine, un petit quelque chose pour que le résultat emballe totalement. Peut-être que le côté léger et romantique l’emporte un peu trop, le propos est peut-être un peu trop atténué. De plus, même si j’ai pris du plaisir à regarder ce film, on ne peut pas dire non plus qu’il surprend, surtout quand on connait l’univers du réalisateur. Malgré ces quelques bémols, Magic in the moonlight reste un bon film qui m’a donné le sourire tout le long.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth

Hunger Games – La Révolte : Partie 1

réalisé par Francis Lawrence

avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Julianne Moore, Philip Seymour Hoffman, Jeffrey Wright, Stanley Tucci, Donald Sutherland, Willow Shields, Sam Claflin, Mahershala Ali, Jena Malone, Natalie Dormer, Evan Ross, Elden Henson, Wes Chatham, Robert Knepper…

titre original : The Hunger Games – Mockingjay : Part 1

Film de science-fiction, drame américain. 2h. 2014.

sortie française : 19 novembre 2014

Hunger Games - La Révolte : Partie 1

Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir. Hunger Games - La Révolte : Partie 1 : Photo Jennifer Lawrence, Julianne Moore Comme vous l’avez lu précédemment, Hunger Games – L’Embrasement m’avait déçue, j’avais l’impression que l’histoire n’avançait pas et se répétait. Cependant, la fin du film laissait présager enfin du changement. Et puis, j’apprends que le troisième volet, La Révolte, serait, comme Harry Potter et Twilight, divisé en deux parties. Je reconnais qu’il est difficile d’émettre un jugement quand on n’a pas lu le livre, mais je constate que Hunger Games – La Révolte ne comporte 400 pages (et les mots sont écrits plutôt en gros). Hélas, le résultat me confirme que ces deux parties n’existent que dans un but commercial. Décidément, je trouve que la qualité de la saga baisse de film en film. Effectivement, on a enfin droit à une évolution dans l’histoire, fini les Hunger Games, Katniss et ses amis ne comportent plus être des victimes mais au contraire sont là pour botter des culs. Sauf que… cette saga est toujours aussi chiante. Encore une fois, il ne se passe rien. On doit subir deux heures de bavardages inutiles et des scènes qui traînent en longueur (histoire de nous dire « ouaaaais mais c’était utile les deux parties, y a plein de trucs à raconter, même des trucs dont tout le monde se fout, patati patata ») pour introduire la future révolte. Ca commence à devenir un peu long cette introduction (car le 2 était déjà plus ou moins une introduction), ça commence à bien faire, non ? Hunger Games - La Révolte : Partie 1 : Photo Jennifer Lawrence Le triangle amoureux est également toujours aussi agaçant, voire peut-être plus qu’avant, étant donné qu’il est davantage développé pour mon plus grand malheur. Cela est sincèrement navrant de voir Katniss se rabaisser à choisir entre le fade Gale (je cherche encore l’utilité de ce personnage) et les yeux de cocker de Peeta. Cela est également pénible de voir la jeune héroïne couiner tout le long « Peeeeeta » juste à côté de Gale, soi-disant son mec (depuis le début, ils n’ont pas du tout l’air amoureux, mais bon on va dire qu’ils ont été ensemble). Cependant, malgré mon agacement, je n’ai pas non plus détesté ce film. Etrangement, je ne me suis pas totalement ennuyée, cette saga semble avoir encore de l’intérêt. La critique des médias reste toujours aussi pertinente, peut-être même plus que dans les précédents films. Bien que j’ai trouvé le personnage de Cressida (Natalie Dormer avec un crâne demi-rasé et des tatouages un peu partout) pas suffisamment mis en avant, la mise en scène des médias via les publicités et les spots reste réussie. Finalement, on est pratiquement face à une mise en abyme. Je m’aperçois également d’une chose : en réalité, cette critique des médias, instaurée depuis le début de la saga, devient plus forte que le film en lui-même, je dirais même qu’elle le sauve. Dans l’ensemble, le casting reste satisfaisant. Bien que Jennifer Lawrence tire un peu trop la gueule, je la trouve tout de même toujours aussi convaincante dans le rôle de Katniss. Hunger Games - La Révolte : Partie 1 : Photo Natalie Dormer

Interstellar

réalisé par Christopher Nolan

avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine, John Lithgow, Casey Affleck, Mackenzie Foy, Wes Bentley, Timothée Chalamée, David Gyasi, David Oyelowo, Ellen Burstyn, Matt Damon…

Film de science-fiction américain. 2h50. 2014.

sortie française : 5 novembre 2014

Interstellar

Le film raconte les aventures d’un groupe d’explorateurs qui utilisent une faille récemment découverte dans l’espace-temps afin de repousser les limites humaines et partir à la conquête des distances astronomiques dans un voyage interstellaire.

Interstellar : Photo Anne Hathaway, David Gyasi, Matthew McConaughey

J’ai mis du temps à aller voir Interstellar au cinéma, pratiquement un mois après sa sortie. Le film avait beau m’attirer, les critiques étant, dans l’ensemble, plutôt bonnes, j’avais pourtant quelques réserves (et le manque de temps n’a sûrement rien arrangé). En effet, à part Memento que je trouve vraiment excellent, je n’aime pas forcément le travail de Nolan malgré un talent évident. Pour ceux qui ne me connaissent pas, j’aime bien Batman Begins mais j’ai énormément de mal avec The Dark Knight (pourtant si aimé par le public) et The Dark Knight Rises. Je n’ai également pas aimé Le Prestige, qui m’ennuie énormément (peut-être à cause du fameux « truc » que j’ai deviné très tôt et qui m’a sûrement plombé mon visionnage). Quant à Inception, je trouve qu’il s’agit d’un très bon divertissement, remontant le niveau des blockbusters, mais le mix Paprika de Satoshi Kon / Philip K. Dick / Kubrick me dérange beaucoup. Cependant, j’ai voulu donner à Interstellar sa chance, en essayant de ne prendre aucun parti. Avant d’aller le voir, j’ai ôté de mon esprit toutes les critiques que j’avais lues et j’ai tout fait pour ne pas avoir une dent d’avance contre Nolan, qui commençait alors à m’agacer ces derniers temps. A ma grande surprise, j’ai adoré ce film. Beaucoup d’expressions pourraient désigner ce film mais je dirais qu’il s’agit d’une odyssée spatiale puissante et bouleversante humaniste, s’apparentant à un conte humaniste, philosophique, métaphysique, écologiste et tragique. Interstellar fait pour moi partie des meilleurs sortis au cinéma cette année.

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Comme promis, Nolan nous offre un magnifique spectacle en mettant le paquet sur des effets spéciaux grandioses et sur une reconstitution époustouflante de l’espace. Mais heureusement, le film ne se limite pas qu’à une formidable expérience visuelle maîtrisée. L’histoire en elle-même est très émouvante. Je dois même avouer que j’étais souvent au bord des larmes. J’ai totalement adhéré au lien qui unit la relation fusionnelle entre Cooper et sa fille Murphy avec le voyage dans l’espace-temps. Je n’ai pas de connaissances scientifiques (je me suis tapée 7 au bac de SVT/physique et c’était cher payé), il y a probablement des erreurs sur des faits. Mais l’histoire est pour moi bien racontée et le film en lui-même est si captivant que j’ai « oublié » ce possible problème durant la séance. Il est également si scotchant que je n’ai également pas vu passer les 2h50, que je redoutais pourtant. Quant au langage scientifique employé par les personnages, il est complexe pourtant je ne me suis pas sentie perdue face aux dialogues. La musique délicate de Hans Zimmer, qui contribue à l’atmosphère visuelle et émotionnelle, m’a également séduite. Enfin, le casting est vraiment bon. Matthew McConaughey montre encore une fois l’étendue de son talent en incarnant ce père astronaute avec beaucoup de justesse. Je n’aime pas spécialement Anne Hathaway, même si je n’ai rien contre elle et qu’elle m’a parfois plu dans des films, mais je remarque qu’elle est toujours à l’aise dans les films de Nolan (oui, je l’avais bien aimé en Catwoman dans The Dark Knight Rises). J’ai même trouvé l’actrice assez émouvante. Enfin, Jessica Chastain, qu’on voit pourtant peu, livre également une interprétation remarquable.

Interstellar : Photo Jessica Chastain

Hunger Games – L’Embrasement

réalisé par Francis Lawrence

avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Lenny Kravitz, Philip Seymour Hoffman, Jeffrey Wright, Stanley Tucci, Donald Sutherland, Willow Shields, Sam Claflin, Lynn Cohen, Jena Malone, Amanda Plummer, Paula Malcomson, Toby Jones…

titre original : The Hunger Games – Catching Fire

Film de science-fiction, aventure américain. 2h26. 2013.

sortie française : 27 novembre 2013

Hunger Games - L'embrasement

Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark.
Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Hunger Games - L'embrasement : Photo Jennifer Lawrence, Stanley Tucci

Malgré les défauts que j’avais évoqués la dernière fois, j’avais beaucoup aimé le premier Hunger Games. J’avais hâte de connaître la suite des aventures de Katniss imaginées par Suzanne Collins. Pour ce deuxième volet, ce n’est plus Gary Ross et sa shaky cam épuisante mais Francis Lawrence, réalisateurs de clips pour de nombreux artistes (Avril Lavigne, Lady Gaga, Green Day, Pussycat Dolls, Beyoncé…) ainsi de quelques longs-métrages, comme Constantine, Je suis une légende ou encore De l’eau pour les éléphants. Je ne suis pas spécialement fan de son travail mais cette nouvelle pouvait me réjouir : goodbye la caméra qui bouge tellement dans tous les sens que t’as envie de gerber. Il faut avouer que c’est bien mieux ainsi car on voit vraiment ce qui se passe à l’écran. Cependant, ce nouvel épisode ne m’a pas vraiment emballé. J’ai eu l’impression de revoir le premier film de la saga, en retrouvant un schéma scénaristique similaire. En gros, Hunger Games : L’Embrasement nous raconte pratiquement la même histoire, avec quelques petits changement par-ci et par là, histoire de faire croire aux spectateurs qu’ils ne sont pas pris pour des cons. Le fait que le film se répète peut déjà en soi nous ennuyer. Pire : il manque cruellement de rythme, on a l’impression qu’il ne décolle jamais. Le film de Ross donnait envie de gerber mais au moins je le trouvais rythmé.

Hunger Games - L'embrasement : Photo Jennifer Lawrence, Sam Claflin

J’ai parfaitement conscience que beaucoup de spectateurs ont préféré le film de Lawrence à celui de Ross. Mais, personnellement, je trouve clairement ce deuxième épisode très en dessous. Cependant, je n’arrive pas non plus à le détester. Certes, le film n’a pas réussi à me divertir. Je trouve également le triangle amoureux entre Katniss, Peeta et Gale toujours aussi agaçant, juste là pour satisfaire les ados en chaleur. Mais Hunger Games : L’Embrasement comporte tout de même un lot de scènes d’action efficaces et servies par de très bons effets spéciaux, me permettant de ne pas sombrer totalement dans un sommeil profond. Puis, à l’image de toute la saga, ce blockbuster parvient toujours à mettre en avant un propos pertinent sur la place des médias dans un régime totalitaire. Ensuite, même si on finit par faire une overdose de costumes extravagants (qui, à la fois, se justifient et fatiguent), l’univers proposé réussit toujours à me séduire. La reconstitution des districts et des jeux est particulièrement remarquable. De plus, même si le long-métrage ne m’a pas spécialement emballée, la fin me donnait envie de découvrir le troisième et dernier épisode, découpé en deux parties. Enfin, le casting est toujours aussi convaincant. En tête, Jennifer Lawrence, devenue une star bankable grâce à la saga, incarne avec beaucoup de conviction Katniss Everdeen.

Hunger Games - L'embrasement : Photo Elizabeth Banks, Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson

Absolutely Fabulous

Créée par Jennifer Saunders et Dawn French

avec Jennifer Saunders, Joanna Lumley, Julia Sawalha, Jane Horrocks, June Whitfield…

Série comique britannique. 5 saisons. 1992-2004.

Elles sont vieilles, elles sont liftées, elles boivent comme des trous et elles jurent à longueur de journée ! Patsy et Edina nous entraînent dans leur quotidien déjanté…

Jennifer Saunders et Dawn French (la Grosse Dame dans Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, c’était elle) formaient un duo depuis 1987 dans une série comique, diffusée sur la BBC Two intitulée tout simplement French and Saunders. Ce show est principalement connu pour ses parodies, que ce soit de films (Titanic, La leçon de piano ou plus récemment dans une émission spéciale Mamma Mia), de séries (Dr Quinn, Alerte à Malibu…) ou encore de chanteurs ou groupes de musique (Madonna, Britney Spears, Abba, Alanis Morissette, Boyzone, U2, The Corrs, Cher, The White Stripes…). Si vous avez envie de vous faire une idée, je ne peux que vous conseiller d’aller regarder certains de ces sketchs sur Youtube par exemple. C’est dans l’un des sketchs, que vous pouvez regarder ici, que va naître une autre série, encore plus culte : Absolutely Fabulous. Cette série a duré cinq saisons de 6 à 8 épisodes en moyenne, chaque épisode durant trente minutes. Il y a eu également des épisodes en hors saison (comme récemment celui qui se déroule pendant les derniers Jeux Olympiques). Le générique, également culte, est une reprise de This Wheel’s on Fire par Julie Driscoll et Adrian Edmondson. Hélas, la série a aussi connu une abominable adaptation française, par Gabriel Aghion en 2001, intitulée simplement Absolument fabuleux, avec des Josiane Balasko et Nathalie Baye jouant comme des pieds (et je suis gentille).

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Edina « Eddy » Monsoon (Jennifer Saunders) et Patsy Stone (Joanna Lumley) sont deux amies officiellement quarantenaires (car on sait tous que Patsy ment sur son âge), qui ne sont pas encore sorties des années 1960/1970. Elles ont toutes les deux une passion pour le sexe, les clopes, la drogue, l’alcool, la mode et la chirurgie esthétique. Eddy, qui dirige sa société de relations publiques (même si elle ne bosse pas des masses) est une pseudo-bouddhiste fan de Christian Lacroix et mère de deux enfants : Serge, né d’un premier mariage avec Marshall Turtle (remarié avec la déglinguée Bo) et parti depuis un bail (on peut le comprendre), et Saffron, née de son second mariage avec Justin, depuis devenu homosexuel et qui vit toujours avec sa mère. Les relations entre Edina et sa fille sont particulièrement houleuses, les rôles étant inversés principalement à cause de l’immaturité d’Edina. Cette dernière, qui aime pourtant sa fille (à sa manière), a du mal à comprendre pourquoi Saffron est si sage (en gros elle ne se drogue pas, ne boit pas et ne couche avec le premier venu) ni pourquoi elle fait des études. On pourra également ajouter le fait qu’Eddy vit également avec sa mère, probablement atteinte de la maladie d’Alzheimer. Patsy est dans un état plus lamentable que sa copine (elle est littéralement « stone »). Elle a été vaguement  mannequin, a eu une « carrière » d’actrice porno et n’a rien mangé de solide depuis des lustres, Elle aussi est censée bosser dans un magazine de mode sauf qu’elle ne fout rien non plus (c’est même encore pire qu’Eddy dans ce domaine). Elle déteste Saffron qui, selon elle, n’aurait jamais dû naître et est capable de lui balancer les pires horreurs.

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Absolutely Fabulous est d’abord une série qui me fait énormément rire et qui ne me lasse pas depuis des années. La recette ? Tout d’abord, il y a le comportement irresponsable et la mauvaise foi d’Eddy, créant souvent un décalage détonant avec sa fille. Ainsi, Saffron engueule sa mère comme s’il s’agissait de sa fille et va même plus loin en lui achetant des capotes ! Puis, les répliques méchantes et insultantes de Patsy, qui n’a aucune gêne à balancer toutes ces saloperies, font également partie de ces ingrédients humoristiques. Enfin, on peut tout simplement évoquer la stupidité même des deux copines. Cependant, même si les deux amies ont un comportement plus que discutable, elles restent attachantes. La série, surtout les premières saisons, fait très années 90s, pourtant elle n’a pas vieilli. D’ailleurs, les dernières saisons se déroulent dans les années 2000 et mise à part quelques petits changements esthétiques, le fond n’a pas du tout changé. Eddy et Patsy rappellent clairement les femmes d’aujourd’hui (on pourra notamment penser à un grand nombre de célébrités) qui refusent de vieillir et qui ne sont préoccupées que par les apparences. Absolutely Fabulous montre également une société britannique divisée en deux camps. Pour schématiser, d’un côté, Eddy, Patsy et toutes leurs connaissances, représentent cette société devenue moderne, excentrique, refusant le conformisme mais qui est superficielle, vide et inculte. De l’autre, Saffy et sa grand-mère représentent une Angleterre assez coincée.

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Dans l’ensemble, j’aime les cinq saisons et les épisodes hors saisons. Toutes les saisons vont nous offrir un lot d’épisodes réussis et marquants. On pourra par exemple citer « Poor » (ép.5, saison 2) dans lequel Saffy va faire croire à sa mère qu’elle n’a plus d’argent afin qu’elle réduise ses dépenses extravagantes, « France » (ép.3, saison 1) où on va suivre les vacances d’Eddy et Patsy dans le Sud de la France ou « Sex » (ép.3, saison 3), dans lequel Edina et Patsy vont faire appel à des prostitués. Les trois premières saisons sont celles que je préfère. La troisième saison est selon moi la plus intéressante : il y a enfin une évolution. Ainsi, Edina veut reprendre sa vie en main et semble enfin travailler (même si elle a parfois un comportement crétin mais elle bosse). Bubble, la stupide assistante d’Eddy, va également prendre plus de place pour notre plus grand bonheur. En revanche, j’aime un peu moins la saison 5 qui met en scène la grossesse et la nouvelle vie de famille de Saffron. On a pu voir dans les quatre précédentes saisons une Saffy très responsable. Du coup, en connaissant le personnage, j’ai eu un peu de mal à croire qu’elle ait pu tomber enceinte par accident. Je ne pense pas qu’elle aurait pu reproduire le même schéma que sa mère. De plus, même si son compagnon africain John (interprété par le regretté Felix Dexter) est très sympathique, Saffy ne semble pas très amoureuse. Sa grossesse pourra même agacer et même si leurs propos restent toujours excessifs, pour la première fois, on donnerait presque raison à Edina et Patsy de s’interroger (évidemment bêtement du style « chérie, il y a eu pénétration ? ») sur cette grossesse. Cependant, il faut avouer que voir Edina en mamie ou la voir s’extasier sur ce bébé métisse (ça fait branché selon elle) reste drôle.

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Le casting, 100% féminin en ce qui concerne les rôles principaux, est également très bon. Jennifer Saunders (qui prête sa voix à Marraine la fée dans Shrek 2) et Joanna Lumley (vue récemment dans Le Loup de Wall Street), très complices, sont excellentes dans les rôles désormais cultes d’Edina et Patsy. Julia Sawalha (Lydia Bennet dans la série de la BBC Orgueil et Préjugés) est également très convaincante dans le rôle de Saffron et les apparitions de June Whitfield, qui incarne la mère d’Edina, sont aussi drôles. Jane Horrocks va également marquer la série en interprétant la délirante Bubble ainsi que sa cousine Katy Grin, une présentatrice tv également tarée. Parmi les personnages secondaires, on a également le plaisir de retrouver au casting Christopher Malcolm (Justin, le père gay de Saffron), Kathy Burke (Magda) ou encore Naoko Mori (Sarah, l’amie tarée de Saffron) pour ne citer qu’eux. La série a également été marquée par un grand nombre de guests. On a ainsi pu voir voir la co-créatrice de la série Dawn French en journaliste tv, Idris Elda en prostitué, Helena Bonham Carter en fille idéalisée dans les rêves les plus fous d’Eddy, Kristin Scott Thomas en dingue, Miranda Richardson en mère dépassée ou encore Celia Imrie qui incarne l’impitoyable Claudia. On retrouve également, dans leurs propres rôles, Naomi Campbell tiraillée entre Edina et Claudia, l’ex-Spice Girl Emma Bunton en amie d’enfance de Saffron, Minnie Driver en connasse qui veut tout gratuit, le regretté Stephen Gately des Boyzone abordé par une Edina torchée en soirée, Jean-Paul Gaultier, Elton John ou encore Sacha Distel dans l’épisode se déroulant à Paris.

Pour finir, je vous propose ici un petit best of de la série, un moment de bons souvenirs pour certains, et peut-être pour d’autres l’occasion de découvrir cette série culte.

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Hunger Games

réalisé par Gary Ross

avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Lenny Kravitz, Stanley Tucci, Donald Sutherland, Wes Bentley, Willow Shields, Paula Malcomson, Toby Jones, Amandla Stenberg, Alexander Ludwig, Isabelle Fuhrman…

Film de science-fiction, aventure américain. 2h22. 2012.

sortie française : 21 mars 2012

Hunger Games

Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les « Tributs » – concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n’est plus désormais qu’une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l’arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l’amour…

Hunger Games : Photo Gary Ross, Jennifer Lawrence

Avant d’être un succès cinématographique, Hunger Games était d’abord une saga littéraire de Suzanne Collins, en trois tomes et principalement destinée aux adolescents. C’est Gary Ross (PleasantvilleSeabiscuit) qui s’est chargé de la mise en scène du premier épisode (les autres seront réalisés par Francis Lawrence). Pour moi, le film a ses défauts, à la fois liés au travail de Ross mais aussi à celui de Collins (même si c’est vache de dire ça car je n’ai jamais eu l’occasion de lire les romans). Tout d’abord, la shaky cam peut très vite fatiguer et surtout empêche parfois qu’on puisse réellement voir ce qui se passe à l’écran. D’ailleurs, la caméra ne bougera plus autant dans les épisodes suivants. Puis, l’histoire en elle-même rappelle un peu trop celle de Battle Royale (même s’il ne s’agit pas non plus d’un copier-coller). Suzanne Collins affirme dans le New York Times qu’elle n’a jamais lu le roman de Koshun Takami. Bien sûr que les coïncidences peuvent exister mais j’ai tout de même du mal à croire qu’elle ne connaissait pas ce roman, surtout qu’en 2008, date de parution du premier Hunger Games, l’adaptation cinématographique de Battle Royale par Kinji Fukasaku était déjà sortie depuis plusieurs années. Le livre de Collins a également énervé les fans de Stephen King car ces derniers auraient vu une ressemblance avec Running Man et Marche ou Crève. De plus, certains lecteurs y avaient vu une similitude avec la nouvelle Le prix du danger de Robert Sheckley. Tout ça pour dire que l’histoire de la saga young adult a beau être séduisante, elle n’a absolument rien d’original. On pourra également discuter des références gréco-romaines, à la fois intéressantes et agaçantes, dans le sens où on a parfois l’impression que Collins les utilise sans en prendre conscience de leurs réelles significations.

Hunger Games : Photo Gary Ross, Jennifer Lawrence, Stanley Tucci

Cependant, malgré ces éléments dérangeants, j’ai tout de même aimé ce premier épisode, bien au-dessus des grosses productions destinées aux ados qu’on a droit d’habitude. Pour une fois, j’ai l’impression que les ados ne sont pas pris pour des imbéciles – même si l’intrigue installe encooore un pseudo-triangle amoureux. Une fois le film fini, on a juste hâte de regarder la suite (hélas pour moi, je n’ai pas adhéré aux deux opus suivants). Hunger Games est pour moi un bon divertissement avec une réflexion intéressante sur notre société. Parfois un peu trop tape-à-l’oeil, l’univers proposé reste intéressant et cohérent par rapport au discours du film. Le propos sur la télé-réalité et même plus généralement sur les médias, reste très pertinent, ce qui est même assez surprenant dans un film hollywoodien. Le film est plutôt long et ne démarre pas de suite (mais selon moi ces longueurs peuvent se justifier) mais je ne suis pas ennuyée car il est plutôt bien rythmé et l’histoire est suffisamment intéressante pour que je reste scotchée du début jusqu’à la fin. De plus, malgré la censure (rappelons-le, le film est surtout destiné aux jeunes), le film réussit à être suffisamment violent, du moins, pour être plus juste, la transcription de la violence dans les jeux est bien présente et est parvenue à me secouer à de nombreuses reprises. Certaines scènes ont également réussi à me toucher. Enfin, j’ai trouvé dans l’ensemble le casting plutôt bon (ça nous change de Twilight), surtout Jennifer Lawrence, qui convient parfaitement pour interpréter une crédible, attachante et combative Katniss Everdeen. On pourra juste regretter certains personnages secondaires… trop secondaires justement (comme celui d’Isabelle Fuhrman par exemple).

Hunger Games : Photo Elizabeth Banks, Gary Ross, Jennifer Lawrence

Bilan – novembre 2014

Cinéma

 

* Les films sortis cette année au cinéma

 

Bande de filles (Céline Sciamma, 2014) 0/4

Fiston (Pascal Bourdiaux, 2014) 0/4

A girl at my door (July Jung, 2014) 3/4

’71 (Yann Demange, 2014) 4/4

Hunger Games : La Révolte – partie 1 (Francis Lawrence, 2014) 2/4

Interstellar (Christopher Nolan, 2014) 4/4

Interstellar '71A girl at my door

* Rattrapages

 

Le Dernier Métro (François Truffaut, 1980) 4/4

Les Quatre Cents Coups (François Truffaut, 1959) 4/4

Une créature de rêve (John Hughes, 1985) 3/4

La leçon de piano (Jane Campion, 1993) 2/4

Invasion Los Angeles (John Carpenter, 1988) 3/4

Naissance des pieuvres (Céline Sciamma, 2007) 3/4

Dumb and Dumber (Peter Farrelly, 1994) 3/4

Y tu mamá también ! (Alfonso Cuarón, 2001) 1/4

Star Wars : épisode IV – Un nouvel espoir (George Lucas, 1977) 4/4

Star Wars : épisode V – L’Empire contre-attaque (Irvin Kershner, 1980) 4/4

Star Wars : épisode VI – Le retour du Jedi (Richard Marquand, 1983) 4/4

Polisse (Maïwenn, 2011) 4/4

Dans ses yeux (Juan José Campanella, 2009) 4/4

Star Wars : épisode I – La menace fantôme (George Lucas, 1999) 1/4

Le Prénom (Alexandre de la Patellière, Matthieu Delaporte, 2011) 3/4

Star Wars : Episode V - L'Empire contre-attaqueDans ses yeux Le Dernier métro

Lectures

 

Bridget Jones : Folle de lui (Helen Fielding, 2014) 3/4

Nos étoiles contraires (John Green, 2012) 3/4

La Vénus d’Ille (Prosper Mérimée, 1837) 3/4

Antéchrista (Amélie Nothomb, 2003) 3/4

Les aventures de Pinocchio (Carlo Collodi, 1883) 4/4