Tomboy

réalisé par Céline Sciamma

avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson, Sophie Cattani, Mathieu Demy…

Drame français. 1h22. 2011.

sortie française : 20 avril 2011

Tomboy

Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret.

Tomboy : Photo Jeanne Disson, Zoé Héran

Tomboy est le deuxième long-métrage de Céline Sciamma, ex-élève de la Fémis issue des lettres modernes. Depuis sa sortie, il est au coeur d’une polémique. Récemment, lors sa diffusion sur Arte, Civitas, tristement connue pour être une association catholique intégriste, a protesté contre la chaîne car Tomboy qui « fait du prosélytisme en faveur de l’idéologie du genre » n’aurait « sa place ni à l’école ni à la télévision » (source ici). Mais grâce à cette énième polémique, Arte a tout de même réussi à réunir 1,3 million de téléspectateurs, un très beau score pour la chaîne. J’avais plutôt aimé son précédent film, Naissance de pieuvres, même si je n’avais pas adhéré à certains choix. Je n’ai pas non plus adoré Tomboy (le film ne comporte pas pourtant de défauts particuliers, c’est juste un ressenti personnel) mais pour l’instant il s’agit du meilleur film de la réalisatrice (en même temps, elle n’en a pas fait des tonnes). Son absence de nominations aux Césars est tout simplement une honte. Le film joue beaucoup sur la simplicité, que ce soit dans les grandes lignes de l’histoire ou encore dans sa mise en scène, et c’est sûrement ce qui en fait sa force. En effet, le scénario ne comporte pas beaucoup de rebondissements (le seul étant « est-ce qu’on va découvrir le secret de Michael/Laure ? »). Cependant, dans un décor très naturel, Céline Sciamma a su filmer à la fois l’émerveillement et la difficulté du passage de l’enfance à l’adolescence. Le sujet est lourd et pourtant le résultat est malgré tout rafraîchissant.

Tomboy : Photo Jeanne Disson, Zoé Héran

Selon moi, le film ne dit pas clairement si Laure est née dans le mauvais corps ou si ce curiosité sexuelle lui passera dans quelques temps : en tout cas, même si j’ai tendance à opter pour la première option, je ne pense pas que Tomboy affirme clairement ce qui se passe dans la tête de cette jeune fille. Le film aurait pu être un peu plus affirmer sa position, je me lance peut-être aussi dans un faux débat mais selon mon interprétation, la réalisatrice n’a peut-être pas cherché à catégoriser Laure. Tomboy suit pour moi quelques jours d’été d’une future adolescente qui se cherche : même si elles le font différemment, toutes les adolescentes passent par cette étape. Le spectateur est capable de deviner le malaise intérieur de la jeune Laure, qui joue sans cesse avec son apparence physique (coupe de cheveux, vêtements, corps pas développé, sexe en pâte à modeler etc…) et qui va finir par s’embourber dans son mensonge, vis-à-vis de sa famille ou encore de son amie Lisa. Pour finir, les interprètes sont tous très bons. Sophie Cattani et Mathieu Demy sont très convaincants dans le rôle des parents du personnage principal, Jeanne Disson s’en sort également très bien dans le rôle de la jeune Lisa. Mais j’ai surtout été impressionnée par Zoé Héran (Laure/Michael), tout simplement bluffante, ainsi que par la petite Malonn Lévana (qui incarne la soeur toute fifille Jeanne) qui surprend par sa spontanéité.

Tomboy : Photo Malonn Lévana, Zoé Héran

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14 réflexions au sujet de « Tomboy »

  1. Voilà notre Céline (non pas la Canadienne, par pitié) remise en selle grâce à cet article qui va, j’espère, piquer les ligues catho au vif ! Parler rebondissements dans un film de Sciamma, c’est peu comme chercher une pensée profonde dans les dialogues d' »Expandables », je crois que ce cinéma a d’autres choses à dire. Je pense aussi que la question du genre (tout comme celui de la banlieue dans « bande de filles ») n’est qu’un prétexte pour parler de la difficile place de l’adolescent dans un groupe. Voilà qui un thème qui peut très largement interpellé tout enfant qui a dû, un jour, changer d’école, de voisinage, et s’intégrer dans un autre environnement. Il se trouve qu’ici, cela passe par une mystification qui résulte aussi beaucoup de la place de cet enfant dans la famille (la scène d’intro avec le père qui donne le volant à la gamine en dit long sur la projection de ce dernier sur sa file aînée). Et puis cette fin ouverte sur le sexe de l’enfant à naître est vraiment très bien vue.

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  2. @ Princécranoir :
    Mais elle est sympaaaa Céline Dion 😮 elle hurle, c’est tout 😮 Aahhaha ta comparaison avec Expandables est très pertinente 😀 Je le précisais aussi surtout dans ma critique car a priori, ce genre de cinéma n’est pas forcément ce que je préfère mais Sciamma filme cette fillette dans un nouvel environnement avec beaucoup de justesse, du coup j’ai oublié ce qui aurait pu être un obstacle pour moi.

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  3. Un film aux thématiques fascinantes et d’excellents acteurs. Un film qui interroge et montre des sentiments certains. Certains abrutis feraient mieux de la fermer un peu en déclenchant des polémiques à deux balles.

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  4. @ Borat :
    Je ne comprends même pas qu’un groupe comme Civitas puisse exister au XXIe siècle, cette polémique m’a vraiment mise en colère, ces gens-là ne comprennent rien, ni aux gens, ni à la différence, ni à l’art, des débiles complets.

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  5. Bonjour Tina, c’est le seul film de Céline Sciamma que j’ai vu et j’avais été agréablement surprise. Il faut dire qu’en effet, les deux jeunes actrices sont épatantes. Elles portent le film. Bonne journée.

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  6. Et bien je n’ai encore vu aucun film de cette réalisatrice. J’avais essayé Tomboy mais je n’ai pas accroché au début et je me suis vite lassée, peut-être pas le bon moment. Bande de filles ne me tentait absolument pas, tant le peu d’images vues à la télé me semblaient très caricaturales et peu convaincantes. Maintenant, je vais tenter Naissance des pieuvres, d’autant plus que l’actrice Adèle Haenel y joue. J’apprécie beaucoup cette actrice, que j’avais découverte pour la première fois dans le film Suzanne de Katell Quillévéré. Une actrice vraiment intéressant, présente d’ailleurs, avec le réalisateur, lors de la projection en avant-première de son film Les Combattants de Thomas Cailley au festival de la Rochelle. Je la surveille de très près maintenant 😉

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  7. @ Chez Sentinelle :
    J’espère que tu vas aimer Naissance de pieuvres même si le style de la réalisatrice semble te rebuter… Aahahah j’adore Adèle tout comme Les combattants, le meilleur film français de l’année !

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