Black Books

Créée par Dylan Moran et Graham Linehan

avec Dylan Moran, Bill Bailey, Tamsin Greig…

Série comique britannique. 3 saisons. 2000-2004.

Black Books est une librairie londonienne de seconde zone, tenue par un irlandais alcoolique répondant au doux nom de Bernard Black. Ce dernier ne fait aucun effort pour vendre ses livres ou s’habiller, il déteste ses clients et ne connaît rien à la comptabilité…

Black Books : Photo Bill Bailey (II), Dylan Moran, Tamsin Greig

Ce cher Bernard Black est devenu ma photo de profil de ce blog (je trouve ce personnage tellement agréable, sympathique, accueillant même), je devais bien lui rendre hommage à travers ce billet. Bernard Black est le héros (ou plutôt anti-héros) de ma série préférée (avec Twin Peaks – oui, rien à voir), Black Books, qui reste trop peu connue en France, bien qu’elle ait été diffusée (il y a maintenant quelques années) sur Canal +, Comédie ou encore France 4. C’est sur la chaîne de France Télévisions que j’ai découvert par hasard Black Books. Je n’avais vu qu’un épisode vite fait un matin malade (je ne me rappelle pas forcément de l’épisode en question, je sais juste que ça m’avait fait marrer), et quelques années plus tard, j’ai finalement décidé de regarder l’intégralité de la série (cela n’a pas été long vu qu’il n’y a que 18 épisodes, qui dure chacun 24 minutes). Je précise qu’il faut absolument la regarder en VO. Cette série a été créée par deux Irlandais. Le premier est Dylan Moran (qui incarne le fameux Bernard Black), roi du stand-up dans son pays et vu dans Shaun of the dead (le sosie d’Harry Potter, c’était lui) et meilleur ami de Simon Pegg dans Cours toujours Dennis. Le second est Graham Linehan, créateur d’une autre série culte : The IT Crowd. Cette série, étalée sur trois saisons, ne comporte que dix-huit épisodes, mais j’ai envie de dire : que de putains d’épisodes !

Black Books : Photo Bill Bailey (II)

On accroche dès le premier épisode qui nous présente d’entrée le ton noir de cette série : Bernard Black est sûrement le pire libraire de la planète (son interprète et créateur se serait inspiré d’un véritable libraire dublinois). Ce libraire irlandais installé à Londres a un vrai problème avec l’alcool, fume comme un pompier, déteste profondément ses clients (en fait, les gens tout court), n’hésite pas à les foutre dehors et n’aime pas vendre des livres parce que ça le fait chier de commander des livres ! Ses deux seules amies sont la boisson et Fran, une alcoolique (d’où son nom de famille, Katzenjammer, qui signifie « gueule de bois » en allemand) qui occupe la boutique d’à côté (même si elle ne sait pas trop ce qu’elle vend). Bernard est clairement un solitaire, voire même un misanthrope. Cependant, n’étant absolument pas doué pour la comptabilité (son cahier de comptabilité est rempli de dessins), il engage Manny, un comptable croisé par un drôle de concours de circonstances. Ces trois losers vont apporter beaucoup à cette série hilarante et bien écrite. A part dans le tout dernier épisode où il dévoile un peu son humanité, Bernard Black est clairement un connard dans tous les autres épisodes et cela en devient jouissif ! L’opposition entre Bernard et Manny (marquée par les noms de famille Black/Bianco) est également très drôle (même si les deux deviennent très vite copains dès qu’il s’agit de beuverie). En gros, Manny fait le boulot que Bernard ne fait pas. Il est cool, gentil avec les clients, fait vendre des livres etc… Fran est aussi un personnage intéressant car elle est la seule qui va évoluer (alors que Bernard reste odieux et Manny démissionne pour revenir très vite auprès de Black). Elle va quitter sa boutique et enchaîner divers boulots, notamment dans un bureau où elle ne saura pas quoi faire et sera particulièrement marquée par, selon elle, une grosse, un boutonneux et un mec qui se gratte tout le temps les couilles. Cet épisode est vraiment merveilleux et il y en a tellement d’autres qui le sont !

Black Books : Photo Dylan Moran

C’est difficile de citer tous ces épisodes en question mais, croyez-moi, beaucoup m’ont fait hurler de rire, grâce à des histoires proposées barrées et des répliques particulièrement cinglantes. Entre Bernard qui se retrouve à la rue et qui finit par bosser quelques minutes dans un fast food (juste éviter la pluie !), Bernard et Manny qui cuisinent (Gordon Ramsay a de la concurrence) ou encore toujours les deux compères qui se vident des bouteilles de vin de luxe, les épisodes sont riches et surtout loufoques. Mais l’épisode qui vaut vraiment le détour et qui ne me lassera jamais reste pour moi le deuxième épisode de la saison 3, « Elephants and Hens », dans lequel d’un côté, Bernard et Manny vont écrire un livre pour enfants (un pur chef-d’oeuvre de la littérature), de l’autre Fran qui retrouve ses anciennes copines (et resteront… des anciennes copines). A l’image du nom de la série, de la librairie et du personnage principal, l’humour est assez noir, principalement grâce à la misanthropie et au nihilisme de Bernard. Cet humour noir arrive parfaitement à s’intégrer à un univers très délirant (il faut avouer qu’il se passe beaucoup de choses autour de cette librairie !), qui parodie (un peu comme dans Spaced, mais à mon sens de façon plus « subtile ») volontiers des thèmes souvent exploités dans les séries ou au cinéma : l’apocalypse (le film que Bernard compte aller voir au cinéma ou les livres vendus pendant une canicule), la mafia (avec un mafieux analphabète), la survie (Manny qui bouffe des abeilles), l’exploitation féminine (Manny tombe dans les filets d’un photographe séduit par sa barbe !), la culture bio (Fran qui crève la dalle) etc…

Black Books : Photo Bill Bailey (II), Dylan Moran, Tamsin Greig

Les situations sont clairement absurdes mais elles paraissent également crédibles grâce à leurs interprètes qui n’en font jamais des caisses, pour ne pas en surajouter. Dylan Moran est excellent dans le rôle de Bernard Black, ce personnage qui est une véritable ordure avec les gens et son employé Manny (on peut le dire : il l’exploite) mais son cynisme le rend attachant malgré tout. En réalité, on adore le voir odieux avec tout le monde ! J’adore également Bill Bailey, avec son air de Bisounours, malmené par Bernard mais qui devient vite ami avec lui dès qu’il s’agit de boire (même s’il n’est pas alcoolique, contrairement à ses deux compères) ou de faire des conneries ensemble. Enfin, Tamsin Greig complète parfaitement bien ce trio de choc, en alcoolique qui a du mal à se trouver un mec (soit elle sort avec un gay soit elle fantasme sur Howeeeell, un gars qui a une voix tellement grave qu’elle en a des orgasmes !), qui se retrouve également toujours dans des situations improbables, mais contrairement à Bernard, elle est sociable. Les apparitions de guest stars sont également amusantes : Simon Pegg en libraire concurrent psychorigide, Nick Frost en installateur d’alarme qui zozote (et évidemment, Black se fout ouvertement de sa gueule), Jessica Hynes (oui, le casting de Spaced se tape l’incruste) en adepte de yoga complètement timbrée, Martin Freeman en toubib ou même Graham Linehan en client qui porte un t-shirt « I love books ». Je me suis beaucoup attardée sur les personnages, mais en définitive, le vrai personnage central de cette série est cette librairie. Parfois tout le temps « closed » selon sa pancarte, ou même « clopened », crade, (c’est un euphémisme), mal rangé (les livres sont balancés n’importe comment – c’est l’anarchie), avec des bêtes (pas vraiment identifiées) venues y faire un tour, cette librairie, qui est également l’appartement de Bernard et Manny, est un lieu réaliste (qui contraste avec l’univers loufoque) où se déclenchent toutes les intrigues. Bref, si vous ne connaissez toujours pas cette série, je vous invite à la découvrir (si je ne dis pas de bêtises, les épisodes – uniquement en V.O. – sont sur YouTube) et si vous avez envie de vous faire une petite idée, un (petit) best of ICI.

blackbooksc.jpg

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16 réflexions au sujet de « Black Books »

  1. @ Yuko :
    Si tu as l’occasion de regarder cette série (franchement en une semaine – et même en quelques jours – tu peux regarder l’intégralité), j’espère que tu aimeras 🙂

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  2. J’ai vu le premier épisode hier soir (et la fameuse scène d’où tu as tiré la photo de ton profil) et vu ce que tu en avais dit, je m’en étais faite une assez bonne idée et je n’ai pas été déçue ! D’emblée, ce sont les personnages masculins qui impriment la rétine, Bernard Black et Manny. Je n’ai pas accroché de suite au personnage féminin mais comme son rôle va se développer au cours des épisodes, cela viendra sans doute.

    The IT Crowd est absolument à voir. Pour les personnages déjantés Roy Trenneman et Maurice Ross, et le directeur de la boîte, un type complètement cinglé qui me fait beaucoup rire mais qui va malheureusement disparaitre de la série bien trop tôt à mon goût. Mais le personnage que j’aime par-dessus tout est Jen Barbe, jouée par l’actrice Katherine Parkinson. Elle est tout simplement fabuleuse et d’un potentiel comique incroyable. Rien que pour elle, il faut voir cette série !

    Dans un autre genre mais à l’humour tout aussi décalé, j’aime bien aussi la série anglaise Blackadder (la Vipère noire), qui revisite l’histoire de manière totalement déjantée. Je ne suis pas en général fan de Rowan Atkinson mais là, il se surpasse. C’est très très drôle, pour peu qu’on apprécie ce genre d’humour, bien sûr.

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  3. @ Chez Sentinelle :
    Comme je le disais, Fran est un personnage qui va évoluer, elle prend du temps à trouver des marques mais dans certains épisodes, elle est vraiment drôle, je me suis même reconnue en elle parfois (genre hier en cours je m’emmerdais et je repensais à l’épisode où elle s’emmerde au boulot, c’était exactement la même chose, je crois que je faisais la même tête !).
    Je finis de revoir Ab Fab (je compte rendre un bel hommage à cette série que j’aime tant) et d’ici quelques jours c’est décidé je me mets à The IT Crowd.
    Raaah j’ai jamais vu Blackadder (pourtant j’aime Atkinson). J’ai l’impression qu’elle ne passait pas beaucoup à la télé française…

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  4. Effectivement, Blackadder ne passait pas beaucoup à la télé et j’ai guetté longtemps la sortie DVD de la série ! Ab Fab, j’aimais beaucoup aussi mais il faudrait que je les revois, cela fait un ptit bail quand même.

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  5. Bravo pour ton billet 🙂 J’ai adoré cette série que j’avais découverte par hasard sur Canal. J’étais vite devenue accroc et j’avais été déçue qu’il y ait si peu d’épisodes. Bon sang, tu me donnes envie de la revoir ! 😀

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  6. @ Potzina :
    Merci beaucoup 😀
    Alors pour ma part, je l’ai d’abord découverte sur France 4 puis des années après je me suis lancée seule grâce à la magie d’Internet 😀
    C’est vrai qu’il y a peu d’épisodes mais au moins on n’est pas déçue par la qualité, je préfère ça aux séries à rallonge !!

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