Pride

réalisé par Matthew Warchus

avec Bill Nighy, Imelda Stauton, Dominic West, Andrew Scott, Ben Schnetzer, George Mackay, Paddy Considine, Joseph Gilgun, Jessica Gunning, Jessie Cave, Freddie Fox, Liz White…

Comédie britannique. 2h. 2014.

sortie française : 17 septembre 2014

Pride

Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Pride : Photo Ben Schnetzer, Faye Marsay, George Mackay, Joseph Gilgun, Paddy Considine

Pride, qui a remporté la Queer Palm au dernier festival de Cannes, n’est que le deuxième long-métrage Matthew Warchus (son premier étant Simpatico, qui date de 1999 !) et pourtant quelle véritable réussite, dans la lignée des meilleures comédies sociales britanniques. Ce feel-good movie est tiré d’une histoire vraie, celle de l’alliance surprenante du groupe LGSM (Lesbians and Gays Support the Miners) et des mineurs en grève au Pays de Galles. L’association devient tellement forte que ce sont les mineurs gallois qui vont ouvrir la Gay Pride en 1985. Même s’il y a quelques personnages inventés, comme celui de Joe (qui permet d’avoir un regard extérieur sur la communauté gay tout en y étant directement intégré – plus que les mineurs), certains personnages ont réellement existé. Ainsi, on retrouve Mike Jackson (Joseph Gilgun), un des fondateurs du mouvement, qui a beaucoup aidé le scénariste Stephen Beresford en ce qui concerne la documentation. Mark Ashton (Ben Schnetzer), également fondateur du groupe, est décédé à peine quelques années après les événements du Sida. Jonathan (Dominic West), diagnostiqué patient numéro deux séropositif en Grande-Bretagne, est toujours en vie. Enfin, Sian James (Jessica Gunning), une jeune femme qui a aidé les mineurs, puis a suivi des études à l’Université de Swansea, et surtout est devenue membre du Parlement.

Pride : Photo Ben Schnetzer, Faye Marsay, Freddie Fox, George Mackay, Joseph Gilgun

On est bien d’accord : Pride ne nous impressionne pas par sa réalisation par exemple -même s’il n’y a rien de honteux (juste rien de spectaculaire, mais en même temps, je ne suis pas allée voir ce film pour ça). Cependant, il fonctionne de A à Z grâce à sa dimension profondément humaine ainsi grâce à son aspect historique et son discours sur la tolérance qui résonnent parfaitement bien à l’heure actuelle (rappelons-nous de la Manif pour Tous). Le ton de Pride est également ce qui nous séduit : en effet, l’ensemble reste drôle, joyeux et pétillant. De plus, le film, plutôt long (un bon deux heures), passe très rapidement car il est très rythmé et trouve un équilibre dans le traitement des personnages. D’ailleurs, son autre qualité est le fait qu’il aurait pu s’éparpiller en s’intéressant à ce grand nombre de personnages. Enfin, tous, même les rôles les plus secondaires, sont attachants et sont servis par une excellente distribution. Parmi les acteurs incarnant les membres de la LGSM, Ben Schnetzer (déjà très bon récemment dans La voleuse de livres) confirme son talent. Andrew Scott, le Moriarty de Sherlock, est très touchant en gay rejeté par sa mère et même par sa communauté.

Pride : Photo Bill Nighy

Publicités

12 réflexions au sujet de « Pride »

  1. Très bon film, je suis bien d’accord. J’en parle moi-même très prochainement. Je vais ajouter un lien vers ta chronique, du coup. Je suis étonné: il ne semble pas avoir eu grand retentissement. C’est bien dommage, car il mérite le détour, avec une galerie de personnages bien campés et très attachants.

    Pinaise, la scène où la femme de mineurs se met à chanter a capella dans une salle commune devenue silencieuse, j’en ai encore une larmichette à l’oeil… et il y a plein de petites choses comme ça, dont je ne veux pas parler en détail pour ne pas trop en dévoiler, mais qui m’ont semblé parfaitement justes et à la bonne place.

    J'aime

  2. Mon coup de cœur cinéma de ces derniers jours : j’ai adoré pour tout un tas de raisons. Merci, ô cinéma britannique : tu me réconcilies une fois de plus avec le septième Art.

    J'aime

  3. @ Martin :
    Oh merci pour le lien, ça me fait vraiment plaisir ! J’ai hâte de découvrir ta critique.
    Je ne l’ai pas mis dans ma critique mais ton exemple est pertinent. En effet, beaucoup de justesse dans ce film, qui aurait pu facilement dévier dans la guimauve. Et pareil, je ne comprends pas qu’on n’entende pas plus parler de ce film. Les gens : déplacez-vous pour aller voir « Pride » !

    J'aime

  4. @ Deuxième Séance :
    Contente de voir que nous partageons le même avis. Et effectivement, le cinéma britannique est toujours autant merveilleux, cela vaut la peine de se déplacer 🙂

    J'aime

  5. Apparemment tu n’es pas la seule à avoir aimé, les éloges sur twitter pleuvent… Bien évidemment il n’est pas diffusé dans le ciné où je vais, donc j’attendrais qu’il passe sur Canal ^^

    J'aime

  6. @ Didynimes :
    Une honte que ce film ne passe pas chez toi ! Raaah
    Ah oui, c’est un ordre même : regarde-le sur Canal dans quelques mois (je pense que tu aimeras :o).

    J'aime

  7. Ce film c’est du bonheur sur grand écran , j’y suis allée par hasard, et j’en suis sortie bouleversée de plaisir ! Il est génial , les sujets sont durs mais tout est traité avec une rare intelligence et un bel humour.

    J'aime

  8. Génial ! Un shot de bonheur et de profondeur ! Le défi d’aborder un sujet aussi lourd à une période chargée est relevé avec brio surtout le portrait est sans misérabilisme, profond et parvient à être drôle. La tournée des boîtes gays et les questions de la mamie, même si on les voit arriver, sont toujours bienvenues ! La réalisation est juste, j’ai beaucoup aimé la légère saturation des couleurs, apportant une certaine euphorie à un ensemble dramatique. Dès les premières minutes j’avais le sourire aux lèvres alors que rien ne s’y prêtait. Le casting est parfait, Bill Nighty en tête avec son habituel élégance froide, Patty Considine tout en pudeur, Andrew Scott pour le moment le plus émouvant et tous les lgsm sont rafraîchissants. Vive le cinéma, vive l’angleterre !

    J'aime

  9. @ Amandine :
    Yeaaaah tu as aimé ce film !!! Je suis contente que tu partages mon enthousiasme et toutes ces petites choses, ces émotions si réelles et en même temps pas surappuyées ! Il faudrait que je me procure le dvd de ce film que j’ai tant aimé voir au ciné. Tu as raison : les Anglais, c’est les best !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s