Mommy

réalisé par Xavier Dolan

avec Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon, Suzanne Clément, Patrick Huard…

Drame canadien. 2h20. 2014.

sortie française : 8 octobre 2014

Mommy

Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

Mommy : Photo Anne Dorval

Avant de voir Mommy, je n’avais pas forcément une bonne image de Xavier Dolan. Pourtant, avant de m’attaquer à sa filmo, j’avais beaucoup aimé le clip polémique qu’il avait signé pour le groupe Indochine, College Boy (avec le héros de Mommy, Antoine Olivier Pilon). Puis, j’ai découvert Les amours imaginaires (je publierai ma critique en novembre) sur Arte, et là catastrophe : malgré un talent esthétique, je n’aime pratiquement rien dans ce film mal joué, prétentieux et d’un ennui à mourir. Ensuite, j’ai suivi le festival de Cannes cette année et j’ai pratiquement regardé toutes les conférences sur presse. Alors que je m’attendais de nouveau à revoir le petit con qui avait tendance à m’énerve, je vois un jeune homme plus calme, beaucoup moins prétentieux, qui défend avec conviction son dernier bébé. Puis, sa réaction lorsqu’il a reçu le prix du jury – peut-être un peu exubérante – m’a beaucoup touchée, j’ai enfin vu sa sincérité. Je dois également avouer que j’étais curieuse de découvrir Anne Dorval, que je connais surtout pour la série Le coeur a ses raisons, dans un registre dramatique. Malgré l’emballement de la presse, j’avais toujours en tête ma très mauvaise expérience des Amours imaginaires en tête et puis je suis toujours un peu méfiante quand un film est à ce point aimé par tous. Je ne suis pas allée voir le film tout de suite mais finalement je me suis dis que je devais le voir histoire de me faire ma petite idée.

Mommy : Photo Antoine-Olivier Pilon

Finalement, j’ai bien fait d’avoir donné une seconde chance à Dolan. Je n’ai pas seulement aimé Mommy, j’ai adoré. Dolan a réussi à me plonger dans un tourbillon d’émotions. Le film m’a bien confirmé que le bonhomme était devenu plus mature. Il est soigné esthétiquement, mais cette fois-ci le but n’est pas pour Dolan d’étendre toutes ses connaissances techniques. Le format carré 1:1 (déjà utilisé pour le clip d’Indochine) met en valeur les personnages et en même temps les emprisonne : l’atmosphère est étouffante, on sait que le jeune Steve risque de péter un câble d’un moment à l’autre et surtout la séparation, causée par une loi imaginaire dans le Canada de 2015, semble inévitable. Les seuls moments où ce format disparaît sont ceux où les personnages respirent durant un instant le bonheur. Le film dure 2h20 mais il passe vraiment vite car il est rythmé et le scénario bien construit. Malgré sa longue durée, honnêtement, je ne vois pas ce que Dolan aurait pu couper. Chaque scène, même chaque plan, semble nécessaire et signifie quelque chose, par rapport à la construction de l’histoire ou à l’approche des personnages. La mise en scène est soignée, très maîtrisée pour un jeune réalisateur et surtout, par rapport aux Amours Imaginaires (oui, j’en fais une obsession), ne paraît pas superficielle et ceci pour une simple raison : le film respire la sincérité. Mommy est un film ambitieux mais je n’ai pas senti que Dolan avait fait ce film pour se la péter. A l’image des personnages, cette histoire sort de ses tripes. On sait tous que sa relation avec sa mère joue un rôle important dans son travail et il a dit lui-même Steve lui ressemble. Malgré cette influence autobiographique, Dolan a signé un film très universel.

Mommy : Photo Anne Dorval

Dolan a signé un film fort émotionnellement et plusieurs scènes resteront gravées. La bande-originale (Céline Dion, Lana Del Rey, Dido, Counting Crows, Oasis, Eiffel ’65, Andrea Bocelli…) est également sympa. Je craignais que Dolan ait de nouveau mis sa playlist idéale et qu’elle soit trop envahissante, surtout les premières minutes du film, mais en réalité, elle trouve sa place dans le film : la scène avec les trois personnages qui chantent du Céline Dion ou encore celle dans le karaoké sont assez significatives. Enfin, les acteurs sont impeccables. Anne Dorval est fabuleuse dans le rôle de cette mère qui semble se comporter comme une adolescente avec son look très 90s mais qui fait vraiment tout pour que son fils sorte de cette spirale infernale. Dans le rôle du fils en question, Antoine Olivier Pilon est également excellent. Il a beau être violent, insultant envers sa mère, le personnage qu’il incarne est très attachant (peut-être l’est-il parce qu’il n’a pas toujours été ainsi ?). Dans cette relation mère-fils, Suzanne Clément, qui incarne la voisine bègue, parvient à trouver sa place. Même si elle s’ouvre dans quelques scènes, ce personnage est plus dans la retenue. Ce qui est émouvant, c’est que le spectateur comprend pourquoi elle est devenue bègue et pourquoi elle s’attache autant à cette famille, mais jamais son personnage Kyla n’en parlera. La maturité de Dolan, que j’évoquais un peu plus haut, apparaît aussi dans le traitement des personnages, surtout les féminins. Pour conclure, Mommy est un magnifique film, à la fois d’une immense tendresse et d’une insolence étonnante. Je vais rejoindre la critique de Positif : on peut très bien détester les autres films de Dolan et adorer Mommy.

Mommy : Photo Suzanne Clément

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Le Labyrinthe

réalisé par Wes Ball

avec Dylan O’Brien, Kaya Scodelario, Thomas Brodie-Sangster, Ki Hong Lee, Will Poulter, Aml Ameen, Jacob Latimore, Blake Cooper, Chris Sheffield, Patricia Clarkson…

titre original : The Maze Runner

Film d’aventure, science-fiction américain. 1h54. 2014.

sortie française : 15 octobre 2014

Le Labyrinthe

Quand Thomas reprend connaissance, il est pris au piège avec un groupe d’autres garçons dans un labyrinthe géant dont le plan est modifié chaque nuit. Il n’a plus aucun souvenir du monde extérieur, à part d’étranges rêves à propos d’une mystérieuse organisation appelée W.C.K.D. En reliant certains fragments de son passé, avec des indices qu’il découvre au sein du labyrinthe, Thomas espère trouver un moyen de s’en échapper.

Le Labyrinthe : Photo

Hollywood a toujours été friande des adaptations d’oeuvres littéraires pour enfants ou ados et ça les arrange quand il s’agit de sagas. Après les sorciers (Harry Potter, Sublimes Créatures), les dragons (Eragon), les vampires (Twilight), la mythologie grecque revisitée (Percy Jackson) et j’en passe (car la liste est très longue et ce n’est pas fini), la dernière mode est de s’attaquer aux dystopies destinées aux adolescents/jeunes adultes : Hunger Games, Divergente, The Giver… Cette fois-ci, c’est au tour du Labyrinthe de James Dashner de faire partie de cette longue liste de young adult movies. Le Labyrinthe est premier tome de la trilogie littéraire L’Epreuve (les deux épisodes suivants étant La Terre Brûlée et Le Remède Mortel). Je ne voulais pas aller voir ce film car je commence à en avoir ras-le-bol de ce genre de films mais une copine a insisté pour que j’aille le voir avec elle. Dans l’ensemble, Le Labyrinthe n’est pas lamentable. Il s’agit d’un divertissement correct, plutôt rythmé, les deux heures de film passant plutôt vite. C’est en partie pour cela que je lui accorde la moyenne d’ailleurs. Mais je reste sur ma position : il y en a marre des young adult movies fades et qui s’inspirent de tout et n’importe quoi. En gros, Le Labyrinthe serait un vague mix sans personnalité entre Lost, Hunger Games et Sa Majesté des Mouches !

Le Labyrinthe : Photo

Pour ne rien arranger, le film accumule les défauts. Tout d’abord, les scènes d’action, pourtant pas mauvaises à l’origine (sur le principe, je les trouve même impressionnantes), sont gâchées par une caméra qui bouge tellement qu’on a envie de gerber et en plus elles se déroulent dans le noir (pratique pour y voir quelque chose). Le scénario n’est pas inintéressant. Je ne dis pas que je me battrai pour aller voir la suite de la saga, mais j’ai envie d’en savoir plus. Certes, cette curiosité, cette frustration même, est une bonne chose et fait partie de la règle des films/romans qui se suivent. Mais à force de créer et sur-créer une intrigue, on finit par être perdu. Le film nous embrouille avec beaucoup trop de questions, le scénario est tellement compliqué alors qu’on pouvait faire plus simple. On finit presque par se demander à quoi sert ce labyrinthe finalement. Les quelques réponses qu’on obtient arrivent très (trop ?) tard dans le film. Enfin, les acteurs ne jouent pas forcément comme des pieds (on n’est pas dans Twilight – attaque méchante et gratuite), j’ai vu bien pire, mais le casting manque vraiment de charisme et accumule les clichés. Je n’ai pas été convaincue par Dylan O’Brien (Thomas, le héros) ni par Will Poulter (Gally, le bad boy).

Le Labyrinthe : Photo Dylan O'Brien, Kaya Scodelario

Dylan O’Brien (déniché dans la série Teen Wolf) est autant charismatique qu’une moule (et je suis gentille). Will Poulter est, malgré lui, une grosse blague. Il a un physique si particulier, il ne peut pas tout jouer. Sa tête de benêt passait parfaitement bien dans Les Miller, une famille en herbe (de Rawson Marshall Thurber) mais là il est censé jouer les gros durs. Dès qu’il ouvre la bouche, on a juste envie de rire, on n’y croit pas une seconde à son personnage ! j’ai trouvé Thomas Brodie-Sangster (de Game of Thrones), Aml Ameen, Ki Hong Lee ou encore Blake Cooper plus convaincants, même si on n’échappe pas à certains clichés (Minho est l’Asiatique de service qui court ou Chuck rappelle Choco de Goonies). Kaya Scodelario (de Skins, décidément les producteurs ont choisi leurs acteurs dans toutes les séries possibles !) est juste là parce qu’il fallait bien caler une fille (l’auteur a dû se rendre compte qu’il fallait satisfaire un petit peu le public masculin), cependant son interprétation reste correct et pour l’instant on n’a pas encore eu avec elle de moments niais ou de romance bidon (après, je ne sais pas ce qui se passe dans la suite de l’histoire).

Le Labyrinthe : Photo Will Poulter

Gone Girl

réalisé par David Fincher

avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris, Tyler Perry, Carrie Coon, Kim Dickens, Patrick Fugit, Emily Ratajkowski, Missy Pyle, Sela Ward, Casey Wilson…

Thriller, drame américain. 2h30. 2014.

sortie française : 8 octobre 2014

Gone Girl

A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Gone Girl : Photo Ben Affleck, David Clennon, Lisa Banes

Dans cette critique, je vais essayer de ne rien dévoiler de l’intrigue mais il se pourrait que je laisse des indices derrière moi malgré tout. Si vous n’avez pas vu le film et que vous souhaitez avoir l’esprit 100% vide avant d’aller le voir, je vous déconseille de lire la suite de ce billet. David Fincher adapte le roman de Gillian Flynn (Les Apparences en V.F.) et c’est cette dernière qui s’est chargée de l’écriture du scénario. On ne sera alors pas étonné de voir une adaptation très fidèle au texte (et contrairement ce qu’affirment certains sites ou magazines, la fin n’est pas très différente de celle proposée par le roman). Fincher a su être à la hauteur de l’attente : en effet, on a droit à une adaptation fidèle qui possède une véritable personnalité. Adapter fidèlement pratiquement 700 pages n’était vraiment pas une tâche facile. En effet, on reconnait vraiment la patte de Fincher : un style assez froid mais dynamique, presque clipesque (vu son passé de vidéaste) mais sans faire tape-à-l’oeil non plus. La réalisation est impeccable, tellement maîtrisée, chaque scène, même chaque plan a une utilité et apporte quelque chose l’histoire et à son propos. Grâce à cette réalisation dynamique, les 2h30 passent très rapidement. Quant à l’intrigue, j’avais beau la connaître pourtant j’ai pris du plaisir à la redécouvrir.

Gone Girl : Photo Ben Affleck, Rosamund Pike

C’est sûr que ceux qui n’ont pas lu le livre ont dû être plus surpris que moi mais au fond, même si le twist est évidemment un plus dans l’histoire, ce n’est pas le but du film. D’ailleurs, le twist n’était pas ce qui intéressait Fincher (c’est ce qu’il a dit dans une interview et cela se ressent). Du coup, Gone Girl n’est pas qu’un simple thriller très divertissant, il est bien plus que ça, ce qui fait déjà de lui un grand film. Il se trouve quelque part entre la farce et la tragédie. Le mariage et les médias, plongés dans un tourbillon de mensonges, de manipulations, d’acharnements et d’apparences, sont au coeur de ce long-métrage. La musique, signée par Trent Reznor et Atticus Ross, correspond totalement à l’atmosphère pesante qui règne tout le long du film. Enfin, le casting ne déçoit pas car chaque acteur correspond vraiment à la description faite par Gillian Flynn. Ben Affleck, qui incarne Nick Dunne, l’Américain moyen par excellence (son sourire y est sûrement pour quelque chose) nous livre une des meilleures performances de sa carrière et fera enfin taire ses détracteurs. Rosamund Pike est tout simplement « épatante », capable de jouer sur plusieurs registres. Pour moi, elle mériterait largement un Oscar pour son interprétation. Les seconds rôles (Neil Patrick Harris, Tyler Perry, Carrie Coon, Kim Dickens ou encore Missy Pyle) sont également très bons.

Gone Girl : Photo Rosamund Pike

Un, dos, tres

Créée par Ernesto Pozuello, Pilar Nadal, Daniel Ecjia, Jesus del Cerro et Juan Carlos Cueto

avec Monica Cruz, Beatriz Luengo, Pablo Puyol, Miguel Angel Munoz, Silvia Marty, Dafne Fernandez, Lola Herrera, Raul Pena, Fanny Gautier, Beatriz Rico, Victor Mosqueira, Alfonso Lara, Toni Acosta, Pedro Pena…

titre original : Un Paso Adelante

Série musicale espagnole.  6 saisons. 2002-2005.

Les amours, peines et problèmes d’une bande de jeunes dans une école supérieure d’arts scéniques très réputée de Madrid. Ils y apprennent la danse, le chant, la musique, le théâtre… pour devenir de véritables artistes.

Un, dos, tres : Photo

Le décès de Pedro Pena (Antonio, le concierge de l’école) et la participation de Miguel Angel Munoz (Roberto) à Danse avec les stars ce mois-ci m’ont fait penser à la rédaction de ce billet. Un, dos, tres, était diffusée sur M6 en access prime-time et a été connue principalement à cause de l’une de ses principales interprètes, Monica Cruz, la soeur de Penélope. Objectivement parlant, cette série, qui a d’ailleurs assez mal vieillie (tout parait kitsch), était naze et pourtant j’ai regardé durant mon adolescence toutes les saisons (on ne me juge pas). Pire, j’ai même revu à plusieurs reprises l’intégralité lors de ses rediffusions (on ne me juge pas *bis*)Un, dos, tres suivait une bande de jeunes voulant devenir des stars de la danse, de la musique, du théâtre ou du cinéma (ou les quatre à la fois). Mais il faut être réaliste, on ne regardait pas vraiment Un, dos, tres pour les trois chorégraphies foireuses (et très mal filmées), dignes de Kamel Ouali (et oui, j’ai aussi regardé la Star Ac’) avec les danseurs à moitié à poil.

Un, dos, tres : Photo

Non, on regardait que pour les coucheries des uns et des autres. Voici un petit résumé :

– Roberto (le bellâtre qui met son col de chemise en l’air !) sort d’abord avec Silvia (la rousse) puis avec Marta (la soeur d’Adela). Il découvre également qu’il a un gosse. Silvia est également sortie avec Horacio, le mec de sa tante Alicia (très saine cette famille)

– Lola, vierge au début de la série (parce que c’est une sainte-nitouche), se rattrape vite : elle s’est tapée Jero (dur de commencer sa vie sexuelle avec un personnage aussi inexistant), Pavel, Pedro (l’homme de sa life, le gentil fils de pêcheur qui pécho) et enfin Nacho (le sosie de Juanes).

– Juan (le prof qui porte que des t-shirts Queen) sort un moment avec Diana, mais il la trompe avec son élève Ingrid (toujours la fameuse rousse), puis Diana veut un gosse (mais se fiche royalement de Juan). Juan s’exécute (parce queeeee) et un petit Juanito pointe son nez. Puis, Juan finira avec J.J.. Quant à Diana, elle part avec son gosse et avec Cristobal.

Un, dos, tres : Photo

Mais il n’y avait que ça, pour notre plus grand bonheur : Silvia qui avorte, Erika qui avorte aussi (décidément), Marta qui a des problèmes cardiaques mais qui danse parce que la danse c’est toute sa vie (blablabla), Adela l’ancienne stripteaseuse droguée (la drogue, c’est mal), Pedro qui fait également du striptease (là aussi décidément), Cristobal qui double des films pornos, Paula (la belle-mère de Lola) est une ancienne prostituée, JJ l’écolo sportive… La pauvre Carmen Arranz avait du boulot dans cette école ! Les scénaristes d’Un, Dos, Tres étaient visiblement très inspirés. Les situations, vues et revues, étaient parfois complètement tirées par les cheveux. Bref, la série tournait souvent autour des problèmes de sexe et aussi d’argent. Elle était également très répétitive puisqu’on voyait très régulièrement les élèves postuler à des castings et passer beaucoup de temps dans les vestiaires. De plus, au fil des saisons, la série était de plus en plus mauvaise et on a droit à une dernière saison particulièrement catastrophique (à côté, les premières saisons étaient bonnes, pour vous dire à quel point on avait touché le fond). Grâce (enfin, j’ai envie de dire « à cause ») à la série, le groupe UPA Dance (UPA sont les initiales d’Un Paso Adelante, le titre original de la série) va naître. Evidemment ça fait saigner les oreilles (là, t’arrives presque à te dire : tiens, c’était pas si mal que ça les 2be3) à part (apparemment) celles des L5 qui avaient adapté l’une de leurs chansons (ainsi Once again était devenu Retiens-moi). Evidemment, pour ne rien arranger, les acteurs étaient tous très mauvais, certains rendant ainsi leurs personnages encore plus agaçants.

Un, dos, tres : Photo

Samba

réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache

avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izia Higelin, Issaka Sawadogo, Hélène Vincent, Christiane Millet, Liya Kedebe…

Comédie dramatique française. 2h. 2014.

sortie française : 15 octobre 2014

Samba

Samba, sénégalais en France depuis 10 ans, collectionne les petits boulots ; Alice est une cadre supérieure épuisée par un burn out. Lui essaye par tous les moyens d’obtenir ses papiers, alors qu’elle tente de se reconstruire par le bénévolat dans une association. Chacun cherche à sortir de son impasse jusqu’au jour où leurs destins se croisent… Entre humour et émotion, leur histoire se fraye un autre chemin vers le bonheur. Et si la vie avait plus d’imagination qu’eux ?

Samba : Photo Omar Sy, Tahar Rahim

Après le gigantesque succès d’Intouchables, le nouveau film du duo formé par Eric Toledano et Olivier Nakache, Samba (adapté du roman de Delphine Coulin, Samba pour la France), était très attendu. Ce film marque également la cinquième collaboration entre ces deux réalisateurs et Omar Sy. C’est en partie pour cela que j’ai décidé d’aller le voir en avant-première il y a quelques jours en présence de l’équipe du film. Cette soirée était très sympa, à l’image des réalisateurs et des acteurs présents (Omar Sy, Tahar Rahim et Izia Higelin), hélas, je dois avouer que Samba ne m’a pas emballée plus que ça, même s’il reste valable. On a toujours connu les longs-métrages de Toledano et Nakache dans un registre comique (avant Intouchables, il y avait aussi les très bons Nos jours heureux et Tellement proches). Le genre de Samba n’est pas autant déterminé que les autres films du duo. En effet, il s’agit à la fois d’un drame social (qui pourrait rappeler – très vaguement – du Ken Loach et Philippe Lioret) et d’une comédie romantique, avec un peu de comédie tout court. Je n’ai rien contre le mélange de genres (je ne suis pas forcément pour mettre des films dans des cases) mais à condition que ce soit maîtrisé, or ici je n’ai pas été convaincue par cet aspect. Je comprends que Toledano et Nakache n’aient pas voulu faire une pure comédie, contrairement à leurs précédents films, car le sujet ne s’y prêtait pas forcément mais j’ai l’impression qu’ils se sont un peu trop éparpillés dans des registres qu’ils connaissaient moins bien.

Samba : Photo Omar Sy

Samba est certes un film touchant (on ne peut pas être totalement insensible aux aventures de ce sans-papiers), mais contrairement à certaines critiques (ou des gens dans la salle qui étaient en larmes), il ne m’a pas non plus bouleversée. La romance entre Samba (Omar Sy) et Alice (Charlotte Gainsbourg) est bien mignonne mais encore une fois, elle ne m’a pas touchée plus que ça. Je trouve que le film s’y attarde un peu trop ainsi que sur le burn-out d’Alice. Cela est pour moi dommage car le sujet de base – la vie d’un sans-papiers – est pour moi bien plus intéressant que ces deux éléments. Pour ne rien arranger, j’ai trouvé le film un peu trop long et les scènes ne s’enchaînent pas forcément de manière fluide. J’ai trouvé cela dommage car il a tout de même ses qualités. En effet, le film m’a paru réaliste (les conditions de vie difficiles d’un sans-papiers, les scènes avec l’association etc…), la fin plutôt bonne (je m’attendais à autre chose) et les interrogations (notamment sur l’identité) assez pertinentes. De plus, on retrouve tout de même l’humour des deux réalisateurs, ce qui fait du bien face à un sujet grave. Enfin, le casting – très césarisé – est très bon. Omar Sy est lumineux et son accent est un véritable atout puisqu’on croit encore plus en son personnage. Charlotte Gainsbourg, même si ces derniers temps elle joue un peu toujours la même chose (les dépressives qui ne savent pas ce qu’est une brosse à cheveux), est très convaincante. Izia Higelin est également très crédible en jeune gaucho qui défend avec tout son coeur les sans-papiers. Mais c’est surtout Tahar Rahim, qu’on voit pourtant peu, qui m’a vraiment surprise dans ce rôle plus léger.

Samba : Photo Charlotte Gainsbourg, Omar Sy

Horns

réalisé par Alexandre Aja

avec Daniel Radcliffe, Max Minghella, Joe Anderson, Juno Temple, David Morse, James Remar, Kathleen Quinlan, Kelli Garner, Heather Graham…

Film fantastique américain. 2h. 2013.

sortie française : 1 octobre 2014

interdit aux moins de 12 ans

Horns

Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Horns : Photo Daniel Radcliffe

Le réalisateur français Alexandre Aja, exilé depuis plusieurs années aux Etats-Unis, adapte le second roman de Joe Hill (le fils de Stephen King) Horns (Cornes en V.F.). Le film a clairement ses défauts, notamment à cause de son scénario un peu trop prévisible : on devine très rapidement l’identité du tueur ou encore la véritable raison de la dispute entre Ignatius et Merry au restaurant. Cependant, dans l’ensemble, Horns est une jolie petite réussite. La mise en scène d’Aja m’a énormément plu car je l’ai trouvée efficace, imaginative et dynamique. J’ai trouvé le mélange des genres (thriller, fantastique, romance, comédie noire) assez réussi et cela permet d’avoir un résultat assez détonant. Le film est très divertissant, délirant et même terriblement fun, avec des scènes décalées voire même très drôles ou encore quelques répliques bien envoyées (entre la mère qui dit ses quatre vérités – assez dures – à son propre fils ou le docteur qui couche avec l’infirmière pendant une opération !). Le film est parfois assez cru mais je ne l’ai jamais trouvé vulgaire et surtout cet aspect sexuel permet de renforcer cette présence diabolique. J’ai particulièrement aimé le soin qu’Aja accordait aux images religieuses et des oppositions entre le bien et le mal (les cornes évidemment, mais aussi la croix, les serpents etc…) semblent parfois un peu trop appuyées.

Horns : Photo Daniel Radcliffe

Le réalisateur a également su montrer la dualité que possède Ignatius, cet ange déchu, partagé entre le bien et le mal. Il n’y a pas qu’Ig qui est confronté au mal mais tous les autres habitants de la ville (adultère, drogue, vanité, mensonges, médias malsains et trop curieux etc…). Les apparences sont trompeuses et là on se rapprocherait même ici de l’univers de la série de David Lynch Twin Peaks. Puis, une bonne partie est construite à partir de flashbacks, qui sont selon moi bien incrustés (un exercice à mon avis pas toujours évident). Horns séduit également par ses beaux effets spéciaux, des décors soignés (sombres et féériques à la fois) ainsi qu’une jolie photographie. On peut également relever une soundtrack rock sympa (même si j’ai une dent comme le Personal Jesus de Marilyn Manson) avec notamment du David Bowie ou encore les Pixies. Enfin, dans l’ensemble, à part peut-être Max Minghella que j’ai trouvé en dessous et manquant un peu de charisme par rapport à l’importance de son personnage, le casting est bon, avec en tête un excellent Daniel Radcliffe, qui a décidément réussi son après-Harry Potter, ou encore Juno Temple, qui parvient à la fois à donner à son personnage de la sensualité, de l’innocence, de la fraîcheur et de la fragilité.

Horns : Photo Juno Temple

3 coeurs

réalisé par Benoit Jacquot

avec Benoit Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Patrick Mille, André Marcon…

Drame français. 1h45. 2014.

sortie française : 17 septembre 2014

3 coeurs

Dans une ville de province, une nuit, Marc rencontre Sylvie alors qu’il a raté le train pour retourner à Paris. Ils errent dans les rues jusqu’au matin, parlant de tout sauf d’eux-mêmes, dans un accord rare. Quand Marc prend le premier train, il donne à Sylvie un rendez-vous, à Paris, quelques jours après. Ils ne savent rien l’un de l’autre. Sylvie ira à ce rendez-vous, et Marc, par malheur, non. Il la cherchera et trouvera une autre, Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie…

3 coeurs : Photo Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg

Deux ans après l’excellent Les Adieux à la Reine, Benoit Jacquot revient avec 3 coeurs, un mélodrame présenté en compétition à la Mostra de Venise. La presse semble plutôt emballée par ce nouveau long-métrage, ce qui n’est pas mon cas. L’histoire est en elle-même est touchante car on trouve tous ces coups du sort épouvantables, le personnage incarné par Benoit Poelvoorde est également bouleversant. Cependant, le film n’est pas réellement émouvant (par contre, on a envie de prendre du Xanax puis se pendre). A l’origine, le thème du destin est intéressant, et même puissant. En effet, Marc aime Sylvie mais les événements font qu’ils ne peuvent pas être ensemble. Cette relation va avoir des conséquences sur la vie de Marc mais aussi sur celle de Sylvie et de sa famille  : en effet, Marc se marie avec Sophie. Il l’aime sûrement, mais pas avec autant de passion que pour Sylvie. Mais surtout, il apprécie chez elle le confort qu’elle lui apporte : une vie de famille calme (avant l’arrivée de Sylvie évidemment), lui qui a tant besoin de repos (monsieur a des problèmes cardiaques). Cependant, la confrontation entre Marc et Sylvie est tellement repoussée (je vous rappelle qu’ils ne se sont plus vus depuis des années et Marc ne sait pas qu’il a épousé la soeur de Sylvie et vice versa) qu’on finit par trouver le scénario peu crédible.

3 coeurs : Photo Benoît Poelvoorde, Chiara Mastroianni

En fait, l’histoire est trop écrite : au début, Sylvie ne dit pas son prénom à Marc (ce comportement assez étrange quand on rencontre quelqu’un qu’on a envie de revoir), puis Sylvie et Marc ne se donnent pas de numéro de téléphone, ensuite Sophie veut présenter Marc à Sylvie mais monsieur évite à ce moment-là la webcam etc… Puis, sans être méchante, on se demande comment Marc a pu tomber amoureux de Sylvie, qui tire toujours la gueule, qui n’a pas de conversation et qui fume clope sur clope. La voix-off est également un élément qui m’a énormément gênée. Tout d’abord, elle arrive d’un coup alors que le film a bien commencé. Puis, je ne l’ai pas trouvée forcément très utile. Enfin, pour ne rien arranger et histoire d’alourdir le film, pourquoi avoir choisi une voix aussi grave ? Autre lourdeur : la musique. D’habitude, je n’ai rien contre le travail de Bruno Coulais, mais là j’ai trouvé sa composition trop chargée. Cependant, malgré un jugement assez sévère de ma part, 3 coeurs n’est pas forcément un mauvais film. La mise en scène de Jacquot semble plutôt maîtrisée, on sent où il veut mener son film et ses personnages, faisant attention à un grand nombre de détails. Il joue très justement avec les regards et les non-dits, ce qui fait monter la tension. Enfin, les acteurs sont également tous très bons, surtout Benoit Poelvoorde, absolument époustouflant. 

3 coeurs : Photo Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni

T’aime

réalisé par Patrick Sébastien

avec Patrick Sébastien, Jean-François Balmer, Michel Duchaussoy, Myriam Boyer, Samuel Dupuy, Marie Denarnaud, Annie Girardot, Jean-François Dérec…

Drame français. 1h30. 1999.

T'aime

Zef, vingt ans, est un simple d’esprit qui ne sait dire qu’un mot: « T’aime ». Toujours heureux, aimant tout le monde, il vit avec sa soeur Sophie dans une ferme du Lot. Attiré par le sourire triste de Marie, il la viole un soir sans se rendre compte de la gravité de son acte. Interné dans un asile psychiatrique, Zef tombe dans un profond mutisme. Hugues, médecin aux méthodes avant-gardistes, est chargé de soigner Marie. Il décide de la mettre en face de Zef, persuade que sa guérison passe par un long réapprentissage de la vie et de l’amour.

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Patrick Sébastien, l’animateur beauf du Plus grand cabaret du monde et des Années Bonheur, avait réalisé et scénarisé son unique film à ce jour, pour notre plus grand bonheur, T’aime (en gros le titre veut dire « je t’aime », mais le personnage principal n’arrive pas à dire le pronom personnel, d’où cette bizarrerie). Ce film est une rareté. Il a été diffusé une fois sur France 2 il y a maintenant quelques années dans la nuit. Il existe en VHS mais il n’est jamais sorti en dvd. Cependant, si vous tenez à voir un chef-d’oeuvre de la nullité absolue, je vous conseille d’aller le regarder sur YouWatch, vous ne serez pas déçus ! Je vais vous résumer le film, comme ça, vous verrez de quoi Patrick Sébastien est capable : Zef est un handicapé mental qui voit sa soeur qui a des tendances SM (en gros, son mec lui donne de petites tapes mais le bruitage donne l’impression qu’elle est battue à mort – Fifty Shades of Grey a de la concurrence, youhou !) et qui aime bien ça puisqu’elle dit à son mec en plein orgasme « Je t’aime ». Notre Zef va alors assimiler violence et amour ensemble à cause de son idiote de soeur. Bref, dans la nuit, il croise la jolie Marie. Et il l’aime (ou « t’aiiiiiime »). Et il la viole. Enfin c’est ce qu’on nous dit. Quand on voit la scène, on a juste l’impression qu’il la brutalise. Après cet événement, Zef et Marie atterrissent chacun dans un hôpital psychiatrique. Marie rencontre alors Hugues Michel (incarné par notre cher Patrick Sébastien), un psychiatre rebelle comme un Tokio Hotel qui ressemble vaguement à une rockstar ringarde et à un gourou, très proche de sa patiente et surtout aux méthodes révolutionnaires. Il veut que le violeur et la victime se rencontrent. Surtout, il apprend que Zef n’a pas voulu la violer (bahh non voyons, cherchons des excuses à un acte ignoble), qu’il a agi à cause de sa conne de soeur (les gars : le sado-masochisme, c’est le mal) et que peuchère, il a des besoins sexuels. « L’avenir de l’humanité, c’est pas le valium, c’est l’amour » dira ce cher Hugues Michel, également poète et philosophe, qui parle d’ailleurs tout seul sur sa moto parce qu’il réfléchit sur l’état de notre monde.

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Grâce à ce psychiatre hors du commun, Zef et Marie s’aimeront à coups de tartines. Mieux, Marie dira qu’elle fera l’amour avec Zef juste pour faire des enfants (bah oui, elle a été violée, faut pas déconner non plus, ils vont pas baiser juste pour le plaisir). Mais un méchant ne veut pas que l’amour triomphe : le père de Marie, ce sale bobo capitaliste. Voyons, non, c’est pas normal, il ne veut pas que sa fille se mette en couple avec son violeur, c’est lamentable ça ! En plus, il n’est pas poli. Petit échange musclé entre le père et le psychiatre : – Toi, je te crève. / – Je vous crève. / – Tu me menaces ? / – Je ne vous menace pas, je rectifie. On se vouvoie, non ? Je vous crève, on dit. Il dira également plus tard, toujours à son pire ennemi, le psychiatre : « Vous vous prenez pour le Christ mais vous êtes trop gras !« . Bref, voilà un bon résumé du film, je crois que vous avez compris que Sébastien a signé un grand moment de rigolade involontaire. Je ne dis pas l’animateur (je précise que même si je n’aime pas ses émissions, je n’ai rien contre lui – même s’il aime bien se faire passer pour le vilain petit canard) n’est pas sincère dans sa démarche mais il nous a fait un mix improbable, ridicule, douteux et vraiment niais (le mot est faible) sur le viol, le milieu psychiatrique et l’amour (tout ça ensemble dans la même phrase, déjà on voit que quelque chose cloche). Tout est absolument délirant de bêtises, de bons sentiments, de métaphores et de répliques involontairement drôles (« L’amour absolu est un épouvantail qui attire les oiseaux ») ou encore de plans foireux sur des bouches qui hurlent très mal. Patrick Sébastien a tout fait : il a réalisé, scénarisé, dialogué (tel un Woody Allen ou un Nanni Moretti). Mais regardons les choses en face : il n’a aucun talent en ce qui concerne le cinéma. Les acteurs jouent vraiment très mal, tout particulièrement Samuel Dupuy en handicapé mental hyper caricatural (j’avais l’impression de revoir le Simple Jack de Ben Stiller dans Tonnerre sous les tropiques !), Patrick Sébastien qui prend une drôle de voix histoire de dire « hey hey, je suis acteur », Jean-François Balmer et Jean-François Dérec (qui martyrise le gentil violeur Zef) sont catastrophiques et Myriam Boyer (en mère alcoolique qui fait du chantage sexuel) mériterait deux baffes histoire de la faire taire (elle hurle trop et très mal en plus). Pour compléter, on a aussi cette pauvre Annie Girardot, peut-être la moins pire de ce carnage. Pour ne rien arranger, on a droit à la pénible chanson de Patrick Fiori qui s’intitule également T’aime (« T’aime, t’es mon seul, t’aime, t’aime, t’es ma douleur suprême, t’es mon soleil, mon or, mon diadème« , ça vole haut ça aussi).

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Les Infidèles

réalisé par Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau, Alexandre Courtès

avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache, Guillaume Canet, Sandrine Kiberlain, Manu Payet, Isabelle Nanty, Clara Ponsot, Mathilda May…

Comédie française. 1h50. 2012.

sortie française : 29 février 2012

Les Infidèles

L’infidélité masculine et ses nombreuses variations, vue par sept réalisateurs : Le Prologue (Fred Cavayé), Bernard (Alexandre Courtès), La Bonne Conscience (Michel Hazanavicius), Lolita (Eric Lartigau), Thibault (A. Courtès), La Question (Emmanuelle Bercot), Simon (A. Courtès), Les Infidèles Anonymes (A. Courtès) et Las Vegas (Jean Dujardin et Gilles Lellouche).

Les Infidèles : Photo Alexandra Lamy, Alexandre Courtès, Emmanuelle Bercot, Eric Lartigau, Fred Cavayé

Les Infidèles est un film qui réunit plusieurs réalisateurs : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Alexandre Courtès, Fred Cavayé, Eric Lartigau, Emmanuelle Bercot et Michel Hazanavicius. Jan Kounen a également signé un court-métrage (avec Mélanie Doutey et Gilles Lellouche, rappelons-le à l’époque encore ensemble à la ville), mais ne parvenant pas à trouver sa place parmi les autres sketches, on ne peut le voir que dans les bonus du DVD. Les infidèles a également crée la polémique avant la sortie du film à cause de deux affiches qui montrent les deux acteurs principaux, Jean Dujardin et Gilles Lellouche, pendant un acte sexuel. Malgré le buzz et un casting à peu près bon, ce film à sketches est pour moi un véritable ratage, malgré deux bons court-métrages dans le lot. Il y a tout d’abord celui d’Emmanuelle Bercot (La Question), la seule réalisatrice parmi cette bande de machos qui refusent de se l’avouer. Elle tente de proposer une véritable réflexion autour de l’infidélité. J’ai trouvé le court très émouvant, surtout lorsqu’on voit que le couple qui se déchire est interprété par Jean Dujardin et Alexandra Lamy, encore officiellement ensemble durant le tournage. Puis, il y a celui des Infidèles Anonymes d’Alexandre Courtès, le seul sketch qui m’a réellement fait rire, avec une excellente Sandrine Kiberlain. Le reste m’a vraiment indignée, à cause de la basse qualité des sketches et surtout par une vulgarité excessive.

Les Infidèles : Photo Alexandre Courtès, Emmanuelle Bercot, Eric Lartigau, Fred Cavayé, Gilles Lellouche

Pour résumer mon avis sur chaque court avant de passer à un avis sur l’ensemble du film : Le Prologue est très vulgaire, tout ce que je ne voulais pas voir y est, La Bonne Conscience m’a fait bâiller, Lolita est inintéressant et énervant du style « oh pauvre Gilles Lellouche qui est vieux et qui est triste parce que sa petite jeune se fiche bien de lui alors que lui ne se gêne pas pour tromper sa femme (et puis, pour en rajouter une couche, on se demande bien ce que trouve Lellouche à sa jeune copine, on a envie de lui donner deux claques !) et Las Vegas est non seulement vulgaire, mais je dirais même à la limite de l’homophobie. Quant aux autres courts d’Alexandre Courtès, à part Thibault qui fait sourire, les deux autres m’ont encore une fois affligée : Bernard atteint encore une fois un sommet dans la vulgarité (oui, je répète le mot « vulgarité » un bon paquet de fois dans cette critique) et Simon est tellement glauque qu’il m’a mise mal à l’aise. Je sais que certains vont se mettre à hurler en lisant ma critique en me traitant de sale féministe ou de Christine Boutin en puissance qui voit de la vulgarité et qui savait à quoi s’attendre. Certes, infidélité et sexe sont liés, on est bien d’accord. Mais pour dénoncer le comportement lâche de cette bande de goujats qui se cherchent des excuses, est-on obligé de voir des scènes où l’image de la femme est dégradante parce que celle-ci est sans cesse rabaissée, soi-disant pour faire rire ou pour dénoncer un truc bidon ? Ce n’est même plus du potache à ce stade-là. Enfin, au bout d’un moment, je n’avais plus l’impression de regarder un film sur l’infidélité (qui est quand même le titre du film), mais un film sur juste une bande d’obsédés sexuels.

Les Infidèles : Photo Alexandre Courtès, Emmanuelle Bercot, Eric Lartigau, Fred Cavayé, Gilles Lellouche

Pride

réalisé par Matthew Warchus

avec Bill Nighy, Imelda Stauton, Dominic West, Andrew Scott, Ben Schnetzer, George Mackay, Paddy Considine, Joseph Gilgun, Jessica Gunning, Jessie Cave, Freddie Fox, Liz White…

Comédie britannique. 2h. 2014.

sortie française : 17 septembre 2014

Pride

Eté 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Pride : Photo Ben Schnetzer, Faye Marsay, George Mackay, Joseph Gilgun, Paddy Considine

Pride, qui a remporté la Queer Palm au dernier festival de Cannes, n’est que le deuxième long-métrage Matthew Warchus (son premier étant Simpatico, qui date de 1999 !) et pourtant quelle véritable réussite, dans la lignée des meilleures comédies sociales britanniques. Ce feel-good movie est tiré d’une histoire vraie, celle de l’alliance surprenante du groupe LGSM (Lesbians and Gays Support the Miners) et des mineurs en grève au Pays de Galles. L’association devient tellement forte que ce sont les mineurs gallois qui vont ouvrir la Gay Pride en 1985. Même s’il y a quelques personnages inventés, comme celui de Joe (qui permet d’avoir un regard extérieur sur la communauté gay tout en y étant directement intégré – plus que les mineurs), certains personnages ont réellement existé. Ainsi, on retrouve Mike Jackson (Joseph Gilgun), un des fondateurs du mouvement, qui a beaucoup aidé le scénariste Stephen Beresford en ce qui concerne la documentation. Mark Ashton (Ben Schnetzer), également fondateur du groupe, est décédé à peine quelques années après les événements du Sida. Jonathan (Dominic West), diagnostiqué patient numéro deux séropositif en Grande-Bretagne, est toujours en vie. Enfin, Sian James (Jessica Gunning), une jeune femme qui a aidé les mineurs, puis a suivi des études à l’Université de Swansea, et surtout est devenue membre du Parlement.

Pride : Photo Ben Schnetzer, Faye Marsay, Freddie Fox, George Mackay, Joseph Gilgun

On est bien d’accord : Pride ne nous impressionne pas par sa réalisation par exemple -même s’il n’y a rien de honteux (juste rien de spectaculaire, mais en même temps, je ne suis pas allée voir ce film pour ça). Cependant, il fonctionne de A à Z grâce à sa dimension profondément humaine ainsi grâce à son aspect historique et son discours sur la tolérance qui résonnent parfaitement bien à l’heure actuelle (rappelons-nous de la Manif pour Tous). Le ton de Pride est également ce qui nous séduit : en effet, l’ensemble reste drôle, joyeux et pétillant. De plus, le film, plutôt long (un bon deux heures), passe très rapidement car il est très rythmé et trouve un équilibre dans le traitement des personnages. D’ailleurs, son autre qualité est le fait qu’il aurait pu s’éparpiller en s’intéressant à ce grand nombre de personnages. Enfin, tous, même les rôles les plus secondaires, sont attachants et sont servis par une excellente distribution. Parmi les acteurs incarnant les membres de la LGSM, Ben Schnetzer (déjà très bon récemment dans La voleuse de livres) confirme son talent. Andrew Scott, le Moriarty de Sherlock, est très touchant en gay rejeté par sa mère et même par sa communauté.

Pride : Photo Bill Nighy

Gemma Bovery

réalisé par Anne Fontaine

avec Fabrice Luchini, Gemma Artenton, Jason Flemyng, Isabelle Candelier, Kacey Mottet Klein, Niels Schneider, Edith Scob, Mel Raido, Pip Torrens, Elsa Zylberstein, Pascale Arbillot, Philippe Uchan…

Comédie dramatique française. 1h40. 2014.

sortie française : 10 septembre 2014

Gemma Bovery

Martin est un ex-bobo parisien reconverti plus ou moins volontairement en boulanger d’un village normand. De ses ambitions de jeunesse, il lui reste une forte capacité d’imagination, et une passion toujours vive pour la grande littérature, celle de Gustave Flaubert en particulier. On devine son émoi lorsqu’un couple d’Anglais, aux noms étrangement familiers, vient s’installer dans une fermette du voisinage. Non seulement les nouveaux venus s’appellent Gemma et Charles Bovery, mais encore leurs comportements semblent être inspirés par les héros de Flaubert. Pour le créateur qui sommeille en Martin, l’occasion est trop belle de pétrir – outre sa farine quotidienne – le destin de personnages en chair et en os. Mais la jolie Gemma Bovery, elle, n’a pas lu ses classiques, et entend bien vivre sa propre vie…

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini

Anne Fontaine adapte le roman graphique Gemma Bovery de Posy Simmonds, auteure de Tamara Drewe (adapté par Stephen Frears et avec, dans le rôle-titre, une certaine Gemma Artenton). Comme le suggère le titre, Simmonds a revisité le roman de Gustave Flaubert, Madame Bovary, en jouant avec l’effet de mise en abyme : en effet, Martin, le personnage principal, prend conscience que sa voisine est un double d’Emma Bovary. Le film s’intitule Gemma Bovery mais pourtant c’est bien Martin qui est réellement au centre de l’histoire car c’est lui qui remarque cette forte intertextualité et en joue. Il est fasciné par ce double littéraire. Tout d’abord observateur, il devient petit à petit un marionnettiste, un auteur qui réécrit l’histoire (afin que Gemma n’ait justement pas le même destin qu’Emma Bovary), presque lui-même un double de Flaubert. Martin pourrait même être un Emma Bovary en masculin (n’oublions pas la célèbre phrase que Flaubert aurait prononcée : « Madame Bovary, c’est moi« ). C’est ce lien entre le cinéma et la littérature qui fait le charme de ce long-métrage. Grâce à ce parallèle, Anne Fontaine signe un film amusant, frais, divertissant, drôle et mélancolique à la fois. Il n’y a pas besoin d’avoir lu le roman de Flaubert pour comprendre et apprécier ce film car les parallèles entre le texte et le film sont établis de manière assez ludiques, sans que cela soit lourd.

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini

La réalisatrice offre quelques scènes particulièrement savoureuses, voire même hilarantes : je pense par exemple à celles avec Martin qui s’énerve contre la mort aux rats, celle de l’abeille (drôle et sensuelle à la fois) et évidemment la dernière scène sont hilarantes) ou encore la toute dernière scène. Il y a également des répliques très bien trouvées (notamment celle de Martin à son fils : « Je préférerais que tu te drogues plutôt que d’entendre des conneries pareilles« ). Cependant, même si la réalisation reste tout de même correcte, j’ai un peu regretté qu’elle ne soit pas à la hauteur de l’ambition du sujet. Même si on ne boude pas son plaisir, j’ai trouvé qu’elle manquait légèrement de piquant et dans la seconde partie, il me semble qu’il y a quelques petits problèmes de rythme. Le casting est un des atouts de ce film. Fabrice Luchini est encore une fois énorme, les fans de l’acteur seront comblés. De plus, je ne vois que lui pour interpréter le rôle principal, lui qui aime tant la littérature et les femmes ! Gemma Artenton est également excellente dans le rôle d’Emma Bovary bis, et je l’ai même trouvée bien plus convaincante que dans Tamara Drewe. Dans les seconds rôles, j’ai également bien aimé Isabelle Candelier, très drôle dans le rôle de la femme dépassée de Martin ou encore Elsa Zylberstein, parfaite en bourgeoise énervante.

Gemma Bovery : Photo Fabrice Luchini, Gemma Arterton, Niels Schneider

P à T

P

Papa ou maman

Paris, Texas

Le Passé

Pas son genre

Philomena

Phoenix

Polisse

Poltergeist (1982) / Poltergeist (2015)

Post Tenebras Lux

Pride

Q

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?

R

Real

The Room

S

Salo ou les 120 journées de Sodome

Samba

Secret d’état

Shaun le mouton – le film

Situation amoureuse : c’est compliqué

Snow Therapy

Sous les jupes des filles

The Spectacular Now

Spy

Suneung

Supercondriaque

T

T’aime

Taken

La Tête haute

La Théorie des dominos

Timbuktu

Tokyo Fiancée

Tomboy

Les trois frères / Les trois frères, le retour

K à O

K

Kamikaze, le dernier assaut

L

Le Labyrinthe

Laurence Anyways

La Leçon de piano

Loin de la foule déchaînée

Love Actually

Love and Mercy

Lucy

Lulu femme nue

M

Mad Max / Mad Max 2Mad Max : Fury Road

Maggie

Magic in the moonlight

Maléfique

Miele

Mister Babadook

Mommy

Monuments Men

N

Naissance des pieuvres

Nebraska

New York Melody

Noé

Nos étoiles contraires

Les Nouveaux Héros

Les Nouveaux Sauvages

O

Only lovers left alive

Les Opportunistes

F à J

F

La Face cachée de Margo

La Famille Bélier

Fiston

Foxcatcher

La French

G

Les Gazelles

Gemma Bovery

Girls Only

Godzilla (2014)

Gone Girl

The Grand Budapest Hotel

La Grande Bellezza

H

Her

The Homesman

Horns

How I live now – Maintenant c’est ma vie

Hunger Games / Hunger Games : L’Embrasement / Hunger Games : La Révolte : Partie 1

Hungry Hearts

I

Ida

L’Inconnu du lac

Les Infidèles

Interstellar

L’Interview qui tue !

La Isla Minima

It follows

J

Je voyage seule

Jimmy’s hall

Jupiter : Le destin de l’Univers

Jurassic World