Nebraska

réalisé par Alexander Payne

avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb, Bob Odenkirk, Stacy Keach…

Comédie dramatique américaine. 1h55. 2013.

sortie française : 2 avril 2014

Nebraska

Un vieil homme, persuadé qu’il a gagné le gros lot à un improbable tirage au sort par correspondance, cherche à rejoindre le Nebraska pour y recevoir son gain, à pied puisqu’il ne peut plus conduire. Un de ses deux fils se décide finalement à emmener son père en voiture chercher ce chèque auquel personne ne croit. Pendant le voyage, le vieillard se blesse et l’équipée fait une étape forcée dans une petite ville perdue du Nebraska qui s’avère être le lieu où le père a grandi. C’est ici que tout dérape. Rassurez-vous, c’est une comédie !

Nebraska : Photo

Malgré la présence d’Alexander Payne derrière la caméra et un prix d’interprétation pour Bruce Dern au festival de Cannes l’an dernier, je n’attendais pas grand-chose de ce film, au pire à quelque chose de sympathique. Finalement, Nebraska est la bonne surprise de ce mois d’avril. A première vue, il n’y a rien d’exceptionnel dans ce petit road-movie en noir et blanc. Et pourtant, la magie opère, notamment grâce à une mise en scène particulièrement efficace et un regard subtil et intelligent. J’ai trouvé le film parfaitement équilibré entre l’humour, parfois noir (les cousins débiles qui ont commis un viol une agression sexuelle, la femme de Woody, qui ne se laisse pas faire, qui pisse sur des tombes et qui raconte que tout le monde voulait coucher avec elle durant sa jeunesse) et l’émotion (le père et le fils renoue des relations, la vraie personnalité de Woody est petit à petit révélée), sans jamais être lourd ou larmoyant. Il y a également un bon équilibre en ce qui concerne le rythme. En effet, le film dure presque deux heures  pourtant, même si le rythme n’est pas très rapide, je ne me suis pas ennuyée un seul instant. De plus, à premier abord, le sujet semble assez simple, mais le scénario reste bien écrit, sachant aller dans la bonne direction. Au début, on ne comprend pas forcément le choix du noir et blanc. Finalement, en avançant dans le film, on peut voir où cela veut en venir. Je me suis aperçue que le film jouait beaucoup avec les contrastes. En effet, dans un road-movie, on s’attendrait à voir de beaux paysages, mis en valeur par de belles couleurs et le tout accompagné par une musique typiquement américaine. Or, même si on retrouve bien une bande-son excellente (par Mark Orton et Robert Burger), ici, les couleurs ne sont éclatantes. Visuellement, le film reste très beau et soigné (la photographie et la lumière permettent ce résultat splendide) mais ce noir et blanc fait ressortir un sentiment mélancolique, presque morbide. Toujours grâce à ce choix visuel et esthétique, Alexander Payne peint un portrait sombre du Nebraska et des vieux « amis » de Woody. Enfin, la famille au coeur de ce film est très attachante et servie par d’excellents interprètes. Bruce Dern est vraiment formidable dans le rôle de ce vieil alcoolique probablement un peu trop naïf et qui tente de retrouver sa fierté. Will Forte et Bob Odenkirk (le premier est le gentil fils loser, le second incarne l’aîné) sont également très convaincants. L’autre bonne surprise du film est June Squibb, qui incarne la vieille épouse de Woody : elle n’a pas remporté l’Oscar du meilleur second rôle féminin, mais personnellement, je trouve que c’elle qui le méritait le plus. C’est mon gros coup de coeur, et il faudrait regarder ce film rien que pour elle !

Nebraska : Photo

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10 réflexions au sujet de « Nebraska »

  1. Je suis d’accord avec toi Tinalakiller, j’ai moi aussi été très déçue par The descendants… que j’ai trouvé un peu cliché. Je suis d’accord, il manquait quelque chose pour en faire un bon film 😉

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  2. Ha ha je crois que l’on ne partage pas les mêmes goûts ces temps-ci… J’ai détesté ce film que j’ai trouvé esthétisant au possible, j’ai même failli arrêter le visionnage, finalement je suis allée jusqu’au bout du dvd, à grand peine tant l’ennui m’écrasait ! L’homme, lui, avait laissé tomber au bout d’une demi-heure d’inaction ! J’ai trouvé que TOUT était attendu 😦

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  3. Tout à fait d’accord avec toi sur ce film-là, Tina. C’est agréable aussi de voir que certains réalisateurs américains continuent de faire bosser des acteurs pas-tout-jeunes. Il y a plein d’histoires que les 30/40 ans ne PEUVENT pas raconter et dont il serait dommage de se priver. Celle-là en est une bonne, j’ai trouvé.

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  4. @ vivelaroseetlleilas :
    Il en faut bien des désaccords ! 🙂
    C’est vrai qu’il y a une esthétique particulière, mais honnêtement, j’ai vu des films qui m’ont semblé plus esthétisants que celui-ci.
    Après pour l’ennui, même si je ne me suis pas ennuyée, je peux le comprendre 🙂

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