Under the skin

réalisé par Jonathan Glazer

avec Scarlett Johansson, Jeremy Williams, Paul Brannigan…

Film de science-fiction britannique. 1h47. 2013.

sortie française : 25 juin 2014

Under the Skin

Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

Under the Skin : Photo Scarlett Johansson

Avant d’avoir réalisé Sexy Beast et Birth, Jonathan Glazer était un très bon vidéaste. En effet, c’est lui qui a signé les clips de Radiohead (Street Spirit, Karma Police), Blur (The Universal) ou de Jamiroquai (Virtual Insanity) – à voir pour ceux qui ne les auraient toujours pas vus. Pour ce troisième long-métrage, Glazer adapte le roman Sous la peau de Michel Faber. Under the skin est un long-métrage qui se veut expérimental, original et innovant. En effet, certaines scènes ont été filmées en caméra cachée. Glazer joue également beaucoup sur le son, l’espace, le rythme, les sensations et je dois reconnaître que c’est maîtrisé techniquement. Hélas, les belles images et un talent technique ne font pas forcément un bon film. J’ai eu l’impression d’assister à une énorme arnaque cinématographique. J’étais même à deux doigts de sortir de la salle et les gens autour de moi n’en pouvaient plus. Il n’y a tout simplement pas d’histoire. On voit quand même durant une bonne demie-heure, voire même plus une nana dans son camion en train de draguer des hommes puis les ramener dans de l’eau sur un fond noir (ne cherchez pas d’explication) enfin ces derniers disparaissent. Il faut avouer que ce n’est pas très passionnant.

Under the Skin : Photo

A cause de ce problème narratif, on finit même par se demander de quoi ça parle. Il parait aussi que le personnage incarné par Johansson s’appelle Laura. Je n’avais pas remarqué ce petit détail car le film ne dit tellement rien (et je ne crois pas m’être endormie). On ne sait pas non plus qui est ce fichu mec qui poursuit Scarlett tout le long du film. En réalité, le problème de ce film est qu’on ne comprend rien car on ne fait que supposer : d’habitude, j’apprécie les films subtils ou ceux qui jouent beaucoup avec les interprétations mais le scénario est tellement vide qu’on ne peut pas s’intéresser à ce qu’on nous « raconte ». On ne saura pas vraiment pourquoi le personnage de Johansson attire des hommes (je suppose que c’est pour vivre… mais voilà ce n’est qu’une supposition, il n’y a absolument rien de clair sur le sujet) ni ce qui se passe une fois les hommes dans l’eau. La fin est également très ratée. Elle aurait pu être intéressante mais elle arrive comme un champignon justement toujours à cause d’une histoire très inintéressante. On a presque l’impression d’avoir une sorte de « twist » sauf qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. En effet, même si au bout d’un moment, on ne sait toujours pas de quoi parle le film, vu les scènes expérimentales et surtout la toute première scène (et aussi au synopsis), on se doute bien que le personnage de Johansson n’est pas trop « normale ». Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette fin. On a presque envie de rire, ce qui est assez terrible vu que ce n’est pas son but.

Under the Skin : Photo

Mais surtout, à force de jouer sur l’expérimental et de se prendre pour Kubrick, Jonathan Glazer ne raconte rien. En clip ou en court-métrage, le film aurait pu être intéressant. Le projet a du mal à tenir sur un long-métrage. Pour essayer de réaliser son long-métrage, non seulement Glazer accumule les scènes répétitives, mais aussi les scènes ridicules ou grotesques : je pense par exemple à ce pauvre gosse qui chiale sur la plage ou encore à cette interminable scène de repas (en gros, Johansson met une plombe pour bouffer une part de gâteau). Surtout, et c’est peut-être le plus pathétique, c’est qu’on ne ressent rien. Normalement, les films expérimentaux, les fameux « OFNIS », peuvent plaire aux spectateurs car ils provoquent des sensations inédites. Pour ma part, je n’ai absolument rien ressenti, si ce n’est de l’ennui car le film est très mou. Je ne vois pas non plus où veut en venir le film. En gros, l’homme est mauvais, les extraterrestres développent des sentiments humains et Glasgow c’est moche et pluvieux, avec que des goujats. Wow, il a fallu se coltiner un film interminable pour savoir ça (à part pour l’Ecosse – vu que je n’y suis jamais allée), bravo John (ouais, j’ai donné un p’tit surnom au réalisateur, ça le rend plus sympathique). Scarlett Johansson, sexy pour certains, mais pour moi qui ressemble à une prostituée avec son immense rouge à lèvres, son horrible manteau en fourrure et son pull rose (et aussi, personnellement et sans aucune jalousie, je n’aime absolument pas sa coupe de cheveux – on dirait un Lego – mais bon une bonne partie du public a sûrement délaissé ce détail pour regarder autre(s) chose(s)) fait de son mieux pour qu’on s’intéresse à son personnage mais le scénario manque trop de consistance pour qu’elle puisse faire quelque chose d’intéressant.

Under the Skin : Photo

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4 réflexions au sujet de « Under the skin »

  1. Bon. La voilà, cette chronique ! 😉

    Je ne suis pas d’accord avec toi, mais ce n’est pas grave. Je comprends tout à fait tes arguments et les respecte – même si je te trouve un peu sévère. Je suis entré dans la salle avec en tête l’analyse de la critique qui parle de créature extraterrestre. Il m’a semblé que le film ne rendait pas cette… euh… « extra-terrestritude » (???)… très explicite. J’ai donc essayé de rester open. Et ça a donc fonctionné, je me suis laissé embarquer dans les images, sans trop me poser de questions. La suite et mon analyse, tu la connais… 😉

    En tout cas, on est d’accord sur un point: ce n’est pas ici que Scarlett est sexy.

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  2. @ Martin :
    Heureusement que ce n’est pas grave de ne pas être d’accord 😀
    Après c’est sûr qu’il y a une question de sensibilité. Personnellement, je suis entrée comme toi, mais même en restant open, ça m’a lassé au bout d’un moment.
    Mais contente que tu partages tout de même le même avis que moi sur Johansson !

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  3. @ Dicideladeverywhere :
    Je viens de lire ton article 🙂
    T’en fais pas, je comprends également qu’on puisse tomber sous le charme de ce film, qu’il puisse provoquer quelque chose. En réalité, en gros, soit on adore ce film, soit on le déteste (grosso modo).

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