Le conte de la princesse Kaguya

réalisé par Isao Takahata

avec les voix V.O. de Aki Asakura, Kengo Kora, Takeo Chii, Yûji Miyake…

titre original : Kaguya-hime no monogatari

Film d’animation japonais. 2h17. 2012.

sortie française : 25 juin 2014

Le Conte de la princesse Kaguya

Adapté d’un conte populaire japonais Le couper de bambou, un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, « la princesse lumineuse », est découverte dans la tige d’un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Le Conte de la Princesse Kaguya, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au dernier festival de Cannes, marque le retour du réalisateur Isao Takahata. En effet, son dernier long-métrage, Mes Voisins Les Yamada, date de 1999. Comme Hayao Miyazaki avec Le Vent se lève,Takahata fait ses adieux au cinéma. Il adapte ici Le Conte du coupeur de bambou, un conte japonais datant du Xe siècle. Il s’agit du plus ancien texte narratif japonais, écrit par une dame de cour, Murasaki Shikibu. Le conte a déjà été adapté sous plusieurs formes mais il s’agit de sa première adaptation animée longue. Takahata finit sa carrière en beauté en signant un pur chef-d’oeuvre. Certains pourront reprocher à ce film ses longueurs : en effet, le film dure 2h17 et il s’agit actuellement du plus long film produit par les studios Ghibli depuis Princesse Mononoke de Miyazaki, qui durait 2h14. Personnellement, même si je les ai un peu senties vers la fin, les longueurs ne m’ont pas gênée car l’histoire est tellement puissante et captivante qu’on les oublie. Puis, ce n’est pas non plus le premier film des studios Ghibli qui est très long. C’est sûr que le film pourra ennuyer les enfants, mais en même temps, il n’est pas non plus destiné à un jeune public. Les sujets abordés sont traités avec beaucoup de subtilité et d’intelligence. Ils sont parfois très actuels, comme ce père qui vit son rêve à travers sa fille, ou plus universels, comme par exemple les questions éternelles sur l’amour, le bonheur, la liberté et même la mort. Le film semble également avoir un penchant féministe.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

Tout d’abord, j’ai vraiment adoré les dessins aux allures d’aquarelle qui sont d’une beauté exceptionnelle. Ils ont à la fois un aspect simple et fluide. Takahata n’a pas cherché la perfection, il a préféré aller à l’essentiel et grâce à cela, le film est encore plus émouvant, poétique et onirique. L’histoire en elle-même est magnifique. La première partie, lorsque notre héroïne grandit dans un univers champêtre sous les yeux ébahis de ses parents adoptifs, est très touchante et jamais niaise. La seconde partie est en revanche plus sombre, très dure à voir : en effet, la jeune fille ne supporte pas le manque d’humanité des protocoles de la cour et d’être convoitée par des hommes qui n’ont aucun sentiment pour elle. Pour ne rien arranger, elle est toujours amoureuse de Sutemaru et son père adoptif, qui était pourtant si aimant lorsqu’il l’a élevée, est devenu un gros égoïste, ne pensant qu’à accéder au plus gros statut social possible. Cependant, le film n’est jamais manichéen : le père développe effectivement cet énorme défaut qui va conduire Kaguya au plus bas moralement, mais il est pourtant évident qu’il aime profondément sa fille. Enfin, dans la dernière partie du film, on en sait un peu plus sur les origines de la princesse et la fin sera particulièrement déchirante. Le film est très émouvant, cependant on trouve quelques scènes drôles (je pense surtout à celles avec les prétendants humiliés par Kuguya). On peut également noter la très belle musique de Joe Hisaishi qui accompagne ces dessins et histoire magnifiques. Pour conclure, Le Conte de la Princesse Kaguya est un magnifique film et un très beau portrait d’une jeune femme, d’une grande beauté et d’une rare sensibilité.

Le Conte de la princesse Kaguya : Photo

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16 réflexions au sujet de « Le conte de la princesse Kaguya »

  1. Un magnifique, magnifique film d’animation. Déjà puissant pour ceux qui ne connaissent pas la légende, et encore plus fort par la beauté de son animation et l’intelligence de sa mise en scène. La bombe ciné de l’année à coup sur!

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  2. Avec le Miyazaki, deux des meilleurs films de cette année. Un chef d’oeuvre de singularité, d’une beauté visuelle incroyable et d’une maturité dont Isao Takahata a toujours opté pour le meilleur.

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  3. @ Borat :
    Exactement, pour ma part, j’ai mis les deux Ghibli dans mon top 5 des films sortis cette année et je ne pense pas que ça bouge trop (au pire top 10 à la fin de l’année).

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  4. Bon, je ne trouve pas ici la chronique de « Under the skin » 😉 Je suppose que c’était juste sur ton ancien blog…

    Je vais donc commencer par commenter celle-là, sur ce qui est aussi l’un de mes films préférés cette année – et je présuppose qu’il sera également dans mon top 2014, à une place élevée.

    « Le conte de la princesse Kaguya » m’a davantage plu que beaucoup de Miyazaki – mais je n’ai pas vu « Le vent se lève » (pas encore). Je me suis vraiment laissé embarquer dans cette histoire ancienne, elle m’a franchement séduit. Et je crois qu’il y a de quoi être très impressionné sur la forme. Takahata est un magicien des images, aussi bon peintre figuratif qu’artiste abstrait. La scène où Kaguya fuit son palais pour retourner dans la nature et au final s’écrouler dans la neige est une pure merveille. Et il y en a plein d’autres qui m’ont caressé la rétine…

    Sans vouloir spoiler, je dirais aussi que j’ai beaucoup aimé la fin, bien différente de ce qu’aurait produit un Disney. Si Takahata s’arrête là-dessus, je dis: merci Monsieur pour cet ultime cadeau. Il me faut maintenant me pencher sur le reste de sa filmographie.

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  5. @ Martin :
    Il faudrait que tu regardes Le vent se lève car il s’agit d’un très beau film (même si je préfère Le conte de la princesse Kaguya).
    Je n’ai pas encore vu Le tombeau des lucioles (il parait que c’est trèèèèèès émouvant – pour ça que je retarde à chaque fois ma vision) mais j’avais beaucoup aimé son Pompoko !

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  6. Oula Big bad wolves. Beaucoup parlent d’un mauvais film. Perso cela ne me tente. Par contre fait une priorité absolue du Tombeau des lucioles! Absolument!

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  7. Oui j’ai lu de sales critiques dessus. Après pour les amateurs de films de ce genre (comme la critique de Mad), je comprends qu’on puisse détester. Après un top, ça se change avant la fin de l’année, parfois j’ai eu des illuminations en décembre. Du genre, j’ai mis La Grande Bellezza numéro 1 alors que pendant 5 mois il était du genre 6/7e de mon classement. Avec le recul, on voit plus clair en général.
    J’ai peur d’être trop émue par Le tombeau des lucioles, mais bon je le vois, je le sais.

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