Je voyage seule

réalisé par Maria Sole Tognazzi

avec Margherita Buy, Stefano Accorsi, Fabrizia Sacchi, Gianmarco Tognazzi, Alessia Barela, Lesley Manville, Bruno Wolkowitch…

titre original : Viaggio sola

Comédie italienne. 1h25. 2013.

sortie française : 9 juillet 2014

Je voyage seule

Irene vient d’avoir 40 ans. Elle n’a ni mari, ni enfants mais un travail dont tout le monde rêve : elle est « l’invitée surprise » des hôtels de luxe, ce client redouté qui note et juge incognito les standards des services hôteliers. En dehors de son travail, il y a sa sœur Silvia et son ex Andrea. Irene ne recherche pas la stabilité, elle se sent libre et privilégiée. Pourtant, un événement va remettre en question ses certitudes…

Je voyage seule : Photo Margherita Buy, Stefano Accorsi

En France, on a un peu entendu parler de ce film à cause du lamentable résumé qu’a bafouillé Claire Chazal au Journal de 20 heures (notamment « Je voyage seule est l’histoire d’une femme de 40 ans qui voyage toute seule » ou encore « un événement va remettre la question en vie, sa question en jeu »). A cause de ses explications pourries mais involontairement hilarantes, j’imagine que beaucoup n’ont pas voulu aller voir ce film (ça peut se comprendre). Heureusement, Je voyage seule vaut bien mieux que ce très mauvais synopsis. Certes, la mise en scène de Maria Sole Tognazzi (oui, il s’agit bien de la fille d’Ugo Tognazzi) n’est pas exceptionnelle, ni très inventive. Cependant, elle et ses scénaristes Ivan Cotroneo (Amore) et Francesca Marciano (Miele) ont peint avec intelligence et subtilité le portrait d’une femme célibataire et sans enfants, dans une société italienne qui privilégie pourtant la famille (c’est ce qu’on voit d’ailleurs à travers la soeur de l’héroïne), qui trouve son bonheur dans la solitude. Même si un ton frais et léger est omniprésent, les doutes d’Irene touchent. En effet, doit-elle se marier et fonder une famille comme sa soeur histoire qu’elle ne soit plus montrée du doigt ? Aurait-elle dû poursuivre une relation amoureuse avec son meilleur ami ?

Je voyage seule : Photo Margherita Buy

Même si l’héroïne se remet en question, pour une fois, la solitude n’est pas perçu ici comme quelque chose de négatif, contrairement à ce qu’on peut voir d’habitude dans d’autres films. Certaines scènes sont répétitives cependant elles ne sont pas gênantes car il s’agit du quotidien de l’héroïne et surtout à chaque nouveau voyage professionnel, on trouve un nouvel élément important pour comprendre Irene. Ces répétitions passent également plutôt bien car le film est rythmé et drôle. Margherita Buy (vue dans Le Caïman et Habemus Papam, tous deux réalisés par Nanni Moretti), qui a remporté le Donatello de la meilleure actrice pour son interprétation, est excellente dans le rôle de cette femme qui aspire à la liberté et à l’indépendance. Son personnage est très intéressant, profond et complexe. En effet, Irene vit dans son monde faux (et apparemment cela finit par lui convenir). Pourtant, paradoxalement, elle n’est pas forcément une femme fausse. Rien qu’en faisant le choix de ne pas rentrer dans le moule montre qu’elle n’en est pas une. Les scènes avec le couple « pas assez chic » pas bien accepté par le personnel d’un hôtel de luxe montrent également l’humanité dégagée par Irene alors qu’elle se révèle plutôt froide lorsqu’elle procède à ses quotidiennes inspections. Les seconds rôles sont également bien travaillés et bien interprétés.

Je voyage seule : Photo Margherita Buy

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