Noé

réalisé par Darren Aronofsky

avec Russell Crowe, Jennifer Connelly, Emma Watson, Ray Winstone, Logan Lerman, Douglas Booth, Anthony Hopkins, Nick Nolte, Kevin Durand, Frank Langella, Marton Csokas…

titre original : Noah

Film fantastique, aventure américain. 2h18. 2014.

sortie française : 9 avril 2014

Noé

Russell Crowe est Noé, un homme promis à un destin exceptionnel alors qu’un déluge apocalyptique va détruire le monde. La fin du monde… n’est que le commencement.

Noé : Photo Russell Crowe

Ce dernier long-métrage de Darren Aronofsky a suscité la polémique auprès de plusieurs communautés religieuses (les catholiques, les protestants et les musulmans) car il est éloigné du texte originel. En réalité, il s’agit d’une version très personnelle du réalisateur. En effet, il adapte le comic-book dont il est le co-auteur avec Ari Handel. Pas rassurée par la bande-annonce, je redoutais un peu le résultat (tout en sachant que je ne suis pas tout le temps fan des films d’Aronofsky. Les premières minutes du film m’ont fait craindre le pire. Franchement, quand j’ai constaté que Noé et sa famille étaient devenus des vegans, j’ai failli éclater de rire sur le moment. Je précise que je n’ai absolument rien contre les vegans, j’ai même des amis qui le sont, mais pour moi la relecture de la Bible version écolo m’a parue un peu grotesque. Après, finalement, ce n’est que mon point de vue, mais je me suis aperçue qu’il fallait pratiquement prendre ce film au second voire troisième degré. Pour moi, c’est un film catastrophe plutôt divertissant, avec quelques scènes bien foutues,  correctement bien réalisé même s’il y a quelques longueurs. Maintenant, même si j’accepte la démarche d’Aronofsky de livrer sa propre vision (au moins, on ne pourra pas l’accuser de faire une propagande religieuse), il y a quand même des éléments scénaristiques que je ne comprends pas vraiment. Pour éviter tous malentendus, je précise que je ne suis pas à fond sur la Bible, sur la religion, je ne suis pas une Christine Boutin en puissance et Aronofsky ne brûlera pas en Enfer à cause de ce film. Je prends simplement la Bible comme un outil littéraire, j’en parle comme si on adaptait n’importe quel autre texte.

Noé : Photo Emma Watson

Comme on l’a dit, que Noé soit vegan est une chose. Mais j’ai du mal à comprendre pourquoi dans cette nouvelle version les enfants de Noé ont du mal à trouver des femmes. En effet, dans les grandes lignes de la Bible, on trouve sur l’Arche Noé, sa femme, ses trois enfants et également leurs épouses. Or, durant un bon moment, les enfants de Noé nous cassent les pieds parce qu’ils n’ont pas de femmes ou ne peuvent pas procréer. Changer des éléments du texte n’est en soi pas un problème, encore une fois je respecte le fait qu’Aronofsky ait une vision personnelle de cet épisode biblique et il faut en plus captiver le grand public. Sur papier, ce choix pouvait être audacieux, mais en réalité, sur grand écran, cela ne fonctionne pas réellement car les problèmes sexuels des gosses de Noé finissent sérieusement par agacer. Par exemple, il y a ce passage assez pathétique avec l’un des fils de Noé, interprété par Logan Lerman, dans lequel il rencontre une femme et au bout de cinq minutes, il la ramène et veut convaincre son père de la prendre dans l’Arche, en disant « c’est ma feeeeeemmmmmme » (et deux secondes après la pauvre fille se fait écrabouiller par la foule : oui, ça m’a fait rire !). Je n’ai pas non plus adhéré au gros délire autour des Veilleurs, sorte de monstres en pierre, qui m’ont rappelé des Transformers (peut-être que j’ai pensé à ça car j’avais vu la bande-annonce du nouveau Transformers avant la projection du film). De plus, sur le principe, ce film est assez personnel, mais sur grand écran, je ne trouve pas qu’on ressent suffisamment cet aspect. Le film est correct, sympa en tant que divertissement mais personnellement j’ai eu du mal à aller au-delà car pour moi, à cause de certains effets visuels, le film devient impersonnel et fade.

Noé : Photo Russell Crowe

En regardant le film, on pense évidemment au Seigneur des Anneaux. Le réalisateur n’a jamais caché cette référence. Encore une fois, je suis pour qu’on utilise des références car cela pour servir à créer son propre univers, même s’il s’agit de cinéma, tout est intertextualité. Cependant, il me semble qu’Aronofsky s’est peut-être un peu trop appuyé sur cette référence. Du coup, son « Noé » ressemble à un sous-Seigneur des Anneaux, mais il a du mal à trouver réellement sa propre personnalité. Le casting est également assez inégal. Dans l’ensemble, Russell Crowe et Ray Winstone sont plutôt convaincants en brutes, même s’ils commencent à s’auto-caricaturer. On a aussi Jennifer Connelly et Anthony Hopkins qui sont crédibles respectivement en femme et grand-père de Noé. Par contre, j’ai réellement eu du mal avec les acteurs qui interprètent les gosses de Noé. Emma Watson est pénible, elle ne fait que chialer et semble fixer la caméra comme si elle nous disait « Hermione, c’est fini, je sais jouer l’émotioooon », sauf qu’on le sait depuis un moment maintenant. J’ai trouvé Dooglas Booth assez insipide, juste là à montrer qu’il avait les cheveux propres et qu’il pouvait poser à moitié à poil dans un magazine. Quant à Logan Lerman, décidément, à part son interprétation dans Le Monde de Charlie, je ne l’aime pas. Je ne sais pas si ça vient de lui ou de ses rôles, (il ne joue que des emmerdeurs de première) mais il a le don de m’agacer profondément : quand je le vois, j’ai envie de le gifler. Pour conclure, je m’attendais à largement pire. Je n’ai pas aimé tous les choix artistiques adoptés par Darren Aronofsky mais Noé réussit tout de même à être un honnête divertissement.

Noé : Photo Jennifer Connelly, Russell Crowe

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26 réflexions au sujet de « Noé »

  1. Et bien tiens, dommage que tu n’aies aimé qu’en demi-teinte, perso j’ai apprécié le film comme une formidable démonstration de foi de la part du personnage de Noé.

    Russel Crowe aidant, je n’ai vu que lui à l’écran, du coup c’est vrai que les petits détails qui t’ont perturbé ne m’ont pas plus dérangés que ça. Mais c’est vrai qu’il n’est pas sans défauts 🙂

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  2. Je partage ton opinion, Tina. Je n’ai pas adoré, mais j’ai vu quelques trucs sympa. La fin est un peu longuette et cliché à mon goût, avec ce revirement de Noé un peu caricatural.

    Après, j’avoue que j’ai quand même du mal avec Russell Crowe. Je ne sais pas ce qu’il m’a fait, mais cet acteur ne m’a jamais transporté.

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  3. @ Alexandre :
    C’est-à-dire que la liste des défauts a commencé à s’agrandir au bout d’un moment, je ne pouvais pas les laisser passer. Mais après le résultat n’est pas non plus dégueulasse, je m’attendais vraiment à pire.

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  4. @ Martin :
    Je n’ai rien contre Russell Crowe, au contraire j’aime bien cet acteur mais là même si je l’ai trouvé bon, je trouve qu’il commence à jouer à peu près toujours la même chose. Je comprends qu’il ne te plaise pas, son côté un peu brutal / ours peut rebuter.

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  5. Pas vu, mais on m’a dit qu’il fallait le voir comme un film d’aventure plutôt qu’un film assez sérieux ou métaphysique sur le sujet.

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  6. @ Vince :
    Effectivement, si on le voit comme un film d’aventure, le film est plutôt bon, il s’agit pour moi d’un bon spectacle. Après, même si ce n’était pas la priorité d’Aronofsky, ses délires sur la Bible m’ont quand même irritée.

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  7. J’ai lu la BD et pour te dire je trouve par exemple le refus de Noé d’embarquer la fille plus cruel dans le film. Dans la BD elle est juste rejetée mais dans le film c’est d’une brutalité incroyable. Un rajout bénéfique dans la personnalité de Noé. A vrai dire le film démarre vraiment avec la vision d’Enfer sur Terre. Après cela le film est d’une incroyable richesse et moins hasardeux. Les anges sont plus originaux dans le film aussi.

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  8. @ Borat :
    j’ai trouvé quelques images sur Google, effectivement les images sont vraiment belles (bon par contre on dirait vraiment que Noé va te péter la gueule, il te fait peur le gars).

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  9. Bah déjà Russell Crowe n’est pas très rassurant… Je préfère également le visuel des anges dans le film, plus ambitieux. Là ce sont des sortes de blocs d’argile avec environ six bras. Mais en tous cas, le propos est exactement le même. Mais peut être que tu seras plus sensible à la BD qu’au film. J’aimerais bien que le graphic novel The Fountain sort un jour en France, car rappelons-le, Aronofsky avait fait la même chose que pour Noé: au lieu d’attendre sans cesse le feu vert des studios, il a préféré laisser une trace écrite.

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  10. @ Borat :
    C’est vrai que le Russell n’a pas l’air facile tous les jours mais de temps en temps, il a une tête de nounours (si, si) et par rapport au bonhomme de la BD, il a l’air relativement sympathique.
    Le problème, c’est que si dans la BD il y a toujours les mêmes délires qui m’ont dérangée, je ne pense pas l’aimer non plus.

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  11. Je suis sûr que l’ami Russell est cool dans la vie privée, en tous cas au cinéma c’est un vrai professionnel. Peut être qu’avec le dessin cela sera mieux mais le propos est assez identique indéniablement.

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  12. Le petit apparaît peu aussi, le fils aîné fait toujours face à son père quant à un avortement forcé et le fils cadet finit toujours par se venger de son père mais ne piège pas son père (ça c’est dans le film). Ah j’avais jamais entendu ses « phrases chocs »! La phrase sur sa femme et les échecs est savoureuse!

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  13. En gros, les mômes restent affreux 😮
    Je les ai découvertes dans mon Voici il y a un mois (et oui je me cultive). Ahaha j’adore aussi cette phrase, tout comme celle du mec tabassé avec le téléphone et celle sur la bière !

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  14. Mais sur le papier ils te paraîtront peut être moins casse-couille! Décidemment tu adore toujours autant ce magazine à ragots! Bon du temps que tu ne lis pas France Dimanche avec le titre n’ayant rien à voir avec « l’article »! Moi je ne fais désormais plus que les mots croisés de temps à autre.

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  15. Il faut bien que je me coupe de mes lectures intellectuelles (ou pas). Et j’adore leurs mots-croisés !
    Ah ça c’est ma grand-mère qui lit ce truc avec des titres bien mensongers effectivement !

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  16. Bientôt ils vont nous sortir « Arthur à l’article de la mort » le mec aura juste vu un accident sur l’autoroute!

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