Lucy

réalisé par Luc Besson

avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman, Choi Min-Sik, Amr Waked, Analeigh Tipton, Frédéric Chau…

Film d’action, science-fiction français. 1h30. 2014.

sortie française : 6 août 2014

Lucy

A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle « colonise » son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

A l’heure actuelle, Lucy a dépassé les 4,5 millions de spectateurs en France et cartonne également à l’étranger. Histoire de briller en société et de me vider l’esprit avant la rentrée, j’ai fini par aller voir le dernier Besson même si je craignais le pire rien qu’en voyant la bande-annonce. Je comprends les critiques qui défendent un peu ce film, en disant qu’il est divertissant. Certes, je ne me suis pas ennuyée. Mais on reste en réalité scotché face à tant de bêtises et de délires. Je pourrais résumer Lucy en deux mots : débile et prétentieux. Le deuxième mot est particulièrement important. En effet, Besson veut tenter d’allier un cinéma intellectuel avec le cinéma d’action. Sur le papier, pourquoi pas, sauf que Besson se prend tout de même pour Kubrick et Malick, oui rien que ça. Forcément, j’ai eu du mal à prendre ce film comme un simple divertissement puisque Besson se prend vraiment trop au sérieux. Etre ambitieux est une bonne chose mais il faut encore bien accomplir le travail derrière. Il faut constater le carnage : insertions foireuses d’animaux comme si on regardait un doc de National Geographic, les commentaires de Morgan Freeman derrière très lourds sur les dauphins, l’immortalité et la reproduction (blablabla), scènes à se péter de rire involontairement jusqu’à en pleurer et en avoir mal au ventre (grand moment de rigolade lorsque la drogue se propage dans le corps de Lucy, qui saute ainsi dans tous les sens, pareil en ce qui concerne la scène dans l’avion), dialogues peu crédibles (ainsi, lorsque Lucy dit à sa mère qu’elle ressent tout et qu’elle se souvient des sensations lorsqu’elle n’était qu’un foetus, sa mère poursuit « oui très bien ma chérie, très contente que tu m’appelles », normal) ou encore la rencontre entre les deux Lucy (rien que ça).

Lucy : Photo Scarlett Johansson

Le montage, qui introduit alors les fameuses scènes qui rappellent un peu trop les films de Kubrick ou Malick, semble surtout être un moyen de cacher un scénario terriblement pauvre, voire même inexistant. Besson reprend également ses bonnes vieilles habitudes sans aucune surprise (scènes de poursuite en voiture, des méchants asiatiques) en tentant de cacher ce vide scénaristique. Ce scénario ne se penche pas plus que ça sur cette Lucy. Finalement, on ne sait rien d’elle. Malgré les quelques répliques du style « je prends une douche, j’ai examen demain » et la colocataire (forcément à moitié à poil), j’ai eu du mal à imaginer l’imaginer étudiante (j’imagine que ce statut permet de faire un nouveau lien avec le thème de la connaissance). Or, Lucy ne reste que pour moi une blondasse habillée vulgairement (et vas-y le haut léopard, la petite robe rouge, ou encore je mets un soutif noir avec un haut blanc histoire qu’on voit bien mes nichons) qui a d’un coup des pouvoirs improbables et qui débarque en mode connasse qui pète la gueule (hop un ou deux guns, je te fracasse la gueule). Pire, elle demande sans cesse de l’aide aux autres sauf qu’on va vite s’apercevoir que les seconds rôles ne servent à rien. Les réflexions de Besson restent également foireuses. Encore une fois, sur le papier, le sujet était intéressant mais Besson ne le maîtrise pas, confondant beaucoup de notions, comme l’intelligence, la connaissance, les capacités et ne prend surtout jamais en compte celles d’inné / acquis. Du coup, les actes de Lucy paraissent trop improbables pour qu’on croit à l’histoire et au personnage principal. Enfin, je n’ai pas non plus aimé le casting. Il faut être réaliste deux secondes : Besson a probablement plus choisi Scarlett Johansson pour son physique et ses petites tenues que pour son talent. Certes, je ne demandais pas forcément une performance à Oscars, on est bien d’accord, mais là j’ai trouvé Johansson vraiment très mauvaise. Je n’ai pas non plus aimé Choi Min-Sik, que j’aime pourtant beaucoup, mais qui semble ici se caricaturer. Quant à Morgan Freeman (que j’aime bien également), il n’est pas forcément mauvais, mais depuis un certain temps, il joue toujours la même chose (en gros le gars qui apparaît quelques minutes et balance trois phrases bien toutes faites, en utilisant sa voix de vieux sage).

Lucy : Photo Scarlett Johansson

 

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36 réflexions au sujet de « Lucy »

  1. clairement, ce sera sans moi. De toute façon, je n’aime pas le cinéma de Besson et visiblement ce nouveau film sombre souvent dans le ridicule

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  2. Excentrique, gaffeur, pompeux, cgi foireux, Scarlett aussi aimable qu’une porte de prison, Morgan Freeman qui n’a plus besoin de prouver qu’il accepte des films pour se payer une nouvelle voiture, on ne sait pas ce que vient foutre Choi Min Sik dans cette galère… Mais la réalisation de Luc Besson reste tout à fait correcte et n’est pas épileptique. Toujours ça de pris. En gros: Quand Luc Besson rencontre Ed Wood et Terrence Malick.

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  3. Pas tellement en ce qui me concerne. Quand je vois la shakycam ou les tonnes d’éléments qui bougent dans un même plan dans un blockbuster américain (pourquoi je pense à Transformers?) et que je la compare à Besson je me dis que c’est intéressant. Il essaye des choses. Le ralenti dans la fusillade à l’hôtel est par exemple assez classieux. Mais après les cgi foireux bousillent tout.

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  4. Bah rien! Mais bon je n’ai pas envie de le dézinguer sur quelque chose qu’il arrive à faire. On n’est pas dans Hercule…

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  5. Et oui mes potes m’ont encore fait un coup de pute, mais eux-mêmes étaient plus ou moins convaincu qu’ils allaient voir un film pas terrible. On a même dit: « on va le voir pour se fendre la gueule ». ça n’a pas raté entre les noms des personnages, le Mont Asticus (ou Testicus si tu mets la liaison!), le scénario vide, les pompages sur Conan le barbare, les flashbacks qui ne servent à rien, le générique de fin hideux pompé sur celui de 300 et autres. On en reparlera quand tu republiera la critique ici ou sur ma future critique mais franchement au bout d’un moment j’ai failli me rouler par terre! 😀

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  6. @ Borat :
    Tu vois, toujours les potes qui nous embarquent dans des coups foireux !
    Je n’avais pas menti… Ridicule ce film !
    Hum de tête, ma critique sera republiée demain matin, si je ne me trompe pas !

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  7. Oui enfin là on était vraiment parti pour déconner. Déjà quand je vais avec mes potes au cinéma même pour un film sérieux, je sais qu’on va dire des conneries durant tout le film. Mais avec Hercule, je me suis fendu la poire durant tout le film. Punaise le Mont Asticus c’est quand même Mount Asticus (prononcez Mon Testicus) on a été pété de rire durant toute la soirée!

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  8. Ah oui là déjà Asticus merci mais après on a fait la liaison Mon testicus magnifique! Et paf on avait notre vanne durant toute la soirée alcoolisé ou non (comme moi!).

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  9. Ah nous c’était l’après-midi entre deux/trois engueulades, greaaat ! (et honnêtement, même si je ne supporte pas l’alcool, j’aurais préféré être alcoolisée, ça aurait été plus drôle).

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  10. Ah non moi je le prends sur le ton de l’humour je leur ai dit d’ailleurs hier: « bon vous avez décidé de me punir pour vous avoir fait voir Turbo et Transcendance, bon on a vu Lucy maintenant Hercule maintenant on est quitte! » Jusqu’à la prochaine fois! 😀 Nous on a l’habitude d’aller dans le bar en bas du ciné et on joue au billard autour d’un verre. C’est d’un fun!

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  11. Meilleure ambiance (même si je suis nulle au billard) 🙂 Non, l’après-midi entourée deux filles qui se sont fait la gueule de midi jusqu’à 17h, c’était quelque chose…

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  12. Je me débrouille de mieux en mieux au billard même si je fais parfois des tirs de merde! Mais fais leur un karaoké, aller dans un sex shop aller picoller je sais pas! 🙂

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  13. Tu verras elles vont se réconcilier tout de suite! Non sans dec fait organiser une soirée dans un bar et tu reste sobre toute la soirée. Elles seront déchirées, elles vont peut être se taper et après tu les fous devant un karaoké!

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  14. Mais c’est génial. e premier roman de Tinalakiller j’ai hâte de l’acheter! Ou alors appelle Sans aucun doute sur RTL. « Voilà j’ai deux amies qui se sont foutus sur la gueule et je n’ai pas les épaules pour supporter cela. -Bien sûr ma chère Tina on va essayer d’envoyer un médiateur. Tudutudutudu!

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  15. Fais comme moi. Tu ne dis rien tu écoute et à un moment tu sors le grand jeu en temps voulu. Tu écoute toutes les versions et tu mixe. En général tu en as un ou une qui dira une connerie.

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  16. Je comprends. Bon après, perso je raconte pas ma vie aux autres, ce sont souvent les autres qui se livrent facilement sans que je leur demande quoi que ce soit (apparemment je leur inspire confiance).

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