Jimmy’s Hall

réalisé par Ken Loach

avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott…

Drame historique irlandais, britannique, français. 1h50. 2014.

sortie française : 2 juillet 2014

Jimmy's Hall

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Jimmy's Hall : Photo Barry Ward, Simone Kirby

Jimmy’s Hall a été présenté au dernier festival de Cannes présidé par Jane Campion mais est reparti bredouille. Cependant, même s’il ne s’agit pas de son meilleur selon moi, ce nouveau long-métrage de Ken Loach reste tout de même très bon. Loach et son fidèle scénariste Paul Laverty se sont inspirés de la pièce Jimmy Gralton’s Dancehall. Le Jimmy  Gralton du titre était un communiste irlandais qui avait pris la nationalité américaine en 1909 après son exil. En 1921, il est retourné en Irlande et il a ouvert un dancing dans le comté de Leitrim. Si le dancing était vu comme un lieu chaleureux et ouvert, les autorités – notamment l’Eglise – le voyaient comme une nouvelle provocation politique. En 1933, sans aucun procès, Jimmy a dû quitter définitivement l’Irlande pour les Etats-Unis. Ce n’est pas la première fois que Loach s’intéresse à l’histoire irlandaise puisqu’en 2006 il avait tourné Le Vent se lève (The wind that shakes the Barley), récompensé par la Palme d’Or. Même si l’histoire est différente, on ne peut pas s’empêcher de penser à ce film. Pour moi Le Vent se lève était plus réussi car le scénario était écrit avec plus de clarté alors que le fond historique était très complexe. Je dois avouer que même en connaissant un peu les enjeux en Irlande durant cette période je n’ai pas toujours trouvé le film très accessible, surtout dans la seconde moitié.

Jimmy's Hall : Photo Andrew Scott, Brían F. O'Byrne, Jim Norton

J’ai aussi un autre petit reproche à faire : je trouve que le dancing, pourtant au coeur du film, pas assez présent, ce qui m’a parfois frustrée. Cependant, les habitués de Ken Loach, dont moi, y trouveront leur compte. En effet, le personnage principal, très attachant et parfaitement bien incarné par l’inconnu Barry Ward, est une représentation de la liberté (expression, culturelle, politique) grâce à la création de son dancing. Le cinéma de Loach peut parfois déranger à cause de sa vision manichéenne de la société pourtant à chaque fois le réalisateur n’en fait pas un défaut. Les oppositions entre les classes, qui auraient pu devenir pénibles, permettent à l’histoire d’être plus forte et émouvante. La romance entre Jimmy et Oonagh est également très touchante et jamais niaise. Cependant, comme très souvent dans les films de Loach, malgré la gravité du sujet, on retrouve des touches d’humour, qui sont toujours les bienvenues. Enfin j’ai également été séduite par la reconstitution historique grâce à de très beaux décors et costumes et une magnifique photographie. Pour conclure, même s’il a quelques défauts, Jimmy’s Hall est un bon film, intéressant sur le plan historique et émouvant grâce à sa dimension humaine.

Jimmy's Hall : Photo Barry Ward

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2 réflexions au sujet de « Jimmy’s Hall »

  1. Yep ! Le film gagne à être connu et, en dépit d’un certain académisme, il m’a beaucoup plu également. Il y a aussi quelques plans d’une grande beauté, j’ai trouvé. Je crois que ce que j’aime le plus chez Ken Loach, c’est qu’il s’entoure le plus souvent d’acteurs peu connus en France. C’est du cinéma comme on en fait plus beaucoup: moi, j’aime !

    Tout à fait d’accord avec toi pour le parallèle avec « Le vent se lève ». Pour moi, ce film est un peu une suite, que Loach a eu l’intelligence de ne pas tourner au même endroit et avec les mêmes personnages. Un peu de l’histoire de l’Irlande s’étale sous nos yeux et c’est très intéressant.

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  2. @ Martin :
    Je suis contente de voir qu’on partage le même avis. C’est vrai qu’il y a un certain académisme mais je trouve que Loach arrive à dépasser ce défaut. Effectivement j’aime également le fait qu’ils choisissent des acteurs méconnus mais au moins très très bons (et largement meilleurs que des stars qu’on voit partout et qui polluent certains films).
    Exactement, pour les amoureux de l’Irlande, ce film (avec le Vent se lève), ce Jimmy’s Hall ne peut que nous satisfaire 🙂

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