Le vent se lève (2014)

réalisé par Hayao Miyazaki

avec les voix V.O. de Hideaki Anno, Miori Takimoto, Hidetoshi Nishijima…

titre original : Kaze Tachinu

Film d’animation japonais. 2h06. 2013.

sortie française : 22 janvier 2014

Le Vent se lève

Inspiré par le fameux concepteur d’avions Giovanni Caproni, Jiro rêve de voler et de dessiner de magnifiques avions. Mais sa mauvaise vue l’empêche de devenir pilote, et il se fait engager dans le département aéronautique d’une importante entreprise d’ingénierie en 1927. Son génie l’impose rapidement comme l’un des plus grands ingénieurs du monde.
Le Vent se lève raconte une grande partie de sa vie et dépeint les événements historiques clés qui ont profondément influencé le cours de son existence, dont le séisme de Kanto en 1923, la Grande Dépression, l’épidémie de tuberculose et l’entrée en guerre du Japon. Jiro connaîtra l’amour avec Nahoko et l’amitié avec son collègue Honjo. Inventeur extraordinaire, il fera entrer l’aviation dans une ère nouvelle.

Le Vent se lève : Photo

Le Vent se lève, qui a été récemment nommé aux Oscars dans la catégorie « meilleur film d’animation », est l’ultime film de Hayao Miyazaki, le roi de l’animation, qui décide de prendre enfin sa retraite. Pour signer ses adieux, le réalisateur finit sa carrière en beauté. Cependant, comme d’ailleurs certains de ses autres films, Le vent se lève n’est pas destiné à un jeune public, qui ne pourra pas saisir ses réels enjeux. Le titre français est inspiré d’un vers du poème « Le cimetière marin » de Paul Valéry, que prononcent les deux personnages principaux lors de leur première rencontre : « Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre ! ». Pour son intrigue amoureuse, Miyazaki s’est inspiré du roman du même nom en français, écrit par Tatsuo Hori. A travers un des seuls éléments fictifs de l’histoire, Miyazaki rend aussi hommage à sa mère. Comme Nahoko, sa mère a souffert de tuberculose. Contrairement à ses autres films, Miyazaki s’éloigne du fantastique, s’attachant ainsi à réaliser un film plus réaliste et à aborder plusieurs points historiques. Tout d’abord, le film évoque le tremblement de terre de Kanto qui a eu lieu en 1923. Puis, le récit passe par la préparation de la Seconde Guerre Mondiale. Enfin, le personnage principal, Jiro, est inspiré de l’ingénieur en aéronautique Jiro Horikoshi, et également de Hori, qu’on a déjà évoqué.

Le Vent se lève : Photo

Cependant, Miyazaki a tout de même ajouté des scènes oniriques, rendant son film très poétique. Miyazaki semble alors créer un mélange explosif, entre la douceur et la violence, tout en restant cohérent et en signant un film parfaitement équilibré. D’un côté, l’histoire d’amour est vraiment émouvante et sans être niaise. Le couple est vraiment touchant car il est attachant. De l’autre, le constat sur l’humanité est particulièrement est effrayante, sombrant au fil du temps. Même si le film reste accessible pour les fans (adultes, je le reprécise) du maître, il est tout de même complexe et aborde le thème de l’aviation (j’aime beaucoup Miyazaki mais avant de voir ce film, j’avoue que ce point m’effrayait un peu car j’avais peur que ça ne m’intéresse pas) pourtant il reste plutôt accessible. Ce thème est notamment à travers les rencontres imaginaires entre Jiro et Giovanni Caproni, deux personnes qui aiment les avions, aussitôt détruits à la guerre. Pour conclure, Miyazaki réalise un film vraiment brillant, d’une grande beauté, qu’elle soit émotionnelle ou visuelle (je ne vais pas passer des heures à commenter les dessins, qui sont toujours aussi magnifiques), réaliste et poétique à la fois. N’ayons pas peur des mots : il a de nouveau signé un chef-d’oeuvre. En sortant par la grande porte, Miyazaki prouve qu’il restera à jamais un maître inégalable et qui manquera au cinéma.

Le Vent se lève : Photo

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24 réflexions au sujet de « Le vent se lève (2014) »

  1. Deux chefs d’ oeuvre en un an pour Ghibli et deux des tout meilleurs films de l’année. D’une beauté et tristesse époustouflantes, pas propagantiste comme je le craignais et toujours passionnant. Un tour d’adieu pour Hayao Miyazaki comme on aimerait ne pas en voir tant sa retraite nous enlève un des plus grands maîtres du cinéma d’animation.

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  2. Ce sont en tous cas deux films mélancoliques et il est triste de voir deux cinéastes partir en retraite sur deux chefs d’oeuvre. C’est malheureux mais on en redemande.

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  3. C’est triste effectivement. Après, histoire de voir le positif, je préfère qu’ils s’arrêtent sur des chefs-d’oeuvre plutôt que de revenir et signer un film moyen.

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  4. Vraisemblablement Ghibli arrêterait pour quelque temps la production de longs. La difficulté du studio n’est pas tant financière mais plutôt qu’il n’y a pas de réel successeur pour passer après Miyazaki et Takahata. Goro Miyazaki? Le réalisateur d’Arriety? Des réalisateurs qui n’ont pas eu le même succès critique que leurs aînés.

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  5. Je ne sais pas je n’ai pas vu leur film mais je sais que Le royaume des chats était décevant par rapport aux crus des deux maîtres, même s’il est sympa.

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  6. J’aime les studios Ghibli et Miyazaki. Je n’ai pas eu l’occasion de voir encore celui ci, mais j’ai eu un gros coup de coeur y a quelques années pour Princesse Mononoké.

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  7. @ Borat :
    J’avais beaucoup aimé « La colline aux coquelicots » de Goro Miyazaki ainsi que « Arrietty » de Hiromasa Yonebayashi (j’ai revu ce dernier récemment et je trouve la fin toujours aussi émouvante), donc je pense que la qualité des films des Ghibli restera bonne.

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  8. Oui mais il a eu un bel accueil critique permettant d’asseoir sa réputation. Puis les films de Takahata n’ont jamais vraiment marché. En 88 les spectateurs préféraient Totoro au Tombeau des lucioles et Mes voisins les Yamada s’était pris aussi un beau bide en 99. Ce que je veux dire c’est que Ghibli n’a pas réussi à faire ce que Pixar a fait: mettre en avant de jeunes talents. John Lasseter était le big boss sur trois films puis il s’est dit qu’il allait donné de la marge à ses proches collaborateurs de l’époque ou à de vieux copains. Aujourd’hui Pixar peut s’imposer avec un autre réalisateur que lui. Ghibli non.

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