12 years a slave

réalisé par Steve McQueen

avec Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Lupita Nyong’o, Benedict Cumberbatch, Sarah Paulson, Garret Dillahunt, Scoot Nairy, Paul Giamatti, Paul Dano, Brad Pitt, Alfre Woodard, Quvenzhané Wallis…

Drame historique américain. 2h13. 2013.

sortie française : 22 janvier 2014

12 Years a Slave

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession.
Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave.
Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

12 Years a Slave : Photo Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender

Après Hunger et Shame, deux films assez chocs, Steve McQueen (pour les personnes qui sortent de leur grotte : on parle du réalisateur black, pas de l’acteur mort depuis des lustres) signe son troisième long-métrage, 12 years a slave, tiré des mémoires Solomon Northup, un homme de couleur noire libre mais qui deviendra un esclave (vous avez compris, durant douze années) suite à son kidnapping. Le film a accumulé les récompenses dont trois Oscars (meilleur film, meilleur second rôle féminin, meilleure adaptation), un Golden Globe (meilleur film dramatique), deux BAFTA (meilleur film et meilleur acteur) ou encore cinq Independent Spirit Awards. Tous ces prix me semblent mérités car McQueen signe un excellent film, difficile à voir, comme ses autres longs, mais qui arrivent à séduire le public qui le suit depuis quelques années maintenant, appréciant plutôt un cinéma d’auteur pas toujours accessible, et un autre public, préférant un cinéma plus « hollywoodien ». Même si le film pourra plaire à un plus large public, heureusement pour la qualité du film, 12 years a slave ne tombe pas dans les pièges du film « hollywoodien ». Certes, il est le plus accessible de McQueen mais ce dernier n’oublie pas de mettre sa patte habituelle. Il ne nous épargne rien, les scènes sont réellement dures à voir.

12 Years a Slave : Photo Chiwetel Ejiofor

Cependant, l’esclavage ne devient pas une sorte de spectacle visuel malsain pour le spectateur. Les scènes difficiles (tortures, viols, assassinats, désespoir…) ont principalement pour but de montrer la réalité. Le film ne propose pas de scènes larmoyantes et la fin du film, lorsque Solomon retrouve enfin sa liberté et sa famille, est réellement émouvante et tout en retenue. Le casting est impeccable. J’ai beaucoup aimé l’interprétation de Chiwetel Ejiofor, qui est émouvante mais équilibrée et tout en pudeur, il n’en fait jamais des tonnes pour convaincre. Michael Fassbender, l’acteur fétiche de McQueen, est également excellent dans ce rôle de salaud brutal. Lupita Nyong’o, une actrice inconnue et débutante qui a remporté son premier Oscar pour ce film, est vraiment la révélation de ce film. On la sent vraiment investie dans ce rôle particulièrement éprouvant. D’autres seconds rôles sont également excellents, que ce soit Benedict Cumberbatch, un maître qui essaie de rendre la vie plus douce à Solomon mais qui a une attitude lâche en le délivrant à Mr. Epps. Paul Dano, Paul Giamatti, Alfre Woodard ou encore Brad Pitt sont également très bons même si on les voit peu et même si Brad, un des producteurs du film, s’est donné le bon rôle avec son air cool en plus (du style « Le racisme, c’est mal » dit comme s’il mâchait un chewing-gum, mais bon, c’est du Brad tout craché, je pardonne).

12 Years a Slave : Photo Chiwetel Ejiofor, Lupita Nyong'o

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33 réflexions au sujet de « 12 years a slave »

  1. « Pas de scènes larmoyantes » ? j’ai au contraire eu l’impression que l’Irlandais se laissais par trop envahir par les excès de pathos hollywoodien avec de grosses louches symphoniques en prime pour bien appuyer sur la plaie. Restent quelques belles idées de mise en scène (la pendaison est forcément un grand moment de cinéma) mais très nettement en-dessous de ses précédentes réalisation selon moi.

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  2. Un film extrêmement dur à voir du fait de l’intensité de certaines scènes qui, comme tu le rappelles, n’ont finalement pour but que de décrire la vérité, crue c’est vrai, de ce qui se passait à cette époque …

    J’en suis ressorti vraiment choqué. C’est un très bon film qui qui nous fait comprendre une nouvelle fois que nos ancêtres étaient vraiment des cons 😡 …

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  3. @ Princécranoir : je comprends ce que tu veux dire. Bien sûr que ces scènes sont censées faire réagir, mais grâce à la mise en scène, j’ai trouvé ces scènes tellement brutales que je n’ai pas réussi à les trouver larmoyantes. Mon préféré de McQueen reste Hunger. Après j’ai beaucoup aimé Shame, niveau qualité, je le trouve au-dessus de 12 years a slave, pourtant il y a quelque chose qui me dérange, un je-ne-sais-quoi. Il faudrait peut-être que je le revois.

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  4. Très violent et probablement un des rares films à être aussi rude sur l’esclavage. On n’est pas dans la gaudriole à la QT. MCQueen cherche à choquer mais le fait bien et ne change pas son fusil d’épaule. Le casting est grandiose mais Hans Zimmer ne se fait pas chier en reprenant sa BO d’Inception.

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  5. Ohhh j’ai beaucoup aimé le film de QT et il n’est pas aussi inintéressant qu’il en a l’air d’un point de vue historique, notamment dans certains détails, vraiment. Et puis pour moi bien plus cohérent et divertissant que Inglourious Basterds.

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  6. Hello, je suis totalement d’accord avec ta critique. Ce film m’a ému. En effet, il n’est pas larmoyant. La scène du savon est épouvantable. La fin quand nous apprenons que Salomon ne peut pas porter plainte/mener un action en justice contre un blanc est la cerise sur le gâteau . Ce film nous montre l’état d’esprit de l’époque et les justifications que les êtres humains peuvent faire subir à d’autres en ce référant aux textes bibliques et aux théories scientifiques. Bonne soirée

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  7. Il ne dévoile rien historiquement intelligent dans son film mais alors vraiment rien. Par contre ressortir du Morricone alors qu’il peut juste lui demander de composer, mettre du rap, pomper Django comme Wild Wild West ça Tarantino connaît. Alors non c’est pas déplaisant à regarder mais on n’est plus dans « l’hommage » et clairement il serait temps que certains journalistes le voient au lieu de lui lécher le cul. QT c’est le faignant par excellence qui croit qu’en savant manier sa caméra et à la limite ses dialogues on ne verra pas qu’il pique tout chez les autres. Par contre, n’importe quelle séquence des Basterds (je parle des personnages) est meilleur qu’une seule de Django.

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  8. Je ne suis pas d’accord (bon après j’ai pas trop aimé Inglourious Basterds, pour moi sans les perso de Waltz et Pitt, y a plus rien).
    Certes, je ne dis pas que tout est juste historiquement (en même temps, y a de très bons films avec des erreurs historiques et ça ne dérange personne) mais il n’est pas non plus entièrement idiot et faux, contrairement à ce qu’on peut croire (j’avoue que je n’ai plus mes cours de créole – c’était sur l’esclavage et tout ça – mais honnêtement certains trucs m’avaient étonné).
    Par contre, c’est clair que QT fait toujours des mix improbables musicalement. On a l’impression qu’il met sa playlist idéale, sur ça je suis d’accord (et depuis hélas, beaucoup de réa mettent n’importe quoi dans les B.O.).

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  9. Ma grosse claque de cette année, un film d’une force incroyable. Je te rejoins sur le fait que McQueen ne force jamais la corde du larmoyant, certes il n’a pas la radicalité sèche de ses deux précédents films mais j’adore la sobriété employée par rapport à d’autres productions similaires, l’élément le plus puissant pour moi étant le sens de la durée de l’image et celui du silence. Certes pas extrême, mesuré mais présent et fascinant. Sinon tout à fait d’accord avec toi sur Brad Pitt qui se pose en deus ex machina salvateur – eh c’est le producteur du film il doit s’attribuer la bonne place – mais bon oui rien de bien gênant.

    À part ça ton blog est très sympa, I’ll be back !

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  10. Bah justement tu enlève ces deux personnages (et plus généralement les Basterds) il n’y a plus rien d’intéressant dans ce film et pourtant on les voit moins. C’est toute l’ironie d’Inglourious Basterds!
    Ce n’est pas la question que c’est juste ou pas dans l’histoire, ça je m’en fous. Mais c’est trop facile de te vanter de faire un western avec un esclave qui tire beaucoup pour faire croire que tu as fait un film historique. Le film ne dévoile pas de références sur l’esclavage, il se sert de l’esclavage comme fond.
    Pour prendre un exemple. Les gardiens de la galaxie a aussi une playlist (tout en ayant un score signé Tyler Bates) mais a la différence de n’importe quel film de QT elle a une utilité dans l’histoire. Elle n’est pas là pour faire cool. Cette playlist c’est le cadeau de la mère de Star Lord avant qu’elle ne meurt (je ne te fais pas de spoilers c’est la première séquence) et les chansons servent souvent lors de scènes ou situations particulières. Alors que chez QT c’est juste pour le kiff. Il aime un morceau de rap allez on va le mettre dans un western d’autant qu’il y a des esclaves et que le rap vient du negro spiritual.

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  11. Je sais que Django… ne prétend pas être un film historique et bien sûr que tu as raison sur tout le reste. Mais je trouve que beaucoup ont un peu trop descendu le film en prétendant que QT faisait n’importe quoi d’un point de vue historique (on ne peut que repenser à la polémique de Spike Lee) alors qu’il y a largement pire de ce point de vue là et qu’il n’y a tant de conneries que ça. Bref, je trouve que le divertissement se concilie bien avec l’Histoire, même si l’Histoire reste secondaire. Je trouve qu’IB était moins réussi de ce point de vue là, avec beaucoup plus d’invraisemblances.
    Je n’ai pas vu (donc ni écouté la BO) Les gardiens de la galaxie, je ne peux pas juger 🙂
    Mais oui il est clair que la musique est juste pour introduire les derniers délires musicaux de QT, ça c’est totalement vrai. Les BO de QT sont sympas mais il faut avouer que QT ne sait pas utiliser sa musique dans ses films, surtout ces derniers temps.

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  12. Non moi ce que je critique c’est que certains osent parler de film historique pour évoquer Django. Non je suis désolé il n’a rien de cela c’est une pure fiction qui fait ce qu’elle veut avec des événements tragiques comme l’esclavage. Point barre; Si tu veux voir un film de ce type tu regarde Twelve years a slave. Quant à Spike Lee, je crois qu’il ferrait mieux de refaire de vrais films que de donner des leçons de morale aux autres. Inglourious Basterds n’a rien d’histoirique non plus, c’est même complètement loufoque dans son genre. Mais tu ne regarde pas ce film pour son point de vue sur l’histoire. Preuve en est QT s’en contrefout totalement.

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  13. Oui, il faut pas déconner, c’est pas un film historique, mais les éléments repris restent historiques : les deux ne sont pas incompatibles. Pour moi on est obligé de prendre un minimum en compte cet élément et je ne suis pas sûre que QT s’en fout à ce point, même si cela n’était sûrement pas sa priorité.

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  14. Le contexte mais c’est bien tout. Je pense au contraire qu’il s’en fout complètement du contexte. Après tout il pompe bien Les douze salopards volontairement dans Inglourious Basterds. Change la maison par un cinéma c’est la même chose. Il ne cherchait pas une resonnance historique.

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  15. Je crois que le dénommé QT rirait bien en écoutant ce débat sur l’intérêt de la vraisemblance historique dans ses films. Ce qui intéresse Tarantino c’est d’abord le cinéma, ensuite le cinéma et enfin le cinéma. Ce qui anime ses films, c’est leur rapport aux codes des différents genres auxuqels ils se rattachent. Et Steve Mc Queen, même en adaptant le récit vécu (donc forcément subjectif) de Northump, ne fait qu’un film, donc une fiction. « Django » est une réponse guerrière et primaire à l’abjection de la traite des Noirs, tandis que « 12 years a slave » est un réquisitoire qui exige de la compassion. Personnellement, j’ai largement préféré la percussion à l’apitoiment.

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  16. Oui c’est bien ce que je disais Prince, il se fout de l’histoire et dire que ses films ont une vertu historique est plus ou moins faux. Je te laisse le pompeur Prince. 😉

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  17. à Tina: Non seulement il n’a rien inventé mais crois qu’il réinvente le cinéma. S’il ne savait pas manier la caméra, certains diraient que c’est un tocard. C’est mon cas.

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  18. @ Princécranoir : vu comme ça, je reconnais le débat assez délirant et tes arguments sont pertinents. Je disais juste que j’en avais marre de lire des critiques du style « QT fait n’importe quoi avec l’histoire ». Certes, son film ne prétend pas être historique, mais les éléments le sont et ne sont pas forcément tous faux, loin de là et pas pire que d’autres métrages qui se prétendent plus historiques.
    Personnellement, j’aime autant les deux films mais d’une manière différente, comme tu le dis, on a finalement deux visions qui n’ont rien à voir à partir d’un même sujet mais pour moi le film de QT reste valable dans sa vision de l’esclavage.
    Je ne sais pas si ma réponse est super claire (j’avoue être un peu fatiguée).

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  19. @ Borat :
    il n’a rien inventé, cependant je trouve qu’il a tout de même réussi à imposer son propre style, son écriture, des personnages charismatiques. Je veux dire, ça a beau être un pompage, quand on regarde un film de QT, on sait que c’est bien lui qui l’a fait. Je trouve qu’il y a des films qui pompent pas mal d’autres films et pourtant personne ne leur dit rien. Après je pense que même si c’est sa marque de fabrique, QT devrait arrêter de multiplier autant ses hommages, ou du moins ne pas les appuyer autant (car beaucoup de films reprennent d’autres films).

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  20. Son style? Ah oui c’est vrai son style se résume à pomper chez les autres. 😉 Le problème c’est comme il emprunte chez les autres il n’y a plus rien de personnel et ce n’est plus de la réécriture par moment mai de la reprise tel quel. Mettons hommage entre guillemets à un moment ce n’est plus de l’hommage, ce n’est pas comme si c’était ses deux premiers films.

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  21. Oui mais il y a une différence entre faire une référence et refaire complètement comme le voisin. Si tu t’inspire du style hitchcockien tu peux mettre ta personnalité dedans. Beaucoup l’ont fait avec succès comme De Palma. Mais avec QT on est dans le pompeur qui s’ignore. Et le pire c’est que beaucoup ne le remarque pas. A croire que je suis suffisamment con pour découvrir le pot aux roses.

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  22. Bah curieusement on finit toujours par les voir. Peu avant Inglourious Basterds j’avais vu Les douze salopards et Quand les aigles attaquent. C’est fou comme le Tarantino leur a tout piqué. Quant à Django j’ai malheureusement eu la malchance de le voir après Unchained. Autant dire qu’il était bien meilleur que le QT.

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  23. @ Borat :
    je ne l’ai pas vu mais j’ai entendu de très bonnes critiques sur le Django qui a inspiré QT (il était ressorti chez moi mais pas eu le temps d’aller le voir).

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