Real

réalisé par Kiyoshi Kurosawa

avec Takeru Sato, Haruka Ayase, Jô Odagiri, Shôta Sometani…

titre original : Riaru : Kanzen naru kubinagaryû no hi

Film de science-fiction japonais. 2h07. 2012.

sortie française : 26 mars 2014

Real

Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d’autant qu’ils s’aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l’inconscient de sa compagne. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Real : Photo

Ce dernier long-métrage de Kiyoshi Kurosawa est une adaptation du roman de Rokuro Inui qui s’intitule A perfect day for Plesiosaur. Le réalisateur japonais met en scène un jeune homme qui entre en contact avec l’esprit de sa petite-amie, qui est plongée dans un coma suite à une tentative de suicide. Même s’il ne s’agit pas forcément de la même chose, on peut tout de même penser à certains films comme Eternal Sunshine of the Spotless mind de Michel Gondry, Paprika du regretté Satoshi Kon, Inception de Christopher Nolan ou en passant par l’univers de Philip K. Dick en ce qui concerne la littérature. En effet, toutes ces oeuvres exploitaient le thème de la conscience. Peut-on savoir ce qui se passe dans notre conscience ? Comment peut-on y pénétrer ? En quoi cette conscience peut-elle avoir une influence sur la vie réelle ? Real emprunte ces même questions qui ont déjà habité certains auteurs ou réalisateurs. Heureusement, je n’ai pas eu cette impression de déjà-vu. Le film mélange habilement les genres, comme la science-fiction, le fantastique, la romance, le manga, le film de monstre et même le conte, ou encore les effets spéciaux, plutôt réussis, s’insèrent bien avec la poésie dégagée.

Real : Photo

Le sujet peut sembler compliqué, le fait notamment qu’il y ait cette alternance entre réel et irréel, et ce voyage dans la conscience / inconscience et même les consciences / inconsciences. Cependant, Kurosawa fait tout pour rendre son film accessible. Le film dure deux heures, pourtant le temps passe plutôt vite (j’ai légèrement ressenti les longueurs les dernières minutes finales mais dans l’ensemble je ne me suis pas ennuyée), car Kurosawa a su écrire un scénario dynamique (même si le gros twist, qui relance pourtant bien l’intrigue, se devine très rapidement) et cohérent et sa mise en scène est précise et efficace. Grâce au procédé qui explore les frontières de la conscience, Real pourrait finalement être dans la continuité de Shokuzai et même de Kairo, notamment le fait que le film montre le poids des fantômes du passé sur le présent qui a fait naître un sentiment de culpabilité pesant. Au-delà des questions sur la réalité et la conscience, Kurosawa met en scène une touchante et sincère histoire d’amour, qui évite de tomber dans la niaiserie. La seule chose qui m’a un peu dérangée est le dinosaure. L’animal n’a rien de choquant d’un point de vue technique (il arrive plutôt bien à s’incruster dans le décor réel), il a une forte charge symbolique, représentant ainsi le passé, mais la manière dont il apparaît peut paraître un peu grotesque, kitsch.

Real : Photo

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15 réflexions au sujet de « Real »

  1. Mais dis donc toi, rien ne t’arrête en ce moment ! Quelle productivité ^^
    J’avais très envie de le voir celui-ci, il faut que je le trouve en DVD, il doit être sorti maintenant 🙂

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  2. C’est normal, je profite de ce mois encore vide pour ma part – toujours en vacances (mais je reprends bientôt) pour mettre à jour les films sortis en 2014, sinon j’ai peur que ça s’étale sur 4 mois et au final ne pas « pouvoir » mettre d’autres critiques. Là au moins ça sera fait et dès octobre, le blog reprendra un rythme normal. Début octobre, je mettrai également les index en ligne, histoire également de faciliter la vie à tout le monde 🙂
    Oui il est sorti en dvd mais à part qu’il n’a pas la même affiche (ils ont mis un truc bien laid, façon film américain apocalyptique, ahaha => http://www.allocine.fr/film/fichefilm-220785/vod-dvd/ )

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  3. La passion du cinéma nous encombre tous, pour répondre à Yuko. J’ai une liste de film à voir qui dépasse, je pense, allégrement mes possibilités de visionnage.
    Real, fait parti de ces films

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  4. (attention spoilers) Je me souviens de la critique de Mad Movies évoquant un fameux dinosaure ou quelques choses qui y ressemble tout en prévenant le lecteur que c’était un spoilers. A peine sorti en DVD, la jaquette le montre. Merci l’éditeur! (fin des spoilers)

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  5. @ FabriceFM : Je pense que Yuko parlait plus de mon rythme très dense en ce moment sur ce blog – j’ai plutôt tendance à mettre 10 articles par mois qu’en trois jours 😮 Mais effectivement moi aussi j’ai une longue liste de films à voir, même si c’est parfois dur par manque de temps principalement c’est très motivant 🙂

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  6. @ Borat :
    personnellement, même si je comprends ce qu’a fait Mad Movies, je ne considère pas ça comme un spoiler : j’en parle à la fin de la critique et au début, je parle du roman qui se nomme « A perfect day for Plesiosaur » et j’ai même mis dans les tags « dinosaure »! Mais bon la jaquette est laide, et surtout on n’a pas l’impression qu’il s’agit du même film ! Je l’ai découverte en petit dans mon Voici (si, si, ils font aussi des chroniques ciné). Sur le moment, je me suis dit, en pensant qu’il s’agissait d’un film catastrophe, « tiens, le même titre que le film de Kurosawa ». C’est en lisant leur résumé que j’ai capté qu’il s’agissait du même film !

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  7. Je sais bien mais cela peut en être un pour les spectateurs non-concernés d’autant que c’était dans une interview et non une critique. Moi plus simplement dans Mad ou les affiches.

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  8. Ah je préférais largement l’affiche ciné, on voyait bien le côté SF/coma et l’histoire d’amour était également mise en avant, sans trop en dévoiler en plus (car il y a un petit twist).

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  9. Il faut vraiment que je me penche plus avant sur le cinéma japonais contemporain. Tu donnes envie, avec cette chronique, d’aller y voir de plus près.

    La question est, comme évoqué plus haut: mais où vais-je trouver le temps ? 😀
    Je tâcherai de saisir les occasions qui se présenteront, disons…

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  10. Et au moins tu sais de quoi ça parle. Avec cette foutue jaquette, on croit voir un film de SF Kitsch à la japonaise avec peut être des super-héros en costume!

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