Les Combattants

réalisé par Thomas Cailley

avec Adèle Haenel, Kévin Azaïs, William Lebghil, Brigitte Roüan…

Comédie, romance française. 1h38. 2013.

sortie française : 20 août 2014

Les Combattants

Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille…
Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire.
Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ?
C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux.

Les Combattants : Photo Adèle Haenel, Kevin Azaïs

Après le court-métrage Paris Shangai en 2010, Thomas Cailley réalise son premier long-métrage, Les Combattants, présenté à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes en 2014. Ce premier long est une véritable bonne surprise, un coup de coeur en ce qui me concerne, et certainement l’un des meilleurs films français sortis cette année 2014. J’espère vraiment que les Césars ne l’oubliera pas dans son palmarès. Cailley signe un film drôle, frais, intelligent et assez original, possédant une mise en scène énergique et une photographie lumineuse (par David Cailley, comme vous l’aurez compris, frère du réalisateur), à l’image des deux personnages principaux. Le scénario est un des atouts de ce métrage car il est particulièrement écrit, réfléchi et inspiré. En effet, pour moi, on peut relever trois parties dans cette histoire : la première se concentre sur la rencontre entre Madeleine et Arnaud chez eux, la seconde se déroule au camp militaire et la troisième est celle qui se déroule en pleine nature, les protagonistes étant livrés à eux-mêmes. Rien qu’à travers la construction du scénario, on voit que Cailley joue avec les genres : comédie, romance, film de guerre et film apocalyptique. Malgré ce mélange, le film ne part pas dans tous les sens, au contraire, il reste structuré, tout en restant détonant et surtout parvient à avoir sa propre personnalité, ce qui franchement du bien (car il faut le dire – les comédies françaises actuelles ne sont pas toutes de franches réussites et surtout sans âme).

Les Combattants : Photo Kevin Azaïs

Toujours grâce à cette écriture de qualité, le portrait des personnages est également réussi, et encore une fois Cailley évite un résultat qui aurait pu facilement devenir brouillon. En effet, à première vue, les personnages sont opposés (classe sociale, parcours familial, manière de voir la vie, caractère…): d’un côté, on a Madeleine, bourgeoise qui vit dans une belle maison avec ses parents, avec un master qui ne lui servira probablement à rien, une fille très différente des autres, pour ne pas dire explosive et très (trop ?) franche (on trouve d’ailleurs « mad » dans son prénom, comme l’expliquera Cailley dans Positif) et qui est préoccupée par l’état de notre monde. En clair, elle croit à la fin du monde, elle n’aime rien, et c’est pour cela qu’elle décide de s’engager dans l’armée et de s’y accrocher. Pourtant, on va vite se rendre compte que l’armée n’est pas fait pour elle, car elle est trop individualiste et caractérielle (tu l’emmerdes, hop un coup de boule). De l’autre, le doux Arnaud, qui vient de perdre son perdre, reprend l’affaire familiale avec son frère . S’il s’engage dans l’armée, c’est uniquement pour suivre la fascinante Madeleine. Finalement, durant ce stage, contrairement aux apparences, contrairement à Madeleine, lui va être plutôt à l’aise à l’armée, le jeune homme étant plus discipliné et semble avoir plus de bouteille qu’elle. Cependant, malgré ces oppositions assez nettes, les deux personnages, qui ont comme point commun le fait d’être deux jeunes qui ne croient plus au monde auxquels ils appartiennent, s’attirent et s’apprivoisent. Ce duo irrésistible fonctionne merveilleusement grâce à une épatante Adèle Haenel et un formidable Kévin Azaïs.

Les Combattants : Photo

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4 réflexions au sujet de « Les Combattants »

  1. Bon, je suis tout à fait d’accord avec toi, sur ce coup, Tina.
    Adèle bouffe la pellicule à chaque apparition et Kevin s’en sort très très bien aussi.

    Je ne veux pas en dire trop, donc chut !
    Mais les images de la presque-fin m’ont assez bien scotché au fauteuil.
    Je ne m’attendais pas à une conclusion de ce genre, mais j’ai trouvé ça très réussi.

    PS: ma chronique à moi dans quelque temps…

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  2. Ah ça nous arrive d’être d’accord !
    C’est vrai qu’Adèle a une présence incroyable (j’ai du coup très envie de découvrir ses autres films !) mais comme tu dis Kevin s’en sort bien et j’ai été surprise de voir qu’il ne se faisait pas bouffer par la performance de sa partenaire.
    Ah ouais la fin est presque fascinante, rien qu’esthétiquement c’est éblouissant.
    Hâte de lire ta critique 🙂

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