Les trois frères, le retour

réalisé par Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus

avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Sofia Lesaffre, Daniel Russo, Biyouna, Antoine Du Merle, Fatima Adoum…

Comédie française. 1h46. 2013.

sortie française : 12 février 2014

Les Trois frères, le retour

Ils sont trois,
Ils sont frères,
Ils sont de retour.
15 ans après, Didier, Bernard et Pascal sont enfin réunis… par leur mère…
Cette fois sera peut-être la bonne.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

Dix-huit ans après Les Trois Frères, nous retrouvons les frères Latour, incarnés par Les Inconnus, dans la suite de leurs aventures. Le premier film était génial et surtout culte. Hélas, ce n’est pas le cas de ce deuxième opus. Evidemment qu’on est content de retrouver le célèbre trio, même s’ils ont perdu quelques cheveux ou ont pris un peu de poids et aussi quelques rides. On les trouve toujours autant sympathiques, c’est d’ailleurs peut-être aussi pour ça que j’accorde une petite étoile au film. Mais on ne trouve pas du tout leur talent dans ce long-métrage. Je reconnais qu’il y a quelques scènes drôles, comme celles avec la mamie pétée de pognons ou encore Campan déguisé en ado attardé. Hélas sur 1h40-45, on doit rire que cinq ou dix minutes, pas plus. Ca fait quand même mince. En fait, les quelques bonnes idées qui apparaissent ne sont jamais totalement exploitées, comme si le rire était limité, ce qui est quand même idiot dans une comédie. Je me doutais bien que ce retour serait moins drôle que le premier mais on pouvait espérer que l’ensemble serait potable. Hélas, plus le film avance, plus il s’enfonce. Il ressemblerait pratiquement à un mauvais téléfilm sans inspiration. Dans le premier, toutes les scènes s’enchaînaient à merveille, les vannes aussi, du coup on avait un film très rythmé. Dans ce retour, c’est assez mou et un peu long. On a également l’impression que l’histoire ne décolle jamais réellement. De plus, le scénario ne tient pas vraiment debout.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

Ce qui est assez étrange, c’est que le film ressemble en apparence au premier dans sa structure (et reprend évidemment quelques sketchs). Il y a évidemment cette impression de déjà-vu qui est assez énervante en soi. Mais en même temps, il y a quand même des choses différentes. Mais même les seules différences qu’on relève ne servent pas l’histoire. Par exemple, dans le premier, on trouvait ces frangins losers sympathiques et attachants car on avait l’impression qu’ils étaient victimes des événements. Or, ici, même encore une fois je trouve toujours le trio sympathique, les personnages sont quand même moins attachants, on a parfois l’impression qu’ils cherchent vraiment leurs emmerdes. Il y a même quelque chose de paradoxal dans leur humour. Leurs sketchs, leurs spectacles et Les Trois Frères me font toujours rire alors qu’ils ne sont quand même plus récents. Sur le principe, dans ce nouveau film, on retrouve toujours le même fond, le même système dans l’écriture : des retrouvailles liées à l’héritage maternel, un humour basé sur la caricature, avec toujours cette envie de dénoncer les travers de la société. Hélas, ici, leur humour paraît dépassé, leur vision de la société est un peu datée et plus que jamais manichéenne : les riches sont forcément très très méchants et même très très racistes. J’ai même trouvé certaines scènes assez vulgaires, un sentiment que je n’avais jamais relevé dans le travail des Inconnus jusqu’ici.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon

Je n’ai pas non plus compris l’évolution du personnage de Pascal Légitimus qui est très différent du premier et ce changement ne m’a pas paru justifié. Dans le premier film, il incarnait un homme qui avait réussi, qui travaillait et qui était indépendant. Certes, sa situation financière est intéressante dans ce nouveau film. Mais il s’accroche à une cougar américaine pour vivre. Le problème n’est pas qu’il ait changé, car les gens changent avec le temps. Mais on a l’impression que le film ne prend pas toujours en compte que dix-huit se sont écoulés. Par contre, effectivement, rien a changé du côté de Bourdon et Campan. Le premier se met toujours avec une catho vieille fille pour pouvoir hérité de pépettes en cas de décès de la mère de cette dernière, le deuxième est toujours un acteur raté qui s’est lancé dans un one-man show foireux. En ce qui concerne le deuxième, le running gag avec sa pub de chien est assez lourde. Puis il y a de nouveau un gamin (enfin ici une gamine) qui provoque également quelques péripéties. Mickaël, qui a grandi, reste quand même attachant parce qu’on est nostalgique, par contre la gosse de Campan, qui parle tout le temps vulgairement et en verlan, est insupportable et son interprète, Sofia Lesaffre (mais où sont-ils allés la chercher celle-là ?) joue particulièrement mal ! D’ailleurs, même si le film accumule déjà en lui-même les défauts, pour moi, ce personnage fait énormément de mal à cette suite. En fait, non seulement le film n’est pas réussi, parvenant rarement à faire décrocher un rire, mais surtout c’est même triste de voir des comiques qui n’arrivent plus à être drôles. 

Les Trois frères, le retour : Photo Sofia Lesaffre

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28 réflexions au sujet de « Les trois frères, le retour »

  1. Aïe, Aïe, aïe… Un retour qui ressemble finalement à un remake de son prédécesseur et qui brille surtout par son absence d’idées et de scénario

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  2. Le problème de ce film et c’est ce que n’ont pas vraiment compris les Inconnus, c’est que tout le monde le craignait plus que ne l’attendait. Cela s’est vu aux chiffres: 2 millions pas plus alors qu’on parlait d’un soi-disant événement partout dans les médias. Au final ce film semble surtout un point de non-retour. Plus beaucoup d’idées, pas grand chose à regarder, mais curieusement je m’attendais à bien pire. Au final je n’ai pas passé un mauvais moment. C’est peut être ça le problème. 😉

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  3. @ Borat :
    Oui c’est un film qui aurait dû laaargement dépassé les 5 millions, or, les gens ont eu peur et je m’en suis aperçue rien qu’à travers mon entourage, le 3/4 n’a pas voulu tenter l’expérience en salles, en sachant qu’ils seraient déçus.
    Personnellement, même si j’ai connu pire, cette suite m’a quand même bien emmerdée en salles et surtout voir ça m’a attristée…

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  4. Tout du moins le score du premier film. On en est très loin. Moi j’ai lu les mauvaises critiques, les potes n’avaient envie, le mardi j’allais au ciné à Metz j’y suis allé (en plus je paye moins cher). Finalement j’ai vu pire en salles cette année mais c’est insignifiant. Clairement pas du 3 étoiles.

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  5. @ Borat : oui c’est sûr que j’ai connu pire en salles (n’est-ce pas Under the skin ou Only lovers left alive ? => là j’étais lamentablement avachie) mais bon de leur part, c’est vraiment décevant. Quoique le terme décevant n’est pas juste, puisqu’au fond je savais que le film allait me décevoir.

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  6. Bah moi cette année ce fut Spider man 2, Sabotage, Transcendance et Lucy. Oui c’est ce que je disais: personne ne s’attendait à quelQue chose de bon. J’avais peur du projet avant d’en voir une image, ce fut encore pire après la bande-annonce avec la gamine rebeu.

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  7. J’espère surtout que si on lui donne d’autres rôles, elle ne fera plus la racaille. Parce que la gamine a l’air toute timide.

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  8. Sur le plateau d’Alessandra Sublet où la bande-annonce fut présentée, je peux te dire qu’elle ne disait absolument rien. Comme je pense que Sara Forestier n’est pas aussi emmerdante que dans L’esquive.

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  9. M’en souviens pas et à vrai dire je m’en fous, mais elle est moins soulante que dans L’esquive dans la réalité.

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  10. Enfin ça n’excuse rien. Les Césars c’est le rdv des coincés du cul et autres ballet à chiottes qui pullulent dans le cinéma français où on se fout de la gueule de ceux qui ne voient pas comme vous (je pense à l’édition 2013 où Depardieu et Maraval ont eu droit à un beau fuck en pleine cérémonie sous les rires et applaudissements des connards dans la salle). Alors que la miss Forestier fasse un peu de show n’est pas bien grave.

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  11. Certes, la cérémonie est pratiquement tout le temps chiante. Enfin, le problème c’est qu’elle n’a pas voulu mettre le show, je pense qu’elle est soit naturellement vulgaire, soit bête, soit ou se comporte comme une ado de 14 ans qui a les hormones en ébullition. C’est comme aller à un entretien d’embauche et balancer à ton futur patron ton soutien-gorge parce que t’es trop contente qu’il t’ait pris dans la boite, faut se calmer un peu.

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  12. Elle avait envie de faire crac crac peut être alors elle s’est dit « pourquoi pas dire que j’ai une culotte porte bonheur?! ». 😉

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