Viva la libertà !

réalisé par Roberto Ando

avec Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Valeria Bruni Tedeschi, Michela Cescon, Renato Scarpa, Eric Nguyen, Judith Davis, Andrea Renzi…

Comédie italienne. 1h34. 2013.

sortie française : 5 février 2014

Viva La Libertà

Enrico Oliveri, secrétaire général du parti de l’opposition est inquiet : les sondages le donnent perdant. Un soir, il disparaît brusquement laissant une note laconique. C’est la panique au sein du parti, tout le monde s’interroge pour essayer de comprendre les raisons de sa fuite pendant que son conseiller Andrea Bottini et sa femme Anna se creusent la tête pour trouver une solution. C’est Anna qui évoque en premier le nom du frère jumeau du secrétaire général, Giovanni Ernani, un philosophe de génie, atteint de dépression bipolaire. Andrea décide de le rencontrer et élabore un plan dangereux…

Viva La Libertà : Photo Toni Servillo

Roberto Ando adapte son propre roman, Le Trône Vide. En voyant le sujet, on ne peut s’empêcher à l’excellent film Habemus Papam, réalisé par son compatriote Nanni Moretti: en effet, un homme qui a de hautes responsabilités prend la fuite. Comment réagir face à cette situation ? Dans le film de Moretti, on faisait vaguement croire que le Pape se cachait derrière les rideaux de sa fenêtre. Ici, Ando utilise merveilleusement la vieille stratégie du jumeau. Heureusement que la comparaison s’arrête là, même si on peut conclure que le cinéma italien propose toujours des films à la hauteur. Le scénario est en tout cas un des points forts de ce film. Malgré quelques flottements, notamment dans la partie qui se déroule en France, la mise en scène est dans l’ensemble plutôt bonne, proposant parfois quelques idées astucieuses. Il faut tout de même remercier ce cher Toni Servillo, toujours aussi classe et probablement un des meilleurs acteurs de notre époque. Sans sa performance, je ne suis pas sûre que le film aurait pu autant bien fonctionner. Au bout d’un moment, j’avais vraiment l’impression de voir presque deux acteurs différents qui se ressembleraient physiquement. D’un côté, il arrive totalement à incarner la froideur d’Enrico et de l’autre le jovial Giovanni. Servillo est à l’aise dans le rôle du politicien, rappelant son rôle dans Il Divo de Paolo Sorrentino, dans lequel il était un épatant Giulio Andreotti. Il est également très à l’aise dans le rôle de ce professeur de philosophie fou, qui finit par nous séduire par ses mots, permettant ainsi au film d’aborder des thèmes sérieux sur un ton léger.

Viva La Libertà : Photo Toni Servillo, Valerio Mastandrea

La fin est particulièrement intelligente : elle a un côté mystérieux et même schizophrène. On ne sait pas si on a en face Enrico ou Giovanni mais finalement c’est comme si les deux étaient enfin réunis pour ne former qu’une seule personne. Tout le casting est d’ailleurs très convaincant, notamment Valerio Mastandrea, qui a remporté le Donatello du meilleur acteur dans un second rôle. Au-delà de l’exercice théâtral parfaitement maîtrisé, le propos du film est particulièrement saisissant : la politique et le cinéma sont deux « arts » plus proches qu’ils en ont l’air grâce à l’emploi des mots. Les discours de Giovanni, totalement improvisés, séduisent grâce à leur spontanéité mais leur poids et le rythme. Les mots ont finalement une responsabilité dans l’engagement politique, redonnant ainsi de l’espoir à ceux qui n’en ont plus. Ils montrent aussi l’assurance, la confiance et même le pouvoir, de ceux qui les prononcent, c’est-à-dire les politiciens, qui deviennent des acteurs face au public citoyen. Enfin, le réalisateur s’interroge également sur la réelle définition de la folie : en effet, Giovanni est-il vraiment le plus fou des deux frères ? En fuyant ses responsabilités politiques, qui pourrait avoir des conséquences sur le destin de son pays, Enrico est aussi en quelque sorte un fou.

 Viva La Libertà : Photo Saskia Vester, Toni Servillo

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2 réflexions au sujet de « Viva la libertà ! »

  1. Bonsoir Tina, d’abord bravo pour ton nouveau blog (si, si). J’ai l’impression qu’over-blog va perdre ses meilleurs blogueurs (tant pis pour euxi). J’ai mis à jour ton lien. Sinon, rien que pour Toni Servillo, le film vaut la peine d’être vu. Bonne soirée.

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  2. Merci beaucoup Dasola. Hélas, avec leurs conneries, je pense qu’effectivement beaucoup vont se lasser comme moi et partir sur d’autres plateformes.
    Comme tu le dis, Servillo – pour moi un des meilleurs acteurs de ces 10-20 dernières années – est l’atout de ce film.

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