American Crime Story – The People vs. O.J. Simpson

Créée par Larry Karaszewski, Ryan Murphy et Scott Alexander

avec Sarah Paulson, Cuba Gooding Jr., John Travolta, Courtney B. Vance, David Schwimmer, Sterling K. Brown, Kenneth Choi, Christian Clemenson, Nathan Lane, Bruce Greenwood, Selma Blair, Connie Britton, Jordana Brewster…

Drame judiciaire. 1 saison. 2016.

oj

American Crime Story est une série d’anthologie, qui se centre sur des affaires judiciaires différentes à chaque nouvelle saison. La première tourne autour du procès controversé et ultra-médiatisé de O.J Simpson, qui a fait la Une des médias au cours de l’année 1995. La star du football américain est accusée du meurtre de son ex-femme, Nicole Brown Simpson et de son compagnon, Ronald Goldman. Dans les coulisses de l’affaire, les deux camps essayent de tirer leur épingle du jeu. Entre l’excès de confiance des avocats et la relation tendue de la police avec la communauté afro-américaine, le doute sème le trouble chez les jurés.

Photo Christian Clemenson, Sarah Paulson

En tant que fan de la série American Horror Story (parfois chroniquée sur ce blog), j’étais décidée à découvrir le dernier objet télévisuel de Ryan Murphy, American Crime Story, qui a remporté récemment cinq Emmy Awards : meilleure mini-série, meilleure actrice (Sarah Paulson), meilleur acteur (Courtney B. Vance) et meilleur acteur dans un second-rôle (Sterling K. Brown) et meilleur scénario (toujours dans les catégories « mini-série »). Le titre étant très clair, chaque saison anthologique portera sur une affaire judiciaire. Pour cette première saison, on ne s’est pas attaqué à n’importe quoi : l’affaire O.J. Simpson. On l’a connait tous, on a même pu suivre (enfin surtout les Américains) le déroulement du procès à la télévision. Il n’y a évidemment aucune surprise même pour ceux qui n’étaient pas nés ou qui étaient trop jeunes. Pourtant, cette série est une excellente surprise. J’ai été surprise de prendre du plaisir à redécouvrir cette histoire comme si elle se présentait comme une nouveauté. Et surtout quelle satisfaction de voir de nombreuses qualités dedans ! En effet, on peut se rassurer : il ne s’agit pas d’une sorte de remake de Faites entrer l’accusé. On retrouve des thèmes chers à Ryan Murphy notamment le racisme et la célébrité. Il faut rappeler les faits : en 1992 ont lieu les émeutes de Los Angeles. Puis, en 1994, le célèbre joueur de base-ball (et occasionnellement acteur) O.J. Simpson est accusé d’un double meurtre dont celui de son ex-femme, mère de ses enfants. Comment défendre l’indéfendable (on se demande à ce moment-là comment Simpson va pouvoir s’en sortir avec de telles accusations !) ? Voilà que les avocats qui défendent ce cher Simpson, notamment dans un premier temps Robert Shapiro, puis le grand défenseur de la communauté afro-américaine, Johnnie Cochran. La dimension politique a clairement pris le dessus dans cette passionnante affaire judiciaire au point qu’on a fini par en oublier les victimes et surtout se demander s’il y avait d’autres suspects. Cette première saison instaure alors des enjeux d’une grande importance étant donné ce qui se passe actuellement. Comment ne pas penser aux récentes bavures de policiers envers des Noirs ? Comment ne pas voir le clin d’oeil (avec une pointe d’ironie) aux filles Kardashian qui ont bien mieux compris le star-system que leur père, meilleur ami de Simpson, et clairement dépassé par les événements ? La fin de la saison, qu’on connait alors tous, a quelque chose d’encore plus tragique. C’est comme si toute cette mascarade mise en place par la défense, en s’éloignant de la vérité, n’avait servi à rien : l’injustice contre les minorités existe toujours et la liberté d’O.J. Simpson est en réalité une nouvelle prison.

oj

Pourquoi cette série est-elle si passionnante ? Déjà, comme vous l’avez peut-être déjà lu sur ce blog, j’ai toujours aimé les films (et donc aussi les séries) de procès car il y a quelque chose qui entre déjà dans l’ordre de la comédie et de la mise en scène (le risque étant que l’oeuvre devienne trop théâtrale mais ce n’est pas le cas ici). Ce n’est pas nouveau, on a vu beaucoup de (bons) films de procès tournant autour de la question de la comédie. Mais les scénaristes ont réussi à renouveler, à partir de cette terrible affaire, cet élément en question. On constate alors le fait suivant : en reprenant les gros points de l’affaire, les spectateurs ont droit à de réels rebondissements (sincèrement, j’avais beau connaître l’affaire, j’étais tout le temps sur le cul !) comme si les scénaristes avaient inventé l’histoire de toutes pièces. J’ai envie de dire que la réalité a dépassé la fiction et c’est vraiment ça qui est fort dans cette saison ! On s’aperçoit à quel point cette affaire était déjà en soi une énorme mascarade. La reconstitution de l’affaire et plus généralement de l’époque est très bien exécutée (sans être too much) et en même temps même dans cette reconstitution on sent la continuité avec notre époque : un bon équilibre semble alors avoir été trouvé. Le tout a été traité sur dix épisodes durant chacun une petite cinquantaine de minutes (tous bien rythmés). C’était selon moi le format idéal : on ne s’étend pas une plombe sur l’histoire (déjà connue) mais on a suffisamment le temps de développer la psychologie et la complexité de chaque personnage, ce qui n’était pas évident vu qu’il y en a un certain nombre ! Mais ce qui est également intéressant, c’est que le spectateur devient lui-même une sorte de juré / avocat. On nous filme les deux camps avec une certaine égalité – même si je dois admettre que le personnage de Marcia Clark est peut-être un chouïa davantage mis en avant (mais ce n’est pas gênant par rapport au propos autour des minorités – elle qui défend les femmes violentées alors que la défense détourne l’attention en évoquant la communauté afro-américaine). Certes, on sent que les scénaristes se sont fait leur petite idée sur cette affaire mais le but n’est pas de savoir si O.J. Simpson a tué son ex-femme et son amant puisque de toute façon on a bien compris que ce procès n’avait pas pour but de chercher la vérité. En revanche, comprendre comment le jury, à partir de ce qu’il a pu constater sur le devant de la scène mais aussi dans les coulisses (on comprend bien que ça ne faisait pas rêver de faire partie de ce jury) a pris la décision finale fait partie des enjeux de la série.

american

Enfin, cette saison d’American Crime Story bénéficie d’un excellent casting, très justement récompensé. Dans le rôle du célèbre O.J. Simpson (qui est actuellement en prison pour vol à main armée et kidnapping), Cuba Gooding Jr. est bluffant. Il parvient vraiment à montrer toute la complexité de ce personnage qui peut être autant charismatique qu’effrayant par ses accès de violence. Sarah Paulson, que j’adorais déjà tellement dans American Horror Story, trouve ici le rôle le plus intéressant de sa carrière, celui de la célèbre procureure Marcia Clarke, entrant pratiquement dans la culture populaire malgré elle (Tina Fey avait livré sa parodie à la fin de la première saison de Unbreakable Kimmy Schmidt pour ne citer que cet exemple) pour sa coupe de cheveux légendaire, son style très classique voire même assez froid et son ton qui envoie bien dans ta gueule. Pas évident de tenir un rôle aussi emblématique sans tomber dans la caricature. Pourtant, Sarah Paulson, servie par une écriture habile, donne une interprétation remplie de nuances tout en donnant de l’intensité à son jeu. Elle prouve ici qu’elle est l’une des meilleures actrices de sa génération et je suis étonnée qu’elle ait percé à la télévision relativement tard et qu’elle n’ait jamais été eu de réels bons premiers rôles au cinéma ! Il s’agit ici d’un personnage fort qui a des convictions mais on ne nous épargne pas non plus les erreurs qu’elle a pu faites et qui ont également conduit à l’acquittement d’O.J. Simpson (je parle ici de l’intervention du flic raciste). John Travolta (également co-producteur) fait aussi un joli retour dans le rôle de Robert Shapiro (avec une tête à la Donald Trump), l’avocat qui se donne en spectacle mais qui préfère faire des arrangements au lieu d’affronter les problèmes. Tout le casting est excellent, que ce soit Nathan Lane qu’on voit peu mais génial en avocat qui pense à tout, Kenneth Choi en juge, Connie Britton en pseudo-amie qui n’hésitera pas à balancer tout et n’importe quoi dans un livre pour du fric ou encore Selma Blair en Kris Jenner. David Schwimmer est également surprenant dans le rôle du touchant et dépassé Robert Kardashian. Mais on retiendra surtout les performances des deux acteurs récompensés aux Emmy : Courtney B. Vance et Sterling K. Brown. Le premier incarne à la perfection Johnnie Cochran, un personnage à la fois admirable et détestable, on comprend son combat pour la communauté afro-américaine mais il nous agace avec sa stratégie qui fait du mal à la vérité et à une autre communauté : les femmes. Quant au second, il est très attachant dans le rôle du collaborateur de Marcia, qui monte en grade pour de bonnes et mauvaises raisons.

baby

 

Love

réalisé par Gaspar Noé

avec Karl Glusman, Aomi Muyock, Klara Kristin, Juan Saavedra, Gaspar Noé, Vincent Maraval, Stella Rocha…

Drame pornographique. 2h20. 2015.

sortie française : 15 juillet 2015

interdit aux moins de 18 ans

love

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave.
Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

Love : Photo Aomi Muyock, Karl Glusman, Klara Kristin

A part de vivre dans une grotte, tout le monde a entendu parler de Love de Gaspar Noé, au coeur de nombreuses polémiques. Forcément, en le présentant comme un porno (c’est Noé lui-même qui lui dit), il fallait s’y attendre. Et en plus en 3D (même si je ne l’ai pas vu dans ces conditions mais ça va, je m’en remets). Le film a crée l’événement au Festival de Cannes durant la Séance de Minuit. Forcément (bis) bande de coquinous. Intéressant donc de voir un pénis en gros plan ? Mais noooon… Notre cher Gaspar Noé nous dira qu’il s’agit d’un film d’amour. On veut bien le croire. On va d’abord commencer dans ce billet par répondre à certaines questions phares qui apparaissent avant de regarder ce film : est-ce pornographique ? Voit-on vraiment du sexe comme on nous l’avait promis ? Je ne vais pas vous faire une liste de tout ce qu’on peut voir à l’écran comme actes sexuels non simulés. Je parle d’un point strictement « objectif », en me tenant à des définitions officielles : arrêtons de tourner autour du pot, oui c’est pornographique. Oui, il y a beaucoup de scènes de sexe très explicites. On voit tout, souvent en gros plan. Les présentations étant faites, on peut maintenant passer à mon avis. On nous avait promis un film certes pornographique mais il devait être concentré sur une histoire d’amour : c’était même une histoire d’amour avec du sexe. Gaspar Noé nous disait même qu’il s’agissait d’un film de Bisounours par rapport à ses autres films. Etant donné que je découvre Noé avec ce fameux Love, je veux bien le croire. Je veux bien aussi croire en ses intentions de base : après tout, le sexe fait partie de l’amour. Le problème principal (même s’il y en a d’autres selon moi) est que ce cher Gaspar semble avoir une vision très différente de la même de l’amour. Attention, je respecte ça, c’est son droit ! Mais cette vision en question fait un mal fou à son film et au propos qu’il a voulu véhiculé. Gaspar Noé nous présente donc un jeune couple qui décide d’alimenter sa vie sexuelle en organisant des parties de jambes en l’air avec une autre demoiselle. Bon, déjà, là on comprend qu’il y a un décalage entre sa vision de l’amour et de la sexualité et celle de la majorité des gens. Je ne juge pas les gens, chacun fait ce qu’il veut au pieu ! Mais il faut dire les choses : certaines pratiques ont beau être désacralisées de nos jours (il n’y a qu’à lire certains articles dans la presse), elles restent tout de même marginalisées (je prononce ce terme encore une fois sans jugement négatif ou quoi que ce soit mais plus par observation). En nous présentant alors ce couple (qui fonctionne donc à trois) comme une sorte de représentation de l’amour et de la sexualité universelle, on part du mauvais pied.

Love : Photo Aomi Muyock, Karl Glusman

S’il n’y a eu que ça, ça passerait. Le problème, c’est que de nombreux éléments vont dans ce sens : on est donc face à des jeunes parisiens-artistes-étudiants, qui vivent dans de beaux appartements – bref, le rêve ou alors ils ont des parents qui les aident très grassement -, qui prennent de la coke comme s’ils bouffaient du chocolat, qui baisent à droite et à gauche parce qu’ils ne sont pas foutus de se contrôler trois secondes. Evidemment tout le monde parle anglais couramment en France, c’est bien connu. Bref, si on est un spectateur à peu près lambda, on ne peut pas s’attacher à de tels personnages, elles ont tellement l’air de vivre dans un autre monde que celui de la plupart des êtres humains (et donc des spectateurs). Pour ne rien arranger, même si en soi il ne s’agit pas d’un défaut (je dirais même qu’il s’agit d’un des points forts de ce long-métrage raté à mes yeux comme vous l’aurez deviné), l’esthétique (très porté sur des tons chauds) fait penser à quelque chose de l’ordre du fantasme et encore une fois il y a quelque chose de l’ordre de l’irréel. Si je peux comprendre le choix esthétique purement lié à un des thèmes les plus importants de ce long-métrage, le « portrait » des personnages reste tout de même une sorte d’énigme, presque une contradiction à ce que Noé semble avoir voulu mettre en place initialement sur papier. Pire, Gaspar Noé tombe dans la crétinerie, le narcissisme et l’égocentrisme. Il est très fier par exemple d’avoir écrit un scénario tenant sur sept pauvres pages tout en étirant son film en looooongueur ! Sans déconner, je ne comprends pas comment ce Love peut durer plus de deux heures pour une histoire aussi creuse digne d’un candidat de Secret Story. C’est le néant ! C’est bien beau de nous montrer du cul pendant une plombe (ah il y en a, on ne nous a point menti !), de soigner l’esthétique qui relève certainement le niveau général de ce long-métrage, il aurait fallu nous proposer une bien meilleure histoire. On se fout complètement de ces personnages avec des problèmes qui nous paraissent lointaines et limite mineures pour nous évoluant dans une histoire qui a du mal à aller très loin. La voix-off de Karl Glusman qui joue comme un pied (il était pourtant pas mal dans The Neon Demon de Nicolas Winding Refn) est tout simplement insupportable, elle ressemble à une caricature ! C’est si mal écrit et si mal dit ! Glusman n’est d’ailleurs pas le seul à être mauvais : ses partenaires féminines (c’est moi ou elles ont déjà des noms d’actrices X ?) ne valent pas mieux. Je me demande comment elles pu réussir à mettre ne serait-ce un pied sur un plateau de tournage… (en dehors de l’argument « cul » bien sûr).

Love : Photo Karl Glusman

Outre les nombreuses crétineries présentes, Love est d’une grande prétention pour deux principales raisons. La première s’appelle Gaspar Noé. Il s’aime et aime se mettre en scène. Les caméos et références à leur petite personne ne sont pas toujours des éléments gênants dans des films mais tout dépend de la manière dont les choses sont représentées. Tout dépend aussi de la personne en question. On ne va pas se mentir : j’ai du mal avec Gaspar Noé. Je ne parle pas ici de ses qualités de réalisateur puisque je viens de découvrir son travail mais bien du personnage public. Rien qu’en interview, je le trouve insupportable. Hélas, les traits de sa personnalité qui ont tendance à m’agacer en dehors des plateaux semblent ressortir dans son propre long-métrage. En clair, il aime s’évoquer : le bébé s’appelle Gaspar, le réalisateur fait une apparition en incarnant un personnage qui prénomme… Noé, Murphy veut devenir cinéaste et veut faire un film avec « sang, du sperme et des larmes ». VOILA. Deuxièmement, je me suis demandé tout le long où était l’amour. Certes, je ne nie pas la relation entre Murphy et Electra mais je n’ai pas cru à leur histoire d’amour ni à de la passion, un comble pour un film qui s’intitule Love ! Gaspar Noé aura beau défendre son projet comme un film autour de l’amour avec du sexe, on y verra surtout un film sur le sexe, on finit par oublier l’amour dans tout ça. C’est vraiment dommage car encore une fois le projet de base était vraiment intéressant mais il n’est défendu que par un réalisateur qui s’aime un peu trop et surtout qui aime un peu trop la provocation. Cela dit, dans ce ratage, reste certains points positifs. La mise en scène reste tout de même assez maîtrisée. Puis, comme je l’avais dit plus haut, esthétiquement, c’est soigné et c’est vraiment le point fort du film. Je regrette juste des sortes de coupes noires durant certaines scènes avec une musique pseudo-sensuelle bien gonflante. Je m’attendais aussi à quelque chose de très misogyne et finalement je n’ai pas eu ce ressenti même si le rapport qu’a Gaspar Noé avec le sexe féminin reste tout de même étrange (elles ont toutes des foufounes très fournies façon 70s – ce qui n’est pas hyper crédible quand on sait que beaucoup de jeunes femmes s’épilent le maillot) mais j’imagine que c’est pour mieux promouvoir le pénis (qu’on voit vraiment partout – même au gros avec cette inutile scène d’éjaculation faciale en 3D… tu sens le fantasme à la Marc Dorcel) au cinéma, souvent censuré, alors que ce n’est pas nécessairement le cas pour le vagin.

Love : Photo Aomi Muyock, Karl Glusman

Toni Erdmann

réalisé par Maren Ade

avec Peter Simonischek, Sandra Hüller, Michael Witterborn…

Drame allemand, autrichien. 2h42. 2016.

sortie française : 17 août 2016

toni

Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann…

Toni Erdmann : Photo Sandra Hüller

Tout d’abord, je voulais remercier Baz’art ainsi que Haut et Court pour m’avoir fait gagner des places de cinéma m’incitant à aller découvrir Toni Edrmann. Il  le troisième long-métrage de la réalisatrice allemande Maren Ade (Everyone Else), semble avoir séduit la presse et le public présents au dernier festival de Cannes (comme le soutient ardemment la phrase d’accroche pas du tout discrète sur l’affiche française) au point que beaucoup le voyaient remporter la Palme d’or. Mais le jury présidé par George Miller en a décidé autrement en ne lui donnant aucune récompense au palmarès. Des rumeurs – qui me semblent crédibles après avoir découvert le film – prétendent même que le réalisateur culte de Mad Max aurait détesté cette oeuvre allemande. Je n’ai pas détesté, cela dit, je comprends (quel que soit le spectateur) un avis aussi tranchant. Ca m’a frustrée de ne pas avoir autant aimé que prévu. Commençons par le constat général de beaucoup de spectateurs (fans ou non du film) ont fait : la longueur. 2h40 c’est quelque chose. Et ça me faisait peur. A juste titre. La longueur est pour moi ce qui tue tout le potentiel évident de ce long-métrage. Je précise que j’ai tout de même réussi à regarder le film en entier, j’ai vu également des films bien plus chiants que celui-là. Je n’arrive même pas à dire si je me suis réellement ennuyée, ce n’est pas nécessairement le sentiment qui est ressorti le plus à la fin de ma séance. Mais pourtant oui, j’ai bien senti ce sentiment de trop. Je ne comprends pas comment Maren Ade a pu arriver à signer un film aussi long, à étirer pratiquement toutes ses scènes. Il y a des fois où c’est certainement justifié, un choix assumé mais, comme beaucoup d’éléments dans ce film, il finit par se retourner contre lui et « tue » le film. En effet, la longueur peut éventuellement créer des situations drôles, la plupart du temps des situations de gêne voire même de réel malaise, ce qui crée des scènes réellement intéressantes et réussies. Parfois la réussite des scènes réside dans des petits détails qui peuvent sembler très secondaires (du genre voir les bêtises du père dans un arrière-plan alors que la fille est en pleine conversation sérieuse avec un de ses collègues). Après il va falloir être clair : la presse a évoqué un film hilarant, à se pisser dessus et tout ça. On va remettre les points sur les « i » : certes, il y a des scènes drôles (la scène du restaurant par exemple ou encore la fameuse scène de la fête à poil). Il y a donc des scènes qui mettent à l’aise mais qui sont drôles. C’est déjà ça (en tout cas pour moi car il n’y a rien de plus subjectif que l’humour). Mais ce n’est pas une comédie.

Toni Erdmann : Photo Peter Simonischek

Toni Edrmann est un drame avec des scènes drôles (enfin parfois) parce que le spectateur ressent le malaise entre deux êtres différents qui s’aiment mais qui ne parviennent pas à communiquer ni à se comprendre. Avant de poursuivre (et de tenter d’enchaîner car j’ai l’impression qu’il y a 3000 trucs à dire sur ce film, désolée si ce billet paraît bordélique !), il faut revenir sur cette fameuse longueur, vraiment problématique : des scènes semblent s’étirer inutilement. Je pense notamment à cette scène interminable de présentation au travail entre Ines et son boss où on a l’impression d’assister à un cours d’économie. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, on imagine que cela avait certainement un intérêt pour Ade, pour créer une ambiance ou même dire quelque chose, sauf qu’on a vraiment hâte de passer à la scène suivante, de voir les personnages et plus généralement l’histoire évoluer. En fait je dirais que c’est même frustrant comme si les choix de Maren Ade se retournaient sans cesse contre son film. Evidemment que le travail d’Ines en Roumanie est important dans le déroulement du scénario mais aussi pour dresser les portraits des personnages et par conséquent l’opposition (qui ne m’a pas semblé manichéenne, ce qui est un bon point et pourtant vu la description, ce n’était pas gagné) entre Ines et Winfried / Toni. Le père est un baba cool qui aime s’amuser et surtout se déguiser et rire. Il est également proche des gens en dépit des différences culturelles et sociales (je pense à cette scène, qui m’a pourtant fortement ennuyée pour des raisons de rythme, durant laquelle Toni, avec Ines, rencontre des Roumains qui viennent tout juste d’être licenciés plus ou moins par sa faute). Ines est une femme assez froide, clairement dépressive (plus que son père – beaucoup de critiques sont allées sur ce terrain mais je ne l’ai pas perçu si dépressif que ça, ce n’est pas pour moi le terme le plus approprié), au bord du burn-out, qui a des relations sexuelles malsaines (la scène en question n’est pas non plus très réussie) et tente de se faire respecter par ses collègues masculins (en affirmant de ne pas être féministe) dans un milieu sexiste. Pire : son travail, dans lequel elle ne prend évidemment jamais conscience des Roumains qui l’entourent, consiste à licencier des gens. Bref, Ines est une représentation du capitalisme à elle seule tandis que son père veut détourner ce système par le rire, s’en moquer même. Il y a de bonnes idées, des choses à dire sur notre monde (qui a forcément évolué – il y a un « clash » de générations), si triste, coincé et malsain à la fois, lui-même une grosse farce, au point qu’il peut rendre distants des gens qui s’aiment, qui partagent le même sens.

Toni Erdmann : Photo Sandra Hüller

La réalisatrice, bonne observatrice, veut raconter quelque chose et même plusieurs choses et parfois elle s’y prend bien dans cet ensemble assez confus pas aussi intense et émouvant que je l’aurais imaginé (même si j’admets que la scène d’embrassade – présente sur l’affiche – est touchante). Elle a réussi à éviter une opposition bête et simple entre les deux personnages. Le portrait des personnages ne déçoit pas. Ca a l’air très caricatural comme ça mais pourtant à l’écran les personnages ont leur complexité, j’ai même réussi à les apprécier malgré la dureté des portraits dressés. Après il faut le dire aussi : Peter Simonischek et Sandra Hüller sont tous les deux excellents ! Ce n’était pas facile d’interpréter pour le premier un personnage deux en un j’ai envie de dire, notamment en montrant la part de comédie lorsqu’il devient Toni Edrmann. Pour Hüller, comme je l’ai raconté plus haut, elle incarne un personnage antipathique et pourtant son interprétation ne fige pas son personnage, on croit encore un minimum en son humanité. De plus le duo fonctionne bien : malgré les oppositions entre les deux personnages, une distance même entre eux, il y a bien une complicité qui apparaît dans le sens où j’ai cru à leur relation familiale. Cela dit, encore une fois, l’écriture (au sens large) reste parfois fragile. Les bonnes idées ne font pas tout. On a l’impression qu’Ade veut en faire trop détailler son histoire et paradoxalement ne raconte pas grand-chose ni n’informe réellement les spectateurs sur les personnages, notamment sur leur passé. Pire : je me suis presque dit, à la fin du film, « tout ça pour ça ». Je ne vais pas révéler la fin mais ceux qui l’ont vu me comprendront en ce qui concerne l’évolution des personnages et de l’histoire. Se taper 2h40 pour arriver à cette conclusion, ça fout limite les boules ! Vraiment, quitte à se répéter, on en vient toujours au même point : la longueur. J’ai également été déçue par la mise en scène pas à la hauteur des ambitions de la réalisatrice. Esthétiquement, là encore, les choix adoptés sont à double tranchant. Maren Ade a voulu privilégié des tons ternes, logiquement associés à la déprime et la mélancolie, mais aussi à l’environnement économique. Mais ça reste tout de même moche visuellement, on a limite l’impression de regarder un téléfilm. Pourtant, je ne suis pas du genre à critiquer l’esthétique ou à être trop exigeante, surtout dans ce type de production. Mais là ce point gênant m’a réellement frappée. Toni Edrmann est donc un film ambitieux, porté par de belles interprétations (pour moi, seuls des prix d’interprétation auraient pu être acceptés) et des répliques souvent drôles (même si le film n’a rien d’une comédie contrairement à ce qui a été vendu) mais qui reste fragile sur de nombreux points, notamment dans son croisement entre le grotesque et la réalité.

Toni Erdmann : Photo Peter Simonischek, Sandra Hüller

Harry Potter – Studio Tour

Certains le savaient déjà mais cet été je suis partie une bonne semaine en Angleterre, en visitant plusieurs villes (Brighton, Windsor, Bath, Stratford etc… et j’en ai même profité pour aller au Pays de Galles, à Cardiff !). J’en ai alors profité pour voir ce que donnait les studios Harry Potter de la Warner Bros (situés à Leavesden, non loin de Londres). Je dois vous avouer quelque chose : c’est surtout le (long) vlog d’EnjoyPhoenix qui m’a vraiment donné envie d’y aller !

Je vais alors vous donner mes impressions et quelques informations probablement pratiques si jamais vous avez d’y aller un de ces jours. Evidemment, si vous y êtes déjà allés, j’aimerais évidemment connaître vos impressions !

On ne va pas se mentir : il faut sortir une certaine somme d’argent pour pouvoir y accéder : 35 £. Oui ce n’est pas donné et en général on n’y va pas seul (pas évident pour les familles). Pour faciliter votre organisation, je vous conseille également de réserver vos places en ligne sur ce site.

IMG_6160

Avec une telle somme, je ne voulais vraiment pas être déçue, je l’aurais eu mauvaise. J’ai visité des lieux incroyables en Angleterre mais j’assume totalement ce que je vais vous dire : il s’agit de mon meilleur souvenir durant ce séjour en juillet dernier. C’est cher mais honnêtement je trouve qu’on en a pour son argent (on y reste – minimum – trois bonnes heures). On sait que ce projet est évidemment commercial (en même temps, peut-on le blâmer pour ça ?) mais il parvient tout de même à créer de la magie et à faire plaisir aux fans de la saga, surtout cinématographique. Cela dit, même les non-fans ou non-connaisseurs de Harry Potter et de ses amis peuvent également aimer cette fabuleuse exposition (la preuve, mes parents) : en effet, si on est tout simplement intéressé par la magie du cinéma, cette exposition pourra vous séduire.

Juste quelques mots sur le déroulement de l’exposition : les organisateurs font entrer les gens par groupe (toutes les demi-heures me semble-t-il). Mine de rien c’est un choix utile dans le sens où ça va permettre plus tard de rendre la circulation à l’intérieur plus fluide (et ça fait TELLEMENT du bien de pouvoir visiter un lieu sans être les uns sur les autres !) mais surtout je trouve que ça crée un véritable moment de convivialité entre tous les visiteurs venus des quatre coins de la planète. Après s’être réunis dans une salle vidéo dans laquelle on retrouve sur grand écran Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint (qu’on ne présente plus). Ces derniers remercient ceux qui ont permis de « créer » la magie présente dans les films (en gros les techniciens, qui avaient effectivement besoin, comme n’importe quel autre, de reconnaissance). Une fois cette vidéo-hommage-nostalgie terminée, on est enfin autorisés à entrer dans le couloir qui représente en fait le réfectoire dans les films. Forcément au début ça fait impression, ça inquiète même si la magie fonctionne déjà. Une fois qu’on a dépassé cette salle, on est vraiment libre comme l’air en ce qui concerne la circulation.

L’exposition m’a semblé très complète. On a droit à plusieurs costumes de plusieurs personnages (« wooow mais il y avait le CORPS de machin dedans, incroyaaaable »), des perruques évidemment les balais qui volent, les baguettes magiques, le Chemin de Traverse, le Magicobus, le Ministère de la magie, la pièce rose de Dolores Ombrage, le Miroir de Riséd, chez les Weasley ou chez Hagrid, la salle des potions, la maquette du château de Poudlard, la gare, les Horcruxes etc… On s’aperçoit qu’il y a VRAIMENT un travail de malades derrière. On aime ou on n’aime pas cette saga mais ça force l’admiration ! Honnêtement j’ai trouvé cette exposition très complète et à chaque découverte je me suis dit : « woooooow » !

Je vous conseille également de prendre un audio-guide. Je déteste ça d’habitude : j’ai l’impression de ne rien pouvoir écouter, du genre je suis incapable de regarder un lieu et écouter des explications en même temps. J’ai alors besoin de me poser quelque part mais selon où on est, c’est difficile sans se faire « cogner » par des hystériques ou alors les explications durent une plombe ! J’avais beau connaître beaucoup d’informations sur cette saga (oui je lisais Star Club et compagnie), sur les petits secrets de tournage et tout ça, j’ai tout de même appris des choses.

Pour finir (je suis généreuse), je vous propose quelques photos (vous avez juste à cliquer dessus et magiiiique, les photos s’agrandissent !).

Petite galerie photos :

img_6164 img_6167 img_6170 img_6171 img_6174 img_6175 img_6178

img_6194 img_6195 img_6204

img_6206 img_6205 img_6211 img_6208 img_6213 img_6216

img_6217 img_6228 img_6240

img_6244 img_6246 img_6247 img_6249 img_6251 img_6252

img_6253 img_6254 img_6257 img_6260img_6266 img_6279 img_6287 img_6288 img_6289 img_6290 img_6292 img_6293 img_6294 img_6301 img_6300

 

Super Size Me

réalisé par et avec Morgan Spurlock

Documentaire américain. 1h38. 2004.

sortie française : 30 juin 2004

supersizeme

Le fast-food est partout. 37 % des enfants et des adolescents américains ont un problème de poids. Deux adultes sur trois sont atteints de surcharge pondérale ou d’obésité. Comment l’Amérique est-elle devenue aussi grosse ?
Pour mener son enquête, Morgan Spurlock a traversé les Etats-Unis et interrogé des spécialistes dans plus de vingt villes. Un ancien ministre de la santé, des profs de gym, des cuisiniers de cantines scolaires, des publicitaires, des avocats et des législateurs lui confient le résultat de leurs recherches, leurs sentiments, leurs craintes et leurs doutes.
Mais le fil rouge de ce documentaire est une expérience que Morgan Spurlock décide de mener sur lui-même. Sous la surveillance attentive de trois médecins, le voilà donc au régime MacMuffin, Big Mac, Royal Cheese, frites et coca.

Super Size Me : photo

Je regarde rarement des documentaires (c’est pour cette raison que j’en chronique peu). Ce n’est pas par manque d’intérêt mais plutôt parce que je n’ai pas pris l’habitude de faire cette démarche. Je suis consciente que je passe à côté de bons films. D’ailleurs, le peu que j’ai pu voir m’ont plu. Je tenais vraiment à parler de Super Size Me, documentaire archi-connu et que je n’avais pourtant pas encore vu. J’ai vraiment eu un coup de coeur pour ce film. Le sujet m’a certainement aidée à l’apprécier pleinement. Je ne vais pas vous faire un cours sur ma vie (on s’en cogne), ni vous dire de bouffer healthy comme les youtubeuses beauté (rappelez-vous : je suis gourmande). Chacun fait ce qu’il veut, je ne juge personne même si j’ai mon avis sur la question. L’alimentation et la santé sont pour moi des sujets importants. De plus, j’ai beau aimé manger (quelle déclaration d’amour à la nourriture !), j’ai toujours évité les fast-foods, et encore plus ces dernières années. Le réalisateur Morgan Spurlock se met en scène pour notre plus grand bonheur (non, il n’y a rien de narcissique contrairement à ce que l’on pouvait craindre) : il décide de tenter une expérience qui semble folle et pourtant qui a été décidée à partir d’un fait divers existant et concret : deux Américains décident de poursuivre en justice McDonald’s qui les aurait obèses. Les produits vendus seraient « nourrissants et sains » selon la chaîne de fast-food qui a gagné ce procès et qui en général les remporte (pour la petite info, la loi surnommée « Cheeseburger », protège juridiquement les fast-food : on ne peut plus les attaquer en justice pour cause d’obésité). Morgan Spurlock prend les propos au premier degré pour pouvoir démonter cette industrie et surtout pouvoir poser des questions pertinentes : est-ce que les fast-foods sont responsables de l’obésité croissante des Américains ou n’y a-t-il pas d’autres facteurs à prendre en considération ? Bref, lui qui est en très bonne santé, n’a pas l’habitude de fréquenter des McDo, en couple avec son épouse de l’époque végétalienne, décide de manger trois fois par jour pendant un mois uniquement à McDonald’s en commandant évidemment le menu Super Size (qui n’existe plus depuis la sortie du film même si McDo prétendra que ce n’était pas lié à son succès). Evidemment, pour jouer encore plus le jeu à fond, il décide aussi de réduire sa mobilité (en contrôlant le nombre de pas, en prenant le taxi ou moyens de transport au lieu de marcher), les Américains (en dehors de New-York) bougent très peu. Il est évidemment suivi par trois médecins qui vont s’affoler au fur et à mesure de son expérience.

Super Size Me : photo

La chose qui m’a frappée en premier en découvrant Super Size Me est son côté ludique. Ce point pourra certainement agacer certains spectateurs mais pour ma part, il s’agit de son point fort. Oui le film tente de séduire un certain public, les jeunes, ceux qui sont encore plus concernés par la tentation du fast-food et ne mesurent pas tous toujours les conséquences de ce type de consommation régulière ou en tout cas refusent de la voir (même si cela s’applique à des adultes, j’en ai conscience). Même dans la mise en scène, le montage ou plus généralement le ton, il est certain qu’il y a une envie de conquérir ce public en particulier. Cela dit, je crois que même les « non-jeunes » pourront aimer  l’ensemble du long-métrage qui vise souvent juste dans sa démonstration. La problématique est très compréhensible, le déroulé de l’exposé est très logique et très clair, on ne se perd pas quand on passe d’un point à un autre et surtout on voit où le réalisateur-acteur (très attachant, le propos passant alors peut-être encore mieux que prévu) veut en venir. Si on est un minimum éduqué, on ne nous apprendra pas le fait suivant : manger quotidiennement à McDo est mauvais pour la santé. C’est pas un scoop. Mais je ne pense pas que Spurlock nous prenne pour des idiots. Personnellement, je savais que les produits McDo n’étaient pas bons, mais je ne pensais pas que c’était à ce point du poison. C’est pour cette raison que Super Size Me doit continuer à être vu et diffusé. Le film ne réussit pas seulement à dégoûter de cette malbouffe mais veut comprendre (notamment grâce à des interventions pertinentes) comment les gens sont poussés à ce type de consommation quitte à mettre leur santé en péril. Il est alors intéressant de voir qu’il n’y a pas que la santé qui est mis en jeu mais l’éducation des jeunes. Est-ce qu’il y a alors des solutions pour éviter ce carnage qui tue petit à petit l’Amérique ? N’y a-t-il pas aussi de l’hypocrisie de la part des gens dans le débat concernant l’obésité ? Morgan Spurlock réussit à mener son exposé de manière agréable et fluide tout en proposant derrière une réelle bonne réflexion sur, finalement, un certain mode de vie aux Etats-Unis. Ce film nécessaire (même si la nécessité ne fait pas tout mais heureusement tout le reste suit pour délivrer encore mieux sa réflexion) et toujours d’actualité malgré ses années au compteur concerne évidemment dans un premier temps le pays de l’oncle Sam mais je pense que même les Européens sont concernés par le parti pris de Spurlock, étant donné qu’on tend de plus en plus à un mode de vie similaire à celui adopté par une grande majorité des Américains.

Super Size Me : photo

 

Dernier train pour Busan

réalisé par Yeon Sang-ho

avec Gong Yoo, Kim Soo-Ahn, Jeong Yu-mi, Ma Dong-seok, Choi Woo-shik, Ahn So-hee, Kim Eui-sung…

titre original :  Busanhaeng

Film fantastique, action coréen. 1h58. 2016.

sortie française : 17 août 2016

interdit aux moins de 12 ans

busan

Un virus inconnu se répand en Corée du Sud, l’état d’urgence est décrété. Les passagers du train KTX se livrent à une lutte sans merci afin de survivre jusqu’à Busan, l’unique ville où ils seront en sécurité…

Dernier train pour Busan : Photo

Vous connaissez mon amour pour le cinéma coréen (j’ai été gâtée cet été), j’étais « obligée » d’aller découvrir en salle Dernier train pour Busan, qui s’est fait remarquer durant le dernier festival de Cannes, projeté à l’occasion de la Séance de minuit. Il s’agit du premier film-live du réalisateur Yeon Sang-ho (dont je découvre son travail avec ce dernier long-métrage), connu notamment pour The King of Pigs. Dernier train pour Busan, qui serait apparemment la suite de Seoul Station, pourrait être résumé de manière trop simpliste (comme on l’a souvent lu dans la presse ou même dans des blogs) par le « calcul suivant »: Snowpiercer (également un film coréen dans un train avec un fort message social) + 28 jours plus tardWorld War Z (pour la rapidité des zombies) + autres films de zombie en général. Effectivement, depuis quelques années, que ce soit au cinéma ou à la télévision, les zombies sont à la mode. Mais ce long-métrage coréen n’est pas simplement un de plus dans la liste. On pourrait davantage penser à The Host de Bong Joon-ho, autre pépite du cinéma d’action et fantastique venant tout droit de Corée du Sud (que ce soit pour la présence de « créatures » rapides et redoutables, le message de solidarité, les interrogations autour de la paternité, la critique acerbe envers la solidarité, le mélange d’action, d’humour et d’émotion…). Il y a même un moment où j’ai pensé à Oldboy de Park Chan-wook notamment avec cette scène où les trois personnages masculins traversent le train infesté de zombies avec des battes de base-ball. Mais rassurez-vous : on a beau penser à quelques films, on saura pourtant étonné à quel point Dernier train pour Busan ne ressemble pas à tout ce qu’on a vu jusqu’à présent. Ce qui nous frappe justement (et même paradoxalement) est son inventivité. Je n’aurais jamais cru dire ça de ce film quand on lit le synopsis qui tient sur pas grand-chose quand on y pense : une attaque de zombies dans un train. Pourtant, le réalisateur sait se servir de toutes les possibilités que lui offre ce train : les couloirs, les portes, les toilettes, les endroits pour mettre les bagages etc… L’espace du train nourrit constamment le scénario qui parvient à nous à surprendre. Surtout les Coréens savent prendre de réels risques contrairement aux blockbusters américains : on sait que leur cinéma ne se permet pas de faire de compromis. Ainsi, chaque personnage est exposé aux dangers. Même s’il y a une hiérarchisation logique entre les personnages principaux et secondaires, tout le monde est finalement traité à égalité.

Dernier train pour Busan : Photo Gong Yoo

C’est une des forces de ce film : contrairement à de nombreux films d’action, les personnages de notre récit ont de la consistance. Certes, ils incarnent des figures rejetées de la société coréenne (la scène de l’expulsion par les autres passagers est particulièrement flagrante), facilement identifiables mais ce n’est pas pour autant des caricatures vides de sens. Le groupe qu’on suit est alors très attachant et touchant : le père cupide qui bosse beaucoup au point qu’il en délaisse sa fille (adorable et d’une grande humanité pour son jeune âge); le couple (un gars un peu lourd mais courageux et de son épouse enceinte); les deux mamies soeurs, le clochard et les adolescents. Au passage, les acteurs sont tous excellents, permettant de rendre leurs personnages encore plus humains et complexes. On retrouve donc dans Dernier train pour Busan de l’action et des bonnes idées très bien exécutées, le tout étant lisible pour le spectateur et jamais bourrin, là encore un très bon équilibre semble avoir été trouvé. Il n’y a rien de gore ou de sanglant (alors qu’on parle de films de zombies) mais ce n’est pas lisse ou consensuel pour autant. L’extrême rapidité des zombies (que ce soit à travers le processus de métamorphose – autant drôle qu’effrayant – ou leurs agissements) est déjà en soi suffisamment violent. Mais surtout, encore une fois, ce qui expliquerait encore plus cette absence de sang, finalement, la véritable violence dans ce long-métrage vient principalement des hommes à cause de leur méfiance, leur racisme même (thème qui était déjà présent dans un autre film coréen sorti cet été, The Strangers – est-ce révélateur d’un mal de leur société ?), qui préfèrent penser à leurs gueules que de privilégier la solidarité. C’est d’ailleurs pour cela qu’on aime suivre ce petit groupe de personnages : malgré les défauts qu’ils peuvent éventuellement avoir, ils font appel à un semblant d’humanité et pensent de plus en plus aux autres malgré le désespoir les entourant (leur évolution est certes rapide mais semble crédible dans le contexte du film) Le message est donc si fort qu’il n’y a pas de nécessité absolue de montrer à tout prix du sang, je comprends en tout cas ce choix. Dernier train pour Busan est donc une réussite en terme de divertissement mais il n’y a pas que ce point à retenir. C’est là où j’en viens au lien que nous pouvons faire à The Host : il y a derrière un véritable fond (je parlais déjà plus haut de la forte réflexion sociale), une réflexion qui nous concerne tous.

Dernier train pour Busan : Photo Yu-mi Jeong

Sans vouloir faire à tout prix de l’anti-américanisme (car je ne suis pas anti-américaine, j’aime aussi comme beaucoup de gens regarder des blockbusters US), on est face à ce que les Américains ne savent pas faire (en tout cas rarement) en terme de blockbuster : oui, on peut proposer du divertissement (spectaculaire et effrayant) tout en offrant en même temps de la profondeur dans le propos (et pas de la psychologie de comptoir) et de vraies choses. Oui, un film d’action peut être de qualité, il peut être exigeant dans la mise en scène (virtuose, énergique et efficace) ainsi que dans l’écriture (d’une grande habilité) tout en étant accessible (on prend clairement son pied). Oui, on peut aussi prendre le risque de torturer ses personnages, même les plus importants. Dernier train pour Busan est surtout un film qui m’a incroyablement émue. Ceux qui me suivent depuis un moment savent que je suis une grande sensible ayant tendance à sortir facilement les mouchoirs. Cela faisait un moment que je n’avais pas pleuré comme ça au cinéma (pourtant j’ai vu de beaux films cette année). Je vous confie tout (ou presque) : j’ai pleuré trois fois. Et pas juste trois petites larmounettes. Nooon, de vraies larmes, comme une madeleine, pardi ! Alors, je sais que pleurer devant un film n’est pas toujours un signe de qualité (j’ai déjà pleuré devant des films très moyens ou qui m’ont agacée, je l’admets) mais là j’ai réellement été bouleversée par le sort des personnages, les choix qu’ils adoptent pour sauver le groupe, par tout ce qu’ils traversent. Je n’ai jamais eu la sensation que c’était tire-larmes ou quoi que ce soit dans ce genre-là. Dernier Train pour Busan est donc un film à voir absolument (et je ne m’en cache pas – malgré les beaux films que j’ai pu regarder cette année, c’est pour l’instant mon préféré de l’année même si elle est loin d’être terminée). Beaucoup de films de zombies ouvrent souvent une réflexion sur l’humain et notre société; ce film coréen s’inscrit évidemment dans cette lignée mais à mon sens,dans ce genre en question, il s’agit aussi du film de zombie le plus émouvant de ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Finalement, je le qualifie facilement de film de zombie (certains pourraient – logiquement – parler également de film catastrophe) alors qu’il s’agit de bien plus que ça et c’est pour cette raison qu’il sort aisément du lot.

busaaan

C.R.A.Z.Y.

réalisé par Jean-Marc Vallée

avec Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx, Pierre-Luc Brillant…

Drame canadien. 2h09. 2005.

sortie française : 3 mai 2006

Movie Challenge 2016 : un film ayant lieu dans un endroit que j’ai toujours rêvé de visiter 

crazy

Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur.
De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu’il cherche désespérément à
retrouver, Zac nous raconte son histoire…
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.
C’est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d’un petit garçon puis d’un
jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu’à renier sa nature profonde pour attirer l’attention de son père.

C.R.A.Z.Y. : Photo Marc-André Grondin

Jusqu’à présent, les films américains de Jean-Marc Vallée m’avaient fortement déçus. Je n’ai pas compris le succès de Dallas Buyers Club malgré le talent de Matthew McConaughey et Jared Leto et Wild était pour une énorme daube. Mais je tenais à donner au réalisateur canadien une dernière chance en découvrant un film plus local, probablement plus authentique, loin des attentes hollywoodiennes. Surtout, C.R.A.Z.Y. a permis au réalisateur de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis. Ce film (à regarder avec des sous-titres, l’accent étant parfois incompréhensible pour nous) a rencontré un véritable succès au Québec (et plus généralement dans le monde) en accueillant dans les salles un million d’entrées sur pratiquement 7,5 millions d’habitants ! Il a aussi reçu une flopée de récompenses dont 13 Jutras (l’équivalent québécois des César) pour 14 nominations et 10 Génies (les prix concernant l’ensemble du cinéma canadien). En tout cas j’ai toujours entendu du bien de ce film, j’en attendais beaucoup. Heureusement, je n’ai pas été déçue et j’aimerais bien que ce monsieur Vallée retourne à ce genre de film plutôt qu’à des machins insipides juste réalisés pour être dans la course aux Oscars. Je ne crie pas non plus au chef-d’oeuvre (il y a selon moi quelques clichés qui auraient pu être évités) mais c’est tout de même un film qui fait plaisir à voir, qui reste bien fait dans son genre, avec de l’honnêteté et qui parvient à toucher. C.R.A.Z.Y. fait référence à la chanson homonyme de Patsy Cline – le père de la famille Beaulieu étant un grand amateur de chansons françaises. Ce titre représente aussi les initiales des cinq enfants (que des mecs) de la famille : Christian, Raymond, Antoine, Zachary et Yvan. Le long-métrage suit surtout l’un d’entre eux, Zach, qui vit mal son homosexualité au sein d’une famille très catholique dans les années 60-70 (époque par ailleurs très reconstituée avec de nombreux détails), époque également de la libération des moeurs qui passe notamment avec l’évolution de la musique dans l’histoire. Quand je parle de famille, je parle donc du père, totalement homophobe et intolérant, toujours coincé avec ses chansons d’Aznavour tandis que ses garçons écoutent du Bowie. Zach est prêt à renier sa véritable identité pour se faire aimer de ce père qui aime certainement ses enfants mais qui préfère privilégier ses convictions (certainement liées à l’époque et son éducation) qu’au bonheur de ses gosses. Cela montrera d’ailleurs les limites de cette éducation qui n’épargnera pas l’un des enfants Beaulieu par les ravages de la drogue.

C.R.A.Z.Y. : Photo Marc-André Grondin, Pierre-Luc Brillant

Si nous avons parlé du rôle du père, celui de la mère est également très important. Figure davantage plus doux et tolérant – même si elle ne parvient pas à raisonner son époux (vu les différents contextes, cela peut être compréhensible), la mère Beaulieu a une relation particulière avec le petit Zach : pour elle, cet enfant est encore plus unique que les autres. Il aurait un don (lié à sa naissance un soir de Noël ?) et surtout serait connecté à sa mère. Il y a notamment cette jolie scène (certes, pas d’une grande subtilité mais je l’ai tout de même bien aimée) dans laquelle Zach est dans le désert israélien en train de crever de déshydratation et parallèlement sa mère, toujours au Québec, qui se sent très mal, se lève et va dans la salle de bains boire et se rafraîchir : Zach aurait alors été sauvé par sa mère par distance. Peu importe s’il s’agit d’une coïncidence, on comprend bien le message. Si elle peut paraître peu subtile sur le papier (en lisant des commentaires à droite et à gauche, j’ai l’impression qu’elle a divisé pas mal de spectateurs), cette scène reste pourtant très émouvante à l’image de l’ensemble du film. Cela dit, il n’y a rien de larmoyant principalement à cause du ton adopté. En effet, on trouve une sorte de légèreté, mêlée littéralement à quelque chose de plus fou, à travers les choix musicaux qui ne sont pas simplement là pour faire joli (hélas, c’est souvent le cas dans de nombreux films) mais bien pour illustrer l’époque paradoxale dans laquelle vit Zach, entre révolution sexuelle prônant la liberté d’être ce qu’on est au fond de soi et éducation stricte religieuse qui a pour but de formater l’individu. Les choix musicaux illustrent aussi le changement vestimentaire et plus généralement physique de Zach (ainsi que certains de ses frères). Ce point est intéressant puisqu’il va de pair avec la quête d’identité sexuelle du personnage principal. La mise en scène est donc intéressante, au moins avec de la personnalité contrairement aux films américains de Vallée, le scénario est également très inspiré et assez bien construit (ce n’est pas révolutionnaire mais ça reste bien fait), l’ensemble est bien rythmé, on suit en tout cas volontiers l’histoire racontée avec beaucoup de sincérité. Enfin, C.R.A.Z.Y. est porté par d’excellents interprètes, notamment les bouleversants Marc-André Grondin (très naturel) et Michel Côté (étonnamment attachant – il ne rend jamais son personnage salopard malgré son intolérance pourtant inexcusable) qui se détachent légèrement même si le reste de la distribution n’a pas à rougir.

C.R.A.Z.Y. : photo Jean-Marc Vallée, Michel Côté

La Liste de Schindler

réalisé par Steven Spielberg

avec Liam Neeson, Ralph Fiennes, Ben Kingsley, Caroline Goodall, Embeth Davidtz…

titre original : Schindler’s List

Film historique, biopic, drame, guerre américain. 3h15. 1993.

sortie française : 2 mars 1994

Movie Challenge 2016 : un film tourné / sorti l’année de ma naissance (1993)

18979736.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Evocation des années de guerre d’Oskar Schindler, fils d’industriel d’origine autrichienne rentré à Cracovie en 1939 avec les troupes allemandes. Il va, tout au long de la guerre, protéger des juifs en les faisant travailler dans sa fabrique et en 1944 sauver huit cents hommes et trois cents femmes du camp d’extermination de Auschwitz-Birkenau.

La Liste de Schindler : Photo Ben Kingsley, Liam Neeson

La Liste de Schindler est une adaptation du roman homonyme de l’auteur australien Thomas Keneally (lauréat du Booker Prize), publié en 1982, lui-même tiré de l’histoire véritable d’Oskar Schindler, un industriel allemand qui a pu sauver 1100 Juifs qui devaient périr dans le camp de concentration de Plaszow. Ce long-métrage, notamment classé 8e dans le top 100 de l’American Film Institute, a remporté sept Oscars dont meilleurs film et réalisateur. Il est souvent considéré comme l’un des chefs-d’oeuvre de Steven Spielberg qui s’est véritablement investi dans ce projet (même s’il ne devait pas le réaliser à l’origine – Roman Polanski et Martin Scorsese avaient été sollicités – Polanski a refusé le projet car ça lui rappelait trop son histoire; quant à Scorsese, il ne se sentait pas légitime, pensant que seul un juif devait être derrière la caméra), lui-même ayant des origines juives. Le réalisateur n’a d’ailleurs pas voulu toucher de salaire. Dans ce projet, il y avait évidemment la volonté de ne pas oublier de telles horreurs pour que ça ne puisse plus jamais se reproduire et de penser aux victimes et aux survivants. Mais ce qui a intéressé Spielberg (et aussi l’auteur du roman), c’est le portrait du fameux Oskar Schindler du titre. Il s’agit d’un personnage ambigu : il est d’abord présenté comme un homme cherchant à tirer un profit matériel de la situation. Mais petit à petit, on le sent de plus en plus concerné et humanisé. Ce choix est donc intéressant puisque le film veut éviter d’emblée le manichéisme (ce qui est hélas trop souvent le cas dans ce type de sujets) en proposant un regard qui évolue au fil du film. Surtout, on assiste à la naissance et la construction d’un héros dans un monde totalement déshumanisé. Liam Neeson (certainement un de ses meilleurs rôles) est impeccable dans le rôle-titre, parvenant à montrer toute la complexité de ce personnage. Les seconds rôles sont également très réussis merveilleusement bien interprétés. Ralph Fiennes est parfait dans le rôle du nazi dans toute sa « splendeur », qui n’a aucune compassion pour l’humain et en surajoute dans la violence gratuite dès qu’il le peut. Ben Kingsley est également excellent et émouvant dans le rôle du comptable juif de Schindler. Il n’y a évidemment pas que les personnages principaux qui marquent ce long-métrage. Déjà, tous les personnages secondaires, même le moindre petit rôle, parviennent à exister. Ce « détail » est très important dans le « message » délivré par le film : à la fin du film, Schindler regrette de n’avoir sauvé « que » 1100 personnes. Pourtant, 1100 personnes sauvées, c’est déjà énorme pour l’humanité et bien plus : c’est littéralement sauver l’humanité.

La Liste de Schindler : Photo Ralph Fiennes

La Liste de Schindler est également connu et remarqué pour ses choix esthétiques, principalement marqués par un sublime noir et blanc. Mais il y a aussi une légère (mais qui a son importance) touche de couleur avec la fameuse petite fille en rouge qui a aussi marqué tous les esprits pour de bonnes raisons. Le résultat est à la fois sobre et élégant (mais ce n’est jamais too much), un bon compromis semble avoir été trouvé. C’est toujours délicat de s’attaquer à l’esthétique face à un tel sujet (peut-on esthétiser une horreur qui a véritablement existé ?) mais elle trouve parfaitement sa place dans le sens où l’esthétique est cohérente avec le propos. Ce choix de la petite fille en rouge génère aussi, sans surenchère, de l’émotion et surtout s’inscrit dans une des étapes d’humanisation et de prise de conscience de Schindler. La mise en scène est aussi exemplaire, soignée mais là encore on trouve une certaine mesure. J’ai également beaucoup aimé la musique, que ce soit celle signée par le grand John Williams ou encore celle qui concerne certains morceaux utilisés durant des scènes fortes (je pense notamment à la présence de Bach ou encore à des chansons en yiddish). La fin est évidemment émouvante (tout de même un peu longue en ce qui me concerne) lorsqu’on passe enfin à la couleur à l’époque du tournage, en sortant en quelque sorte de la « fiction » (ce qui nous fait confirmer le travail de mémoire mis en place tout le long de l’oeuvre) : on voit les véritables survivants (et en dernier Liam Neeson himself) de la liste déposer des pierres sur la tombe de Schindler à Jérusalem. Après je dois l’admettre : même si j’ai trouvé le film indéniablement réussi et émouvant, je n’ai pas non plus le coup de coeur total, ce n’est pas mon Spielberg préféré. Je ne sais pas si c’est parce que j’en attendais trop ou quelque chose comme ça, mais je préfère livrer un avis totalement honnête. Le pire est que je n’ai concrètement rien de spécifique à lui reprocher : certes, le film est long mais dans l’ensemble, même s’il ne s’agit pas du film le plus rythmé du monde (ce qui n’a rien d’un reproche, c’est un choix tout à fait logique par rapport à l’intrigue), je ne me suis pas ennuyée. Parfois ça ne s’explique pas, il n’y a pas toujours besoin de démontrer quelque chose par a+b ! Cela dit, je suis la première à dire (enfin pas en théorie, heiin, c’est une expression) qu’il faut voir ce film émouvant, sincère, parfois poétique, parfois dépeint avec une justesse étonnante une page sombre de l’Histoire.

La Liste de Schindler : Photo

Bilan – juillet / août 2016

Cinéma

Les films sortis en 2016 (cinéma/dvd/vod)

Viva (Paddy Breathnach, 2016) 3/4

The Strangers (Na Hong-jin, 2016) 3/4

Man on High Heels (Jin Jang, 2016) 3/4

Zootopie (Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush, 2016) 3/4

Anomalisa (Charlie Kaufman et Duke Johnson, 2016) 3/4

Dernier train pour Busan (Yeon Sang-ho, 2016) 4/4

busanhighheels  265733.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Rattrapages

Love (Gaspar Noé, 2015) 1/4

Super Size Me (Morgan Spurlock, 2004) 4/4

Waitress (Adrienne Shelly, 2007) 2/4 

Drop Dead Fred (Ate de Jong, 1991) 3/4

Bienvenue au gîte (Claude Duty, 2002) 2/4

L’école pour tous (Eric Rochant, 2005) 1/4

Cheeky (David Thewlis, 2003) 2/4

C.R.A.Z.Y. (Jean-Marc Vallée, 2005) 3/4

Shandurai (Bernardo Bertolucci, 1998) 2/4

Clueless (Amy Heckerling, 1995) 2/4

Les Reines du ring (Jean-Marc Rudnicki, 2013) 2/4

supersizeme crazy  Clueless

Télévision

The Following (saison 3, 2015) 1/4

American Crime Story : The people v. O.J. Simpson (saison 1, 2016) 4/4

Mad Men (saison 1, 2007) 3/4

Father Ted (saisons 1-3, 1995-1998) 4/4

Bottom (saisons 1-3, 1991-1995) 4/4

father_ted_box_set__4af0c9914fbottom oj

Lectures 

Pink (Gus Van Sant, 1997) 1/4

The Commitments (Roddy Doyle, 1987) 3/4

Harry Potter à l’école des sorciers (J. K. Rowling, 1997) 4/4

Harry Potter et la Chambre des Secrets (J. K. Rowling, 1998) 4/4

Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (J. K. Rowling, 1999) 4/4

Harry Potter et la Coupe de Feu (J. K. Rowling, 2000) 4/4

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (J. K. Rowling, 2003) 4/4


Movie Challenge 2016

On en est où ?

 

– un film français : Les Enfants du Paradis de Marcel Carné (1945)

– un film adapté d’un livre : Tale of Tales de Matteo Garrone (2015).

– un film ayant lieu dans un endroit que j’ai toujours rêvé de visiter : C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée (2005).

– un film tourné/sorti cette année : Carol de Todd Haynes (2016)

– un film tourné/sorti l’année de ma naissance (soit 1993) : La Liste de Schindler de Steven Spielberg (1993)

– un film tourné par un réalisateur de moins de 30 ans

– un film dont le titre contient un numéro : Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa (1954).

– un film ayant de mauvaises critiques : Toi, moi… et Duprée de Anthony et Joe Russo (2006).

– une comédie : Les Muppets, le retour de James Bobin (2011).

– un film réalisé par une femme : Surveillance de Jennifer Lynch (2008).

– un film dont le héros n’est pas humain

– un film qui a une suite : Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force de J. J. Abrams

– un film que j’ai vu quand j’étais (plus) jeune : Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris (2006).

– un film se déroulant dans le futur

– un court-métrage

– un film se déroulant à l’étranger : Transsiberian de Brad Anderson (2008).

– un film qui n’est pas en anglais ni en français : Mustang de Deniz Gamze Ergüven (2015).

– un film se passant au lycée : Elle est trop bien de Robert Iscove (1999).

– un film dont le titre comporte une couleur : Blue Ruin de Jeremy Saulnier (2013).

– un film qui m’a fait pleurer

– un film que j’ai vu plus de deux fois : Walk Hard – The Dewey Cox Story de Jake Kasdan (2007).

– un film d’un réalisateur que j’adore : Kes de Ken Loach (1969).

– un film avec une actrice que j’adore : Diamants sur canapé de Blake Edwards (1961).

– un film avec un acteur que j’adore : Avanti de Billy Wilder (1972).

– un film ayant obtenu un Oscar

– un film d’horreur : The Wig de Won Shin-yeon (2005).

– un film commencé que je n’ai jamais terminé

– un dessin animé

– un biopic historique

– un film LGBT : Une journée particulière de Ettore Scola (1977).

– un film que je veux voir depuis des années sans en avoir l’occasion : Music Box de Costa-Gavras (1989).

– un film recommandé par quelqu’un : Drop Dead Fred de Ate de Jong (1991).

– un film en noir et blanc

– un film basé sur des faits réels : Bowling de Marie-Castille Mention-Schaar (2012)

– une comédie musicale

– un film qui m’a fait pleurer de rire : Les Flingueuses de Paul Feig (2013).

– un film de guerre

– un film adapté d’un roman graphique ou d’un comic : Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn (2014).

– un film avec un mariage : Bachelorette de Leslye Headland (2012).

– un film d’un réalisateur asiatique

– un film que ma mère adore

[TAG] Ma liste de Ross

Raah ce fameux TAG qui circule depuis tant de temps ! Je l’avais déjà vu (et parfois approuvé, n’est-ce pas Amandine) et finalement Dounia Joy m’a taguée pour que je puisse y répondre. Histoire de rester dans notre thème cinéma (restons logiques sur ce blog), je ne vais nommer que des acteurs.

Mais je dois donc rappeler ce qu’est la Liste de Ross. Non, ce n’est pas un remake de la Liste de Schindler. C’est un sujet trèèèès léger, parfait pour cette fin d’été (avant la terrible rentrée, ta-dah, big up à ceux qui ont déjà repris). Dans Friends, Ross établit une liste de cinq célébrités avec lesquelles il pourrait sortir (s’il en avait l’occasion évidemment). Au-delà de mettre que des acteurs, mes critères sont une sorte de mélange de beauté (avec mes goûts… très personnels : je vais tout vous avouer) et d’admiration au cinéma. Ross en choisit cinq, mais je vais en choisir dix. Ouiii, c’est l’été, je vais être généreuse, un peu folle (enfin je crois !).

Je précise avant cette lecture légère (même si vais probablement le répéter tout le long du billet mais bon on ne sait jamais) : il ne s’agit pas d’un quelconque top sur mes acteurs préférés (même si certains font certainement partie de ce – grand et impossible – top), ni non plus une sorte de top de « plus beaux mecs » ou une connerie comme ça. C’est une sorte de mix entre les deux. Vous savez, c’est le genre d’acteur (ou d’actrice d’ailleurs) pour qui vous êtes capables de regarder n’importe quoi, c’est-à-dire soit un petit film difficile à trouver (et parfois on tombe sur de bonnes surprises) soit de véritables daubes !

J’envisage aussi de faire la version filles, une sorte de « girl crush », comme je l’ai vu il y a quelques mois sur Twitter.

Je ne tague personne mais vous êtes tout à fait libres de faire ce tag comme vous le souhaitez (cinq, dix, autres nombres / hommes, femmes, les deux) soit dans les commentaires soit sur vos propres blogs ! Let’s go !

Christian Bale

J’étais obligée de mettre Christian Bale (que j’appelle toujours en privé Chrissounet) dans cette liste. Il a fait partie de mes premiers crush cinématographiques. Quand je l’ai vu dans Batman Begins de Christopher Nolan (je devais être entrée au collège si je ne dis pas de bêtises), je me suis dit « woow ». Certes, un beau gosse mais pas uniquement (parce que bon, typiquement, des BG, il y en a un certain nombre). Je lui ai tout de suite trouvé du charisme et surtout une véritable présence. J’ai eu envie de voir toute sa filmographie (j’avais notamment enchaîné rapidement avec l’épatant The Machinist de Brad Anderson et le bijou de Terrence Malick Le Nouveau Monde). Et petit à petit, je me suis vraiment aperçue qu’il avait du talent – et pas uniquement parce qu’il a le don de se transformer et de poursuivre des régimes inimaginables (je trouve ça tellement réducteur). Et j’adooore son petit sourire qui casse – pour mon plus grand bonheur – son côté assez colossal et parfois froid au premier abord (mais cette froideur lui donne aussi un certain charme).

chrissounet

Varietychristian-bale.org

Ryan Gosling

Oui, ça fait cliché de citer Ryan Gosling dans ce genre de TAG. Oui, ça fait mouton car des tas de filles aimeraient l’épouser (c’est raté, Eva est passé avant nous). Mais c’est un fait : j’aime beaucoup ce gars certes gâté par la nature mais surtout très talentueux. Pourtant je l’ai – réellement – découvert relativement tard, dans Drive de Nicolas Winding Refn (mouuais ça fait super original). Bon en fait je l’avais déjà vu dans d’autres films du genre Half Nelson de Ryan Fleck (qui lui a pourtant valu son unique nomination aux Oscars jusqu’à présent) mais je m’étais endormie au cinéma, donc ça ne compte pas. Beaucoup de filles avaient le crush quand elles l’ont découvert dans N’oublie jamais de Nick Cassavetes mais j’ai vu ce film assez récemment. Mais je comprends leurs gloussements maintenant quand elles en parlaient. Je vous révèle mon secret : je le surnomme « Ryanounet ». Voilà.

Saturday Night Live (Mary Ellen Matthews) – ryangoslingfrance.com

Cillian Murphy

Cillian Murphy est pour moi un acteur extraordinaire et sincère au physique très reconnaissable (lèvres pulpeuses, beaux yeux bleus) qui peut séduire de nombreuses spectatrices – tout en ne présentant pas corporellement un physique de beau gosse. J’ai découvert ce fantastique acteur irlandais (et ça fait déjà pas mal d’années quand j’y pense) dans le génial et attachant Breakfast on Pluto de Neil Jordan (qui lui avait permis d’être nommé aux Golden Globes) et depuis j’ai toujours essayé de suivre sa carrière comme je le pouvais. Il parvient parfaitement à jongler entre films d’auteur britanniques / irlandais (Le Vent se Lève de Ken Loach, Broken de Rufus Norris) et grosses productions américaines (la trilogie Batman de Christopher Nolan) tout en restant discret et sans s’être vendu à tout prix. Cela me fait penser qu’il serait temps que je découvre la série Peaky Blinders.

cillian

cillian-murphy.net

David Tennant

Certains le savent peut-être déjà mais je préfère le préciser pour les autres : non, je n’ai pas encore vu la série Doctor Who pour des raisons personnelles – en gros, je me suis disputée avec la nana qui m’avait offert les deux premières saisons de la série (enfin, la nouvelle version). Enfin, j’ai vu quelques épisodes… sans David. Ca m’a pourtant plu mais je n’arrive pas à aller plus loin. Bref. Cela dit, dans le peu de films que j’ai pu le voir (Harry Potter, Fright Night, Ce week-end là : oui, que des chefs-d’oeuvre ou de grands rôles, mouahaha) et surtout de séries (je parle évidemment de l’excellente programme Broadchurch dans lequel David est époustouflant avec l’amie Olivia), je le trouve vraiment… aaaaahh craquant quoi ! Hum cela me fait penser que je devrais regarder Jessica Jones

20471781.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

James Purefoy

Comme beaucoup de spectateurs-spectatrices, j’ai découvert James Purefoy dans l’excellente série Rome (tout le monde me l’avait conseillée – dont mes trois professeures de latin à la fac – je comprends mieux pourquoi, petites coquinou). Le bonhomme, qui incarnait Marc Antoine, a un charme de dingue, une voix hyper séduisante (donc on privilégie absolument la VO) et il est graaaawoooooww (il faut vous vraiment une traduction ?). Je dois admettre que j’ai regardé les séries The Following (c’est bourré de défauts mais lui est parfait dans le rôle du serial killer hyper charismatique Joe Caroll) et Injustice (une unique saison de 6 épisodes très addictive qui arrive à nous foutre le doute jusqu’au bout) principalement parce qu’il était au casting.

james

Sam Rockwell

Sam Rockwell (que j’ai découvert il y a déjà longtemps dans La Ligne Verte de Frank Darabont – et sa performance m’avait bien marquée) fait pour moi partie de ces excellents acteurs encore trop méconnus par le grand public. Surtout (et décidément, je défends beaucoup d’acteurs dans son cas), sa carrière n’est pas représentative de son talent. Je n’ai d’ailleurs jamais compris qu’il n’ait jamais été nommé aux Oscars (notamment pour Confessions d’un homme dangereux de George Clooney et Moon de Duncan Jones) – même s’il n’y a pas que ça dans la vie d’un acteur et même si Rockwell a reçu des récompenses également très gratifiantes. Même dans des daubes, je le trouve bon ! Surtout, au-delà de son talent et de son petit sourire tout choupinou, son talent de danseur est vraiment LE truc qui fait craquer pas mal de filles !

Sam-Rockwell-2

Critictoo Cinema

Tim Roth 

Il n’y a pas forcément de classements dans ce billet mais j’ai tenté d’organiser un minimum mes choix. C’est donc le moment où on passe à des choix peut-être moins attendus (vous remarquerez au passage que j’ai finalement choisi pas mal de « vieux » ahaha), je dirais peut-être un chouïa plus atypique et qui pourtant me font de l’effet pour des tas de raisons. Je l’avais déjà certainement vu dans des films sans m’en rendre compte mais j’ai eu le coup de coeur pour lui dans Reservoir Dogs de Quentin Tarantino. Le casting est pourtant parfait, avec des acteurs également très charismatiques (et qui auraient pu aussi se retrouver dans cette liste) mais Tim a ce quelque chose qui séduit, un truc un peu sauvage et en même temps sensible. Pour moi c’est un formidable acteur, également un réalisateur incroyable qui a signé un (unique) film poignant et difficile d’une grande sincérité (The War Zone).

tr-16551

Ian Derry – Bafta

Walton Goggins

Cette découverte est plutôt récente mais j’ai envie de dire : quelle découverte (bon en fait je l’avais déjà vu dans Django Unchained mais bon c’est pas pareil, ahahah). Je vous avais parlé de mon « coup de coeur » pour lui dans Les Huit Salopards de Quentin Tarantino. Au-delà d’un talent de fou (je ne peux que le confirmer depuis certains de mes rattrapages, j’espère que je pourrais vous parler dans les mois à venir sur le blog), je trouve qu’il dégage un putain de charisme qu’on en oublie ses dents Colgate et ses cheveux improbables ! Depuis j’ai envie de rattraper certaines séries et films importants dans sa carrière (je suis un peu à la bourre niveau séries mais je m’organise comme je peux). Je suis notamment à la saison 3 de Justified (oui, j’avance tranquillou bilou) et il illumine à sa façon cette série (même s’il y a également le également wooow craquant Timothy Olyphant mais bon Boyd Crowder est un sacré foutu bon personnage).

walton

walton-goggins.net

Daniel Radcliffe 

Je ne m’en suis jamais cachée : j’avais le béguin pour lui ado. J’avais déjà raconté que je lui avais écrit à deux reprises et qu’il m’avait « répondu » à chaque fois (et misère, je ne retrouve pas ces fameuses lettres, j’enraaage). Etais-je une groupie ? Probablement. Cela dit, avec le temps, même si je me suis assagie (et heureusement), Radcliffe fait toujours partie de mes chouchous. Je fais toujours de mon mieux pour voir ses derniers films et pour l’instant il s’en tire franchement bien pour quelqu’un qui sort d’une grosse machine comme Harry Potter. Je l’ai toujours senti sincère dans sa démarche artistique, j’ai l’impression qu’il choisit les films parce qu’il a vraiment envie d’y participer d’un point de vue artistique ou pour s’amuser. Gamin, d’ailleurs, même si j’étais une groupie, je le trouvais déjà très mature. Ses rencontres avec les grands et meilleurs acteurs britanniques grâce à Harry Potter lui ont permis d’améliorer son jeu et surtout d’avoir une légitimité dans ce milieu. Il ne se repose pas sur ses lauriers et reste assez modeste malgré la célébrité.

dan

Matt Berry

Pratiquement inconnu en France (à part si on s’intéresse vraiment aux séries britanniques), Matt Berry est très connu en Grande-Bretagne où il cartonne en ce moment avec la série Toast of London. On le connait surtout pour avoir incarné le mythique Douglas Reynholm dans la série culte The IT Crowd. Je ne m’en suis pas cachée : j’ai tout de suite accroché au bonhomme dès son arrivée (en saison 2). Il a beau jouer le crétin et le goujat de service qui ne donne surtout pas envie de se jeter dans ses bras, il a beau aussi ne pas correspondre aux critères du beau gosse, il dégage un véritable truc. Bon, déjà, être drôle est une véritable arme de séduction pour moi même si on n’a pas un physique de top model. En plus il s’agit d’un excellent chanteur et musicien, vadrouillant entre l’hommage aux années 1970 et la parodie.

 

Zootopie

réalisé par Byron Howard, Rich Moore et Jared Bush

avec les voix originales de Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Idris Elba, Jenny Slate, Bonnie Hunt, J.K. Simmons, Octavia Spencer, Alan Tudyk, Shakira…

avec les voix françaises de Marie-Eugénie Maréchal, Alexis Victor, Pascal Elbé, Claire Keim, Fred Testot, Isabelle Desplantes, Thomas Ngijol, Teddy Riner, Lubna Gourion…

titre original : Zootopia

Film d’animation américain. 1h48. 2016.

sortie française : 17 février 2016

280851.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia !
Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

Zootopie : Photo

Zootopie a rencontré un véritable succès sur plusieurs niveaux. Il est devenu le quatrième long-métrage d’animation à dépasser le milliard de recettes au box-office mondial. Puis, l’accueil de la presse et des spectateurs (que ce soit sur le Net ou dans mon entourage) a été excellent. A force d’en entendre autant de bien (et histoire d’être dans le coup), j’ai eu naturellement envie de le découvrir. Dans l’ensemble, j’ai bien aimé ce film d’animation même si je dois admettre que je n’ai pas trouvé que c’était le fameux chef-d’oeuvre annoncé et que j’ai du mal à comprendre des critiques – vraiment – excellentes. Disons que je n’ai pas eu le coup de coeur « attendu ». Je vais tout d’abord commencer par les points positifs (parce qu’il y a tout de même beaucoup). Il s’agit tout d’abord d’un film réussi du point de vue de l’animation. Le résultat est effectivement époustouflant. On croit totalement à l’existence de cette ville fictive. Le travail de l’équipe d’animation est impressionnant et important à souligner car tous les détails semblent avoir été pris en compte. L’idée peut paraît pourtant simple (une ville peuplée de mammifères anthropomorphes) – on se dit presque « mais pourquoi on n’y avait pensé avant ? » mais elle fonctionne réellement à l’écran. L’autre grande idée qui séduit réellement en sortant de ce film est le message véhiculé qui touchera autant les petits que les grands. J’apprécie toujours quand il y a une grande part de maturité dans un film d’animation. Zootopie est donc un film qui dénonce avec une certaine intelligence le racisme, le sexisme et les préjugés. Il y a quelque chose de très actuel qui résonne dans cette oeuvre avec la présence du gouvernement voulant créer la peur entre les uns et les autres à partir de leurs différences. J’ai également ri devant les moqueries efficaces contre l’administration molle du genou et généralement le film parvient bien à souligner les travers des hommes. Certes, rien de révolutionnaire dans la mise en scène d’animaux pour pouvoir mieux parler de l’humain, ça s’est toujours fait dans divers disciplines artistiques, mais ici ce concept vieux comme le monde fonctionne toujours aussi bien. Parlons également du doublage très réussi : je n’ai pas vu le film dans sa version originale mais je reste en tout cas très satisfaite de la version française, le petit plus avec la voix très agréable (avec une dose de cynisme qui correspond bien au personnage de Nick Wilde) d’Alexis Victor, qui a pour l’habitude de doubler Bradley Cooper ou encore Patrick Wilson (oui, la team des beaux gosses).

Zootopie : Photo

Donc pourquoi ne suis-je pas totalement fan à 100% de Zootopie ? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, et là je ne peux rien y faire, mais j’ai globalement du mal avec les films, même parfois avec des films d’animation (même si c’est moins pire dans ce dernier cas) mettant en scène des animaux ayant des traits ou fonctions proches de l’humain, je ne m’y fais pas et je ne m’y ferai jamais en dehors de quelques exceptions. De plus, si j’ai beaucoup aimé le personnage de Nick Wilde, je ne dirais pas autant de bien de Judy Hopps. Je ne dis pas que je n’ai pas aimé ce personnage qui défend des causes justes et qui a des défauts qui la rendent finalement plus humaine. Mais je ne trouve pas qu’elle a un charisme aussi imposant que son partenaire. Dans un sens, si je ne trouve pas ce personnage aussi fort que je l’espérais, c’est parce que la partie concernant le buddy-movie, sans dire qu’il s’agit d’un ratage (il ne faut pas non plus exagérer – il s’agit plus d’un bémol de ma part) n’est pour moi pas aussi réussie qu’elle devrait l’être.Je suis sceptique sur le travail des scénaristes sur ce point. Certes, comme je le disais, c’est divertissant, également plutôt rythmé (même si là encore je trouve qu’il y a une petite partie du film qui souffrent légèrement de ce problème – ce qui peut aussi expliquer mon scepticisme) donc on suit l’enquête (sans réelle surprise) sans problème, les personnages restent sympathiques, le duo fonctionne un minimum malgré selon moi un petit souci d’équilibre. Mais je suis restée sur ma faim malgré les qualités évidentes de ce bon divertissement. Je m’attendais à quelque chose de plus fort que ce soit en ce qui concerne le duo qui m’a paru déséquilibré ou au niveau de l’enquête qu’on suit mais sans plus finalement. Je comprends la volonté des scénaristes de vouloir faire passer un certain message mais du coup j’ai parfois eu l’impression que la forme n’était pas toujours aussi travaillée que voulue. Pour moi, il s’agit donc d’un bon Disney mais pas d’un grand Disney. On est pour moi loin de La Reine des Neiges et des Nouveaux Héros, les derniers bijoux des studios. Et même si ça ne remet pas du tout le film en question, la chanson de Shakira Try Everything est une catastrophe pour mes pauvres petites oreilles (contrairement au travail du compositeur Michael Giacchino). Je m’excuse vraiment auprès des fans (surtout que je n’ai rien à l’origine contre cette chanteuse). En plus, le personnage qu’elle double m’a vraiment rappelé les pubs Orangina (je les déteste), ça m’a perturbée !

Zootopie : Photo

Man on High Heels

réalisé par Jin Jang

avec Cha Seung-won, Oh Jung-se, Esom…

titre original : Hai-hil

Film policier coréen. 2h. 2015.

sortie française : 20 juillet 2016

interdit aux moins de 12 ans

highheels

Ju-wook est un policier endurci bardé de cicatrices prêt à tout pour arrêter les criminels qu’il pourchasse, en particulier Heo-gon, un mafieux notoire et cruel. Sa jeune collègue, traque, elle, un violeur en série et tombe peu à peu amoureuse de Ju-wook. Mais elle ignore que celui-ci ne nourrit qu’un seul désir : devenir une femme…

Man on High Heels : Photo

Vous le savez, je suis une fan de cinéma coréen (décidément, toujours aussi en forme), j’étais « obligée » de découvrir ce fameux Man on High Heels, qui a su séduire le jury du Festival du Film Policier de Beaune cette année en repartant avec deux récompenses. Le réalisateur Jin Jang (dont je ne connaissais pas son travail jusqu’à présent – visiblement c’est le premier film de sa carrière à être distribué en France) s’attaque donc à un sujet tabou, encore plus en Corée : la transsexualité. En effet, le pitch est à la fois alléchant et intéressant, inhabituel pour des personnages d’action qui ont pour l’habitude d’avoir de gros bras et d’assumer leur hétérosexualité en s’affichant notamment avec de belles nanas : le personnage principal (Yoon Ju-wook) est un flic qui est baraqué, viril en apparence, il se bat comme un Dieu (ça paraît improbable mais justement c’est ça qui est génial), bref, comme le disent son entourage ou ses adversaires, il a tout d’un « vrai » mec selon les critères attendus par une certaine partie de la société. Qui aurait pu croire que son grand secret serait celui de devenir… une femme ? Le pitch n’est pas juste intéressant sur le papier, après tout, il est également « gros » et on aurait pu tomber dans quelque chose de gênant ou en tout cas de mal maîtrisé (je connais tellement de films qui présentent un synopsis alléchant mais qui ne parviennent pas à être bien mis en scène). Il a alors le mérite de fonctionner pour de bon sur grand écran car justement il assume ce côté « gros » en n’hésitant pas à se moquer du machisme souvent présent dans les polars et films d’action notamment à travers de quelques « exagérations » (je vous rassure, ça reste bien fait, rien de cartoonesque non plus) mises en avant par le scénario ou plus généralement par certains choix esthétiques (du genre le combat sous la pluie au ralenti). La séance d’ouverture est juste complètement folle, drôle (comme souvent dans le cinéma coréen, même quand les films sont noirs et sérieux) et qui bouge : notre personnage principal réussit à combattre à lui tout seul à mains nues un mafieux et sa bande. Dans un flashback, ce mafieux raconte aux autres sa rencontre avec ce flic exceptionnel, dans un sauna où ce dernier se place devant lui à poil (le sexe bien près de son visage) et le frappe violemment ! La scène d’après (pour ne citer que cet exemple) est également très drôle (encore une fois typique du cinéma coréen) avec le chef qui blâme Ju-wook parce qu’il a réussi à botter le cul des méchants ! Au passage, toutes les scènes d’action sont incroyables et scotchantes, parfaitement chorégraphiées et encore une fois avec ce grain de folie indescriptible.

Man on High Heels : Photo

Mais ce film n’est pas uniquement un formidable concentré d’action ou un thriller sombre et violent, parfois teinté d’un humour surprenant, parfois entre la parodie et le second degré (au passage, le mélange des genres fonctionne à merveille, sans qu’on n’ait loin l’impression de voir quelque chose de foutraque) – décidément, le cinéma coréen réussit souvent ces mélanges de genres. Encore une fois, malgré ces éléments qui fonctionnent dans le film, le rendant à part (surtout quand on voit le manque d’originalité des films sortis au cinéma cet été) on n’est pas du tout dans un grand bordel créatif, loin de là (même si dit comme ça, ça surprend). Man on High Heels est surtout un film tragique et émouvant sur un homme obligé de développer une double personnalité, en dépit de pouvoir faire apparaître à tous sa véritable identité. Les pourris peuvent s’afficher dans la société avec beaucoup moins de problèmes, en faisant ce qu’ils leur chantent tandis que les transsexuels, des personnes sincères dans leur démarche, sont rejetées de la société voire même par leur propre entourage. Les scènes de flashback manquent parfois un peu de subtilité (c’est pour moi son petit point faible mais cela n’empêche pas le film d’être vraiment bon) mais restent tout de même très touchantes et surtout cela permet de mieux cerner le personnage principal. Cha Seung-won (visiblement un acteur chouchou du réalisateur) est épatant dans le rôle de ce policier complexe. Il parvient vraiment à montrer les deux facettes de sa personnalité, c’est-à-dire sa part masculine, volontairement plus visible et sa part féminine, qui apparaît de manière plus subtile. Il y a presque un mélange improbable et paradoxal dans son interprétation qui contribue grandement la réussite de ce long-métrage : il y a une forme de dualité qu’on retrouve chez ce personnage mais on ne peut pas dire qu’il y ait non plus une totale opposition : disons qu’il s’agit véritablement d’un tout dans sa personnalité et son identité, même s’il y a une part qui veut se manifester plus qu’une autre. La masculinité et la féminité qui habitent ce personnages, opposées et complémentaires à la fois, montrent bien toute la complexité de ce personnage, blessé autant psychologiquement que physiquement (les nombreuses cicatrices sur son corps peuvent aussi symboliser sa détresse). Avec The Strangers, je vous conseille donc cette nouvelle pépite atypique coréenne, qui passe très rapidement malgré sa durée et qui, surtout, provoque diverses émotions.

Man on High Heels : Photo

Drop Dead Fred

réalisé par Ate de Jong

avec Rik Mayall, Phoebe Cates, Carrie Fisher, Marsha Mason, Tim Matheson, Bridget Fonda, Ashley Peldon, Ron Eldard…

Comédie américaine. 1h43. 1991.

Movie Challenge 2016 : Un film recommandé par quelqu’un

Amandine de Dis-moi média a consacré une rétro à Rik Mayall notamment avec l’article « Hommage à l’artiste généreux et génie comique ».

images

Durant son enfance, Elizabeth avait un ami imaginaire surnommé Drop Dead Fred qu’elle était seule à pouvoir voir et qui l’incitait à commettre des bêtises. Sa mère, exaspérée, lui confisqua la boîte à musique dans laquelle Fred s’était dissimulé. Devenue adulte, Elizabeth perd en une seule journée son argent, sa voiture, son fiancé et son travail. Obligée de retourner vivre chez sa mère avec laquelle elle est en froid, Elizabeth retrouve dans un placard la boîte à musique. La nuit venue, la boîte se met à fonctionner toute seule, et Drop Dead Fred refait son apparition !

drop

Je ne connaissais pas du tout l’existence de ce film jusqu’à ce que ma copine blogueuse Amandine (qui a fait une excellente rétro sur Rik Mayall, je ne peux que vous inviter à la découvrir – sous la fiche de présentation – même si vous ne connaissez pas du tout cet acteur-humoriste) m’en parle et me demande même d’y jeter un oeil. Je ne connaissais pas alors sa mauvaise réputation à sa sortie (Mayall s’en est également pris plein la gueule). Ne rien savoir sur le film m’a certainement aidée à l’apprécier. En tout cas il ne méritait pas un tel cassage. Je ne crie pas au chef-d’oeuvre mais ça m’a surprise d’avoir bien aimé. Pourtant, pour tout vous avouer, les premières minutes ne m’ont pas spécialement rassurée. Je trouvais l’image assez vieillie (et je n’avais pas encore vu certains effets spéciaux) et j’avais peur d’être confrontée à une histoire très niaise, dépassée pour moi (parce que hélas, au cinéma, films pour enfants signifie souvent films pour crétins, comme si les gosses étaient demeurés). Certes Drop Dead Fred a effectivement mal vieilli, notamment visuellement, on ne va pas se mentir. La mise en scène n’est pas non plus ce que j’ai vu de mieux (après j’ai aussi vu pire, je relativise), on évite également pas certains clichés. Sans être pour les remakes, je comprends le projet qui avait été mis en place (avec Russell Brand) pour dépoussiérer même si ça ne s’est pas fait visiblement. C’est aussi clairement un film adressé à un jeune public. Le risque avec ce genre de films est donc de se sentir un peu à l’écart. Cela n’a pas été le cas. Ca m’a fait plaisir de me sentir comme une grande enfant. Le film, qui passe très vite car il est assez bien rythmé, est enfantin mais je ne l’ai pas trouvé pour autant abrutissant, en tout cas cela n’est pas paru chez moi comme quelque chose de négatif, ça fait partie de son concept. En réalité, cela m’a surprise de constater un film plus adulte qu’il en a l’air. Et finalement plus profond qu’il en a l’air. Drop Dead Fred aborde alors le thème de la solitude (c’est-à-dire le fait de se mettre alors avec quelqu’un non pour des raisons sentimentales mais juste pour éviter d’être seule) et dans un autre sens celui de l’émancipation féminine. On est donc bien loin de quelque chose de « crétin » en apparence.

dropi

Je ne connaissais pas du tout Rik Mayall avant les articles d’Amandine. Comme vous le verrez sur son blog, il a fait beaucoup de télé (et les séries en question ont eu du mal à trouver leur place en France, il faut donc savoir chercher !). On aurait pu le voir davantage au cinéma, notamment dans les Harry Potter dans lequel il incarnait Peeves mais hélas ses scènes ont été coupées (ce qui est dommage vu que le personnage est très amusant dans les bouquins, je suis sûre que Mayall collait bien en plus). En tout cas, si vous le ne connaissez pas et que vous souhaitez comme moi mieux connaître le « personnage » (oui parce que, en ce qui le concerne, on peut pratiquement parler de personnage) avant de s’attaquer à ses rôles marquants à la télé, n’hésitez pas alors à regarder le film rien que pour lui. Le bonhomme (hélas plus de ce monde puis 2014) ne méritait pas ces critiques dures à l’époque. Le personnage est certes caricatural rien que par son apparence, Mayall (c’est un peu sa « marque » de fabrique) en joue clairement en grossissant les traits de cet ami imaginaire espiègle. Après, je dirais que ce n’est pas uniquement de la caricature (en tout cas pas son interprétation négative), mais plutôt un esprit cartoonesque qui apparaît dans son interprétation, à l’image de tout le film d’ailleurs (après on y adhère ou non). Mais son interprétation ne peut pas se limiter à ça. Mayall parvient à montrer les différentes facettes du Fred du titre. Finalement, Fred est certes malin, parfois « vache », mais c’est aussi un personnage très attachant voire même étonnamment touchant, notamment en ce qui concerne son lien avec Elizabeth. Enfin, en ce qui concerne l’interprétation de Phoebe Cates (souvenez-vous, madame Kevin Kline dans la ville), j’étais au début sceptique pour tout vous avouer. Il faut dire qu’elle n’est pas nécessairement aidée par son personnage, un peu neuneu (il ne faut pas oublier qu’elle a un côté très gamin même avant de revoir Fred alors qu’elle est censée avoir pratiquement 30 piges). Mais petit à petit, je me suis attachée à elle et la présence de Cates n’y est pas totalement étrangère (même si encore une fois, je ne prétends pas.

dropp

The Following

Créée par Kevin Williamson

avec Kevin Bacon, James Purefoy, Shawn Ashmore, Natalie Zea, Annie Parisse, Valorie Curry, Adan Canto, Nico Tortorella, Kyle Catlett, Connie Nielsen, Sam Underwood, Jessica Stroup, Zuleikha Robinson, Gregg Henry, Valerie Cruz, Tiffany Boone…

Thriller / policier / drame américain. 3 saisons. 2013-2015.

follo

Joe Carroll, un serial killer diabolique, utilise la technologie pour créer une secte de tueurs en séries, tous reliés les uns aux autres alors qu’ils sont dispersés aux quatre coins des Etats-Unis. L’ancien agent du FBI Ryan Hardy, qui l’a traqué et capturé par le passé, qui a même écrit un livre sur lui et qui connait la moindre de ses ruses, se voit contraint de reprendre du service…

Photo James Purefoy

Connu pour avoir écrit le scénario des Scream, Souviens-toi… l’été dernier ou encore The Faculty, Kevin Williamson est aussi le créateur de deux séries ultra connues (pour l’une, on peut vraiment dire culte) : Dawson et Vampire Diaries. Il a aussi crée une série un peu moins connue mais qui valait au départ le tour : The Following. Une secte très dangereuse est au coeur de ce programme qui a duré en tout trois saisons, chacun comportant quinze épisodes d’une quarantaine de minutes. La secte meurtrière est celle fondée par un certain Joe Carroll, un charismatique professeur de littérature, fan absolu d’Edgar Allan Poe. Les crimes paraissent absurdes dit comme ça mais finalement à peine plus que ceux perpétués par des terroristes actuellement soi-disant au nom d’une religion. La série a donc le mérite de dénoncer les dérives du fanatisme sans prendre le risque de viser une communauté. Il y a quelque chose d’assez réaliste dans la manière de présenter la secte, la folie des membres, l’horreur des actes etc… Mais en même temps, le fait de choisir une figure aussi culte que celle de Poe en guise de cause donne une autre dimension à la série, qui va au-delà de la question de la fiction. Disons que ça donne du piment, ce petit quelque chose particulier qui a su me séduire quand je l’ai découverte. Dans la première saison, on suit alors la traque de Joe Carroll, évadé de prison, et encore plus motivé pour commettre un max de crimes odieux. Le premier épisode était vraiment fort : très violent (j’étais là tout le long « nooon mais la nana va pas faire ça… OHHH ELLE VIENT DE FAIRE UN TRUC DEGUEU ! »), très intense, on comprend les enjeux assez rapidement,  on cerne également bien la dualité entre Carroll et le flic Ryan Hardy et on a tout de suite envie d’enchaîner les autres épisodes. Et effectivement, la première saison est vraiment addictive. Pour moi, il s’agit d’un critère essentiel lorsque je regarde une série. J’ai limite besoin d’avoir ma dose et là c’était véritablement le cas au point où je faisais abstraction de certains défauts, le principal étant celui de faire passer le FBI pour une bande d’incapables, il faut bien l’admettre. Mais encore une fois, la première saison est si captivante que je n’ai pas forcément fait gaffe sur le moment sur certains détails.

Photo James Purefoy, Kevin Bacon

Quand on voit la fin de la première saison, on a l’impression qu’une boucle est bouclée et que rien ne laisse présager une seconde saison. Finalement, face aux bonnes audiences (au début donc, car après ça s’est bien cassé la gueule… étonnant que cette série ait tenu trois saisons !), une deuxième saison voit donc le jour. On sent les scénaristes pris au dépourvu. En tant que spectatrice de lat première saison, face à cette annonce, j’étais partagée. D’un côté, en tant qu’addict’, j’étais ravie de voir l’aventure se prolonger; de l’autre, j’avais peur que ça tourne en rond, qu’on n’ait plus à dire. Etrangement, cette deuxième saison se situe entre les deux. Je fais en tout cas partie des spectatrices (plus que) satisfaites par la suite même si je comprends les critiques davantage négatives à son égard. Certes, si on regarde bien, il n’y a pas beaucoup de nouveautés, il y a des effets de répétition mais encore une fois étrangement ça ne m’a pas plus dérangée que ça. Je trouve que l’histoire de la deuxième saison tient debout par rapport à ce qu’on a vu au cours de la première saison. Certes, ça tourne un peu en rond mais en même temps c’est assez réaliste dans le sens où on ne se débarrasse pas d’une secte du jour au lendemain. Le comeback de Joe Carroll peut paraître un peu de trop (du genre « coucou, j’étais mort bah en fait non JE VOUS AI EU ») mais la recette fonctionne toujours autant. Il faut dire que James Purefoy (connu pour avoir incarné Marc Antoine de la géniale série Rome) est parfait dans le rôle. Il est étrange d’avoir autant envie de revoir un salaud pareil. Son duel avec Kevin Bacon (même si son interprétation n’est pas forcément fine mais ça passe) fonctionne également bien même si je peux admettre que la dimension psychologique des personnages n’est pas suffisamment poussé (ce n’est en tout cas pas le point fort de la série). Mais cela reste toujours intense et addictif. De plus, même s’il n’y a pas des tonnes de changements, certains ajouts fonctionnent. Si je n’aime pas nécessairement les personnages des jumeaux qui tombent trop dans la caricature et manquent de charisme – à l’image des autres followers (le point noir de la série), en revanche, j’ai tout de même beaucoup aimé le personnage incarné par Connie Nielsen.

Photo James Purefoy

Et puis, arrive la troisième et ultime saison. On savait que la deuxième saison était une idée déjà folle mais finalement ça marche. Mais je sais au fond de moi qu’une troisième serait – vraiment – de trop. On sent la fausse bonne idée. Surtout, d’après ce que j’ai compris, il y a eu pas de mal de changements dans les équipes, notamment en ce qui concerne celle des scénaristes. Hélas, tous ces changements ont été une très mauvaise idée. Tout ce que je craignais arrive pour de bon. En ce qui concerne les séries, comme vous avez pu le constater à travers mes notations dans mes différents bilans, je reste plus tolérante. Une série me séduit de base si je parviens à regarder facilement les différents épisodes, si je ne peux pas m’en passer. Cela ne signifie pas qu’on doit admettre toutes les bêtises mais je ferme plus facilement les yeux que pour les films. En général, je ne suis donc pas exigeante. Mais là alors, cette troisième saison bat des records de connerie télévisuelle. Elle flingue à elle seule toutes les bonnes choses qui ont été mises en place durant les précédentes saisons. Alors que The Following avait le mérite d’être une série plus que divertissante, voilà qu’elle devient réellement chiante (veuillez excuser ma grossièreté). J’ai mis des mois (et je ne plaisante pas) pour terminer cette dernière saison. C’est d’une lenteur incroyable, Joe Carroll (l’âme de la série) est pratiquement absent (certes, on va l’exécuter mais cela n’excuse pas tout), Kevin Bacon se perd et en fait des toooonnes pour montrer la noirceur de son personnage, son personnage n’a – miraculeusement – plus de problèmes cardiaques, les méchants (qui parlent 3h avant d’essayer de tuer Hardy… le gars devrait être mort depuis un siècle mais face à de tels crétins, pas étonnant qu’il soit encore vivant !) sont encore plus bidons que tous ceux qu’on avait pu voir jusqu’à présent, le problème avec les jumeaux qui s’éternisent etc… Seule la fin reste valable : même si on sait qu’il n’y aura plus d’autres saisons, elle laisse tout de même une ouverture par rapport aux sorts des personnages, surtout celui de Ryan Hardy car on sait très bien que c’est le genre d’histoires qui ne peut pas trouver d’issue aussi rapidement dans la réalité. Ca fait mal au coeur de constater un tel gâchis.

Photo Jessica Stroup, Kevin Bacon, Michael Ealy

Anomalisa

réalisé par Charlie Kaufman et Duke Johnson

avec les voix originales de David Thewlis, Jennifer Jason Leigh et Tom Noonan.

Film d’animation, drame américain. 1h30. 2015.

sortie française : 3 février 2016

163293.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Michael Stone, mari, père et auteur respecté de « Comment puis-je vous aider à les aider ? » est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. Lors d’un voyage d’affaires à Cincinnati où il doit intervenir dans un congrès de professionnels des services clients, il entrevoit la possibilité d’échapper à son désespoir quand il rencontre Lisa, représentante de pâtisseries, qui pourrait être ou pas l’amour de sa vie…

Anomalisa : Photo

Anomalisa, Grand Prix à la Mostra de Venise et nommé aux Oscars dans la catégorie « meilleur film d’animation » (face à l’imbattable Vice Versa), était à l’origine une pièce de théâtre conçue pour être entendue : pour résumer, les acteurs interprétaient oralement leurs textes. Ainsi ils étaient accompagnés de cartons racontant l’histoire. A l’époque, David Thewlis, Jennifer Jason Leigh et Tom Noonan faisaient déjà partie du casting tout comme Carter Burwell s’occupait déjà de l’accompagnement musical. Cette adaptation de pièce a donc mis dix ans à voir le jour. Pas étonnant quand on voit le défi technique magnifiquement relevé (il faudrait être aveugle pour ne pas le constater) ! En effet il s’agit d’un mélange de stop-motion et de « poupées ». Il faut d’ailleurs savoir qu’on voit plutôt bien les manipulations des animateurs ainsi que certaines coutures au visage volontairement, comme si ces dernières étaient des cicatrices. Le résultat est donc assez étrange car le résultat est vraiment réaliste et en même temps il y a quelque chose de poétique qui en ressort. On retrouve le même concept dans le film. Je résume rapidement : le personnage principal (Michael Stone) est doublé par David Thewlis. Tous les personnages autour de lui (masculins et féminins) ont la même voix mais aussi le même visage. Ces derniers sont tous doublés par Tom Noonan. Enfin, c’est donc Jennifer Jason Leigh qui prête sa voix à la fameuse Lisa annoncée dans le titre. Ca peut dérouter mais on comprend rapidement le but : Michael Stone, au patronyme très commun, s’ennuie comme une pierre j’ai envie de dire. Tout se ressemble dans son monde. Lisa représente la différence, que ce soit oralement ou physiquement. Elle-même se sent différente et également complexée par son physique (elle a quelques kilos en trop), ce qui fait du mal également à sa vie sociale. Via le titre, Lisa est aussi liée à l’anomalie. L’anomalie accentue évidemment cette idée de différence. Le terme fait penser à quelque chose de maladif mais il ne faut pas oublier qu’en anglais ce terme peut aussi désigner l’idée de ne pas se sentir à sa place. Cela prend encore plus de sens par rapport à ce qui est défendu dans le film.

Anomalisa : Photo

Certes le propos en lui-même n’est pas révolutionnaire, c’est-à-dire choisir entre le conformisme (qui ne convient pas nécessairement à tout le monde, pouvant nous plonger dans l’ennui) et la liberté, surtout celle de vivre sa vie comme on l’entend et non par rapport à ce que la société nous dicte. Pourtant, justement, ce qui saute aux yeux dans ce film est son originalité. Ca a le mérite d’être différent – et par conséquent, ça a aussi le mérite de défendre jusqu’au bout la différence incarnée et revendiquée (ou non) par les personnages. Le résultat est donc surprenant dans le bon sens du terme même si j’espérais, au fil des scènes, être un petit plus remuée, notamment dans la décision finale de Michael Stone. Filmer l’ennui et la banalité n’est pas toujours évident (l’action étant en plus concentrée sur un temps limité), on peut très vite tomber dans le piège de rendre son film lui-même très pénible à regarder. Or, je suis rentrée tout de suite dans l’histoire et je ne me suis pas ennuyée même si on voit finalement, durant une journée, le quotidien (certes bouleversé par une rencontre mais ça reste dans l’idée de filmer la banalité) de Michael Stone. Le quotidien est notamment représenté par la fameuse scène de sexe dont on a pu tant entendre parler. Il faut avouer qu’elle est très réaliste, surtout pour un film d’animation. Avec le « buzz », j’avais un peu peur de sa gratuité (c’est-à-dire de la réaliser uniquement pour le défi technique) mais j’ai trouvé la démarche assez honnête. Ca a le mérite d’aller au bout de ses idées… et au fond ça fait du bien de voir des corps « normaux », voire même différents de ce qu’on voit habituellement dans les médias (et même – et surtout ? – au cinéma), sans vulgarité, juste montrer ce que feraient deux êtres après une belle rencontre. Le doublage de voix, assez par David Thewlis et Jennifer Jason Leigh (cette dernière a été nommée aux Independant Spirit Awards pour sa performance vocale), est par ailleurs excellent, permettant d’accentuer toutes les nuances d’une humanité partagée entre la déprime du conformisme et l’espoir de vivre réellement. Tom Noonan a également fait un excellent travail en doublant divers personnages et rendant le monde qui entoure Michael Stone encore plus angoissant.

Anomalisa : Photo

Le sentiment d’étrangeté qui apparaît grâce à différents éléments (dont cette fameuse histoire avec les voix et les visages similaires) se produit justement entre la banalité omniprésente (que ce soit par les personnages et la situation en générale) et le motif (pourtant habituel) de l’hôtel, le lieu où se déroule principalement l’intrigue de cette oeuvre. Il se nomme le Fregoli, en référence à l’artiste ventriloque du même nom. Il était réputé pour ses changements de costumes, pouvant interpréter cent rôles costumés dans un même spectacle. On a repris son nom pour un terme psychiatrique. le syndrome de Fregoli. Les personnes atteintes de ce syndrome sont persuadées d’être persécutées par une autre personne en imaginant cette dernière déguisée et changeant régulièrement d’apparence. Ce sentiment de paranoïa, éprouvé par Michael Stone, est bel et bien présent, l’illustration visuelle correspond bien à ce qui se passe dans l’esprit de cet homme. Le co-réalisateur Charlie Kaufman est donc décidément obnubilé par cette question autour de l’homme-marionnette qui était déjà au coeur du déroutant Dans la peau de John Malkovich (Being Malkovich) de Spike Jonze dont il était le scénariste. En effet, rappelons-nous de certains éléments de ce film culte : Craig Schwartz (interprété par John Cusack) est marionnettiste. Il parvient à entrer dans le psychisme de l’acteur et par conséquent à le manipuler. On y trouve également une scène, assez similaire au concept proposé dans Anomalisa : comment ne peut-on pas faire le rapprochement avec cette scène dans laquelle John Malkovich lui-même est dans son propre psychisme et voit ses différents « doubles » ? Son illustration avec des marionnettes qui interprètent les personnages principaux prend alors encore plus de sens. Il n’y a rien de gratuit dans cette démarche, ni dans les autres éléments déjà relevés plus haut, la forme a pour but de servir le fond et finalement je trouve même que la forme et le fond trouvent tous les deux un bel équilibre. Je craignais que la forme, bluffante, prenne vraiment trop le dessus sur le fond mais finalement ce n’est pas le cas. Anomalisa est donc une jolie surprise avec une étonnante démarche artistique qui fonctionne jusqu’au bout.

Anomalisa : Photo