Je lis…

… plutôt des livres papier.

Je ne vais pas vous faire dire que j’adore les livres papier pour leur odeur. C’est faux. Je ne vais pas non plus vous dire que j’adore collectionner les belles éditions à tout prix. Oui, ça m’arrive d’en acheter pour embellir ma bibliothèque mais ça reste rare (entre nous, le livre de poche permet de faire de sacrées économies). Je dois tout simplement admettre que j’ai juste un côté très matérialiste concernant mon amour pour les oeuvres littéraires et cinématographiques. Cela peut paraître idiot mais j’ai l’impression de mieux soutenir ces oeuvres (et les artistes) en possédant l’objet chez moi. J’aime aussi le fait de pouvoir les consulter quand j’en ai envie (pour mon plaisir, pour mon travail ou autre) ou avoir le pouvoir de les prêter aux gens de confiance pour leur faire partager des objets culturels qui me semblent intéressants.

Cela dit, même si je lis moins de textes sur la Kindle, j’apprécie tout de même son côté potentiellement ludique, notamment avec le calcul de pages par pourcentage et la possibilité de consulter un dictionnaire pendant leur lecture.

Matilda – TriStar Pictures

… en réfléchissant à mes pauses.

J’aimerais avoir la possibilité de lire un roman en un laps de temps limité (c’est la grande différence avec les films), malheureusement entre le manque de temps, la fatigue et tout simplement le manque d’envie selon les jours et les heures, cela n’est pas toujours possible. Quand je me lance dans une lecture, j’ai besoin de savoir quand vais-je y faire des pauses. Avant d’ouvrir le manuscrit, je repère la page qui marquera ma pause dans ma lecture du jour. Les chapitres pas trop longs facilitent évidemment la tâche. Mais face à des bouquins sans délimitation précise ou avec des écarts trop longs entre les parties / chapitres, je suis obligée de trouver une solution afin de ne pas perturber ma lecture. En général, je compte le nombre de pages que je compte lire par rapport à mon temps disponible et je m’arrête à un nombre se terminant par zéro. Allez savoir pourquoi, ça me motive, je me sens apaisée une fois que j’ai établi ce petit objectif !

… parfois à haute voix.

Cela va de soi que je pratique ce type de lecture chez moi quand je suis seule dans une pièce (remarque, ça peut être marrant de lire à haute voix dans la rue ou dans les transports en commun). Je ne lis évidemment pas non plus un bouquin entier en parlant toute seule, sinon je n’aurais pas déjà lu 30 bouquins cette année. Mais de temps en temps, ça m’arrive de lire quelques passages juste pour le plaisir – bref, je deviens à ce moment-là une sorte de comédienne en plein délire (j’aime être ridicule sans témoin). Je vous explique mon délire : pour moi, lire n’est pas limité à une activité visuelle. Les mots sont aussi faits pour être entendus. La lecture a un aspect musical qu’on néglige trop (en dehors de la poésie et éventuellement du théâtre). Un essai, un roman, une nouvelle, une autobiographie… peuvent aussi être agréables à l’oreille (et j’ai même envie de dire « doivent »). En fait, chaque texte peut être poétique sans qu’on le soupçonne dans une simple lecture traditionnellement silencieuse.

The King’s Speech – Wild Bunch Distribution

… pour travailler mon anglais.

Depuis le collège, j’ai toujours aimé l’anglais, même si je n’ai pas vraiment l’occasion de le parler quotidiennement. Comme beaucoup d’étudiants, j’ai continué à suivre des cours dans cette matière à la fac en option, j’ai également pu continuer à lire des oeuvres en anglais dans le cadre de mes études en littérature comparée. Je prenais également déjà l’habitude de lire de temps en temps des romans en anglais (pour ne rien arranger, il existe une très chouette librairie anglaise dans ma ville natale). Cela dit, toutes les bonnes aventures s’achèvent. La lecture de romans en VO me permet de maintenir mon niveau (certes uniquement dans la compréhension de l’écrit mais c’est toujours mieux que rien !). J’essaie de lire quasiment tous les jours un roman en anglais, même si ce n’est que quelques petites pages. J’essaie de trouver un rythme entre le plaisir de lecture et l’apprentissage / les révisions (vérifier de temps en temps un mot dans le dico). Je ne lis pas en majorité des romans anglophones dans l’année (3 ou 4 par an contre trente voire même quarante ouvrages en français par an) mais je trouve que c’est toujours satisfaisant de parvenir au bout d’une lecture qui n’est pas rédigée dans notre langue maternelle. Petit regret : ne pas avoir réussi à maintenir ce cap pour d’autres langues étrangères.

… plusieurs livres à la fois

J’ai pris cette habitude à la fac (j’étais en lettres modernes) histoire de mieux organiser mon travail. Depuis, je continue à multiplier les lectures. En fait, c’est comme si je regarde plusieurs séries télé à la fois ! Par contre, cela peut peut-être expliquer un des points précédents évoqués : le fait de devoir déterminer des pauses précises. Petite précision : je n’encourage pas la quantité pour la quantité, même si je me suis fixée un objectif sur mon compte Goodreads. Je suis tout simplement curieuse ! J’ai toujours envie de découvrir encore et encore des livres de tous les genres, de toutes les époques, de toutes les nationalités ! Il faut dire que je me suis mise à aimer la littérature relativement sur le tard, ma profession tourne en plus autour de cet amour pour cet art, donc je ne peux pas m’empêcher de vouloir vider mes piles de bouquins ! Du coup, quand je me retrouve à m’attaquer à des textes qui ont une sacrée longueur voire même des monuments de plus 1000 pages, je ne me vois pas lire QUE ça pendant un temps conséquent.

– par Florencia Viadana

Et toi, quel type de lecteur es-tu ?

Publicités

Bilan des films vus au cinéma cet été (3/3)

Et voici la dernière partie des films que j’ai vus cet été au cinéma !

PREMIERE PARTIE

DEUXIEME PARTIE

Under The Silver Lake de David Robert Mitchell

Même si je lui avais reconnu quelques qualités indéniables, j’ai toujours trouvé It Follows surestimé (et plus j’en parle, plus ce film m’agace). Mais je n’étais pas encore fâchée contre David Robert Mitchell. Depuis son dernier film, je le suis. Under the Silver Lake, présenté à Cannes en mai dernier (en compétition), semble pourtant avoir été très aimé par la presse et la blogosphère (je me sens seule contre tous). Oui, c’est bien réalisé, oui la photographie est soignée, oui Andrew Garfield s’en sort pas trop mal. Mais j’ai passé une exécrable séance, à deux doigts de péter un câble. Under The Silver Lake représente absolument tout ce qui m’insupporte au cinéma : prétentieux et interminable, se voulant faussement cool, complexe et subversif alors qu’il est juste vulgaire et indigeste. Il aurait pu autant durer 1h que 4h, cela n’aurait strictement rien changé vu qu’il n’a pas grand-chose à raconter en réalité. Le pire, c’est que DRM semble se complaire dans son concept qu’il croit révolutionnaire alors qu’il ne l’est pas, à savoir, dans les grandes lignes, chercher à déchiffrer une vérité – indéchiffrable ou non – dans l’art, ici populaire (pop culture, contre-culture, classique du cinéma, culture bis, bref un beau bordel pour le réalisateur). Dire qu’on se foutait de la gueule de Shyamalan avec le gamin de La jeune fille de l’eau qui trouve la solution en lisant une boîte de céréales…

Mission Impossible – Fallout de Christopher McQuarrie

Avant d’aller voir ce 6e opus, en l’espace d’un petit mois, j’ai rattrapé rapidement les précédents volets. Et même si cette saga est par moments imparfaite, je la trouve très attachante. Elle m’a parfois fait penser à James Bond mais en plus dépoussiéré (même si elle a aussi ce petit côté vintage et ce même attachement aux génériques d’ouverture). Chaque opus, réalisé par un réalisateur différent, a sa patte et ses propres problématiques. Ethan Hunt évolue également au fil des longs-métrages, son équipe aussi. Ce sixième volet passe alors pour une petite exception dans la saga puisqu’il complète l’histoire du cinquième opus (Rogue Nation – alias mon chouchou de la saga), déjà réalisé par Christopher McQuarrie (le scénariste de Usual Suspects). Certes il est parfois un chouïa trop long, le scénario est parfois prévisible et la poursuite en hélicoptère paraît irréaliste (nos personnages deviennent des surhommes). J’ai aussi regretté qu’on en sache trop peu sur les Apôtres. Cela dit, en dehors de ces quelques petits détails, quel spectacle de qualité ! Je me suis ré-ga-lée ! J’ai littéralement perdu mon souffle devant pas mal de scènes – surtout celles à Paris. Qu’on aime ou pas Tom Cruise, le bonhomme est toujours à l’aise dans les scènes d’action (surtout quand on sait comment il s’investit dans les cascades qu’il réalise). Toujours aussi un plaisir de revoir Rebecca Ferguson et très convaincue par Henry Cavill avec sa moustache déjà mythique !

Mission Impossible : Fallout – Paramount Pictures

L’espion qui m’a larguée de Susanna Fogel

Oui, on passe bien d’un ambitieux film d’espionnage à un autre plus… léger disons. Je n’avais pas du tout prévu d’aller voir cette comédie, m’attendant à une véritable daubasse (et vous allez me dire : mais pourquoi l’as-tu vu ? J’ai accompagné ma frangine, vous savez tout). Finalement, l’ensemble est étonnamment plutôt sympathique, je me suis même surprise à rire par moments. Je ne vous dis pas que c’est la comédie du siècle non plus mais le film remplit grosso modo ses objectifs : être un divertissement rythmé et drôle. Même si Mila Kunis s’en sort pas trop mal, c’est surtout Kate McKinnon qui excelle. Justin Theroux incarnant l’espion du titre est également toujours aussi charismatique. Et n’ayez pas peur de l’apparition de Kev Adams, on le voit très peu et sa scène est plutôt cool. Même s’il ne les développe pas réellement, cette comédie d’action se moque aussi gentiment des touristes américains en Europe (par conséquent, ce n’est pas gênant de filmer toutes ces belles villes européennes comme des cartes postales). Après, dans le même genre, j’avais tout de même préféré Spy !

Under the Tree de Hafsteinn Gunnar Sigurðsso

Plutôt vendue comme une comédie, Under The Tree est en réalité une tragi-comédie islandaise plaisante et plutôt réussie même si elle ne restera certainement pas dans les annales. Le scénario est plutôt bien écrit en confrontant trois couples (tous très bien interprétés) : un premier couple va avoir son premier enfant ensemble, leurs voisins doivent vivre sans un fils disparu tandis que leur second fils est mis à la porte par sa compagne suite à une sextape gênante. Au-delà d’une explosion finale inévitable qui secoue, l’étude du couple (lambda et tempéré) est plutôt intéressante. Même si cela ne m’a pas gênée, je peut admettre que cette observation pourrait certainement agacer par son schéma binaire (les femmes sont à l’origine des conflits, les hommes en tentant de les résoudre à leur façon trinquent, des gosses qui en souffriront). Petit bémol : la mise en scène, plutôt sobre, ne met pas suffisamment en avant le fameux arbre de la discorde alors qu’il peut certainement symboliser l’état mental de tous les protagonistes.

Sur la plage de Chesil de Dominic Cooke

J’ai terminé mon été cinéma avec une nouvelle adaptation d’un roman de Ian McEwan, qui signe encore une fois le scénario. Le début du récit met un peu de temps à se mettre en place. On se demande aussi où vont nous mener tous ces retours en arrière relativement récents par rapport à ce qui passe dans la chambre d’hôtel puis la plage réunissant le jeune couple. Petit à petit, comprenant où le film nous amène, je me suis laissée transporter par cette belle histoire où s’en entremêlent à la fois le destin, le temps et les différentes sociales. La fin m’a rappelé celle de La La Land (cette même fin qui m’avait énervée parce que je la trouve putassière, ce qui n’est pas le cas dans le film de Cooke). Au-delà d’une fin bouleversante et d’un scénario plutôt fin, Sur la plage de Chesil possède un véritable charme esthétique, avec des couleurs vives ressortant parmi un arrière-plan parfois grisâtre. L’amour et les souvenirs eux-mêmes sont vifs tandis que certains choix de vie seront à jamais sombres. Sans surprise, Saoirse Ronan, qu’on ne présente plus, est excellente. Mais on retient surtout la brillante interprétation de son partenaire Billy Howle (un acteur méconnu qui ne devrait plus le rester).

Sur la plage de Chesil – Mars Films

Bilan des films vus cet été au cinéma (2/3)

Je vous l’avais promis : je continue de vous parler des films vus au cinéma cet été.

PREMIERE PARTIE ICI

  • Tully de Jason Reitman

En général, j’ai plutôt du mal à apprécier les films de Jason Reitman (même Juno – oui, je prends le risque de passer pour un monstre). J’ai particulièrement détesté Young Adult, avec déjà Charlize Theron dans le rôle principal et scénarisé par Diablo Cody. Retrouver le trio Reitman/Cody/Theron ne me réjouissait pas plus que ça, je n’avais même pas prévu d’aller le voir.Finalement… j’ai pu le voir grâce à une place gratuite. Tully est alors une bonne surprise qui peint avec justesse le baby blues. Je redoutais la performance de Charlize Theron qui a pris du poids pour le rôle (je me méfie un peu de ce type de procédé, l’interprétation pouvant tomber selon moi dans une certaine « facilité »). En réalité, elle est excellente dans le rôle de cette femme qui ne prend plus de plaisir à être une maman et qui regrette le temps de sa vie de jeune adulte où elle était loin de toutes ces responsabilités et du regard des autres. Mackenzie Davis (qui incarne la « Tully » du titre) est également très convaincante. Enfin, même en la devinant, la révélation finale permet de rendre le film certainement plus consistant.

  • 2001, L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick

J’adore Stanley Kubrick (non, c’est pas hyper original) et 2001 fait partie de mes films préférés (non c’est pas non plus original). Philosophique, poétique, métaphysique et mythologique (bref, le film total par excellence), 2001, L’Odyssée de l’espace est donc ressorti dans les salles pour son cinquantième anniversaire. Quel bonheur de pouvoir revoir sur grand écran ce chef-d’oeuvre qui traverse sublimement le temps ! J’ai de nouveau vécu une puissante expérience, difficile à décrire totalement vu qu’elle touche quelque chose d’intime en moi (et chez beaucoup de spectateurs). Il s’agit d’une expérience contemplative fascinante autant visuelle que sensorielle, et surtout plus émotionnelle qu’intellectuelle, ce qui me semble essentiel à mes yeux : même si le film aborde des notions indéniablement complexes et passionnantes (l’homme déshumanisé qui utilise l’outil pour dépasser la nature, la peur de l’inconnu et de la solitude), permettant de livrer maintes analyses pertinentes, il ne faut pas chercher à le rationaliser à tout prix. A l’image de Hal, 2001 me bouleverse autant qu’il m’angoisse. Enfin, ce visionnage m’a aussi permis de m’attarder sur un détail (dites-moi si je suis la seule à avoir tilter ou non dessus) : la bouffe. Il y en a absolument dans chaque acte sous des formes différentes. Et la bouffe, c’est la vie (ouais, j’ai osé caler cette phrase en parlant d’un film de Kubrick, je sors).

2001 : l’Odyssée de l’espace – Turner Entertainment co. A Time Warner Company

 

  • Au poste ! de Quentin Dupieux

Je ne prétends pas connaître tout l’univers de Quentin Dupieux ni être une de ses grandes fans. A l’heure où j’écris ce billet,je peux juste vous dire que j’avais beaucoup aimé Réalité, son précédent long-métrage (et je ne suis pas trop fan de Steak, au moins vous savez tout). J’étais juste curieuse de découvrir Au poste ! Certes, le film comporte quelques bonnes idées. Il semble également aussi représenter pour Dupieux une sorte de prise de recul par rapport à son propre cinéma. Malheureusement, il m’a énormément déçue. Tout d’abord, il ne dure qu’1h15 mais j’ai l’impression qu’il en durait au moins le double : INTERMINABLE. Au-delà de ses problèmes de rythme, je ne suis pas convaincue par le non-sens revendiqué ni par son twist paradoxalement peu surprenant. Le non-sens ne doit pas être synonyme de foutage de gueule et c’est pourtant le ressenti. Je commence à en avoir ras-le-bol de la fameuse excuse « c’est absurde, donc ça doit tout justifier, c’est normal ». En dehors de Marc Fraize (qui mériterait d’obtenir plus de rôles au cinéma), même le casting m’a un poil déçue. Poelvoorde fait du Poelvoorde et Ludig (que j’adore pourtant dans les sketchs du Palmashow) joue souvent à côté de la plaque.

  • Paranoïa de Steven Soderbergh

Paranoïa a fait du bruit pour avoir été entièrement filmé par un Iphone. Un choix pertinent pour plusieurs raisons. Le tout appuyé par la manipulation fluide et légère de la caméra et une mise en scène inventive, les images du téléphone font naître un sentiment d’étouffement et d’inquiétude en permanence. Surtout, l’objet est aussi un élément phare du scénario : Sawyer (incarnée par une épatante Claire Foy) se sent sans cesse persécutée, la technologie actuelle ne faisant que renforcer ce fait. Pourtant, la jeune femme cherche aussi des solutions pour pouvoir s’échapper de l’asile. Au-delà d’une critique forte sur le système hospitalier, Paranoïa livre aussi un constat effarant sur la peur des femmes d’être harcelée par des hommes. Un film qui tombe à pic à l’ère du mouvement #MeToo. Enfin dernier point essentiel : selon moi, le long-métrage ne doit pas être vu qu’au premier degré. Retrouver les indices (le passé de l’héroïne avec le père, les interventions de sa mère, le rôle de Juno Temple et sa manière d’interagir ou non avec le personnage principal) pour tenter de trouver un semblant de vérité passionne même si au final on n’a aucune réelle réponse, que des suppositions… à l’image de ce qui se passe durant les affaires de harcèlement sexuel.

Paranoïa – Twentieth Century Fox

  • Sicario : la guerre des cartels de Stefano Sollima

Sicario réalisé par Denis Villeneuve était plutôt réussi mais un point en particulier m’avait réellement gênée : Kate Macer (Emily Blunt) n’est pas très intéressante : son personnage est plat, pas crédible (comment peut-on être autant ébahie par les événements quand on bosse pour le FBI ?) et même lourdingue dans sa description physique pour bien appuyer sa fatigue (« MAIS REGARDE KATE TU AS DE GROS SOURCILS, TU ES MAIGRE, TU VAS PAS BIEN »). Ainsi, ce second opus, réalisé cette fois-ci par Stefano Sollima (A.C.A.B., Suburra), opte pour une autre approche : il se veut plus « coup de poing », plus réaliste aussi, moins contemplatif. Un thriller efficace et glaçant qui aborde plusieurs sujets de société : le terrorisme, les migrants, le trafic d’humains… Passer après le talentueux Denis Villeneuve n’était pas forcément évident et pourtant Sollima s’en sort haut la main. Il ne cherche pas à copier le réalisateur canadien et parvient s’imposer naturellement dans la saga. Verdict : j’ai préféré ce deuxième opus et j’attends désormais le dernier volet de la trilogie scénarisée par Taylor Sheridan.

  • My Lady de Richard Eyre

J’ai déjà mis My Lady dans mon top 3 de mes films préférés de cette année sur mon compte SensCritique et je tiens qu’il y reste le plus longtemps possible. La mise en scène classique correspond aussi bien à l’état d’esprit même de l’excellent roman L’Intérêt de l’enfant : le court texte écrit par Ian McEwan (qui a signé le scénario) est lui-même sobre. Comme le demande Fiona, qui doit prendre une décision de justice rapidement, on n’a pas de temps à perdre. L’économie et la justesse permettent autant à la juge Fiona Maye qu’au récit (livre et film) d’aller à l’essentiel. Cela n’empêche pas de comprendre la complexité de notre héroïne, ni de mettre en place des enjeux forts, interrogés avec autant de pertinence et de subtilité. Certains spectateurs pourraient être surpris par la tournure de l’histoire : non, il ne s’agit pas d’un film de procès ou d’histoire autour de la religion (même si la croyance, au sens large du terme, est y traité avec intelligence). Il s’agit avant tout d’un magnifique portrait de femme face à ses responsabilités et aux conséquences des décisions qu’elle prend. Une femme tiraillée entre ses sentiments et son devoir. Les beaux rôles féminins au cinéma ne sont pas si nombreux. Cela fait du bien d’en voir un aussi réussi, qui fait appel à une large palette d’enjeux (approche de la soixantaine, mariage, maternité, carrière professionnelle) sans qu’on n’ait l’impression que ce soit survolé. La très classe (et naturelle) Emma Thompson est absolument parfaite : elle mériterait tous les Oscars du monde pour sa brillante interprétation (et cela m’a donné envie de me plonger plus sérieusement sur sa filmographie). Le jeune Fionn Whitehead (vu dans Dunkerque de Christopher Nolan) est également surprenant et prometteur. A la fois fidèle et complémentaire au roman, My Lady est un film profondément bouleversant, sensible, intime.

 

My Lady : Photo Emma Thompson, Fionn Whitehead

My Lady – Concorde Filmverleih GmbH

La dernière partie sera publiée ce week-end !

Bilan des films vus au cinéma cet été (1/3)

Me voici de retour comme promis ! Je démarre tranquillement cette rentrée en présentant quelques films que j’ai vus au cinéma cet été (à partir de juin jusqu’à fin août). On ne changera pas la cinéphile que je suis (mais, comme je l’avais annoncé en juin dernier, des billets qui ne concerneront pas le cinéma débarqueront bien dès ce mois-ci). J’ai vu une bonne quinzaine de films au cinéma cet été (dont deux classiques) : histoire d’éviter de faire un article trop long, je préfère étaler mes micro-critiques sur trois billets (et puis comme ça, c’est comme si on était encore en vacances, si si, c’est bon pour la tête). C’EST TIPAR !

Jurassic World: Fallen Kingdom : Photo

Jurassic World : Fallen Kingdom – Universal Pictures France

  • Jurassic World : Fallen Kingdom de Juan Antonio Bayona

Je n’avais pas spécialement adhéré à Jurassic World de Colin Trevorrow, même s’il s’agissait d’un divertissement tout à fait correct. Les personnages idiots et la trop grande dose de nostalgie m’avaient parfois pas mal gavée. Cette suite, mise en scène par le talentueux réalisateur espagnol Juan Antonio Bayona (L’Orphelinat, The Impossible, Quelques minutes après minuit) est selon moi légèrement au-dessus (même si Trevorrow est toujours de la partie en étant cette fois-ci co-scénariste). Il faut admettre qu’il y a quelques bonnes idées de mise en scène, ce qui fait naître quelques scènes effrayantes. Cela dit, pour obtenir ces quelques moments de tension et d’hommages aux productions de la Hammer, le scénario a le don de mettre en avant des personnages adoptant des réactions particulièrement stupides (on ne change pas une équipe qui change). On a aussi une histoire de clonage qui n’est pas forcément improbable (après tout, on a bien fait renaître des dinos !) mais qui semble sortir de nulle part dans le film. En revanche, avec cette fin proposée (toujours liée à la légendaire stupidité des personnages), j’attends tout de même un minimum le prochain volet (et je pense que certains acteurs de la trilogie Jurassic Park feront leur retour).

  • Hérédité d’Ari Aster

Non, Hérédité n’est pas au même niveau que L’Exorciste (merci la presse pour vos propos démesurés, ne changez rien). Cela dit, il s’agit d’une œuvre indéniablement captivante, bien plus que la plupart des films d’horreur sortant actuellement dans les salles obscures. Je n’ai pas forcément apprécié tous les choix du jeune réalisateur (qui signe ici son premier long-métrage), surtout sa fin – même si on pourra reconnaître qu’Ari Aster a le mérite d’aller au bout de ses idées. Malgré les événements surnaturels, le film est surtout un drame psychologique. Mais justement, la dernière partie du long-métrage casse selon moi cette part psychologique mise en place pendant la majorité du film et qui, selon moi, le rendait justement si intéressant à mes yeux. Avec le recul, cette fin me dérange moins car j’ai une vue plus globale sur le film qui a le mérite de faire peur. Le film, très inspiré par le cinéma d’horreur des années 1970, ne cherche pas à faire des jump scares à tout prix, c’est plutôt son ambiance qui crée cette tension permanente. Surtout, ce sont des éléments relativement simples (on en parle par exemple de ce terrifiant bruit de langue ?) qui m’ont foutu les jetons. Enfin, toute la distribution est formidable, en particulier Toni Collette qui est absolument monumentale !

Hérédité

Hérédité : DeaPlaneta

  • Sans un bruit de John Krasinski

J’ai du mal à comprendre l’engouement autour Sans un bruit de (et avec) John Krasinski qui passe pour moi à côté de son concept (à savoir jouer autant du silence). Seule la toute première scène m’a parue très réussie. Le reste est selon moi trop bancal (et la toute fin consternante), entre manque de tension et accumulations d’incohérences et de facilités. Je n’ai pas cru en ces monstres représentés par une esthétique assez décevante. En dehors d’une raison pseudo psychologique qui n’émeut pas, on se demande ce qui a pu pousser le couple incarné par Krasinski et Blunt (également époux à la ville) à concevoir un bébé pendant une catastrophe qui est en train d’exterminer le monde. Comment dire ? Un bébé, ça fait du bruit ! Enfin, j’ai buggé sur un point du scénario (en ayant conscience qu’il s’agit d’un détail MAIS TOUT DE MEME) (ATTENTION SPOILERS) : suis-je la seule à n’avoir pas compris pourquoi il y avait autant de sang pendant l’accouchement ? (je suis pas toubib mais je trouve qu’il y en a… beaucoup). Je pensais qu’il s’agissait d’un élément utile pour la suite du film (du genre, notre héroïne ou le fameux bébé pourrait être en danger immédiatement après la naissance) mais en fait non. Du coup, je trouve cet aspect dans la scène gratuit.

  • How to talk to girls at parties de John Cameron Mitchell

Adapté d’une nouvelle de Neil Gaiman, How to talk to girls at parties est a priori une bouffée d’air frais face à un cinéma actuel peu original. Je ne vais pas vous mentir : j’ai plutôt passé un bon moment. Elle Fanning (je suis de près sa carrière), le jeune Alex Sharp (vu dans le mauvais To the Bone, vu dans le cadre du Movie Challenge 2018) et Nicole Kidman (qui semble s’éclater) sont excellents. Impossible également de passer à côté de quelques scènes musicales énergiques. Mais finalement, une fois cette petite euphorie passée, on a un peu l’impression d’être face à un pétard mouillé : on regrette alors un scénario assez brouillon prônant l’ouverture d’esprit et la marginalité en général. Paradoxalement, la vision m’a parfois déconcertée. D’un côté, le réalisateur est assez lucide sur ce qu’est devenu ce mouvement mais en même temps, j’ai trouvé son approche assez superficielle, comme s’il ne connaissait pas suffisamment sa toile de fond choisie. Surtout l’ensemble reste assez convenu, ce qui est un comble quand on a un film se déroulant autour de l’univers punk.

How To Talk To Girls At Parties

How To Talk To Girls At Parties : Colony Films Limited, photograph by Dean Rogers

  • Ocean’s 8 de Gary Ross

Je ne peux pas être déçue par rapport aux autres volets d’Ocean de Steven Soderbergh : ils ne m’ont pas du tout marquée (et j’ai même pas vu l’épisode 3). Je voulais avant tout être un minimum divertie. Je ne dirais pas que je me suis emmerdée de A à Z mais le film ne remplit pas selon moi ses objectifs de divertissement : il manque parfois de rythme, l’histoire est déroulée platement, le braquage se déroule sans stress (parce qu’il y a point S ?) et les personnages bling-bling ne sont pas très intéressants malgré un casting excitant mais inexploité (et pour ne rien arranger, Sandra Bullock est devenue le sosie de Michael Jackson). Seules Anne Hathaway (une actrice que j’apprécie de plus en plus) et Helena Bonham Carter se détachent de cette bande dans laquelle on ne ressent aucune alchimie entre les personnages. Paradoxalement, malgré ce casting féminin, je retiens aussi la performance très drôle de James Corden à la troisième partie du film !

  • Les Dents de la Mer de Steven Spielberg

Ses derniers films (The Post et Ready Player One) ne m’ayant pas convaincue des masses cette année, cela ne m’a pas fait de mal de revoir un excellent film de Spielberg (non, Steven, je ne suis pas fâchée contre toi, je ne peux pas). Revoir Les Dents de la Mer au stade Vélodrome (ouais, le mélange « requin méchant + pays de l’OM » est unique) fut une belle expérience pour un film inoubliable. Adapté du roman de Peter Benchley, lui-même inspiré par Moby Dick, le long-métrage de Spielberg vieillit merveilleusement bien : il fout toujours autant les jetons. Suggéré principalement en hors champ durant la première partie du film, le requin est présenté comme une créature monstrueuse mythique. Les analyses sur le film restent nombreuses : métaphore sexuelle (les mâchoires du requin qui bouffe Quint ressemblent à un vagin), chasse à l’homme (alors qu’il s’agit à l’origine d’une chasse au requin) et littéralement à la virilité incarnée et à la bêtise capitaliste, métaphore également d’une peur collective ennemie du symbole américain (l’attaque du requin pendant un 4 juillet n’est pas anodine tout comme le récit de Quint sur l’Indianapolis)… les interprétations restent nombreuses. Accompagné par la partition culte de John Williams, Les Dents de la Mer joue sans cesse avec différents genres (film d’aventures, film « fantastique » sur certains de ses aspects, conte initiatique). Immanquable !

Les Dents de la Mer – Universal Pictures

 

La suite débarque mardi prochain !

Je dois vous dire un truc…

Les fidèles lecteurs et lectrices l’auront peut-être constaté : je suis moins présente sur le blog depuis quelques mois. Tout d’abord, je blogue moins par manque de temps. Quand j’ai commencé à bloguer, j’étais une adolescente puis une jeune étudiante insouciante ayant du temps devant moi. Désormais, je suis enfin une adulte (et je le vis bien !), qui travaille et qui a une vie privée bien remplie. On ne peut pas être partout à la fois.

De plus, quelque chose qui me tracasse depuis des mois et des mois : je ne parviens plus à parler de cinéma comme je le fais depuis tant d’années.Le plaisir d’écrire sur des films s’est perdu : je le ressens et je me dis quelque part que des lecteurs doivent aussi le ressentir. J’aime pourtant toujours autant le cinéma, ma passion est toujours intacte mais en terme de contenu, je suis arrivée selon moi au bout d’une expérience.On pourra toujours me dire de créer d’autres types de contenu toujours en rapport avec le cinéma. J’y ai pensé, j’ai parfois essayé mais l’envie n’y était pas. Est-ce l’exercice d’écrire sur un thème unique qui me fatigue ? Mon sentiment de manque de légitimité qui ne parvient pas à disparaître au fil du temps ? Etre fatiguée par la blogosphère cinéphile ? La curiosité de m’ouvrir sur d’autres sujets et exercices ? Il s’agit certainement d’un tout.

De plus, écrire sur des films m’empêche d’écrire sur d’autres thèmes. J’ai pensé à créer un autre blog parallèlement à celui-là. Et puis finalement, on revient toujours au manque de temps : je ne peux pas être à deux endroits en même temps. Je préfère avoir un endroit où je fais les choses avec passion qu’être sur deux fronts et bâcler tout ce que je fais juste par manque d’énergie.

J’aime créer, imaginer, ressentir, parler de sujets qui me tiennent à coeur, et ça va au-delà du cinéma que je chéris tant et qui ne me quittera jamais. Mes tentatives d’écriture allant vers d’autres horizons restent dans des tiroirs : oui, ça devient frustrant. Je ne sais pas si j’écris bien, si je raconte de la merde ou non, mais j’ai de plus en plus envie d’expérimenter d’autres choses sur mon blog. Je me suis toujours promis qu’à partir de 25 ans, je devrais aller de l’avant dans mes projets d’écriture et de création. Et j’ai enfin 25 ans. Je le vis bien, je me sens mature comme jamais. Et peut-être que ce blog où je parlais de films refermait toutes mes frustrations, mon immaturité et mon manque de confiance en moi. Attention, cela ne veut pas dire que je ne parlerai plus jamais de cinéma. J’en parlerai toujours, peu importe l’outil (blog, réseaux sociaux et évidemment dans la vraie vie !). Je parlerai de cinéma sur ce blog. Mais je ne parviens plus à me restreindre qu’à ça. Je ne me revendiquerai pas comme une blogueuse cinéphile, même si je me sens toujours cinéphile. Et dire que je pensais que je ratais ma vie parce que je ne m’étais pas suffisamment consacrée au cinéma durant mes études. Je suis heureuse de m’être réveillée.

Je ne savais pas trop comment m’y prendre. Finalement, j’ai décidé d’aller vers de nouvelles aventures d’écriture… en préservant ce blog. C’est tout simplement plus pratique pour des tas de raisons (pseudo, domaine, contacts, outil que je maîtrise déjà). Je compte travailler le format tout l’été. Petit à petit, le blog va se transformer visuellement pour faire place à ce nouveau départ. Je réfléchis aussi au sort des précédents articles : cela me ferait de la peine de les virer, mais je vais tenter de trouver un système pour les réunir tous ensemble sans qu’ils gênent trop mon nouveau projet en septembre. Le but est d’avoir une sensation de nouveau départ en allant sur mon blog après ces vacances d’été.

Je tenais avant tout à remercier toutes les personnes qui me suivent et échangent avec respect et bienveillance. Je vous suivrai toujours sur vos blogs quoiqu’il arrive. Et je peux tout à fait comprendre que le virage que va prendre ce blog va en dérouter. Certain(e)s ne me suivront pas et je ne peux que le comprendre.

Bref, je suis de retour à la rentrée prochaine !

SWAP n°2 avec Lily

Lilylit et moi sommes toutes les deux nées en avril (mais nous ne sommes pas du même signe astrologique, et on n’aime même pas les mêmes films). Comme l’an dernier, nous avons décidé de renouveler l’expérience avec une deuxième édition de ce swap pour fêter notre vieillesse voyons (mais si, j’ai un quart de siècle).

Qu’est-ce que le swap ? Chacune envoie à l’autre un colis dans lequel sont emballés plusieurs objets. Et pour chaque emballage, histoire de créer du suspense (on devrait faire ça pour Noël, tiens !), on écrit sur un post-il ou une feuille des phrases en guise d’indice.

Comme l’an dernier, nous nous sommes fixées des règles histoire de ne pas aller dans tous les sens. :

  1. ne pas dépasser un budget de 30 euros
  2. 4 types de cadeaux : 1 dvd, 1 livre, 1 objet, 1 truc à manger
  3. thème : les héroïnes (bon, j’avoue que j’ai pas réussi à respecter le thème pour Lily, ahahah je suis un boulet)

Avant de vous présenter les fameux objets en question, je me permets de vous montrer ce que j’ai trouvé avant même d’ouvrir chaque colis (Lily est la reine du jeu de piste) :

BREF, voici le petit déballage !

 

Un dvd : L’Olivier de Icíar Bollaín

J’ai très hâte de découvrir ce film pour plusieurs raisons. Tout d’abord, j’avais beaucoup aimé Même la pluie, un des précédents longs-métrages de la réalisatrice espagnole Icíar Bollaín. Paul Laverty, qui travaille pour Ken Loach depuis une vingtaine d’années, était déjà le scénariste de ce film poignant. Il collabore de nouveau avec Bollaín, qui est en réalité son épouse depuis de nombreuses années (et ouais, vive les potins people).

Un livre : Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

ammm

J’entends tellement du bien sur cette auteure nigériane, dont l’essai Nous sommes toutes des féministes me fait de l’oeil depuis un moment, que je suis ravie d’avoir désormais ce roman dans cette bibliothèque. Ca peut être un bon moyen de faire connaissance avec son univers et son écriture puis de découvrir plus tard ses autres ouvrages qui m’intéressent. Apparemment, un projet d’adaptation cinématographique serait prévu !

Un truc à manger : des Cookies

Bon, j’ai pris une photo sur Google Images… ouais je les ai déjà mangés, je crois que ça veut tout dire.

Un porte-clés Wonder Woman (FunkyPop)

Quelle drôle de coïncidence de publier cet article quelques jours après celui sur Wonder Woman ! Je suis fière d’avoir cet objet qui m’accompagne désormais au quotidien !

Cet article n’a pas pour but d’étaler des petits cadeaux fort sympathoches sur la toile. Le but est avant tout de montrer les liens possibles, des amitiés qui naissent même entre des individus grâce à la blogosphère J’invite évidemment à la prudence car il y a toujours des tarés derrière un écran, on ne connait pas toujours qui se trouve derrière un écran (d’où aussi l’intérêt de ce billet). Et je ne suis pas là pour idéaliser la blogosphère, loin de là (et encore je me retiens de ne pas balancer tout ce que je peux penser d’elle). Mais j’avais aussi envie de partager une expérience positive possible que peut créer la blogosphère. Et ce SWAP est un bon moyen de créer un projet commun entre blogueurs(ses), même s’il n’y a évidemment pas que celui-là qui existe pour réunir des passionné(e)s.

Et voici le swap du côté de Lily !!

[Je lis, je regarde] Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Cela fait un moment que j’ai envie de lancer cette nouvelle catégorie (même si j’en ai déjà d’autres à réellement mettre en place) : « Je lis, je regarde ». Il s’agit tout bêtement d’un exercice comparatif entre une oeuvre littéraire et son adaptation cinématographique. Cela dit, il y a évidemment le souhait d’aller d’élargir la catégorie mais je préfère pour l’instant commencer doucement mais sûrement. Enfin, façon de parler car je ne me limite pas aujourd’hui à une adaptation mais deux !

Je m’attaque aujourd’hui à Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes, roman de Stieg Larson adapté à deux reprises :

  • par  Niels Arden Oplev avec Noomi Rapace et Michael Nyqvist (2009)
  • par David Fincher avec Rooney Mara et Daniel Craig (2011).

 

Je connais assez mal la littérature scandinave et je ne lis pas tant que ça de polars / thrillers en général. J’ai pourtant pris un énorme plaisir à lire le roman de Stieg Larson. J’ai littéralement dévoré les 570 pages (et des poussières) en très peu de temps, même face à mon manque de temps et de sommeil. A travers une enquête sur la disparition mystérieuse d’une adolescente dans les années 60, Stieg Larson évoque de sujets peu glorieux sur la société suédoise, traumatisée par son passé avec les nazis, et toujours violente envers les femmes. Par ailleurs, chaque partie s’ouvre sur des statistiques effrayantes sur la violence que subissent les Suédoises. 

Une sorte de montage (tous deux bien repris dans les films) se met en place, par l’alternance entre l’histoire de Mikael Blomkvist, journaliste économique dans la merde jusqu’au cou (il a pris une grosse amende et doit même purger quelques mois en prison pour diffamation – son ennemi lui a alors tendu un terrible piège) et celle de Lisbeth Salander, sombre hackeuse souffrant officiellement de problèmes mentaux (et doit donc encore subir des tuteurs). La palpitante enquête est évidemment ce qui nous incite à tourner les pages de ce roman. Mais savoir que la future rencontre entre Blomkvist et Salander va avoir lieu au bout d’un moment est certainement aussi ce qui explique pourquoi la lecture est si addictive. Et évidemment, cette rencontre s’avère explosive : chacun va alors apprendre à s’apprivoiser et surtout leurs personnalités, pourtant si opposées, vont se compléter.

Millénium, le film : Photo Michael Nyqvist, Niels Arden Oplev, Noomi Rapace

Dans l’ensemble, ces deux versions sont plutôt fidèles au texte de Larson, même si, dans les détails (si on veut s’amuser à fouiner et titiller), le film de Fincher l’est étonnamment plus que celui de Niels Arden Oplev. Il faut dire que la version américaine a le mérite de proposer réellement une nouvelle perception du bouquin et non un remake du film suédois, comme cela peut hélas arriver dans le cinéma américain, qui aime bien s’emparer de succès européens. Pourtant, les choix de mise en scène et esthétiques prennent des chemins différents. Le long-métrage suédois, à la mise en scène assez classique, ne poussant pas non plus son esthétisme (le résultat n’est pas non plus décevant, mais il est plus « simple » et – à côté de la version américaine – semble plus « lumineux ») semble axer davantage le récit vers l’enquête autour de la disparition d’Harriet. Beaucoup ont taxé cette première version de « téléfilm ». Le mot est peut-être un peu fort mais certainement pas totalement choisi par hasard : il existe aussi la série (avec le même casting) Millenium comportant six épisodes. Le film de Fincher affiche clairement une mise en scène plus ambitieuse, une photographie soigneusement froide et des décors plus rectilignes. L’affiche et même le générique (un des meilleurs que j’ai vus) du film américain annonce cette couleur glaciale, tout comme elles offrent un autre point, moins présent dans la version suédoise : l’importance de la technologie.

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes : Photo Daniel Craig, Rooney Mara

Qui dit personnages forts dit choix de casting crucial. Commençons d’abord par Lisbeth Salander, interprétée par Noomi Rapace (Seven Sisters) et Rooney Mara (Song to Song). Il est difficile de départager les deux interprétations, même si j’admets avoir une petite préférence pour celle de Rapace (mais je pense aussi que je préfère globalement cette actrice). Chacune semble en fait prendre différentes facettes de la Lisbeth du roman : les deux interprétations, tout comme la manière d’aborder ce personnage, sont alors complémentaires. La Lisbeth de Mara m’a semblé plus fragile, plus déconnectée de la réalité et plus jeune (on nous dit dans le roman qu’elle ressemble littéralement à une gosse). La fin du film de Fincher, inexistante dans la version suédoise (cette fin est justement plus solaire, il n’y a qu’à voir le tout dernier plan, alors que le dernier plan dans le long-métrage de Fincher se déroule la nuit, avec un geste de désespoir), insiste encore plus sur cette fragilité chez ce personnage qui sait pourtant répliquer face à la violence inouïe des hommes. Le personnage proposé par Rapace semble plus violent, plus adulte même dans son approche physique et comportementale. C’est toujours difficile de décrire le ressenti que peut provoquer un personnage par son apparence, nous sommes clairement dans une phase de jugement. Mais je dirais que dans son look, la Lisbeth de Rapace semble moins dangereuse que celle de Mara. Pourtant, justement, concernant la dangerosité et la violence enfouie en elle, c’est pour moi bien Rapace qui remporte la mise.

Millénium, le film : Photo Niels Arden Oplev, Noomi Rapace

Mon avis est plus tranché concernant le personnage de Mikael Blomkvist. Je préfère largement Michael Nyqvist (décédé en juin 2017) qui correspond largement plus à la description qu’en a fait Stieg Larson dans son texte. Et je le préférais même avant de lire le bouquin, qui n’a fait que confirmer certains de mes doutes. Mikael Blomkvist est un excellent journaliste qui n’a rien d’une bombe mais qui est pourtant charismatique sur tous les points. J’ai alors un mal fou avec Daniel Craig dans le même rôle chez Fincher : je ne sais pas si c’est parce que j’ai une certaine image de l’acteur britannique en tête (est-il même trop connu pour interpréter le rôle ? est-ce que je l’associe trop à son James Bond ?) mais j’ai vraiment du mal à concevoir qu’il puisse jouer un journaliste économique brillant mais lambda. Les lunettes et les pulls moches ne le rendent pas pour moi plus « banal ». Surtout, je ne trouve pas qu’il dégage ce charisme (je ne dis pas qu’il n’en a pas dans d’autres films mais pas dans celui-là pour moi).

J’ai revu les deux films (que j’avais déjà visionnés au cours de leur année de sortie) après avoir enfin découvert récemment le roman de Stieg Larson. Je pensais avoir une préférence pour l’un en particulier, mais finalement, il est pour moi difficile de trancher étant donné que ces deux films sont complémentaires si l’on s’en tient à la question de l’adaptation. Cet exercice de comparaison entre deux oeuvres cinématographiques, toutes les deux tirées d’une même source littéraire, est particulièrement enrichissant. Il prouve bien que la fidélité reste relative, où chaque réalisateur et scénariste a sa propre vision d’une même histoire.

Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes : Photo Rooney Mara

[+interview] La Fille aux deux visages

réalisé par Romain Serir

avec Timothy Cordukes, Estelle Halimi, Andréa-Laure Finot…

Drame, épouvante-horreur français. 1h15. 2016.

sortie française : 4 avril 2018

Clarisse rencontre Marc, un jeune chirurgien, avec qui elle passe la nuit dans son hôtel particulier. Au matin, la jeune femme se rend compte qu’elle a été dupée : après l’avoir enfermée dans une chambre de la maison, Marc va l’obliger à endosser le rôle de sa défunte épouse, jusqu’à lui donner son visage. Peu à peu, Clarisse va devenir Hélène… Mais peut-on effacer son identité pour celle d’une autre ?

La Fille aux deux visages a parcouru un long chemin avant d’atterrir dans les salles début avril prochain (hélas, de manière confidentielle, mais c’est tellement mieux que rien du tout). Passé par la plateforme participative Ulule pour se faire co-financer, le long-métrage a été projeté dans une dizaine de festivals ces deux dernières années. Comme l’indique son titre, il s’agit d’un hommage évident aux Yeux sans visage de Franju (l’utilisation du noir et blanc confirme cette grosse référence en question). Mais d’autres forts clins d’oeil au cinéma ou même à la littérature sont également au coeur de cette oeuvre : De Palma, Polanski, Frankenstein, Satoishi Kon pour ne citer qu’eux… Le choix d’assumer ouvertement de telles références est toujours très risqué car le film peut très vite tomber dans le catalogue du fan service : il y a également toujours la crainte de voir un réalisateur surexposer ses goûts. Le réalisateur Romain Serir, qui signe ici son premier long-métrage, est un passionné de cinéma et cela se ressent dans cette oeuvre peut-être imparfaite mais indéniablement généreuse et surtout bien foutue. Certes, la frontière avec les risques exposés n’est pas parfois pas loin mais  je crois que Serir évite globalement ce que je pouvais redouter principalement pour deux raisons : la modestie et la sincérité. Il sait très bien qu’il n’est pas Franju ou quoi que ce soit, il ne le prétend pas l’être. Il fait finalement son truc à sa sauce, sans prétention, en suivant toujours ses propres idées. Ambitieux, le film l’est sans cesse et pas uniquement parce qu’il se nourrit de ces références plutôt judicieusement. Le noir et blanc, rappelant ici autant le film de Franju que l’expressionnisme allemand, renforce alors la peur permanente tout comme il apporte un certain onirisme (on ne sait plus totalement si nous sommes toujours dans la réalité ou non). Le changement de format est également intéressant pour plusieurs raisons. En effet, le film débute et se termine sur du 1.85 (on en retrouve aussi dans certains flashbacks). Puis, c’est le format 1.33 qui prend le dessus, insistant encore plus ce sentiment d’enfermement (déjà que le film est pratiquement un huis-clos). Ce changement de format est alors cohérent avec la modification de la personnalité féminine, parfois également hachée par un split-screen et par l’alternance du temps. Associée à la notion du « double », l’aliénation de la femme est certainement un des thèmes centraux de ce film, plutôt bien traitée par une mise en scène précise et des choix esthétiques qui ne servent pas uniquement à faire joli comme on aurait pu le craindre. Les thèmes ne sont évidemment pas nouveaux, mais la variante personnelle proposée par le jeune réalisateur n’en reste pas moins intéressante. La fille aux deux visages est alors un film sans cesse sous tension captivant et rythmé : il faut dire que le film ne dépasse pas les 75 mn. Romain Serir a d’abord signé des courts-métrages et des publicités, l’habitude de manier et de maîtriser un format court se ressent. Dans un sens, c’est plutôt une bonne chose car le film va droit au but. Cela dit, cela peut aussi créer une petite frustration dans le sens où certains personnages (plutôt bien interprétés) auraient pu être plus approfondis. Mais dans l’ensemble, La fille aux deux visages s’en tire plus que bien sur tous les points. On attend désormais Romain Serir sur son second long-métrage, en espérant qu’il fasse plus de bruit.

Interview – Romain Serir

Je remercie très sincèrement Marteau Films qui m’a fait découvrir ce premier long-métrage prometteur et qui m’a permis de décrocher cette première interview sur ce blog. Et ça fait du bien d’avoir cette opportunité, vous ne l’imaginez même pas. Surtout en interrogeant un réalisateur dont on a apprécié le travail. Ce réalisateur s’appelle Romain Serir. Il signe ici un son premier long-métrage. Mais il n’a pas chômé avant cette Fille aux deux visages. Il a commencé comme monteur et réalisateurs de pub. Puis, il a également signé quatre courts-métrages : One Man Show, Ellvis, Lupin 2.0. et La Traversée. Enfin, il est également le créateur de Ciné Fuzz.

Tout d’abord, un grand bravo pour votre film, une belle réussite. J’ai été frappée par le challenge technique et esthétique. Est-ce le défi esthétique qui vous a poussé à réaliser ce film en particulier ou est-ce que l’idée esthétique est arrivée après l’écriture même du film ? 

Alors tout d’abord, merci. L’esthétique du film a un peu été imaginé en même temps que l’écriture. Le défi c’était de trouver une façon crédible de raconter une histoire avec un petit budget, donc très vite durant l’écriture je ne pouvais pas m’empêcher de chercher des angles et un point de vue esthétique assez « visible » pour justement faire que mon histoire tienne sur ces deux jambes. Le noir et blanc permettait aussi de renvoyer le film à mes références, un cinéma français un peu à l’ancienne. Et puis ça permettait de rester un peu ambiguë par rapport aux scènes plus « violentes » qui n’avaient vraiment pas la même impression une fois passée de la couleur au noir et blanc.

Le double et la figure féminine victime de violences des hommes sont deux thèmes liés. Cela vous a paru évident d’établir cette connexion et d’évoquer ces thèmes ?

En fait le double est un thème que je visite beaucoup mais pas forcément que à travers une figure féminine. Ici c’est le cas effectivement, et l’idée du double marque peut-être plus dans ce cas précis. Et c’est vrai qu’il y a beaucoup de films qui mettent en avant des personnages féminins en proie à une sorte de monstre humain comme dans mon film. Le double sert autant dans ce cas à marquer une fracture identitaire qu’à montrer la tentative de contrôle absolu du personnage masculin principal. D’abord il veut la changer physiquement puis mentalement. Il y a en gros celle qu’il voudrait qu’elle soit, et celle qu’elle est réellement. Et c’est quelque chose qu’on peut retrouver dans certaine relation amoureuse toxique je pense, que ça soit pour un homme ou pour une femme.

Votre travail est très ambitieux, surtout pour un premier long-métrage. Et j’imagine que c’est naturel pour un cinéaste – et un artiste en général – de s’inspirer de ce qu’on a vu, de ce qu’on admire, pour nourrir son propre travail. Comment avez-vous fait pour vous inspirer de grandes figures du cinéma et même littéraires tout en proposant votre propre univers ? Est-ce effrayant de puiser dans ces grandes références ?

Je savais qu’en partant dans un synopsis comme celui-ci, j’allais me confronter un peu à mes artistes de référence. Mais je pense, surtout pour un premier long, que c’était en quelque sorte vital pour m’en affranchir. Je me voyais mal chercher à contourner mes inspirations, au contraire même je voulais que mon film s’inscrive dans leurs sillages. Il y avait aussi un jeu amusant et effrayant à faire avec cela. Notamment quand on reprend une scène comme celle de l’opération qui rend hommage à celle du film de Franju, Les Yeux sans visages. Je ne pouvais pas refaire la même scène donc je m’imposais de trouver un autre angle qui du coup m’était plus donné par l’histoire de mon film propre.

Votre film mélange les genres : l’horreur, le thriller, le film noir… Il y a en ce moment toute une interrogation sur le cinéma français de genre, un peu moins mis dans l’ombre qu’auparavant. Pensez-vous qu’il y a un véritablement changement de ce côté-là, que ce soit côté visibilité du public ? Du côté des professionnels ?  

Peut-être. Il y a clairement une envie de la part des scénaristes, réalisateurs et producteurs de faire du cinéma de genre en France. Plus qu’avant c’est certain. Grave est un bon point de départ qu’on me cite souvent quand je propose un projet depuis quelques temps. Donc il y a quelque chose qui bouge. Je pense par contre que ça peut vite retomber. Il suffit d’un échec, d’une polémique, pour que cela redevienne très difficile. Je crois qu’en France ça marche vraiment par vague. Et puis le cinéma de genre français est surtout vu dans sa globalité à l’étranger. On a pas encore trouvé le moyen de produire des films fantastiques ou d’horreur avec de très gros moyens et pourtant c’est le genre qui en a le plus besoin.

Quels sont vos prochains projets ? D’après ce que j’ai compris, vous allez continuer à vous attaquer à du cinéma de genre. 

Oui je crois sans aucun doute que le cinéma de genre est le type de cinéma que j’ai envie d’explorer pendant encore un long moment. Il y a de quoi faire et beaucoup d’histoires à raconter, surtout en France. Là je suis surtout en train d’écrire différents projets encore au stade de pré-production, mais plus du tout dans la même économie au niveau budget. Donc hélas, ça prend beaucoup plus de temps.

Est-ce compliqué d’être une fille cinéphile sur Internet ?

Rappelez-vous (en tout cas, pour ceux qui me suivent, sinon coucou) : en octobre dernier, dans un article assez personnel (désormais, j’ai une perception très étrange avec ce dernier, entre la fierté d’avoir pu me débarrasser de rancoeurs et la honte dans le sens où je le trouve tout de même un peu puéril sur certains points), dans une petite partie (mais importante), j’évoquais les problèmes que subissaient les cinéphiles filles sur le Web. Je vous remets également avec un grand plaisir des articles similaires (ceux de Suzy et Océane et Pauline) publiés en même temps, qui développent bien plus que moi leurs mauvaises expériences et leurs ressentis (bref à lire, à relire et à refaire partager car vraiment, c’est important et nécessaire, que cela ne tombe pas dans l’oubli).

Jessica n’est pas contente… moi non plus, tiens.

Après avoir publié cet article, après avoir reçu plein de compliments et tout ça avec mes consoeurs (et pour ceux qui sont sincères et bienveillants, je vous en remercie encore), même si je savais au fond de moi que les choses n’allaient pas radicalement changer (nous ne sommes pas chez Oui-Oui), je pensais que cela serait la dernière fois que j’abordais le sujet. Puis, pratiquement tout de suite après cette publication, effectivement, je constatais bien que le message ne passait pas autant que je le souhaitais. J’avais encore envie d’aborder le sujet il y a un mois grosso modo mais je l’ai laissé tomber car :

  1. J’avais l’impression que je me plaignais trop (comme quoi, les harceleurs arrivent bien à nous faire culpabiliser).
  2. Je pense que je n’avais pas réussi à trouver le bon angle, que je me prenais trop la tête alors qu’il faut en parler simplement.

Peut-être que là je vais oublier de parler de certains détails (mais justement, discuter de cette chronique pourra aussi m’amener à creuser encore plus sur d’autres points plus tard) mais au fond je me dis que ce n’est pas si grave que ça, tant pis : cet article sera certainement imparfait mais au moins j’aurais parlé d’un sujet qui me tient à cœur et qui me semble nécessaire. Surtout, j’ai eu une idée : lancer une nouvelle catégorie sur le blog, sur les cinéphiles filles justement. Bref, mettre en avant les blogueuses et de Youtubeuses cinéphiles ou parler de nouveau des problèmes des filles cinéphiles sur la blogosphère ou même dans d’autres métiers du cinéma feront partie des sujets que je souhaite traiter dans le futur (et si certaines veulent faire partie de l’aventure, n’hésitez pas !). Je ne sais pas à quelle fréquence cette catégorie reviendra mais en tout cas elle existe (cela fait un moment que je veux faire évoluer mon blog). Pour le nom de la catégorie, je ne me suis pas embêtée (vu que le nom peut être provisoire) : « Etre une cinéphile fille » (si vous avez d’autres idées, dites-le moi, on peut toujours améliorer le titre). Bref, passons au vif du sujet et j’ai déjà la réponse à la question de mon article : oui, c’est compliqué d’être une fille cinéphile sur Internet. Bon, c’est déjà compliqué d’être une fille tout court, hein. Je vous parle évidemment du milieu que je connais mais je sais, hélas, que ce problème peut être décliné dans trop de domaines.

Ce que je pense de certains.

J’avais des tas d’occasions d’écrire sur le sexisme sur la blogosphère cinéphile. Aujourd’hui, un sujet m’a poussée à prendre ma plume (enfin, mon clavier). Et je me suis aperçue qu’en réalité, tout est toujours lié à ces problèmes de sexisme sur le Web. Bref, au départ, tout est parti d’un triste constat que j’ai fait en allant sur Youtube. Non, sur cette plateforme, je ne regarde que EnjoyPhoenix, Horia ou autres (mais quoi, je ne suis pas une vraie cinéphile parce que je regarde de la beeaateyyyyy sur le Web ??? trahisooooon – le pire, c’est que certains doivent raisonner comme ça), ça m’arrive souvent d’aller aussi regarder des vidéos parlant de cinéma : logique en ce qui me concerne. J’aurais pu faire ce constat depuis des lustres car il saute vraiment aux yeux (je veux dire, je ne vais pas vous balancer un scoop de malade) mais allez savoir pourquoi, cela m’a particulièrement frappée cette fois-ci. Suivez-vous des Youtubeurs cinéma ? Et bien parfois, ils se réunissent pour discuter d’un sujet de cinéma (évidemment, hein, ils ne vont pas vous pondre un sujet sur les pâtes bolo ou la pâte à modeler). Et je remarque en général le schéma suivant :

  1. Il n’y a que des mecs (et même ils se caricaturent en mecs virils en buvant de la bière devant la caméra et tout ça – je ne plaisante même pas).
  2. Il y a parfois une fille, un peu là pour la bonne conscience, fallait bien la caler quelque part. Oh, l’égalité bon sang de bonsoir. (bon, ok, là je suis un peu méchante car je suis certaine que dans le lot, certains ont de bonnes intentions).

Sur les réseaux (bah ouais, j’aime me plaindre), on m’a alors répondu que cela était normal car il n’y a pas non plus des tonnes de Youtubeuses cinéma, qu’elles étaient en minorité sur cette plateforme (ce qui est vrai). La question qu’il faut se poser est alors selon moi la suivante : justement, pourquoi sont-elles aussi peu nombreuses ? Certes, je ne suis qu’une modeste petite blogueuse cinéma, je n’ai pas non plus la science infuse, mais rien qu’avec ma petite expérience, que ce soit sur mon blog ou sur les réseaux sociaux, je pense avoir ma petite idée sur la question.

« Coucou, nous sommes des Youtubeurs, parlons de cinéma ».

Je parle ici autant de ma propre expérience tout comme celles qui m’ont témoigné en privé Je vous parle de deux phénomènes que les blogueuses cinéma, même à une toute échelle comme la mienne, peuvent subir au quotidien. Oui, subir. Je n’exagère pas. Qu’on ne vienne pas me dire que j’exagère. C’est une triste réalité.

  1. Nous, les cinéphiles filles, on n’est pas vraiment des vraies cinéphiles d’abord. Non, nous sommes bêtes, nous devons rester au maquillage, au lifestyle, à la maternité.  Au pire, on peut parler de séries, hein, ça passe un peu mieux. Mais pas de cinéma. J’exagère un peu mais les cinéphiles filles ont globalement du mal à s’intégrer à un milieu assez masculin pour cette raison. On a du mal à nous mettre en confiance, à prendre réellement en compte notre avis (surtout s’il s’oppose à la majorité), à les prendre tout simplement au sérieux. On a même l’impression qu’avec les blogueuses cinéphiles, avoir un échange intellectuel reste compliqué. Soit c’est pas pour nous, soit on a tort.
  2. S’exposer sur Youtube signifie alors exposer son image, son physique, sa voix, son attitude, tout quoi. Et sur les réseaux sociaux, si une fille a le malheur de poster une simple photo d’elle, en mode tranquillou bilou, tous les pervers s’expriment et bonjour les messages privés, entre les relous et les gros dégueulasses qui cachent très bien leur jeu en public (et qui sont même pour certains très suivis et protégés sur les réseaux). Rappel essentiel : les filles se comportent bien quand un mec poste une photo de lui. Donc je ne vois pas pourquoi certains ne se retiennent pas. « TU ES RAVISSSSSSSSANTE », « VIENS BOIRE UN VERRRRRE », « TA JUPE TE MET EN VALEUUUUUUR » (en mode « je me touche la nouille »). Nous ne devrions pas vous éduquer sur des choses qui me paraissent pourtant simples. Ah oui, et dernière réflexion : l’argument « mais je savais pas que tu étais en couple » est bidon. Qu’on soit en couple ou célibataire, Twitter, Youtube ou autre ne sont pas des lieux où une fille cherche à se faire draguer ou harceler. Nous sommes principalement sur ces réseaux pour promouvoir nos blogs et parler de notre passion tout simplement.

Bref, les gars : réfléchissez avant de vous comporter comme des cochons.

Bref, la réponse me semble alors évidente : après avoir vécu ça, on n’a tout simplement pas envie de se lancer sur Youtube. On veut se protéger, on en a même terriblement besoin. Je vais alors vous avouer deux choses :

  1. Je ne m’en suis pas cachée : il y a quelques mois, je voulais encore me lancer sur Youtube car je suis plutôt à l’aise pour m’exprimer oralement et c’est un format intéressant pour toucher un autre public (hélas, les gens lisent de moins en moins).
  2.  J’ai failli abandonner ou transformer ce blog, uniquement à cause de connards qui te donnent l’impression d’être illégitimes. Ouais, à force, vous finissez par croire ces conneries, c’est ça le pire.

A l’heure actuelle :

  1. Non, je ne veux pas me lancer sur Youtube, je ne veux pas m’exposer à tant de connards, j’en ai assez pris plein la gueule niveau harcèlement et mépris. J’ai autre chose à faire que de me battre quotidiennement contre des gens néfastes. Bref, finalement, je laisse définitivement l’idée, trop de peur de me faire emmerder. Par ailleurs, je ne poste plus de photos de moi sur Twitter en tant que « Tinalakiller » (sur mon Facebook perso, c’est autre chose même si je n’en mets pas non plus des tonnes). Obligée de me freiner à cause de certains comportements.
  2. Par contre, être illégitime, vous savez quoi ? Même si c’est vrai, je m’en cogne en fait. Donc je veux continuer à parler de cinéma ou en tout cas toujours en rapport avec le cinéma (je prépare actuellement une nouvelle catégorie sur les comparaisons entre les livres et les adaptations cinémas – j’ai bien avancé sur un de mes articles donc ça arrive soon soon soon).

Un petit discours de paix et de confiance en mois entre deux bombages.

Encore une fois, je n’exagère pas quand je vous parle de mépris et de pervers en tous genres sur les réseaux sociaux. Comme je l’expliquais déjà dans une petite partie au sein de mon article personnel déjà cité,  il y a évidemment du sexisme partout, dans tous les milieux. Bien sûr que le problème persiste encore plus sur les réseaux sociaux en général puisque tout est plus « facile » pour s’attaquer à quelqu’un quand on est derrière un écran. Mais j’ai tout de même l’impression que le monde du cinéma et la blogosphère cinéphile (enfin presque hein) nient totalement ce sexisme. Tout le monde est dans sa bulle, qu’on n’a pas envie de voir cette réalité. On préfère ressortir ce bon vieux cliché (mais vrai) de l’horrible univers des jeux-vidéos, parce que justement, tout le monde sait qu’il y a du sexisme, c’est certainement plus flagrant et visible. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y en a pas chez nous le monde des cinéphiles (terme évidemment large – pitié, ne vous lancez pas sur une discussion sur ce que signifie ce terme, limite une autre fois, mais pas là bon sang, c’est pas le sujet). Mais oui, voyons, officiellement, la blogosphère cinéphile félicite ouvertement les réalisatrices, veut qu’il y ait plus de femmes à Cannes, salue les films féministes, condamne fermement l’horrible Harvey Weinstein et co, s’insurge si on va aller voir le dernier Woody Allen ou le Polanski en salles. Mais dès qu’il s’agit de se tourner dans son propre milieu, à sa petite échelle, les choses sont plus compliquées, comme s’il n’y avait pas tant de problèmes alors qu’ils se multiplient encore et encore. Il y a un sacré décalage entre une idéologie défendue et ce qui se passe carrément sous votre nez. En fait, il refuse même de voir que ce milieu reste très masculin. Certains sont même protégés alors que leur relou-attitude se voit à des kilomètres. Si certain(e)s osent dire ce qu’il se passe dans les coulisses, d’autres s’insurgent sur ces accusations de sexisme : « mais non, ne jouez pas aux féminazis qui voient du patriarcat partout », « mais non, moi j’ai jamais eu ce souci », « moi j’ai jamais fait ça ». Ce n’est pas parce que vous vous comportez éventuellement bien qu’il n’y a pas de problème de sexisme. Ce n’est pas parce que vous êtes une fille cinéphile jamais emmerdée qu’il n’y a pas non plus de harcèlement en général sur la Toile (harcèlement qui peut concerner une de tes consoeurs au passage). Ce n’est pas en nous disant « mais lancez-vous sur Youtube » (puisque c’était mon point de départ) qu’on va régler les réels problèmes. Et vu le nombre de filles concernées, on ne parle pas que d’un cas isolé. Mais justement c’est le problème du harcèlement : le harceleur isole sa victime. 

Message aux harceleurs.

Dans le lot, entre ce que j’ai vu et su, je peux vous assurer que certains cachent bien leur jeu ou/et sont très appréciés. Même moi, je n’aurais pas imaginé que ces hommes bien propres et soi-disant ouverts d’esprit sont en fait de véritables chasseurs. Bon après, il y a aussi la catégorie de ceux qui ont un comportement ouvertement limite sur la Toile et finalement personne – dont moi –  n’ose ouvrir la bouche de peur de vexer les uns et les autres alors qu’au fond ce raisonnement est ridicule (et surtout, ça ne rend pas ces personnes meilleures que les fameux « chasseurs »). En fait, même si je vais peut-être un peu loin, des affaires comme Weinstein et co ne me surprennent pas tant que ça avec le recul. Le cinéma, le milieu, l’industrie et non l’art en lui-même (quoi que… art et industrie ont un lien, ça mériterait d’être creusé ça aussi), a déjà un problème avec le rôle de la femme, sa représentation et son regard et le désir qu’elle peut procurer par l’image. Quand on lit certains tweets de cinéphiles, sans s’en rendre compte, cette problématique en ressort. Je pense sincèrement que ces soucis sur la blogosphère à notre petite échelle ont un rapport avec des problèmes plus larges et exposés dans le milieu du 7e Art (je parle donc encore de Weinstein et compagnie). Ce rapport en question est peut-être lointain ou indirect mais je ne crois pas tant que ça aux coïncidences. Il y a du harcèlement partout, cela est évident, on ne cherche pas à hiérarchiser ou à comparer, mais vous ne trouvez tout de même pas ça bizarre que l’industrie du cinéma ait particulièrement explosé avec tous ces scandales sexuels ? Quelque chose me dit au fond de moi que ce n’est pas simplement lié à la popularité et à l’accessibilité du cinéma. Et j’imagine aussi qu’on pourrait encore parler de la place des femmes dans le milieu professionnel du cinéma pour ne citer que cet exemple. Même la manière d’écrire nos articles est une preuve d’un certain mépris pour les réalisatrices qu’on associe systématiquement à certains termes (parce qu’une réalisatrice est souvent « délicate » ou « a une sensibilité féminine touchante »). Ou même quand on parle de certaines actrices. Je lis souvent des articles – écrits par des hommes – qui louent la beauté des actrices, tournent même autour de leur sex-appeal. Le contraire est en revanche plus rare. On pourrait avoir l’impression qu’on part encore loin, sur d’autres thèmes (qui pourraient aussi être creusés) mais au fond, je pense que cet ensemble de sous-sujets joue aussi leur rôle, il pourrait aussi « expliquer » certains comportements (autant le mépris que le harcèlement) dans le sens où certaines idées restent encore ancrées dans un esprit collectif inconscient. Bref, le problème est certainement plus complexe qu’il en a l’air, on pourrait en débattre des heures, il y a des tas de choses à dire sur ces sujets encore peu visibles. Mais cela n’empêche pas une chose : merde, les gars, soyez respectueux. Vous défendez les femmes quand vous parlez de Weinstein ? Vous boycottez certains cinéastes pour leurs crimes sexuels ? Alors, putain, faites un effort avec vos collègues sur la toile. Apprenez-vous à vous comporter correctement, ça sera déjà un grand pas. 

J’écris donc cet article autant pour pousser un coup de gueule (même si là je me trouve plutôt calme – mais en réalité je suis assez agacée par tout ce qui peut se passer) que pour faire prendre conscience de certaines choses qui ne sont tout simplement pas acceptables. Oui, les cinéphiles filles ont leur place sur Internet, oui elles disent des choses intelligentes et passionnantes sur le cinéma, oui elles doivent être traitées à égalité avec les blogueurs hommes. Elles méritent d’être plus soutenues et exposées. Il n’y a évidemment aucune haine envers les hommes ou quoi que ce soit. Je me suis toujours entendue avec les mecs et il n’y a pas de raison que ça change : l’égalité, c’est aussi ça, savoir se respecter et s’écouter, peu importe notre sexe ou autre. Oui, il y a aussi des blogueurs masculins formidables, à l’écoute, respectueux, qui savent aussi ce que les cinéphiles filles subissent. Mais hélas, plus le temps passe, plus je me dis que ce n’est pas non plus la majorité, que le problème persiste. Beaucoup – et pas que des mecs d’ailleurs – n’imaginent juste pas l’étendue même du problème. Même moi, je ne le pensais pas, je minimisais toutes ces histoires auparavant. Puis ça m’est arrivé. Puis j’ai enquêté. Puis j’ai écouté d’autres histoires de blogueuses qui ressemblaient parfois à ce que j’avais subi. Et encore, je ne suis pas Dieu, je ne sais pas tout, mais je suis certaine que je suis passée à côté d’histoires abominables. Tout ce que nous demandons est de trouver notre place normalement, grâce à notre passion et notre travail, comme les hommes, sur la blogosphère cinéphile. Ni plus ni moins.

Paix et amour à mes consoeurs. Soyez fortes. Et parlez si jamais on vous emmerde.

Movie Challenge 2018 : c’est parti !

On vous l’avait promis : Lilylit et moi-même déclarons ouvert l’édition 2018 du Movie Challenge !

Le but du jeu est simple : découvrir 40 films pour 40 catégories différentes. Vous avez jusqu’au 31 décembre 2018 pour y arriver.

Au programme :

  • des catégories de l’édition 2016 font leur comeback
  • certaines catégories de l’édition 2017 sont toujours présentes
  • Et surtout de nouvelles catégories font leur apparition
  1. Un film dont tu voudrais changer la fin
  2. Un film qui t’a déçu(e)
  3. Un film qui a eu de mauvaises critiques
  4. Un film que personne ne s’attendait à ce que vous aimiez
  5. Un film européen hors France
  6. Un film ni américain ni européen
  7. Un film qui se déroule dans le milieu médical
  8. Un film dont un personnage a le même nom / surnom que toi
  9. Un film avec un verbe à l’infinitif dans le titre
  10. Un film avec une saison dans le titre
  11. Un film avec un prénom dans le titre
  12. Un film dont le titre comporte une couleur
  13. Un film dont le titre contient un numéro
  14. Un film réalisé par un acteur/une actrice qui joue dedans
  15. Un film réalisé par un non-réalisateur à l’origine (hors acteur et actrice)
  16. Un film muet
  17. Un documentaire
  18. Un court-métrage
  19. Un film sorti l’année de ton bac
  20. Un film primé à Berlin ou Venise
  21. Un film primé à Cannes :
  22. Un film ayant remporté l’Oscar du meilleur film
  23. Un premier film
  24. Un film engagé
  25. Un film qui vous a mis en colère
  26. Un film avec un personnage atteint d’un handicap (physique et / ou mental)
  27. Un film qui n’est pas sorti en salles en France
  28. Un film se déroulant dans un lycée / collège / université
  29. Un film avec un acteur que j’adore
  30. Un film avec une actrice que j’adore
  31. Un film sensuel :
  32. Un film qui dure minimum 3 heures
  33. Un film se déroulant pendant les fêtes de Noël ou pendant la Saint-Sylvestre
  34. Un remake ou film ayant été objet de remake
  35. Un film tiré de série / ayant inspiré une série
  36. Un film adapté d’un livre que j’ai lu
  37. Un film d’animation
  38. Un film dont le héros n’est pas humain
  39. Un film basé sur des faits réels
  40. Un film avec une bonne BO

Nous vous invitons évidemment à y participer. Et les manières pour jouer sont plutôt simples et nombreuses. Voici quelques exemples possibles (et j’imagine qu’il doit y en avoir d’autres) :

  • Poster sur votre blog les critiques des films vus
  • Juste signaler sur votre blog que vous participez au Movie Challenge et dire parfois (ou juste une fois) où vous en êtes
  • Juste nous dire (en n’oubliant pas de nous tagguer histoire qu’on vous voit mieux) où vous en êtes via les réseaux sociaux notamment sur Twitter ou Facebook
  • Manifester votre intérêt via des listes et / ou des critiques sur Sens Critique

Bref les possibilités restent multiples. Nous comptons vous donner une véritable liberté. Le principal est de faire ce Challenge pour vous. Pour vous amuser, vous ouvrir l’esprit, trouver un nouveau moyen de se cultiver, de regarder des films que vous n’osez pas encore regarder etc…

Nous restons à votre disposition pour répondre à toutes vos questions si vous en avez.

Si vous voulez y participer, manifestez-vous !

 

Bilan 2017

C’est déjà l’heure du bilan de l’année !!!

The Square : Photo Dominic West, Terry Notary

J’en profite alors pour remercier très sincèrement chaque personne qui est passée sur mon blog, que ce soit régulièrement ou très occasionnellement, qu’elle se manifeste dans les commentaires ici, sur les réseaux sociaux ou au contraire préfère rester discrète.

Merci aussi aux belles rencontres que j’ai pu faire cette année, que ce soit virtuellement ou celles qui ont pu se concrétiser dans la vraie vie. J’espère que toutes ces bonnes choses positives vont continuer en 2018. Je continuerai également à publier de temps en temps des chroniques sur CineSeriesMag qui m’a très bien accueillie en juillet dernier.

Nous continuerons à se retrouver régulièrement sur ce blog l’an prochain. Bref, vous retrouverez comme d’habitude des critiques de films sortis en 2018 ainsi que les chroniques du Movie Challenge 2018 (les nouvelles arrivent bientôt). Je m’engage aussi à écrire une fois par mois un billet qui diffère des critiques. J’avais même pensé à publier mes nouvelles ou des billets humeur une fois par mois mais j’avoue avoir encore peur de ce petit changement.

120 battements par minute : Photo Nahuel Perez Biscayart

Passons maintenant aux choses sérieuses : le top 10 de l’année !

Je ne vais pas vous mentir, certains m’ont fait la remarque (et ils ont raison) : pour moi, 2017 n’a pas été une très bonne année cinéma. Je sais que certains affirmeront le contraire. Je pensais que j’étais devenue aigrie puis en revoyant mes anciens top des années précédentes, je m’aperçois que les films sortis cette année m’ont moins marquée, m’ont moins embarquée. Faire un top 10 a même été plutôt simple à faire pour une fois. Cela dit, je suis très fière de mettre en avant ces 10 films ci-dessous qui ont tous su provoquer quelque chose durant les différentes séances, parfois une émotion indescriptible.

Evidemment, il faut toujours prendre mes tops avec des pincettes : je n’ai vu que « 70 » films sortis en 2017. Je sais que certains parviennent à en voir 100 (et encore, ce n’est pas assez pour eux !) voire même 200 films de l’année. Je n’ai pas de super abonnement Gaumont/Pathé (et je ne souhaite pas l’avoir après une mûre réflexion car le cinéma n’est pas pour moi un art qui mérite d’être surconsommé), je n’ai pas non plus l’argent ni le temps (j’adore le cinéma, j’aime mon blog, mais profiter des gens que j’aime, prendre mon avenir en main, prendre aussi le temps d’écrire aussi mon roman, prendre l’air ailleurs que dans une salle sont aussi des choses importantes à mes yeux). Je suis dans mes chiffres habituels (peut-être un poil moins cette année) depuis 2009 où j’en vois en général entre 70 et 80. Selon moi, j’ai raté peu de films qui auraient éventuellement pu modifier un de mes classements (je pense là de tête à Blade Runner 2049, Mise à mort du cerf sacré et Faute d’amour). Il me semble que j’ai pu voir le bon échantillon de films que je devais voir pour me faire mon idée du cinéma en 2017. Et c’est déjà bien (même si pour d’autres non, ça ne sera jamais assez) car malheureusement pas tout le monde n’a cette possibilité de regarder ces fameux 70 petits films. 

 

♥Top 10♥

  1. The Square de Ruben Östlund
  2. 120 battements par minute de Robin Campillo
  3. The Lost City of Z de James Gray
  4. Que Dios Nos Perdone de Rodrigo Sorogoyen
  5. Nocturnal Animals de Tom Ford
  6. Good Time des frères Safdie
  7. Au revoir là-haut d’Albert Dupontel
  8. Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona
  9. It Comes At Night de Trey Edward Shults
  10. Dunkerque de Christopher Nolan

The Lost City of Z : Photo Charlie Hunnam, Tom Holland

Les années précédentes, j’avais pour habitude d’établir un flop 10 où je présentais les daubes les plus improbables vues au cours de l’année. Cette année, j’aurais volontiers mis : Gangsterdam / Si j’étais un homme, Le Manoir, A bras ouverts, Cinquante nuances plus sombres, Raid Dingue, Spider-Man : Homecoming ou encore Everything, Everything. (allez je dépose rapido ce mini flop non classé improvisé).

Mais étant donné que je garde un goût amer de 2017 (je parle toujours de cinéma), quitte à prendre le risque de me faire taper pour la nouvelle année, je préfère exposer 10 films bien réputés, que vous retrouverez certainement dans le top de mes camarades, que je n’ai pas forcément appréciés. Dans cette sélection, on va des films que j’ai profondément haï à des films que j’ai jugés « moyen » alors que la majorité a adoré. Point de provocation là-dedans, juste un moyen d’exposer mes trop nombreux désaccords qui ont aussi marqué mon année cinéma !

10 déceptions♦

  1. L’Amant double de François Ozon
  2. Song to Song de Terrence Malick
  3. Mother! de Darren Aronofsky
  4. Jackie de Pablo Larrain
  5. Loving de Jeff Nichols
  6. A Beautiful Day de Lynne Ramsay
  7. Grave de Julia Ducournau
  8. La La Land de Damien Chazelle
  9. Moonlight de Barry Jenkins
  10. Baby Driver d’Edgar Wright

Que Dios Nos Perdone : Photo Antonio de la Torre, Roberto Álamo

N’hésitez pas à exposer vos propres top / flop / déceptions et on se dit donc à l’année prochaine !

Journal intime ouvert d’une petite cinéphile

→ Mon article ne porte pas entièrement sur le sexisme (même si j’y consacrerai une partie) mais après différentes concertations, je me joins aux articles « Sexisme, cinéma et blogosphère » de Suzy, Océane et Pauline dans lesquels je m’identifie sur de nombreux points. Voici notre introduction commune en guise de solidarité :

«Il y a eu quelques exceptions mais pour la plupart, j’ai été surprise par la représentation des personnages féminins dans ces films. J’espère qu’en incluant plus de femmes dans l’écriture, nous aurons plus de femmes comme celles que je rencontre dans ma vie quotidienne. Des femmes qui sont entreprenantes, qui ont du pouvoir, qui ne font pas que réagir aux hommes qui les entourent, qui ont leur propre point de vue» Jessica Chastain, Festival de Cannes 2017.

Alors que de plus en plus d’œuvres cinématographiques et, principalement, télévisuelles naissent entre les mains des femmes, un constat terrible et alarmant était rapidement fait par l’actrice américaine Jessica Chastain lors de la dernière conférence de presse du Festival de Cannes 2017.

Si l’actrice de Zero Dark Thirty, juriste lors de cette dernière édition, avait longuement insisté sur la représentation des personnages féminins à l’écran, il n’en ait pas moins qu’elle a su soulever un problème bien plus grand, bien plus étendu et qui peine à être résout : la place des femmes dans le domaine cinématographique.Si ça implique la maigre représentation des personnages féminins à l’écran, ça implique également toutes les coulisses du cinéma : l’écriture scénaristique, la production… et par extension, la critique journalistique. Tous les domaines du cinéma semble être profondément masculins.

Ici, il va être question de la dernière aborder, un simple point pour certains, un rôle majeur pour d’autres : la critique journalistique. C’est le rôle qu’on a choisi d’incarner dans le cinéma : Pauline, Océane, Suzy et moi. Mais comme l’a soulevé Jessica Chastain, la représentation des femmes est tout aussi catastrophique au sein de la critique. Un cercle vicieux qui ne semble pas vouloir changer.

Pire que ça, l’abondance de masculinité provoque des comportements machistes, sexistes et intolérables. Des réflexions déplacées au harcèlement, le sexisme ambiant a conquis un terrain qu’il est grand temps de reprendre de manière totalement égalitaire. Et comme pour tout, pour faire bouger les choses, il faut d’abord pointer du doigt les soucis qui empêchent l’évolution. C’est pour ça que nous avons décidé d’élever nos voix à travers nos expériences respectives au sein du journalisme spécialisé et de la blogosphère cinématographique.


Maintenant place à ce que j’ai à dire.

Je vous préviens, ça va être long, je vais parler de moi, de certains de mes complexes, de ma place dans la blogosphère cinéma, de mon sentiment de cinéphile en tant que jeune femme, de choix personnels et professionnels liés au cinéma. Bref, prends-toi du thé, un café ou même un verre de vin.

Depuis quelques mois, j’ai envie de vous confier certaines de mes pensées qui m’ont parfois pourri la vie. Je ne savais pas comment m’y prendre et surtout j’avais peur de passer pour une petite chieuse narcissique qui se plaignait pour rien. Le temps passe, certaines pensées s’accumulent avec le temps jusqu’à ce qu’on explose. On veut désamorcer ce quelque chose qui nous perturbe : il est temps de prendre des décisions dans sa vie pour avancer. Ce quelque chose n’a pas toujours de nom. Parce qu’il s’agit d’une succession de choses.

Sur Twitter, tout est parti d’une discussion autour du sexisme dans le milieu des blogs cinéma. Oui je l’évoquerais. A mon échelle. Mais ne vous attendez pas à des révélations de fou, à un tribune féministe ou quoi que ce soit ou vous allez être très déçus. C’est un problème parmi d’autres. Je parle finalement d’un tout aussi bien sociétal que strictement personnel. Je ne sais pas si des gens me comprendront ou se reconnaîtront dans ce que je vais écrire.  Je l’espère au fond de moi (en tout cas, je sais que les blogueuses que j’ai citées là-haut me comprennent et je les remercie très sincèrement). Mais si, ne serait-ce une seule personne, s’identifie à mon parcours, mes doutes et mes choix, ou juste comprend ma démarche, ça sera déjà de gagner.

Je vous parle donc ici à coeur ouvert d’une grande réflexion intérieure qui me pèse depuis des années. Je suis une cinéphile, pourtant je ne me suis jamais lancée dans le cinéma (terme évidemment très vague). Par exemple, je n’ai jamais fait d’études de cinéma. Cela fait aussi des années que je n’ai pas touché à ma caméra alors qu’adolescente, j’adorais expérimenter des choses, même si elles étaient mauvaises. Par exemple, je tentais d’écrire des scénarios après avoir dévoré des ouvrages du type Comment écrire un scénario ? Tout le monde sait ici que j’aime écrire. Je me suis aperçue très récemment que certains de mes brouillons étaient inconsciemment des esquisses de scénario. Comme quoi, c’est un projet qui ne parvient pas à me quitter même si je m’étais promis de ne plus y penser. Oui, carrément. Je l’ai même écrit noir sur blanc dans un de mes journaux intimes datant de 2015.

Je suis juste une petite blogueuse qui parle de films sur son petit blog personnel comme elle parlerait parfois à ses potes. J’ai récemment rejoint l’équipe de CineSeriesMag pour prouver aux autres et surtout à moi-même que j’avais d’autres ambitions (notamment professionnelles), que j’étais également capable de me remettre en question, de me mettre en danger, de recevoir des conseils, d’autres regards.

Vous allez me dire (et c’est peut-être la grande question qu’on pourra tirer de ce billet – si on doit en tirer quelque chose) : nos passions ne doivent pas obligatoirement devenir notre profession. Je me suis moi-même posée cette question. C’était même ma petite excuse pour ne pas voir la vérité, c’est-à-dire que j’étais assez frustrée. Frustration dont je suis en partie responsable. A l’heure actuelle, après moult décisions et rebondissements (même jusqu’en juillet dernier), je veux continuer à ce que le blogging prenne de la place de ma vie, une place encore plus grande. Participer à de plus gros projets, créer encore plus de liens avec des blogueurs.  J’assume de plus en plus cette passion alors qu’avant j’avais tendance à la cacher comme si c’était un crime. Et croyez-moi c’est pour moi déjà un grand pas. Et je sais que je suis capable d’en faire d’autres.

Ce billet a été inspiré à partir de deux réflexions lues et entendues qui ont fini par se rejoindre naturellement (oui, parce que j’ai commencé à écrire ce billet sans savoir que j’allais rejoindre les causes des blogueuses citées plus haut). La première est partie d’une question posée dans le cadre d’une réflexion profonde et psychanalytique sur ma petite personne : « Pourquoi les lettres modernes ? » en parlant de mes études. La deuxième fut donc la lecture d’un tweet de la part d’un de mes followers s’interrogeant sur le sexisme dans le monde des blogueurs cinéma. Je vous assure qu’en rejoignant les deux réflexions en moins de 24 heures, il y a eu un déclic en moi, un déclic que j’attendais depuis longtemps (et pourtant encore une fois il ne s’agit pas d’un billet féministe ou quoi que ce soit). Cela fait longtemps que j’ai des doutes, que je me pose des tas de questions, que je pète parfois mon câble (je suis méditerranéenne, on ne se refait pas) parce que je tente juste de savoir qui je suis et ce que je veux vraiment dans la vie. Je commence à y voir certaines réponses. Bref, ce billet va légèrement se transformer en 3615 ma vie.

Attirée par les lettres… grâce au cinéma

J’ai fait des études de lettres modernes comme certains le savent déjà. J’ai obtenu une licence de lettres modernes où j’ai suivi un parcours « enseignement ». J’hésitais entre ce domaine (principalement par sécurité – même si j’ai aussi le goût pour l’enseignement) et le journalisme (et à l’heure actuelle, je compte finalement… de combiner les deux, oui, oui). Parce que je voulais surtout faire du journalisme cinéma, pas nécessairement envie de m’occuper de tout le reste. Cela peut expliquer pourquoi je ne me suis pas totalement lancée à fond dans le journalisme (même si j’y avais déjà mis un pied en bossant pendant un an et demi dans le grand journal régional de chez moi – une riche expérience), comme si j’avais déjà pris conscience que quelque chose clochait. Bref, comme quoi, je tentais déjà, par ce rêve, de m’accrocher au cinéma.

Puis, un peu par hasard finalement, par insouciance aussi, je me suis lancée dans un master recherche en littérature comparée. Travailler sur mes mémoires a été passionnant, je ne peux pas le renier, je suis même fière de mon diplôme. Et pourtant j’ai souffert durant mes deux ans de master : je me demandais ce que je foutais là. J’avais gagné confiance en moi pendant mes trois ans de licence, et là en deux ans quelque chose en moi s’est cassé. Attention, je ne regrette pas mes études. Déjà, parce que ça sert à rien de raisonner comme ça. Ce n’est pas de toute façon pas un article pour dire que je regrette des choses : les choses sont désormais faites, j’avance avec ce que j’ai actuellement pour trouver l’avenir qui me pourra me combler entièrement. Je pars aussi du principe que je peux tirer du positif. Puis, pour des raisons très personnelles, faire des études me tenaient à coeur. Je ne voulais pas faire des études intellectuelles pour briller en société, j’en ai strictement rien à foutre de ça, disons-le tout de suite. Ma démarche était bien plus profonde. 

J’aime lire et écrire, comme sur mon blog, sur d’autres sites / blogs, dans mes carnets en espérant que certains de ses écrits ne restent pas éternellement dans des tiroirs. J’aide même des gens à écrire des livres (et cette année, en étant payée !). Mon rêve serait même de publier un jour un roman ou un recueil de nouvelles. Ou même de suivre un cinéaste ou un acteur sur plusieurs années (l’appel est lancé !). Pourtant, je ne me sens pas littéraire et je ne me suis jamais sentie littéraire. Je n’oublie jamais une chose : si j’ai ce parcours, c’est finalement grâce et à cause de ma passion pour le cinéma. Tout vient de là.

Les années lycée et les débuts de certaines prises de conscience

Au collège, alors que j’allais déjà au cinéma régulièrement, en alternant très régulièrement blockbusters et cinéma d’art et d’essai (c’était autant une passion qu’un refuge), lire était pour moi une épreuve insurmontable : cela surprenait toujours car j’adorais les cours de français. Mes seules lectures se limitaient aux magazines cinéma et people. Mais un roman, pour moi, c’était un calvaire au collège. Puis, ça s’est débloqué en seconde. Je suis tombée sur une jeune prof qui m’a fait comprendre que la lecture n’était pas une chose se limitant à faire des fiches de lecture pas très palpitantes. J’ai réalisé que la littérature pouvait éventuellement raisonner en moi comme le cinéma : derrière les histoires et les différentes techniques utilisées par les auteurs, il y avait derrière un sens à trouver qui en racontait encore plus sur les personnages et même sur soi. J’ai donc commencé bêtement à lire des romans adaptés de films. J’imagine que ça m’a poussée plus tard à m’intéresser à la littérature comparée. J’aime la littérature, je suis heureuse qu’elle ait pris de la place dans ma vie. Mais ma passion principale a toujours été le cinéma.

Pourtant, au lycée – un petit lycée privé hors contrat hippie très bizarroïde sur les bords avec que des paumés sortant du système scolaire pour diverses raisons – j’ai eu envie de me lancer dans l’audiovisuel. J’aimais le cinéma depuis mon entrée au collège et cela allait de soi à l’époque de m’intéresser à des études de cinéma. A l’école ou ailleurs, face à l’éternelle question « mais tu veux faire quoi plus tard ? », deux réponses : critique cinéma ou carrément réalisatrice (qui s’est transformée plus tard en scénariste). Certes, comme vous l’avez compris, ma section audiovisuelle était vraiment riquiqui, ce que j’ai fait ne correspond certainement pas à ce que font les élèves de cette section dans des lycées traditionnels. Mais je m’en foutais : c’était ma passion. Je m’en fichais aussi de rester au bahut mes mercredis après-midis même si je savais pertinemment que ce qu’on faisait dans ce lycée complètement bizarre n’était pas fou. Je savais aussi que j’y apprendrai quoiqu’il arrive des choses et je pensais réellement que le cinéma ferait partie de mon avenir professionnel une fois le bac en poche. Mais le lycée se déroule sur trois ans et en trois ans il peut s’en passer des choses dans la vie et dans la tête d’une adolescente.

En seconde, je me suis donc retrouvée dans une petite classe… de mecs. Oui, j’étais bien la seule fille. Et vous vous imaginez bien que c’était la même chose pour ma section cinéma. Je ne m’en suis pas aperçue tout de suite (il faut dire que je devais déjà gérer le sexisme ambiant que j’ai subi chaque jour pendant quatre mois – je ne me remercierai jamais au seul gentil camarade qui a su mettre fin à ça) mais avec le recul, je me souviens grosso modo de deux choses :

  • Un gars A demande à un autre gars B (B étant le fameux gars qui est intervenu face à la bande de demeurés qui me harcelait quotidiennement – oui, donc INTERVENEZ si vous voyez quelqu’un se faire harceler) s’il a vu Blade Runner. B lui répond que oui et se tourne vers moi pour savoir si je l’avais vu. Je n’ai même pas le temps de répondre que A intervient : « nan mais elle, elle peut pas avoir vu ce film ! ». Bah si mon coco. Et ça, ce n’est qu’un petit échantillon. Les autres gars étaient vraiment étonnés que je puisse aimer autre chose que Dirty Dancing ou d’autres films « de filles ». Que je puisse juste aimer le cinéma.
  • Le prof de cinéma, le cas le plus compliqué. Parce que je l’aimais bien en plus, il nous emmenait voir des films gratos (même si j’ai vécu à cause de lui deux séances qui se sont transformées en calvaire) et nos échanges étaient parfois intéressants et très enrichissants. Mais j’avais toujours l’impression qu’il ne me prenait pas totalement au sérieux même s’il pouvait dire le contraire. Que j’étais considérée différemment. Qu’il était toujours surpris par les films que je regardais. Qu’il s’attendait à ce que j’aime des films dit « féminins » et pas forcément le reste. Alors que pour les autres élèves, il ne se posait pas plus la question que ça. Alors, tu te sens obligée de devoir faire tes preuves. Et il ne m’a jamais encouragée à la réalisation même quand j’ai vaguement tenté de me lancer (ouais, bon, c’était quand même de la merde, hein). Non, pour lui (et c’est ce qu’il avait dit à ma mère), je devais plutôt me spécialiser dans l’écriture de scénario. Alors, certes, j’ai conscience qu’il était peut-être lucide pour mon non-talent derrière la caméra, qu’il avait compris que j’aimais tout simplement écrire. Mais tout de même, ça fait des années que ça me travaille.

Bref, ce sexisme, je l’ai finalement souvent ressenti que ce soit en cours, en sortant, en discutant avec des gens IRL ou sur les réseaux sociaux. Une petite parenthèse s’impose.

Ma coup de gueule contre le sexisme 

« Ah bon, tu aimes le cinéma ? » me répond-on souvent. C’est dingue, on ne pose jamais cette question avec un air ahuri à un homme.

A l’origine, comme je le disais dans mon introduction, tout est parti d’une question sur le sexisme dans la blogosphère même si finalement mon billet ne porte uniquement sur cette question. Encore une fois, je sais qu’il y a des cas de sexisme (voire même de harcèlement) bien plus flagrants et plus graves que le mien et j’espère que ces cas-là seront vivement dénoncés. Je ne cherche pas à me victimiser, ni à piquer la vedette. Mais être une femme cinéphile n’est pas une chose si facile.

Le déclic que j’ai eu par rapport au sexisme sur la blogosphère m’a parlé. Oui, j’ai peut-être des complexes, des doutes liés à d’autres problèmes personnels, je ne m’en cache pas. Mais je pense aussi qu’être une fille ne m’a pas aidée. Il y a quelque chose au fond de moi qui reste convaincu que les choses auraient été différentes si j’avais été d’un autre sexe. Que ces petites choses que j’ai minimisées, que je continue même parfois de minimiser ont aussi joué leur rôle à la femme que je suis aujourd’hui et à certains de mes choix.

Oui, que ce soit dans la blogosphère ou dans la vie de tous les jours, je me sens différente en tant que cinéphile à cause de mon sexe et même par rapport à ma façon d’être. Je suis étonnée qu’on ne parle pas tant que ça de ce problème qui selon moi est bien présent. Je ne pense pas être la seule à le minimiser. Par exemple, on sait publiquement – même s’il y a heureusement des progrès pour faire évoluer les mentalités (et tant mieux) – qu’il y a un fort sexisme dans le monde du sport ou celui des jeux vidéos. On me dira qu’il y a du sexisme partout – c’est pas faux. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut atténuer ce qui se passe en ce qui concerne le monde joyeux des cinéphiles. Je ne mets évidemment pas tout le monde dans le même sac. Peut-être que ce sexisme frappe moins les gens parce qu’il y a de plus en plus de cinéphiles filles qui s’affichent notamment sur les réseaux sociaux. Peut-être parce qu’on entend souvent des discours de cinéphiles qui défendent les femmes que ce soit au cinéma mais aussi tout simplement dans la société. Bref, le cinéma, c’est un milieu autant populaire qu’intellectuel : il est de bon ton de montrer son ouverture d’esprit, sa tolérance, son féminisme même. Mais les choses sont parfois bien différentes de ces discours très propres et louables. Maïwenn disait dans une interview pour Première que le cinéma était un truc de mecs, que ça faisait appel « à ses hormones masculines ». On lui a jeté des pierres alors que je suis intimement persuadée que beaucoup plus de gens qu’on le croit partagent cet avis.

Certains me connaissent et / ou voient à quoi je ressemble. J’aime prendre soin de moi, me maquiller, porter de jolies robes ou des petites jupes tout en restant assez « classique » dans le sens où je n’affiche pas forcément de grandes excentricités. Bref, rien de bien fou non plus, je suis comme beaucoup de filles. Mais à en croire certains, je suis une fille « superficielle ». Bah oui, parce que si tu te maquilles, t’es forcément conne, c’est bien connu. Et si on est une fille « superficielle », on ne peut éventuellement pas être cinéphile : visiblement, c’est incompatible. Si tu es fille qui a l’air « artiste », tu seras un peu plus acceptée. Comme quoi, on ne se débarrasse pas totalement de certains clichés, on continue de ranger les gens dans des cases. Et encore une fois, pour leur faire comprendre que tu aimes vraiment le cinéma, tu te sens obligée de faire tes preuves, de te justifier.

Paradoxalement, certains aiment bien ma gueule (il ne faut pas s’étonner si je ne veux toujours pas mettre ma tête en photo de profil sur le blog et les réseaux sociaux en tant que Tinalakiller). « Tu es ravissaaaaaante », « tu es resplendissaaaaaante ». Les compliments font plaisir, on ne va dire le contraire. Moi-même je complimente les gens. Mais il y a une différence entre faire un compliment et être lourd. Oui, j’ai déjà été très mal à l’aise face à certaines remarques. Est-ce que des blogueuses ou même juste des filles sur les réseaux sociaux se comportent de cette manière ? Non. En général elles se limitent à un commentaire bref et courtois. Pas à « MAIS TU ES TROP BEAAAAAAAAUUUU ».

Bonjour la fac de lettres

Je n’avais pas les moyens d’aller dans une école de cinéma même si les propos du prof ne m’avaient pas laissée indifférente. Et je n’étais pas sur Paris. Et ça me faisait flipper de tout quitter pour la capitale, je n’étais pas assez mature pour ça. Et encore une fois, il y avait aussi ce désir d’aller à la fac quoi qu’il arrive. J’aimais lire, écrire (j’écrivais à cette période aussi bien de sortes de nouvelles que des chansons ou des bribes de scénario), je tenais aussi mon ancien blog : aller en lettres était logique en terminale. C’était même mon seul voeu sur APB alors que l’année précédente, j’hésitais encore entre plusieurs sections. Je ne sais pas comment traduire ça : était-ce une envie profonde d’aller en lettres ou étais-je déjà au fond de moi un peu blasée par mon sort comme si j’avais décrété que faire des études ou un métier en rapport avec le cinéma serait pour moi impossible ? En tout cas, mes parents pensaient que j’irai en licence de théâtre, de psychologie ou en langues, ils étaient les premiers étonnés lorsqu’ils ont vraiment réalisé que j’allais en lettres.

Je suis donc entrée en lettres modernes en septembre 2011. Je n’ai pas eu totalement de chance : en 2012 (j’avais donc déjà validé ma L1 et je n’avais pas forcément envie de tout recommencer), une nouvelle licence, « lettres modernes et cinéma » était proposée dans mon université. Mais bon, même en bouffant beaucoup de littérature et d’autres matières très marrantes (la grammaire, l’ancien français, ouais c’est funky),  je me suis toujours débrouillée dès que j’en avais l’occasion pour suivre des cours en rapport avec le cinéma (et je ne regardais même pas si les heures me dérangeaient ou non, c’était vraiment ma priorité de caler ces cours quoiqu’il arrive), comme si j’avais ressenti depuis le début de mes études universitaires un manque ou une sorte de frustration.

Je décroche ma licence en 2014. Je dois prendre une décision sur mon avenir. Cette question m’a tracassée pendant les deux premières années de licence. Mais étrangement mon état d’esprit est plus léger en troisième année, que j’ai vécue comme des « vacances », avec de très bons résultats. Je me sens bien dans ma fac à cette période-là, plus que d’habitude. Cela a peut-être influencé mes choix futurs. Le cinéma était en tout cas toujours dans mes pensées mais pas au point de me lancer dans des études de cinéma (ça, j’avais laissé tomber l’idée depuis mon entrée en licence, presque par fatalisme). Je pensais alors encore et surtout au journalisme cinéma. Tenter les concours pour entrer dans une école de journalisme (que j’ai loupés) faisait encore partie de mes projets. Et à 21 ans, je ne me sentais vraiment pas prête pour l’enseignement (dans ma tête, je n’étais même pas du tout faite pour ça – et même actuellement je ne sais pas si je suis vraiment faite pour ça). Ni prête à réellement envisager que je pouvais vraiment faire tout court.

J’ai découvert la littérature comparée dès la première année de fac. Je m’y suis retrouvée tout de suite. La littérature comparée est une discipline qui fonctionne par réseaux multiples, que ce soit entre différentes cultures ou encore entre différents formes artistiques. C’était pour moi le nouveau moyen pour ne pas abandonner le cinéma tout en ne lâchant pas non plus la littérature. En première année de master, pour le mémoire secondaire, j’avais choisi l’option « littérature et cinéma » (avec un prof de la section cinéma, et non de ma section). En deuxième année, je me dis que c’est l’occasion de me faire vraiment plaisir : je fais mon mémoire sur une étude comparative entre Le Salaire de la Peur de Georges Arnaud et ses adaptations cinématographiques. Je suis contente d’avoir pu faire ce mémoire même si je ne l’ai pas aussi bien travaillé que prévu (la fac en elle-même m’exaspérait depuis des mois, j’avais deux boulots à côté, j’étais pas non plus au top de ma concentration). Je me demande au fond si je ne l’ai pas un peu délaissée pour d’autres raisons.

Pourquoi pas le cinéma ?

« Pourquoi les lettres modernes » donc ? (oui, revenons à nos moutons après cette longue digression). J’avais souvent réponse à tout quand on me posait la question. En fait, tout ce que je vous disais faisait partie de mes réponses. Or, cette fameuse fois-ci, j’ai été très mal à l’aise. Comme si je prenais conscience de certaines choses. Dans ce sens, on peut compléter cette question à une autre : pourquoi pas le cinéma ? Après tout, j’avais les pieds à la fac, j’aurais pu faire cinéma.

Déjà, il faut savoir que chez moi, les études de cinéma à l’université débutent à partir de la troisième année donc dans tous les cas, il fallait que je suive une autre licence (si je voulais évidemment rester chez moi). Mais une fois arrivée en troisième année, j’aurais pu bifurquer. Je n’ai jamais entamé les démarches, comme si je m’étais sabotée. Pourquoi ? Au-delà d’être attirée par la recherche (on ne va pas non plus se mentir), je me sentais bien dans ma filière et je crois que j’ai voulu rester dans un endroit rassurant quitte à ne pas trop prendre de risques. J’avais l’impression de vivre ce que je n’avais pas tellement vécu au collège et au lycée.

Autre critère : la question de la sécurité de l’emploi. Cette fameuse interrogation a été au centre de mes cinq ans d’études. Et l’année qui a suivi la fin de mes études aussi. J’ai toujours été partagée entre la passion et la raison. La sécurité de l’emploi est certainement ce qui m’a le plus retenu. C’est déjà suffisamment compliqué quand on est en lettres (surtout quand on a un merveilleux rendez-vous avec les amis de Pole Emploi qui te rappellent bien à quel point vos études sont inutiles pour trouver du travail – à part pour être prof). Alors, en cinéma, vous imaginez l’angoisse même que j’aurais ressenti pendant tout un cursus ?

Mais surtout intervient un troisième problème : ne jamais me sentir à ma place. C’est certainement mon plus gros complexe. J’ai totalement conscience de mon manque de confiance en moi (cela dit, contrairement à ce que certaines personnes peuvent penser de moi, je ne suis pas non plus la personne la plus complexée de la Terre : j’ai des complexes et des doutes comme grosso modo tout le monde).

Mes complexes

J’ai le malheur de me comparer aux autres. Je suis la première à dire qu’il ne faut pas se comparer aux autres gnagnagna. Mais je n’applique pas ce conseil pour mon propre cas. Je ne me suis pas lancée dans des études de cinéma parce que j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Peur d’être pas assez cinéphile, d’être trop inculte, de ne pas comprendre et apprendre suffisamment la technique pour ne citer que ces exemples. Mais cela a entraîné un autre type de complexe : mon rapport sur la blogosphère. J’ai toujours trouvé cela génial les gens qui ont eu la possibilité d’étudier leur passion, d’en faire même leur métier. Je tiens sincèrement à les féliciter. Il n’y a pas de jalousie ou quoi que ce soit dans ma remarque.

Mais parfois, sur la blogosphère, j’avais l’impression que je n’étais pas totalement légitime par rapport aux blogueurs qui étaient dans des sections cinéma par exemple. Alors évidemment, quand on a des connaissances dans un domaine, c’est normal de les réutiliser. Personne ne dira pas le contraire. Mais il y a vraiment des fois où je me sentais vraiment comme une merde par rapport à certains. Je ne sais pas si certains avaient juste chopé le melon, si c’est moi qui complexais comme une imbécile dans mon coin ou s’il y avait peut-être un peu des deux.

Et finalement, petit à petit, j’ai fini par développer ce complexe au sein de ma propre promo en lettres. Surtout en master. C’est en partie (mais pas que) pour cette raison que j’ai mal vécu mes deux dernières années de fac. J’avais sans cesse l’impression que j’étais une arnaque, que je n’étais pas légitime par rapport aux autres, que j’étais plus inculte etc… Finalement, j’étais paumée : j’avais pris certaines décisions pour me sentir encore plus mal. Ce sentiment de ne pas jamais sentir à sa place, même quand tu as dépassé le stade du collège

J’arrête de broyer du noir 

Je te félicite et je te remercie si tu es arrivé au bout de cette lecture. On va terminer ce billet sur une petite note positive.

J’ai dit ce que j’avais sur le coeur depuis des années. Cela a le mérite de me faire du bien. De retrouver la motivation. De repartir du bon pied. De ne plus me laisser faire non plus.

Je n’ai plus envie de me laisser perturber par ces pensées. Le passé doit appartenir au passé. On ne peut pas revenir en arrière. Et je ne saurais jamais comment aurait été ma vie si j’avais effectué certains choix. Aurais-je été plus heureuse ? Je ne le saurai jamais. J’essaie de prendre désormais ma vie en main, de faire ce dont j’ai envie avec les moyens que j’ai, de savoir saisir les opportunités qui en valent la peine. 

 

Mon SWAP avec Lilylit !

Je sais que je dois encore répondre à des tonnnnnnes de TAGS (j’y répondrai, promis juré craché) mais ma priorité était de vous parler de ce projet avec ma copinaute Lilylit !

Toutes les nées en avril, partageant beaucoup de points commun (notre amour pour les lettres vu nos parcours, Mr Robot avec son ami le Suédois, les pays scandinaves ou encore la bouffe entre autres), nous avons décidé de fêter nos anniversaires et notre amitié virtuelle par un swap. Evidemment, nous n’avons pas fait comme les youtubeuses beauté : on n’a pas mis dans nos cartons des tonnes de promis. On ne s’est pas filmées (en hurlant à chaque fois qu’on ouvrait un cadeau (parce que ça, par pitié, c’est tellement cliché). Même si Lilylit a filmé face à sa webcam ses réactions (j’ai voulu faire ça pour elle mais les circonstances ne m’ont pas permis de le faire). Mais je garde cette vidéo que pour moi et j’en suis ravie !

Bref, on avait un petit budget (grand max : 35 euros) et on devait s’offrir mutuellement :

  • un dvd
  • un livre
  • de la bouffe
  • un petit objet sympa

J’ai déchiré le colis et les emballages de Lilylit comme une hyène, je dois bien l’avouer (alors que tout était magnifiquement bien emballé). Chaque élément était donc emballé le tout accompagné d’un petit indice.

Il est temps que je vous présente les cadeaux qu’elle m’a offerts :

DVD : States of Grace de Daniel Destin Cretton

J’avais adoré ce film avec l’incroyable Brie Larson que j’avais découvert par téléchargement. Avoir les DVD des films que j’ai aimés a pour moi du sens : j’ai l’impression que je respecte encore plus l’oeuvre et son auteur. En plus de pouvoir le revoir, j’aime bien faire sa promo auprès de mon entourage (évidemment uniquement les personnes auxquelles je fais confiance et qui savent prendre soin des affaires).

LIVRE : Brooklyn de Colm Toibin

J’avais énormément aimé le beau film de John Crowley avec la talentueuse Saoirse Ronan, très justement nommée aux Oscars pour son interprétation. J’étais vraiment curieuse de découvrir le roman d’origine (parce que je ne suis pas comme tout le monde : j’ai l’habitude de lire les romans après avoir vu les films et cela ne me perturbe pas du tout). Maintenant, je n’ai plus d’excuses !

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

BOUFFE : Du thé et du Milka

Le Milka m’a fait du bien surtout à la période à laquelle j’ai reçue ce colis. Bref on pourra toujours dire que c’est pas du vrai chocolat, perso je le mange volontiers ! Surtout, le thé qu’elle m’a offert (le thé est très important dans ma vie, que ce soit pour travailler sur mes projets ou mon blog, glander devant une série ou un film, ou juste me détendre et prendre soin de mon cooorps), de Lov Organic (pour être précis un « mélange bio de plantes, thé vert et thé blanc »), est très bon !

OBJET SYMPA : Une taie d’oreiller Mr Robot

Là j’aurais vraiment dû me filmer, c’était épique ! J’ai ouvert ce colis en dernier et… EXPLOSION DE JOIE !! Je ne m’y attendais tellement pas ! J’étais vraiment hystérique en découvrant la chooose ! Je suis évidemment contente de tout ce que j’ai eu (je ne suis pas matérialiste, les intentions sont pour moi plus importantes) mais cela m’a vraiment touchée. Ce n’est pas juste l’objet en lui-même : Mr Robot, c’est un peu notre trip entre Lily et moi. Ce cadeau a vraiment du sens.

♥ Encore une fois, je te remercie un million de fois Lilylit pour tout !! ♥

(Une expérience à renouveler, que ce soit avec toi ou d’autres amis blogueurs !!)

TAG : des émotions en films et séries

J’ai vu ce TAG série un peu partout, notamment chez ma copinaute Fanny / Anything is possible ! Je l’ai fait en deux versions : films et séries ! Pour certaines émotions, j’envisage d’en parler certainement plus dans un billet plus détaillé : est-ce que cela vous intéresse ?

Allez, sinon c’est parti pour le TAG !

♥ FILMS ♥

♣ LA JOIE ♣

Je pourrais citer des tas de comédies et de feel-good movies qui me rendent joyeuse : les films des Monty Python, Un poisson nommé WandaLittle Miss Sunshine, Ca tourne à Manhattan, Sacré Robin des Bois…. Difficile de faire un choix mais si je devais garder vraiment un seul film dans cette catégorie, ce serait certainement The Big Lebowski des frères Coen. A l’image de certains films des Coen, il est nécessaire de revoir ce film pour bien s’imprégner de nombreuses « informations » (j’ai toujours la sensation qu’on passe à côté de quelque chose la première fois même si on trouve le film très plaisant). Plus je le revoie, plus je le trouve excellent et hilarant. Je connais pratiquement ce film par coeur. Ce qu’il me plait c’est qu’il a sa complexité et de seconde lecture mais en même temps il peut se laisser regarder sans aucun calcul, à l’image du Dude, qui représente à lui seul un appel à la liberté.

♣ LA TRISTESSE ♣

Je crois que je serais capable d’écrire tout un billet entier sur tous les films qui m’ont fait chialer (en citant même quelques moments très gênants). La liste est vraiment longue, je suis très émotive (à part sur Nos étoiles contraires parce que je suis un monstre voyons). Justement, je vais citer mon moment à la fois le plus gênant et le plus émouvant : The Place beyond the Pines de Derek Cianfrance (le réalisateur du déjà émouvant Blue Valentine) avec Ryan Gosling, Bradley Cooper et Eva Mendes (qui n’ont jamais été aussi bons). Difficile de résumer ce film, on risque toujours de le spoiler mais en quelques mots, il s’agit d’une bouleversante fresque familiale. J’ai retenu mes larmes dans la salle, voulant rester digne un minimum. Mais évidemment, en sortant du cinéma, dans la rue, je me suis mise à sangloter. Les gens me regardaient comme si j’étais complètement cinglée ou dépressive !

The Place Beyond the Pines : Photo Eva Mendes, Ryan Gosling

♣ LA SURPRISE ♣

Le cinéma coréen est certainement celui qui m’a le plus surprise durant ces dernières années et qui m’a aidée à me construire en tant que cinéphile. Même si on ne peut pas résumer le cinéma coréen à un unique genre (j’aime par exemple énormément les films délicats – et torturés – d’un Kim Ki-Duk ou encore Lee Chang-Dong), leurs polars et thrillers m’enthousiasment à un point inimaginable. On les limite souvent à des films tordus et d’une grande violence (et certains avec de bons vrais retournements de situation) mais ils vont bien au-delà de ces points : ce cinéma est extrêmement riche sur de nombreux niveaux. Oldboy de Park Chan Wook fait partie de mes films chouchous mais je pourrais en citer tant d’autres (depuis le temps que je parle d’écrire un billet sur ce sujet, il serait – vraiment – temps que je m’y mette). Pour moi, découvrir les films de Park Chan-Wook, Bong Joon-ho et Kim Jee-Woon me paraît indispensable.

♣ L’HYSTERIE ♣

Le mot « hystérie » pouvant faire fuir, j’ai décidé d’évoquer ce terme plus pour désigner le comportement des personnages (qui se justifie) qu’un sentiment désagréable face à un film (exemple : Mon Roi de Maïwenn). Qui a peur de Virginia Woolf ? de Mike Nichols (l’adaptation de la pièce éponyme d’Edward Albee) est selon moi un des films regorgeant le plus d’hystérie. Ce long-métrage remarquable a su reprendre les codes du théâtre pour mieux exprimer les sentiments des personnages qui sont au bord de l’explosion. Elizabeth Taylor – qui prit beaucoup de poids pour son rôle (et qui remporta le deuxième Oscar de sa carrière) et Richard Burton sont tout simplement exceptionnels. Il s’agissait de la quatrième collaboration de ce couple mythique (qui est passé par la case mariage deux fois) qui s’est lui-même déchiré des années après.

Qui a peur de Virginia Woolf ? : Photo Elizabeth Taylor, George Segal, Richard Burton, Sandy Dennis

♣ LA NOSTALGIE ♣

J’aurais pu évoquer un film vu durant mon enfance mais j’ai préféré mettre en avant un autre qui parle directement d’une certaine nostalgie à venir : Ghost World de Terry Zwigoff (une adaptation de la bande-dessinée éponyme de Daniel Clowes). Il s’agit d’un film assez déroutant et mélancolique (malgré son apparente légèreté) mettant en scène l’amitié entre deux ados (la délurée Enid & Rebecca) qui finit par s’écrouler, chacune prenant des chemins différents en devenant petit à petit des adultes (en faisant notamment leur entrée à la fac). Je déteste pourtant Scarlett Johansson mais il s’agit grosso modo du seul film dans lequel je l’aime bien ! Steve Buscemi trouve également l’un de ses plus beaux rôles. Et c’est tellement dommage qu’on ne voit pratiquement plus la talentueuse Thora Birch sur nos écrans.

Ghost World : Photo Scarlett Johansson, Terry Zwigoff, Thora Birch

♣ LA PEUR ♣

J’avais déjà pas mal évoqué les films qui m’effrayaient sur mon billet spécial Halloween. J’aurais pu certainement citer un de mes films d’horreur préférés ou encore un film qui m’a empêchée de dormir la nuit. Pourtant, j’aurais toujours une véritable affection pour Fantômes contre fantômes (The Frighteners) de Peter Jackson (avec Michael J. Fox dans le rôle principal). Pourtant, avec le recul, il n’est pas si effrayant, il a même maintenant (avec mon regard plus adulte) des touches d’humour, il est même assez kitsch. Mais quand je l’ai découverte gamine (bien avant le succès du Seigneur des anneaux), croyez-moi, ce film m’avait foutu les jetons !

LA COLERE ♣

Beaucoup de films, par les sujets qu’ils évoquent, me mettent en colère. Spotlight de Thomas McCarthy (et dans le même genre le documentaire Délivrez-nous du mal), le cinéma engagé de Ken Loach et même Erin Brockovich de Steven Soderbergh en font partie (pour ne citer que ces exemples). Mais de tête, je crois que c’est le long-métrage de l’acteur écossais Peter Mullan (à lui seul une figure de colère) The Magdalene Sisters (que j’avais évoqué dans un article consacré au cinéma irlandais) qui m’a vraiment le plus foutue en rogne. Je me rappellerai toujours des bonus dvd (je n’ai pourtant pas l’habitude de les regarder) avec Mullan lui-même très en colère contre tout ce qui a pu se passer en Irlande dans ces couvents de la honte.

The Magdalene Sisters : Photo Eileen Walsh, Nora-Jane Noone

♥ SERIES ♥

♣ LA JOIE ♣

Je pense forcément à une sitcom dans cette catégorie. Certaines séries auraient vraiment leur place, que ce soit des américaines (EarlParks and Recreation ou encore 30 Rock) ou encore (et surtout) des séries britanniques (Absolutely Fabulous, Bean, Spaced…). A ce moment-là, j’ai systématiquement envie de citer une des séries de Graham Linehan (vous connaissez mon amour éternel pour Black Books et Father Ted par exemple). Mais si je devais en garder une seule dans cette catégorie (parce que je ne veux pas tricher), je ne parlerais que de la cultissime série geek The IT Crowd. Je vous assure qu’en cas de coup de blues, il m’arrive de revoir certains épisodes (notamment un en particulier) parce que je sais qu’ils vont me faire un bien fou. En fait, j’ai envie de dire que tous les épisodes sont hilarants et te redonnent la patate.

♣ LA TRISTESSE ♣

Le tout dernier épisode de Six Feet Under est d’une tristesse infinie ! Il s’agit pour moi de l’épisode le plus émouvant et le meilleur final toutes séries confondues. J’essaierai un de ces quatre de vous parler de cette mythique série que je suis en train de revoir. J’ai beau lui trouver des imperfections (surtout durant mon deuxième visionnage), cette fin me fait toujours autant chialer. Chaque épisode débutait par la mort d’un quelconque personnage puis s’affichait sur un fond blanc le nom de l’individu en question accompagné des années de naissance et de mort. Cette fois-ci, alors que la jeune Claire Fisher s’en va mener sa vie ailleurs, on voit ce que les personnages vont devenir dans le futur… et surtout comment et quand ils vont mourir. Nous nous sommes attachés aux Fisher et à leurs amis pendant cinq saisons et on a déjà supporté quelques épisodes le décès déchirant d’un personnage clé. Pour ma part, lorsque je regarde cette fin, je pleure de tout mon corps systématiquement !

♣ LA SURPRISE ♣

J’avais envie de parler de ma très récente découverte : The Escape Artist ou en « VF » Perfect Crime avec les talentueux David Tennant et Toby Kebbell. Ca ne vous dit rien ? Pourtant, cette mini-série britannique a connu récemment son remake français (que je n’ai pas encore vu), La Main du Diable avec Grégory Fitoussi, Joey Starr et Mélanie Doutey. Construit en deux épisodes, Perfect Crime a su me clouer jusqu’à la dernière minute avec un véritable retournement de situation assez surprenant. L’histoire ? Celle d’un avocat brillant (Tennant) qui réussit à innocenter un gros psychopathe (Kebbell). A la fin de ce procès, l’avocat en question refuse de serrer la main à son client. Il va alors vivre un véritable cauchemar, son client décidant de se venger de la pire des façons. Comment se sortir (et se venger également) d’une situation désespérée notamment en manipulant la justice ? Cette série mérite vraiment le retour !

Photo David Tennant, Sophie Okonedo

♣ L’HYSTERIE ♣

J’ai beaucoup d’affection pour la série de Tina Fey Unbreakable Kimmy Schmidt même si pour moi cette série a ses défauts ou (selon le point de vue) il faut savoir suivre son point de vue qui est sans concession. Les couleurs sont volontairement criardes et kitsch, les gags sont cartoonesques, les répliques bourrées de références s’enchaînent, les personnages caricaturaux et sourient beaucoup (tu as mal pour la mâchoire de Kimmy par moments) etc… Je la classe dans « hystérie » mais je n’ai pas voulu prendre ce mot négativement. Au contraire, cette série déborde de positivité malgré son sujet grave (le retour à la société d’une femme kidnappée durant son enfance). Et je ne me lasse pas du tube (et à l’ode aux… bref, vous avez compris) Peeno Noir bien sûr (je pense que je vais changer ma sonnerie de portable, ça va le faire dans la rue) !

♣ LA NOSTALGIE ♣

Beaucoup de séries pourraient largement entrer dans cette catégorie : La Petite Maison dans la Prairie, Docteur Quinn : Femme médecin, Une nounou d’enfer, Charmed, Buffy contre les vampires, Les Razmokets, Les Totally Spies, les séries de K2DA… Mais selon moi, LA série de mon enfance est Malcolm, une sitcom assez différente de ce qu’on peut voir habituellement. On s’attache à cette famille de la middle class aussi ordinaire que barrée. Son générique avec la chanson de They Might Be Giants « Boss of Me » est également culte et donne le ton d’entée ! La carrière de Bryan Cranston après Malcolm me réjouit, son succès est entièrement mérité.

Malcolm : Photo Bryan Cranston, Christopher Masterson, Erik Per Sullivan, Frankie Muniz, Jane Kaczmarek

♣ LA PEUR ♣

J’aurais eu tendance à répondre un peu naïvement American Horror Story (qui m’a souvent jetée les jetons) mais Twin Peaks reste la série qui m’a le plus effrayée (même si son genre reste… indescriptible). Bob est certainement un des « personnages » les plus flippants de l’histoire de la télévision. Et dire que son interprète, Frank Silva, était juste un technicien qui a obtenu le rôle par hasard, en restant coincé par accident sur le plateau durant le tournage du premier épisode. Il n’y a pas que Bob qui est effrayant : toute l’ambiance est très pesante et d’une grande étrangeté. L’histoire semble réelle avec cette relecture du soap, pourtant l’onirisme n’est jamais bien loin. Le dernier épisode de la deuxième saison m’a littéralement crispée. Bref je vous raconte pas à quel point j’attends la saison 3 (avec une pointe d’appréhension).

♣ LA COLERE ♣

Certains épisodes de New York Unité Spéciale m’ont vraiment foutu en rogne (on parle forcément de viol et autres choses aussi sombres et dégueulasses), y a plus funky dans la vie). Il y a une époque où je dévorais tous les épisodes. Je crois que j’en ai tellement vu que ça a fini par me dégoûter. Mais je pense surtout aux révélations sur l’identité de l’assassin du petit Danny Latimer à la fin de la première saison de Broadchurch mettent forcément en colère n’importe quel individu. J’ai ressenti la colère des personnages, que ce soit les proches de la victime ou ceux du tueur. La saison 3 (et visiblement dernière) devrait arriver bientôt en France, j’ai hâte de la découvrir !

Photo David Tennant, Olivia Colman

Halloween Movie Tag

C’est bientôt Halloween, une fête que j’aime célébrer tranquillement en me matant des films. Pour cette grande occasion, j’ai crée un petit TAG en rapport avec cette fête et le cinéma d’horreur en général. Vous pouvez évidemment vous amuser à répondre à ce TAG ici en commentaires ou sur vos propres blogs. C’est parti !

scream

1) Ton premier film d’horreur ?

Je pense que c’était Scream du regretté Wes Craven. J’étais encore à l’école primaire (la fin dans mes souvenirs) et mon père (si vous me suivez, il m’a pas mal aidé à découvrir le cinéma et la littérature d’horreur) avait acheté la trilogie en VHS. Mine de rien, enfant, j’avais trouvé la trilogie très effrayante et choquante (mais ça va, pas traumatisée non plus, loin de là) mais très plaisante. J’étais archi-fan de Sidney Prescott (vraiment dommage qu’on ne voit pratiquement plus Neve Campbell) ! J’ai revu la trilogie d’origine cette année (mais pas revu le 4 même s’il m’avait beaucoup plu), avec un regard d’adulte, ce qui ne fait pas de mal ! Le 3 est (comme dans mes souvenirs) moins bon (mais honnêtement je l’ai trouvé regardable). En revanche, j’ai vraiment pris un certain plaisir à redécouvrir les deux premiers films qui portent un regard remarquable sur le slasher.
Il y a aussi Creepshow de George Romero même si j’ai peur de les revoir, peur que ça ne me fasse plus peur, que je trouve ça cheap ! Certains courts m’ont vraiment marquée, comme Le Radeau par exemple. Enfin, enfant, même s’il ne s’agit pas d’un film d’horreur, Fantômes contre fantômes de Peter Jackson (pour moi ce film est une référence) m’effrayait même si aujourd’hui, je le regarde d’un autre oeil, forcément un peu plus amusée.

2) Ton film d’horreur préféré ?

Ma réponse ne va pas être hyper originale mais c’est pas très grave. J’hésite vraiment entre L’Exorciste de William Friedkin (que j’ai découvert il y a seulement quelques mois – comme quoi il n’est jamais trop tard), Shining de Stanley Kubrick (que j’ai découvert – de tête – au début de mes années collège) et Psychose d’Alfred Hitchcock. Mais j’en aime beaucoup d’autres, je vous rassure (j’ai juste évité de faire une liste de courses !).

norman

3) Le film d’horreur que tu détestes ?

C’est tellement naze que je ne sais même pas si on peut appeler ça de l’horreur… De tête, Paranormal Activity 1 et 2 (pardi, je n’ai pas osé regarder les suites, déjà que je ne sais même pas comment j’ai fait pour avoir vu le deuxième opus). Il n’y a vraiment rien d’effrayant dans cette saga. Hoooo une porte qui claque, j’ai peuuuur ! Ooooh on filme que dalle, c’est effrayant ! Pas loin je mettrais Cursed de Wes Craven (si, si) et Blair Witch 2, des machins débiles mal réalisés, avec des personnages particulièrement cons (et évidemment joués comme des manches) et surtout les histoires ont été écrites avec du PQ sans déconner ! Après j’en suis sûre qu’il y a des tas de films peut-être encore plus mauvais que ceux que j’ai cités. Je suis curieuse de nature mais je ne vais pas non plus m’amuser à me taper toutes les daubes possibles !

4) Le film d’horreur que tu trouves sous-estimé ?

Sans crier au chef-d’œuvre, j’avais été très agréablement surprise par La Dame en Noir de James Watkins avec Daniel Radcliffe. J’avais trouvé le roman d’origine du même nom par Susan Hill assez décevant. Je ne dis pas que c’est le film (un hommage réussi selon moi à la Hammer) le plus effrayant que j’ai vu mais pourtant, par des touches a priori simples, j’ai quand même eu les chocottes ! Je citerais aussi The Faculty de Robert Rodriguez. Malgré son statut de film culte, j’ai l’impression qu’il y a encore une sorte de méfiance voire même du mépris envers ce film et plus généralement envers les slashers (et même envers les teen-movies).

La Dame en noir : photo Daniel Radcliffe, James Watkins

5) Le film d’horreur que tu trouves surestimé ?

J’en citerais clairement deux, même si je dois certainement en oublier. Le premier est Le Projet Blair Witch réalisé par Daniel Myrick et Eduardo Sanchez. Je ne le déteste pourtant pas (même si ce n’est – vraiment – pas effrayant). Il ne se passe pas grand-chose mais à chaque fois je l’ai regardé sans difficultés (de tête quatre ou cinq fois). Mais je ne le trouve tout de même assez plat, on voit finalement pendant 1h30 des gens hurler, pleurer (avec la morve dégueulasse qui coule façon La vie d’Adèle). Je me suis amusée à lire des théories sur ce film. J’adore lire ou en trouver, c’est évidemment toujours intéressant de voir plus de profondeur dans un film. Mais là en fait je me suis aperçue que tout ce que j’ai pu lire ou entendre consolidait encore plus mon avis : un film foutoir partant dans tous les sens, qui se veut mystérieux et intelligent alors qu’en réalité il cache de sérieuses lacunes. Amityville, la maison du Diable de Robert Rosenberg m’a aussi énormément déçue. J’avais découvert le remake quelques années auparavant, je me suis dit que la version originale devait forcément être bien au-dessus etc… J’ai pas trouvé le résultat minable mais je m’attendais à quelque chose de plus effrayant. Or, soi-disant pour faire monter la tension, il ne se passe pas grand-chose, c’est assez mou, j’ai pas trouvé qu’il y avait réellement une atmosphère. Je ne reviendrai pas dessus en détail (je pense que je me suis suffisamment exprimée sur le sujet) mais je citerais aussi volontiers It Follows !

6) Le film d’horreur / le film dont tu n’as pas trouvé le courage de le regarder ?

Au fond, il y en a plein ! Je suis très contradictoire (j’imagine comme beaucoup de spectateurs) : en général, j’aime les films d’horreur et en même temps j’ai peur d’avoir peur (surtout que j’ai une sorte de phobie pour tout ce qui touche aux yeux). Cela va paraître assez étrange mais il y en a un qui me terrifie d’avance : La Part des Ténèbres de George Romero, adapté du roman de Stephen King (publié sous le pseudonyme Richard Bachman). J’ai le dvd chez moi, des gens de ma famille l’ont vu, mais rien à faire, rien que l’histoire (et notamment ce qu’on a pu me raconter) m’effraie ! Si ça se trouve, je me fais des films toute seule mais je ne me sens toujours pas de le regarder (si des gens l’ont vu, dites-moi si c’est vraiment effrayant ou non). Après je refuse aussi de regarder des films (peu importe qu’ils soient classés dans le genre horreur ou non) d’une violence extrême du style A Serbian Film (de Srdjan Spasojevic), Philosophy of a knife (Andrey Iskanov) ou encore The Human Centipede (Tom Six). Franchement, c’est – vraiment – au-dessus de mes forces. Déjà, Salo et les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini c’était déjà très difficile à regarder en entier, j’ai dû mettre deux jours pour le regarder en entier avec une poubelle à côté !

7) Le film d’horreur qui t’a empêché de dormir ?

On ne se fout pas de ma gueule mais c’est le remake d’Amityville d’Andrew Douglas avec Ryan Reynolds qui m’a vraiment fait flipper. Je ne sais comment j’ai fait pour rester dans la salle mais j’en pouvais plus, j’ai vraiment hurlé de peur, j’ai serré comme une dingue les poignets de ma frangine (et rien qu’en recherchant des photos pour le billet, je me sens pas bien !). Juste après je me suis tapée exprès une daube avec Jennifer Lopez, Sa mère ou moi de Robert Luketic, juste pour pouvoir décompresser un max. Mais cela ne m’a pas empêchée de faire des cauchemars. Je revois toujours cette scène dans ma tête avec le babysitter dans le placard, un traumatisme. Je n’ai pas revu ce film depuis et j’avoue que je serais incapable de dire s’il est bon ou pas. Mais il faut se remettre dans le contexte. Lorsque je l’ai vu en salles, j’avais à peine douze ans, je me la pétais avec ma carte d’identité où il y avait encore ma tronche de bébé dessus ! Le remake de Mirrors (huumm je n’ose même pas voir la version originale !) par Alexandre Aja avec cette affreuse scène de l’arrachage de mâchoire m’a carrément fait quitter la salle ! Enfin, même s’il ne s’agit pas d’un film d’horreur (allez j’avoue tout, foutez-vous de ma gueule !), la trilogie 20th Century Boys m’a vraiment mise mal à l’aise le soir avant d’aller me coucher. J’avais l’impression qu’il y avait dans ma chambre ce type avec son masque qui me fixait quelque part !

ami

8) Ton costume d’Halloween issu d’un film en particulier?

J’aime beaucoup le costume de Freddy Krueger des Griffes de la Nuit de Wes Craven. On n’est pas obligés d’être un expert en maquillage pour se déguiser en Freddy. J’ai toujours aimé les tshirts / pull rayé rouge et noir ou rouge et vert foncé. Ca avec le chapeau, ça fait largement l’affaire ! Après niveau costume et maquillage simple, j’aime bien aussi les déguisements de Morticia et Mercredi Addams ! Evidemment, dans le même genre, on peut décliner ce costume ! Après, pour un maquillage un petit plus bossé (mais pas non plus impossible à faire) avec un costume accessible (on trouve des vêtements de ce genre à H&M par exemple), je propose aussi celui de Beetlejuice !

9) La série (ou épisode) qui t’a le plus effrayé ?

American Horror Story est pour moi actuellement une des meilleures séries reprenant les codes de l’horreur. Evidemment, je regarde cette série sans me cacher les yeux avec un oreiller. Mais elle fait tout de même son effet. Après c’est sûr qu’il y a des saisons plus effrayantes que d’autres (les deux premières, Murder House et Asylum, sont les plus flippantes, même si Freak Show était pas mal dosé dans son genre). Même la dernière saison Roanoke m’a offert quelques beaux frissons (j’espère pouvoir en reparler sur le blog). Et puis rien que les différents génériques (sauf pour la dernière saison… il n’y en a pas et je suis triste !) me foutent la trouille ! Comment aussi ne pas penser à une de mes séries cultes, Twin Peaks (oui, oui, oui, vivement la saison 3) ! Je stresse rien qu’en repensant à Bob et encore il n’y a pas que ça (honnêtement, les derniers plans du dernier épisode de la saison 2 me fait toujours quelque chose) ! Après, je pense évidemment à l’épisode culte Hush de la quatrième saison de Buffy contre les vampires. Cette saison m’a fait décrocher de la série (alors que j’ai adoré les trois premières saisons) mais cet épisode a marqué les esprits ! Il y a aussi plusieurs épisodes de The Walking Dead qui m’ont bien retournée !

tp

10) Le monstre que tu préfères ?

Dans l’ensemble, je ne suis pas hyper compliquée (vampires, sorcières, fantômes, autres trucs improbables) même si je reconnais avoir moins d’affinités avec les loups-garous (mais après si le film est bon, je surmonte facilement ma petite réfraction). Après, je reconnais être légèrement plus fan des films de zombies – je fais de mon mieux pour en découvrir encore plus. Si vous voulez d’ailleurs un de ces quatre un billet spécial zombies (ou autre type de monstres d’ailleurs), ne vous gênez pas, exprimez-vous !